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18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 00:40

Certains d’entre vous savent que je travaille depuis plus de vingt ans sur l’anthroponymie médiévale berrichonne. C’est en visitant l’abbatiale auvergnate de Mozac, guidé par les membres du Cercle Historique Mozacois, que je salue très cordialement, que m’est venue, en détaillant l’extraordinaire châsse en émaux limousins conservée sur place, l’idée de comparer les noms des évangélistes et des apôtres à mes listes de patronymes constituées au cours de mes recherches.

Dans une région dominée de manière écrasante par les noms d’origine germanique depuis la période carolingienne (avant, les sources sont presque inexistantes), les noms puisés dans la tradition judaïque et chrétienne côtoient des noms latins, romans, puis plus modernes à la fin de la période. Parmi eux, les anthroponymes hérités des évangélistes connaissent des sorts très divers. Jean, qui domine toute la période médiévale n’apparaît qu’à partir de 950, Matthieu, connu sous sa forme Mathias, se fixe vers 1050 alors qu’il faut attendre la Renaissance pour que Luc se signale. Quand à Marc, il est totalement inconnu en Berry pendant les sept siècles que couvre mon étude.

Les noms d’apôtres sont aussi très lents à se diffuser. Seul André (à partir de 800) est en usage avant la période féodale, qui voit peu à peu s’installer Pierre et Tadon (qui semble une forme locale de Thaddée) vers l’an 1000, puis, un demi-siècle plus tard Bartholomé, Thomas et Simon s’ajoutent à Mathieu. Il faut attendre le milieu du XIIe siècle pour rencontrer Philippe et encore deux siècles supplémentaires pour voir les Berrichons employer le nom Jacques. Aucune source ne cite Judas ou encore Nathanaël.

Le lecteur aura noté l’importance des années 1050, qui correspondent à l’épanouissement de la Réforme grégorienne en Berry et à la généralisation de nouvelles règles dans la désignation des individus (de plus en plus de noms sont complétés par un surnom, ancêtre de nos noms de famille). Vraisemblablement, une culture plus biblique fait son chemin dans la société d’alors. L’absence de certains noms, comme Marc, n’a pas trouvé d’explication.

 

 

 

 

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11 juillet 2017 2 11 /07 /juillet /2017 13:34

Voici un monument souvent oublié sur les cartes indiquant les emplacements de lanternes des morts médiévales. Son existence, trop injustement méconnue, mérite un rappel auprès des amateurs de ce patrimoine funéraire très particulier et des simples curieux attirés par la petite architecture du Moyen-Âge.

La lanterne de Vouillon est un petit édifice en excellent état (si on veut bien oublier l’affreux crucifix de fonte planté en son sommet) taillé dans le calcaire local. La modicité de sa taille explique peut-être le peu de publicité qui lui est faite contrairement à d’autres monuments du même type sis dans l’Indre, comme ceux de Celon (objet d’un précédent article) ou de Saint-Genou (que nous décrirons un peu plus tard dans l’été). Le corps de la colonne est plein, le logement du fanal de petite dimension, on devait donc y accéder avec une échelle, contrairement à la plupart des monuments dont le tronc était évidé et muni de poulies pour les manipulations de leurs lampes.

Comme d’autres lanternes, elle s’élève assez loin du cœur du village et de son église, marquant, ce qui est loin d’être exceptionnel, l’existence d’un ancien cimetière périphérique que certaines sources rattachent à la présence d’un ancien prieuré, ce que je n’ai pas vérifié. Géographiquement, elle est l’une des lanternes des morts les plus septentrionales qui restent conservées, assez distante de la Marche et des Charentes où l’on recense la plus grande densité de ces petites constructions funéraires.

L’accès au site est très facile : il suffit, en sortant du village en direction de Lignières/Saint-Amand-Montrond, de prendre la première petite route à gauche (direction Planches). La lanterne est presque au bord de la voie.

