Quantcast
Samedi 18 mai 2013 6 18 /05 /Mai /2013 07:59

grosse tour de Bourges

 

Voici quelques années, j'étais descendu dans le parking souterrain de l'Hôtel de ville de Bourges photographier les derniers vestiges de l'énorme donjon qu'avait fait élever le roi Philippe Auguste. Ce monument après des siècles à veiller sur la sécurité de la ville, a disparu pendant la Fronde, vaincu par les mines des sapeurs après l'entrée des troupes royale dans la capitale berrichonne.

 

Le donjon royal, dit “grosse tour” de Bourges (18)

 

Je n'ai pas résisté à l'envie de recopier un petit poème satirique publié après les événements qui ont endeuillé la région au milieu du XVIIe siècle. Le texte est conservé dans l'immense fonds de la Bibliothèque nationale, et est accessible à partir du site Gallica, bien connu des historiens.

Autre balade sur la démolition de la grosse Tour de Bourges.

Bourges, la Grosse Tour n'est plus ton gouvernail,
Dans ses plus noirs cachots elle admet le soleil
Depuis que l'on commence à la vendre en destail,
Nous verrons quelque jour si c'est par bon conseil;
A la faire saulter on eut bien du travail,
Mais elle causa plus de pleurs et de de babil
Lors que laschant un pet plus tonnant qu'un fusil,
Elle fut assommer gens d'ut, re, mi, fa, sol,
Et d'autres dont on n'a fait encor le calcul,
Cela n'empesche pas qu'on ne chante en bemol
Nostre grosse pucelle en a bien dans le cul.

Quand pour la renverser on eut fait l'attirail
Plusieurs sont accourus à ce grand appareil,
S'y trouverent surpris comme dans un tramail,
Et là furent blessez plus de gens qu'à Corbeil:
Si ce gros Coulombier servoit d'espouventail,
Il sera maintenant un clapier à Conil
Fort propre à retirer quelque Poisson d'Avril,
Il fit prendre autresfois nostre ville par dol,
Aussi chacun s'en mocque, et je ne connois nul,
Qui ne chante d'un ton, ou doux, ou grave, ou mol,
Nostre grosse Pucelle en a bien dans le cul.

Elle ne verra plus ses foudres de métail,
Qui la nuict quelquesfois troublent nostre sommeil,
Et dont l'air agité, plus que d'un éventail,
A mainte Pucelle esmeu le teint vermeil,
Elle a fait peur à tel, de qui le souspirail,
Se fut bien aysement bouché d'un grain de mil,
Quel que soit son autheur, Romai,, Goth, Espagnol,
Roy, Maire du Palais, Empereur ou Consul,
Sans respecter son nom qui n'a pas eu grand vol,
Nostre grosse Pucelle en a bien dans le cul.

Envoy à quelque Balafré
Vous que la grosse Tour à rendu torticol,
Qui vous estes deffait de francs ou d'escus sol,
Pour guerir d'une pierre autre que le calcul,
Votre chef ne peut plus faire le girasol;
Si vous avez mal au siege du licol
Nostre grosse Pucelle en a bien dans le cul.

Par Olivier Trotignon - Publié dans : sources/littérature - Communauté : Vieilles Pierres
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 10 mai 2013 5 10 /05 /Mai /2013 08:35

megalithe2

 