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Published by Olivier Trotignon - dans art funéraire
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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 16:32

 

Après plusieurs mois de silence, le blog Berry médiéval semble à nouveau en état de fonctionner (presque) comme avant. J'en profite pour vous faire part d'un projet très avancé de conférence prévue pour le samedi 16 septembre 2017 sur le site du château du Creuzet, à Coust ou, en cas de mauvais temps, à l'intérieur de l'église romane du village. Le thème, à affiner, portera sur l'occupation humaine, les paysages, les modèles politiques et les ordres religieux de la fin de l'Empire romain à la Guerre de 100 ans, dans les vallées du Cher et de la Marmande. Dès que projet sera prêt à être annoncé officiellement, tous les détails sur cette animation seront à lire sur ce blog.

Merci de votre fidélité!

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19 février 2015 4 19 /02 /février /2015 09:32

Vierzon1

 

Voici un document rare, quasi inconnu du public, dont l’iconographie soignée mérite toute l’attention des historien de l’Art: le cartulaire de l’ancienne abbaye bénédictine Saint-Pierre de Vierzon, conservé à la Bibliothèque nationale.
Le principe du cartulaire repose sur la volonté de recopier les archives d’un monastère, d’une seigneurie, d’un évêché ou d’une communauté urbaine dans un cahier unique, plus facile à consulter que des parchemins épars et parfois rédigés avec des écritures presque oubliées.
On comprend sans peine, en feuilletant le document, comment les copistes (il y a plusieurs écritures) ont organisé leur travail. Les textes ont d’abord été recopiés sur un cahier de parchemin. Les scribes ont laissé vierges des fenêtres destinées à accueillir les lettrines initiales de chaque acte et des représentations des auteurs illustres des chartes ainsi collationnées. Une mise en couleurs des icônes devait achever la composition du cartulaire.

 

Vierzon4

 

On constate vite que le travail n’a pas été fini, pour une multitude de raisons possibles que je laisse à l’imagination du lecteur. La majorité des lettrines manquent et des fenêtres prévues pour des dessins n’ont jamais été occupées. On ne trouve des couleurs que sur la première page. On note à ce propos une mauvaise maîtrise du pigment vert qui a rongé le parchemin.

 

Vierzon8

 

Plusieurs thèmes sont illustrés, à commencer par la famille divine et saint Pierre, patron du monastère.


Vierzon3

La fondation du couvent est évoquée sous forme du don d’un objet symbolisant le monastère par une famille de laïcs à un abbé et ses moines.
Plusieurs abbés sont représentés, tous tonsurés et munis de la crosse abbatiale.

 

Vierzon6

 

Il n’y a pas de distinction significative entre les papes et les évêques. Tous portent la mitre et la crosse pastorale. On note que les moines de Vierzon ont pris soin de mettre les papes en couleur, sans doute pour marquer l’importance de leur place dans la hiérarchie de l’Eglise, en regard des simples évêques.

Vierzon2

 

Vierzon7

 

 

Très intéressant est ce portrait royal accompagnant un acte réputé avoir été souscrit par le roi Louis le Pieux -un faux plus que probable. On relève comme symboles du pouvoir du souverain une couronne et deux signes curieusement anachroniques: les longs cheveux de Louis, marque de noblesse à l’époque mérovingienne et le sceptre à fleur de lys, inconnu chez les Carolingiens, mais parfaitement identifiable à l’époque où le cartulaire a été rédigé, vers la fin du XIIe et le début du XIIIe siècle, si on en juge de la ressemblance des écritures avec celles qu’on peut lire dans les collections des Archives du Cher.

 

Vierzon5

 

Pour les historiens, nous rappellerons que le texte de ce cartulaire a été publié par Guy Devailly aux Presses Universitaires de France, Rennes, 1963

 

 

 

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12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 09:53

La Roche

 

Certains toponymes urbains et ruraux conservent intacte une forme grammaticale médiévale qui associait, sans préposition, un lieu, un objet, ou une institution à son propriétaire ou patron. On parle par exemple d’hôtel-Dieu et non pas de maison de Dieu, pour désigner les anciens hôpitaux.
Cet usage s’est maintenu dans plusieurs lieux en Berry et beaucoup d’entre nous utilisent, parfois sans le savoir, des noms d’anciens seigneurs locaux quand ils parlent des lieux qu’ils fréquentent.
Voici quelques exemples choisis parmi les plus significatifs relevés sur les cartes de la région.

Châteauroux
Souvenir de l’ancien Château-Raoul des seigneurs du même nom. Dans la tradition familiale des plus anciens féodaux connus sur cette place, les Déols, Raoul désignait l’aîné des fils du seigneur.
Boisroux, vestiges d’une ville-franche fondée près de Lignières, dans le Cher, procède du même principe.

La Roche-Guillebaud
Sujet de plusieurs billets sur ce blog, la petite forteresse située dans la vallée de l’Arnon érigée et longtemps tenue par la famille Guillebaud, d’origine marchoise, conserve, sans déformation, sa forme éponyme originelle.
Pas très loin, la Forêt-Mauvoisin porte non pas le nom, mais le surnom familial des chevaliers qui l’occupaient depuis au moins le XIe siècle.

Bourbon-l’Archambaud
L’une des plus vieilles cités du Berry, puis du Bourbonnais médiéval accueille pendant plusieurs siècles une famille qui choisi le patronyme Archambaud pour désigner ses aînés.

Bois-Sir-Amé
Tordons une fois encore le cou à la légende qui prétendait qu’Agnès Sorel accueillait Charles VII dans les murs de ce château en lui tendant une coupe et lui roucoulant: “Bois, sire aimé”. Le Sir Amé du toponyme est un seigneur du XIIe siècle, Amelius de Charenton, tenant la motte castrale voisine de la forteresse.

Menetou-Salon
Dès le XIe siècle, un des familiers du vicomte de Bourges est connu comme seigneur du lieu. Les actes contemporains le désigne sous le nom très rare de Sarlon. Le “r” de Menetou-Sarlon, qui écorchait le palais, a été abandonné avec le temps.

Les Aix-d’Angillon et la Chapelle-d’Angillon
En fondant ces deux places, le seigneur Gilon de Sully, originaire de l’espace ligérien, ajoute ces paroisses berrichonnes à la liste de ses fiefs. Le dominus Gilo, ou dam Gilon (même étymologie que Dompierre -saint Pierre- ou Dammarie -sainte Marie-) devient d’Angillon.

 

Chalivoy-Milon
Connue surtout pour son église/priorale comptant parmi les plus belles fresques romanes de la région, Chalivoy a la particularité d'avoir fossilisé le nom d'un potentat carolingien local, Milon, connu dans les années 80 du IXe siècle. La rareté de la documentation conservée depuis cette époque rend d'autant plus exceptionnel ce croisement d'informations


Le phénomène ne touche pas que la féodalité. Des prés, bois ou vignes, tenus par des paysans, connaissent le même sort, ce qui rend difficile l’interprétation de toponymes comme le Bois-Renard. S’agit-il d’un bois propriété du seigneur Renaud de Montfaucon, le bois exploité par un dénommé Renaud, ou Reynart, ou encore une désignation récente en relation avec les animaux qui y creusaient leurs terriers?
Ce phénomène concerne beaucoup d’autres régions françaises, et il peut être intéressant de chercher à remonter aux origines féodales de certains noms de lieux.

 

 

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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 21:15

Bussy 1

 

Situé non loin de Dun-sur-Auron, dans le Cher, le village de Bussy est connu pour être le siège d'une très belle demeure post-médiévale taillée dans ce qui semble avoir été un ancien donjon quadrangulaire contemporain de la Guerre de 100 ans. Le hasard m'y a fait approcher une structure défensive antérieure, peu visible, mais parfaitement lisible quand on a une petite expérience du patrimoine défensif du premier âge féodal régional.
Non loin du bourg existent en effet les vestiges de ce qui semble être le terre-plein fossoyé d'une ancienne maison-forte de petite dimension. Comme dans plusieurs autres sites, le relief de la plate-forme n'est souligné que par des fossés en eau -le secteur est proche d'un gros ruisseau et par le produit du creusement des dits fossés, rejeté à l'extérieur de l'ensemble sous forme d'un bourrelet de terre, sans doute fort diminué et encore parfaitement visible.