Avant d'entreprendre mes recherches sur la période médiévale, je me suis longtemps intéressé à la question des mégalithes. C'est dans les albums de photos prises à cette époque que j'ai retrouvé quelques clichés intéressant la période médiévale et un phénomène connu dans d'autres région: la christianisation des dolmens et menhirs berrichons.
Ma région n'est pas une terre de pierres levées, malgré une occupation importante du sol à l'époque néolithique. Seuls quelques ensembles de monuments sont visibles au nord et au sud de l'Indre, et dans le nord-est du Bourbonnais. Le Cher est aussi concerné, mais de manière plus ponctuelle, et aucun monument remarquable ne peut égaler les beaux dolmens des région de Vatan et Aigurande.
La christianisation des mégalithes s'est opérée selon deux pratiques. L'une s'est traduite par une destruction totale des monuments (menhirs abattus ou enterrés, tables de dolmens fracassées), l'autre, moins radicale, consistant à marquer les pierres préhistoriques de signes religieux. Des pierres levées ont été retaillées en calvaires (quelques cas en Bretagne) ou ont été plantées de croix ou gravées de signes de croix. Ces modifications datent, comme on le pense généralement, de la période médiévale et traduisent de la part des populations impliquées des sentiments sur lesquels la prudence commande de ne pas être trop catégorique.
L'ampleur des destructions n'est pas vraiment évaluée, et les désordres de construction constatés ne sont pas tous d'origine religieuse. Des pierres ont été déplacées pour des raisons cadastrales, réduites pour récupérer de la pierre, affaiblies par des mouvements de terrain et même les observations faites par les archéologues, seuls aptes à démontrer qu'un mégalithe a été victime d'une destruction volontaire par observation de la stratigraphie, ne peuvent garantir qu'il s'agisse d'une initiative spirituelle.
La prolifération de symboles chrétiens sur des pierres levées néolithiques est-elle une preuve de christianisation? Là encore, la relation n'est pas établie. Des clercs ont pu profiter de l'existence de menhirs dans leur paroisse pour dresser des calvaires solides, sans pour autant que ce geste ait une portée missionnaire. Plusieurs menhirs probables du département de l'Allier sont porteurs de croix, mais sont aussi situés sur des limites parcellaires (que leur présence a certainement engendrées). Un menhir crucifère peut être une limite paroissiale ou judiciaire, paroisse et justice qui ont pu fixer leurs limites à partir de ce menhir.

 

megalithe3

 

Reste qu'il y a des cas, à défaut d'être incontestables, qui demeurent troublants. Le dolmen du Chardy, dans les alentours de Montchevrier/Saint-Plantaire, dans l'Indre, est isolé en plein champ, dans une zone très faiblement peuplée. Ce mégalithe a subi deux altérations post-néolithiques: quelqu'un a tenté d'y tailler une meule de moulin, et une croix profonde y a été gravée. Pour la meule, on comprend qu'un meunier ait trouvé pratique d'exploiter une pierre hors sol pour équiper son moulin. Pour la croix, sa présence n'a pas d'utilité flagrante. L'hypothèse d'une christianisation peut-être envisagée.

 

megalithe1

 

Si on retient cette dernière formule, les questions qui restent en suspens sont l'identification de ce contre quoi le clergé a lutté en signant ces pierres, et quand il l'a fait.
Certains voient là le signe de la persévérance de cultes païens dans des secteurs ruraux et forestiers reculés, bien après la christianisation des régions urbaines. Faute de pouvoir éradiquer ces superstitions, les clercs auraient changé les symboles de manière à donner aux pratiques populaires des apparences d'orthodoxie. Cette thèse concerne aussi les multiples saints ruraux, dont certains semblent le reflet de divinités gallo-romaines.
L'autre volet de ce dossier est de savoir quand ce actes se seraient produits. Si on démontre que la pratique remonte à l'époque mérovingienne, l'affaire s'inscrit dans le sens de l'Histoire. Si ces christianisations sont plus tardives, cela implique que les campagnes et forêts berrichonnes du haut Moyen-âge connaissaient un équilibre spirituel sensiblement plus complexe que ce qu'on imagine le plus souvent.
Un dernier point mérite qu'on s'y attarde: pourquoi et comment des monuments élevés pour certains 5000 ans avant le Christianisme sont-ils restés porteurs de valeurs religieuses si tardivement? L'historien n'apportera des hypothèses que pour tempérer certains délires mystiques qui verraient volontiers des confréries secrètes transmettre des secrets pluri millénaires de druide en druide depuis l'aube des temps.
Que les druides aient eu une influence sur la question n'est pas absurde. Les sources antiques parlent d'autels en pleine nature et les Gaulois n'étaient pas aveugles: les mégalithes ont pu les attirer. On envisagera comme plus probable la transmission de légendes populaires, un peu comme des très anciens mots sont restés dans les lexiques, de génération en génération, avec toutes les torsions imaginables par rapport au savoir d'origine.