 

Bussy 2

 

Contrairement aux mottes castrales qui demandaient un fort apport de remblais, ces sites défensifs qui pouvaient accueillir des petites structures fortifiées essentiellement bâties en bois, demandaient des efforts de terrassement assez réduits.
De l'emplacement où se situe cette fortification, on voit le donjon de pierre de Bussy, distant de quelques centaines de mètres à peine. Il est donc probable qu'il s'agisse d'un glissement de site, comme on en observe par exemple à Cuffy ou à Vorly, la forteresse antérieure, peu pratique et militairement dépassée, étant abandonnée au profit d'un château plus en accord avec les exigences de la société féodale des XIVe et XVe siècles.

 

Bussy 3

 

Ne connaissant pas le propriétaire du terrain, je suis resté sur la voie publique. Il existe peut-être des vestiges au sol invisibles de la route. Les photographies satellites ne m'ont donné aucune information supplémentaire.

 

 

 

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22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 20:26

plaque-boucle

 

 

Il n'existe en Berry aucun musée consacré à la période médiévale. Peu d'objets sont visibles dans la région, en partie parce que les fouilles n'ont jamais livré que peu de pièces exceptionnelles, en partie parce que l'époque où les vitrines débordaient de matériel est révolue. Il est donc intéressant de signaler quelques découvertes remarquables comme cette très belle plaque-boucle de ceinture mérovingienne exposée au musée de l'hospice Saint-Roch d'Issoudun. L'ornement a la particularité d'avoir été exécuté dans une matière fragile, l'os, qui se conserve beaucoup moins bien que les parures métalliques de la même époque, comme on peut en voir au musée du Berry à Bourges.
Les traces d'oxydation à la surface de la plaque signale l'existence de rivets en cuivre ou en alliage cuivreux destinés à fixer la partie la plus décorée sur le cuir. L'autre extrémité de la ceinture coulissait dans le second élément, permettant d'adapter la longueur de la sangle à la corpulence de l'individu qui la portait. la liaison entre les deux plaques d'os se faisait à l'aide d'une tige de métal, qui semble ici avoir disparu. Le grand ardillon, sans doute en os, n'a pas non plus été conservé.
On remarque que l'artisan qui a orné cette plaque boucle a suivi les codes iconographiques de son temps. On distingue un griffon, comme on peut en voir sur le sarcophage mérovingien dit de saint Chalan, provenant de Charenton-du-Cher et exposé au musée du Berry. L'autre élément significatif est une croix stylisée, référence inspirée du christianisme embrassé par l'aristocratie mérovingienne, à laquelle ce genre de parure était probablement destinée.

 

 

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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 19:04

rire

 

Les mots me manquent, ou peut-être, au contraire, se bousculent, pour exprimer tout ce que les événements de ces derniers jours m'inspirent.
Ma première pensée est pour chacune de ces vies perdues et risquées par des gens simples, surpris par la mort ou volontaires pour leur mission.
Ma deuxième révérence va aux dessinateurs de Charlie Hebdo, victimes de cette gangrène homicide non pas parce qu'ils représentaient l'Ordre républicain, comme les fonctionnaires de police, ou la religion juive, comme les victimes de la porte de Vincennes, mais la Culture.
Que la terre leur soit légère.
Je ne suis pas lecteur de Charlie. Je ne l'ai acheté, je crois, que par solidarité lors de la parution des caricatures du Prophète. En ce sens, je ne suis pas Charlie.
Je suis autre chose.
Juste un historien qui vit dans un monde que ces fanatiques, eunuques absolus de la pensée, détestent au point de détruire les bouddhas géants de Bâmiyân, les mausolées et la bibliothèque de Tombouctou, les sites archéologiques de Syrie.
Dans mon monde il y a beaucoup de musique, comme celle du chanteur Kabyle Lounès Matoub, égorgé parce que ses chansons parlaient d'amour et de liberté. Il y a le respect des femmes, des enfants, de l'instruction, tout ce qui est broyé au Nigéria ou en Afghanistan.
Je ne suis pas un soldat mais, comme des millions d'autres, gens de Lettres, musiciens, artistes, journalistes, essayistes, scientifiques, chercheurs, poètes, enseignants, je me bats quotidiennement pour que la Culture soit à la portée de tous, et que le plaisir de celui qui aura accès à mon travail soit le plus grand possible, peu importe sa foi ou son athéisme, la couleur de sa peau ou de ses yeux, son sexe et son âge.
La mort des journalistes de Charlie - je pense au grand Duduche, à l'adjudant Kronenbourg, aux merveilleux beaufs moustachus en tricot de corps qui sont comme d'anciens compagnons de route qui auraient perdu leur père - est une munition supplémentaire dans l'arsenal qui me donne la force de continuer mon chemin, et qui minimise un peu plus les petites médiocrités locales que j'ai eu à affronter ces dernières années.
Je ne suis pas Charlie. Je suis juste un peu Cabu, un peu afghan, un peu babylonien, un peu yasidi, un peu new-yorkais, un peu malien, un peu citoyen d'un monde dont l'avenir s'écrira avec les couleurs de la Liberté.

charlie-hebdo-hommage-dessinateurs

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Published by Olivier Trotignon - dans polémique
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31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 11:39

vitrail Bourges

 

Les lecteurs habitués à ces pages savent que chaque année, j'essaie de dresser un bilan de mon activité de médiéviste indépendant, en restant le plus objectif possible. 2014 aura été une année marquée par quelques beaux succès, mais aussi teintée de difficultés nouvelles.
Mes premières pensées de ce dernier jour de l'année 2014 vont à toutes les lectrices et tous les lecteurs qui, régulièrement ou épisodiquement, ont consulté les articles de ce blog et les même ont fait partager à leurs contacts. Abonnés à la newslettrer, à la page facebook "Berry médiéval", liens twitter ou linkedin, votre soutien et vos commentaires sont le seul salaire de ma "peine". Merci pour votre fidélité.
Il ne vous aura sans doute pas échappé que j'avais sensiblement ralenti le rythme de mes publications sur internet, tous blogs confondus.
Les derniers jours de l'année 2013 ont mis un terme définitif à mon activité bénévole d'identification du contenu des réserves du musée de Saint-Amand, avec le départ de la conservatrice de ce service pour le musée d'Issoudun. Cette approche privilégiée d'objets souvent inédits avait fourni la matière à quelques articles sur Berry médiéval. Le temps souvent médiocre, et peu propice à la photographie, ne m'a pas permis d'aller visiter des sites qui m'intéressaient. Surtout, c'est la reprise de ma thèse, avec un projet d'ultime inscription à l'Université François Rabelais de Tours en 2015-2016, qui absorbe le plus clair de mon temps libre. Il est donc normal que mes activités périphériques se ralentissent, l'espace que quelques trimestres.
Le bilan de cette année 2014 demeure heureusement positif, malgré ce handicap infligé par la plate-forme Overblog, qui truffe nos blogs de publicités imposées ridicules. Dès l'apparition des placards publicitaires inondant chaque billet, la fréquentation de Berry médiéval, et des autres espaces que je gère, s'est ralentie.
La seule solution est de payer une taxe à l'hébergeur pour éviter cette invasion, donc de faire le jeu de l'adversaire. A titre personnel, je préfère vous inviter à la seule résistance que ces gens comprennent, à savoir le boycott des annonceurs qui parasitent mon travail.
En dehors de ces pages, mon projet Berry médiéval s'est traduit par des rencontres très riches: conférences dépassant régulièrement la centaine d'auditeurs, rencontre avec les archéologues et historiens de Mozac, en Auvergne, lors de leur colloque annuel, participation au DVD "O'Centre de l'histoire : Les Croisades, l'héritage en Berry", tourné en partie à Noirlac, collaboration avec l'association de reconstitution médiévale "les compagnons du sarment d'hypocras" pour une animation croisée sur le site de la tour de Vesvre.
2015 s'annonce sous les mêmes auspices. Plusieurs conférences sont déjà annoncées, sur une séquence chronologique très large, allant de l'Antiquité à la période contemporaine.
Je souhaite que toutes et tous viviez cette année 2015 loin de la médiocrité intellectuelle qui gangrène le quotidien, que la Culture reste grâce à vous une citadelle imprenable, bien au dessus des contingences politiciennes et mercantiles.
Bonne année à toutes et tous!