Par Olivier Trotignon - Publié dans : antiquité tardive/haut Moyen-âge - Communauté : Vieilles Pierres
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mercredi 1 mai 2013 3 01 /05 /Mai /2013 09:35

Souages2

 

J'ignore les raisons qui poussent certains de mes lecteurs à s'intéresser depuis quelques jours à la pierre à la dîme, ou aux dîmes, de l'ancien prieuré bénédictin de Souages, en Boischaut, mais le hasard fait que je suis retourné la voir il y a quelques semaines pour mesurer la profondeur et le diamètre des alvéoles. J'avais comme projet de comparer cet instrument de mesure à un similaire photographié cet été dans le hameau de Prompsat, dans le Puy-de-Dôme.
N'étant pas très savant (et c'est un euphémisme) dans les sciences mathématiques, j'ai confié les calculs à un de mes correspondants médiévistes, Olivier du Berry, que je remercie pour sa diligence à traduire mes mesures en données publiables.
Nous supposons la pierre de Souages médiévale, sans autre repère que sa fonction. La perception des dîmes est une pratique fiscale qui remonte à la période paléomédiévale et qui s'est poursuivie bien après que Christophe Colomb ait traversé l'Atlantique. Ce monument peut être de tradition médiévale et avoir été taillé à l'époque moderne pour remplacer un dispositif plus vétuste.
La pierre de Prompsat (il en existe une autre dans Chatel-Guyon que je n'ai pas pu retrouver, hélas) est un bloc de lave creusé, comme celui de Souages, de cinq alvéoles. Son plus grand bassin a été tronqué, ce qui ne gène pas son étude.

 

Prompsat1

 

Comment mesurer la capacité de chaque cuvette? Les calculs sont approximatifs et ne peuvent avoir la précision qu'on aurait sur un contenant produit par l'industrie. Les pierres sont irrégulières et les évidements ne sont pas exactement cylindriques. J'ai utilisé une règle, un mètre à ruban et un pied à coulisse mais l'idéal serait de disposer d'un bon sac de graines à oiseaux, dont on se sert en paléo-anthropologie pour connaître le volume cérébral de nos ancêtres. Même chose pour des bidons d'eau et un verre mesureur, mais l'enjeu ne mérite pas un tel investissement en temps.
A quoi servaient ces pierres aux dîmes? Finie la vision naïve de ces paysans traînant leurs récoltes aux pieds d'un groupe de moines les toisant d'un œil sévère tout en les dépouillant au nom de Dieu d'un dixième de leur travail: cela n'a aucun sens en terme économique. La manutention et le transport de tonnes et de tonnes de céréales auraient occupé la population pendant des semaines et demandé une organisation inimaginable. Les pierres aux dîmes ont du voir passer par leurs cuvettes non pas des grains et des liquides, mais des pots, paniers et boisseaux que les collecteurs de dîmes emportaient avec eux dans les fermes pour leurs ponctions fiscales. En cas de contestation sur la quantité enlevée, les plaignants et les clercs pouvaient s'appuyer sur ces pierres, étalons de mesure reconnus.
On supposera que les dîmes sur le vins se mesuraient en tonneaux.
Quels sont les points communs entre Souages et Prompsat? Dans les deux cas, il y a cinq cuvettes, mais de capacités différentes:
- Prompsat: 56,75; 17,5; 2,3; 1,75 et 0,75 l
- Souages: 18,8; 5; 1,6; 0,65 et 0,3 l

Il y a de vagues ressemblances: Prompsat n°2 et Souages n°1;  P. n°4 et S. n°2; P. n°5 et S. n°4.
Quand on divise le volume le plus fort par les volumes les plus faibles on obtient:
Prompsat: 3,24; 24,6; 32,4, 75,5
Souages: 3,75, 12, 28,5, 63
A part les différences du deuxième rang, les proportions sont aussi vaguement comparables, en se souvenant que nous ne sommes pas dans la même région. Il semble que le clergé soit parti d'une capacité de départ et ait calculé les contenances inférieures par division. Il faut en plus imaginer les difficultés techniques à passer de l'abstraction mathématique à un résultat concret. Peut importe d'ailleurs les différences dans le détail. Prêtres et moines décidaient de l'abaque de division sur des proportions traditionnelles que nul n'aurait songé à contester. Les frictions ne pouvaient porter que sur la conformité des récipients de mesure des taxes.

 

Prompsat2

 

Je sais que mes relevés n'ont pas beaucoup de valeur mais comme les études sur le sujet ne sont pas faciles à se procurer, je n'ai rien d'autre à vous offrir que ces quelques calculs.
Il serait intéressant de se pencher, à l'occasion, sur le cas de ces bénitiers très simples qu'on trouve parfois à l'extérieur des églises, pour vérifier qu'il s'agit bien de cuves à eau bénite, et pas d'étalons de dîme sur l'usage desquels on se serait mépris.

Par Olivier Trotignon - Publié dans : économie - Communauté : Vieilles Pierres
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Dimanche 28 avril 2013 7 28 /04 /Avr /2013 13:34

La-Prée-gisant1-

 

Mon attention a été attirée, au départ, par une mauvaise photographie en noir et blanc illustrant un essai de synthèse sur Cîteaux en Berry. A l’arrivée: la surprise de découvrir un gisant remarquable, très peu connu, élément majeur du patrimoine funéraire médiéval berrichon.
La première originalité de ce monument funéraire est d’être dans la situation opposée à  celle de presque tous ses contemporains: alors que, dans la grande majorité des cas, les abbatiales cisterciennes ont été débarrassées des dalles funéraires qui les encombraient, là, c’est l’abbatiale qui a disparu et le tombeau qui est resté.

 

La-Prée-dalle-

 

Ce bel élément est en effet visible dans un mur isolé du cloître de l’abbaye de La Prée, qui n’est autre qu’un vestige du transept gauche de l’ancienne église abbatiale, abattue au XIXe siècle. Même s’il est assez récent (1422), il donne une bonne idée de ce à quoi ont du ressembler beaucoup de lieux de prière cisterciens qu’on décrit souvent de manière imprudente comme vierges de toute décoration.
La seconde originalité est d’être orné des restes d’une danse macabre dont il ne reste apparent qu’un squelette, d’un style qui rappelle, mais c’est sans doute un hasard, celle de l’église de Condé, dans le Cher.

 

La danse macabre de l’église de Condé (18)

 

La-Prée-danse-macabre-

 

Le tombeau se compose donc des restes d’un gisant disposés sur une dalle anépigraphe elle même contenue dans un bel enfeu. Le tout a été taillé dans un calcaire fin de belle qualité. Le défunt, Gaucher de Passac, seigneur du fief voisin de la Croisette, est représenté allongé sur le dos, le chef reposant sur un coussin, les mains jointes et équipé d’une cuirasse. La partie inférieure de la statue a été brisé et manque, mais il reste tout de même le corps du lion ou du chien sur lequel reposaient les pieds.

 

 

La-Prée-chien

 

Ce genre de mutilation est caractéristique de la période révolutionnaire, qui s’est assez volontiers acharnée contre ce symbole de l’appartenance à l’ancien ordre féodal.