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22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 09:01

Bruyère1

 

Presque noyées dans le bocage bourbonnais, les ruines du château de la Bruyère-l'Aubespin, près de Cérilly, dans l'Allier, n'ont rien de spectaculaire. Comme moult autres vestiges médiévaux de forteresses de petites dimensions, leur notoriété, même locale, est très faible. Pourtant, c'est bien là que s'est joué un épisode tragique de la Guerre de 100 ans. Parler de crime de guerre, quand on connaît les valeurs de l'époque, n'aurait pas grand sens, mais les faits qui s'y sont déroulés au cours de l'été ou de l'automne 1369 furent particulièrement effroyables.
L'été 1369 fut marqué en Bourbonnais par une chevauchée partie du Poitou et commandée par deux capitaines anglais, Ciquot de la Saigne et Ortingo d'Ortenie. Outre les ravages que durent subir les populations vivant le long de l'itinéraire emprunté par les Anglais, que les chroniqueurs ne perdent pas de temps à détailler, la région fut marquée par la prise, par la ruse, du château de Belleperche, à Bagneux, dans l'Allier.
Dans cette place de nos jours disparue résidait la duchesse de Bourbon, Isabeau de Valois, mère du duc Louis II de Bourbon, qui fut faite prisonnière. Cet épisode guerrier fut doublé d'un moins connu, qui conduisit la même chevauchée à s'emparer du château de la Bruyère.

 

Bruyère3

 

La réaction de Louis de Bourbon fut immédiate. Le "bon duc" fit mettre le siège devant les deux places. Belleperche résista plusieurs semaines. Le sort des Anglais de la Bruyère fut beaucoup plus vite réglé.
Jean d'Orronville, dit Cabaret, auteur de la Chronique du bon duc Loys de Bourbon, n'est guère bavard sur l'affaire, mais son récit livre l'essentiel.
C'est un berrichon, le comte de Sancerre, qui se chargea du sort de la Bruyère. Ses hommes reçurent le soutien de milices bourbonnaises. Les Français procédèrent d'abord à la rupture des fossés, pour les assécher. L'endroit étant, on l'imagine, impraticable à cause de la vase, le fossé vide fut rempli de fagots, qui permirent aux sapeurs de creuser une mine dans la muraille. Il ne restait qu' à mettre le feu à l'ensemble. comme prévu, le mur d'enceinte s'effondra au dessus de la sape, sonnant la fin de la résistance anglaise.
Cabaret précise dans son récit que deux capitaines, Richard Mauverdin et Jacques Sadellier, sans doute plus Poitevins qu'Anglais, furent pris et très certainement rançonnés ultérieurement.

 

Bruyère 2

 

Le sort des simples soldats prisonniers, sans valeur marchande, fut réglé de manière totalement inhumaine: "on les livra aux communes, qui en firent de grosses charbonnées".
Souvent noyés dans les étangs ou pendus à la première branche venue, les prisonniers anglais payaient souvent de leur vie les exactions commises par les leurs ou leurs semblables. Peut-être inspirés par la forêt de Tronçais toute proche, les recrues bourbonnaises préférèrent, cette fois ci, le bûcher pour envoyer leurs ennemis en Enfer.

 

 

 

 

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Dans l'objectif de partager avec le grand public une partie du contenu de mes recherches, je propose des animations autour du Moyen-âge et de l'Antiquité sous forme de conférences d'environ 1h30. Ces interventions s'adressent à des auditeurs curieux de l'histoire de leur région et sont accessibles sans formation universitaire ou savante préalable.
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J'observe depuis quelques mois la fâcheuse tendance qu'ont certains visiteurs à me contacter directement pour me poser des questions très précises, et à disparaître ensuite sans même un mot de remerciement. Désormais, ces demandes ne recevront plus de réponse privée. Ce blog est conçu pour apporter à un maximum de public des informations sur le Berry aux temps médiévaux. je prierai donc les personnes souhaitant disposer de renseignements sur le patrimoine ou l'histoire régionale à passer par la rubrique "commentaires" accessible au bas de chaque article, afin que tous puissent profiter des questions et des réponses.
Les demandes de renseignements sur mes activités annexes (conférences, contacts avec la presse, vente d'ânes Grand Noir du Berry...) seront donc les seules auxquelles je répondrai en privé.
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