 

La-Prée-gisant2-

 

Le visage a été abîmé mais reste lisible et présente les traits d’un homme âgé, tête nue.
Au premier contact, ce monument m’a donné une impression de “déjà vu”, confortée par la consultation de mes dossiers.
Le gisant de La Prée présente des similitudes flagrantes avec celui, contemporain à six années près, de l’ancienne collégiale Saint-Marin d’Huriel, dans l’Allier. Les proportion de la statue, la finesse du travail, des détails sur l’armure, les proportions de l’enfeu rappellent irrésistiblement le tombeau, aujourd’hui détruit mais connu par une gravure ancienne, du seigneur Louis de Brosse, signé par l’artiste berruyer Philippe Colombe, facteur de tombeaux et père du célèbre sculpteur Michel Colombe. L’expertise d’un confrère historien de l’Art serait utile pour confirmer ou infirmer cette constatation.

 

Le gisant de la collégiale Saint Martin d’Huriel (03)

 

La-Prée-enfeu-

 

Ce beau monument funéraire nous invite à découvrir, ou retourner visiter ce site prestigieux qu’est l’abbaye de La Prée, qui possède plusieurs autres pierres tombales médiévales que je n’ai pu encore photographier mais qui feront l’objet, dans les mois ou années à venir, de billets complémentaires.

 


Par Olivier Trotignon - Publié dans : art funéraire - Communauté : Le Moyen Age
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 22 avril 2013 1 22 /04 /Avr /2013 09:21

Ronnet2

 

Dans le sud de la région de Montluçon, non loin de la limite entre les diocèses de Bourges et de Clermont se trouve, dans le village de Ronnet, un monument injustement méconnu du grand public mais qui a attiré depuis longtemps l’attention des archéologues et des historiens.
Sur les vestiges d’une forte motte castrale s’élèvent les vestiges d’un donjon de pierre, tronqué sur une hauteur difficile à estimer, mais qui garde une élévation significative.
Si on s’appuie sur la forme de cette construction, la tour de Ronnet peut être datée de la fin du XIIe ou du XIIIe siècle, comme la majorité des donjons de la région. Celui ci doit son salut à la faible qualité de l’appareillage général, qui inclut peu de belles pierres de taille. Les gens du village n’ont vu aucun intérêt à le transformer en carrière, tout juste l’ont-il éventré à la base pour profiter de la basse-fosse pour ménager un abri pour les animaux domestiques.

 

Ronnet3

 

Le profil général de ce bâtiment témoigne d’un archaïsme rare qui fait tout l’intérêt de ce site. Ses constructeurs ont en fait remplacé un antique donjon de bois datant du premier âge féodal par une tour de même conception, mais imputrescible et insensible à l’incendie, gardant un faible diamètre à la base et un accès par rampe amovible à un étage élevé, comme on en voit encore sur le donjon d’Huriel ou comme il en existait, d’après les gravures modernes, au château de Montrond. Aucune meurtrière n’a été ménagée dans le tronc qui demeure, ce qui confirme le manque de modernisme de l’ensemble, prévu pour abriter un nombre réduit de combattants disposants d’armes défensives puissantes comme des arbalètes, employées à partir du sommet du donjon.

 

Ronnet-tour

 

Ronnet offre donc au visiteur un intéressant exemple du passage dans nos régions des châteaux de bois à leurs successeurs de pierre. Ici, manifestement, les ambitions des architectes ont été limitées à l’imitation d’un modèle symbolique et tactique primitif: symboliser, en conservant la motte comme assise, le caractère souverain et féodal de la tour et assurer la sauvegarde d’un petit nombre de guerriers en cas d’agression.
Ailleurs, les vielles bases féodales ont été soit laissées à l’abandon, soit recouvertes par de puissants châteaux-forts, ce qui donne au donjon de Ronnet un caractère exceptionnel.

 

Ronnet1

Par Olivier Trotignon - Publié dans : patrimoine militaire
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Dimanche 14 avril 2013 7 14 /04 /Avr /2013 09:23

maison-forte2

 

Profitant des précipitations exceptionnelles de ces derniers mois, je suis passé prendre quelques vues de plusieurs restes d’anciennes forteresses de terre et de bois dans le sud du département du Cher, dans l’espoir que les pluies auraient gonflé leurs fossés et donné un peu de relief à des ensembles difficiles à photographier en temps ordinaire. Fidèle aux principes de ce blog, je ne donne aucun repère pour permettre de les localiser afin de ne pas encourager les visites malveillantes...
Le site n°1 se présente sous la forme d’un retranchement fossoyé sans élévation artificielle. Ses concepteurs ont creusé un fossé profond alimenté par un ruisseau qui collecte les eaux de ruissellement sur un périmètre extrêmement difficile à évaluer à cause des bois qui entourent le lieu. La terre retirée des douves a été déposée non pas à l’intérieur du dispositif pour élever sa plate-forme, comme pour une motte castrale, mais vers l’extérieur. Un bourrelet défensif, certainement palissadé à l’origine, constituait un premier obstacle.

 

maison-forte1

 

Le site n°2 est bâti sur le même principe, avec une nuance intéressante. Le lieu est très humide. Le choix a porté sur des fossés plus larges que profonds, remplis par un ruisseau permanent. Pour une raison inconnue, l’alimentation était interrompue cet hiver. Cet aménagement particulier produit une forme défensive étrange, où la superficie de l’aire habitée est de moitié inférieure à celle de ses douves. Là aussi, la terre excavée a été jetée à l’extérieur.
Visuellement, ces forteresses, de plain-pied avec les terrains alentours, sont peu spectaculaires et peuvent échapper à l’attention d’un chercheur passant à quelques dizaines de mètres.

 

maison-forte3

 

L’absence programmée de motte révèle un choix architectural particulier. Nous ne sommes pas sur les ruines d’anciens donjons féodaux, mais de maisons-fortes. En l’absence  de données archéologiques, il est très difficile d’estimer leur surface au sol et leur hauteur, mais la rareté des ruines et des tuiles oriente vers des constructions de bois avec couverture végétale possible (des bardeaux de chênes peuvent résister très longtemps à la pluie). Des fouilles menées sur d’autres sites ont permis de conclure que ces habitations n’étaient pas à proprement parler des châteaux, même si certains lieux ont pu évoluer avec le temps en véritables petites forteresses de pierre, mais des grosses maisons très solides, capables de résister à un coup de main hostile grâce à un armement adapté.
Si je n’ai rien trouvé de précis, à part une allusion au XVIe siècle concernant le site n°1, le site n°2 est mieux repéré dans la documentation régionale et plusieurs actes conservés aux archives du Cher montrent qu’il était la propriété d’une famille de chevaliers et damoiseaux au début du XIIIe siècle. Un testament de 1375 parle du “lieu et manoir de X”.

 

maison-forte4

 

Ces dates concordent avec ce qu’on observe ailleurs. Ces maisons-fortes semblent s’élever à la lisière des grandes seigneuries à un moment ou la croissance démographique permet une exploitation de l’ensemble des terres cultivables. Une petite féodalité rurale prend racine sur des domaines agricoles dont elle fortifie l’assise avec de grosses maisons de bois capables de garantir un minimum de sécurité contre des bandes de pillards toujours à craindre. Les propriétaires sont issus d’une chevalerie rurale probablement de faible extraction, ce qui ne les empêche pas d’avoir des rapports avec les abbayes locales, dont les archives ont conservé leurs noms.
Il est difficile de savoir comment et pourquoi elles ont disparu. On observe toutefois que si la fonction défensive s’est fondue dans le temps, il reste des signes de leur activité agricole primitive: des fermes sont encore exploitées à proximité des vestiges et aucune maison-forte n’est totalement isolée dans la nature.

Par Olivier Trotignon - Publié dans : patrimoine militaire - Communauté : Vieilles Pierres
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Samedi 30 mars 2013 6 30 /03 /Mars /2013 10:44

DunAuron-sceau

 

Il existe, dans le sud du département du Cher, un document d’archive en tous points remarquable. Ce document est dans un état de conservation exceptionnel. Daté de 1175, cet original de la charte de franchise accordé par le roi de France Louis VII aux habitants de ses ville et châtellenie de Dun-le-Roi, devenue depuis Dun-sur-Auron, n’a jamais quitté, depuis plus de huit siècles la ville de Dun et a de plus conservé son sceau, pièce pourtant très recherchée par des collectionneurs sans scrupules. M. Louis Cosyns, maire de Dun, m’a accordé le privilège d’accéder à ce document et m’a autorisé à en publier ici des extraits. Qu’il me soit permis ici de lui exprimer toute ma gratitude pour m’avoir permis de partager avec vous la lecture de cet acte de qualité.

 

DunAuron-charte-

 

La charte se présente sous forme d’un parchemin d’une taille légèrement inférieure à une feuille de dessin, auquel est appendu, par des lacs de soie verte, un sceau de cire rouge légèrement abîmé sur son bord droit, marqué d’un contre-sceau illustré par une silhouette d’inspiration antique.

 

DunAuron-contre-sceau-

 

Le roi Louis VII, avec l’accord de sa femme Adèle et de son fils Philippe (futur Auguste), concède aux habitants du lieu plusieurs droits importants portant sur la fiscalité, le régime matrimonial des veuves, le service militaire, la justice, ajoutant même une rémission générale pour toutes les affaires judiciaires antérieures à la promulgation de la charte. Le texte est confirmé par plusieurs témoins membres de la cour royale et est authentifié par le monogramme du souverain calligraphié en bas du parchemin.
Arrêtons nous un instant sur le contenu du texte.

 

DunAuron-monograme-

 

Nous pensons, même si ceci n’a jamais été vraiment démontré, que Dun est devenue la propriété de la couronne du temps du roi Philippe Ier, et faisait partie du même lot foncier que Bourges, vendue par le vicomte Eudes Arpin au moment de son départ à la croisade, ce qui faisait des rois de France les seigneurs de Dun. Notre charte n’est donc pas une charte de fondation de ville franche, comme on en connaît plusieurs contemporaines en Berry. Seul le contexte économique et politique de l’époque peuvent justifier ces concessions faites par le roi à ses sujets.
En 1175, la région est en pleine mutation. Les friches régressent, la population augmente et les villes sont en pleine croissance: c’est désormais entre leurs murs que les richesses vont se générer, par l’artisanat, le commerce et la hausse de la démographie. Toute la région est concernée. Dun présente en plus la particularité de dessiner un grand terroir radio concentrique, encore visible sur les photos satellite, qui montre qu’on prend soin d’organiser l’espace pour le rendre plus productif. Issoudun, par exemple, suit le même schéma directeur.
Politiquement, le roi n’est ici qu’un seigneur parmi d’autres, et ses voisins étendent leur influence: Charenton, Bourbon et même Déols peuvent être perçus comme des menaces. Louis VII a tout intérêt à attirer vers sa cité des hommes libres séduits par les avantages détaillés dans l’acte. Ces migrants sont synonymes de prospérité et, même si certaines taxes sont remises, la collecte d’autres impôts équilibrera largement les comptes.
L’importance et la pérennité de la ville de Dun, la puissance de son enceinte et de son donjon montrent que les paysans et les artisans ont compris l’intérêt qu’il y avait à rester ou à venir travailler sur place. La portée de ces quelques dizaines de centimètres de peau tannée et quelques grammes de cire rouge fut donc considérable à l’échelle de l’histoire régionale.

 

  DunAuron-cachet-

 

Je réserve des remerciements particuliers à mme Dominique André, Directrice Générale des Services, qui m'a favorisé l'accès au document. Que ces lignes soient le témoignage de l'intérêt que le public porte au passé de sa ville!

Par Olivier Trotignon - Publié dans : sources/littérature - Communauté : Le Moyen Age
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Dimanche 24 mars 2013 7 24 /03 /Mars /2013 07:37

Bannegon-cheminée

Pauvrement armé de mon petit appareil-photo numérique qui sert à illustrer la plupart des articles de ce blog, j'ai pu, il y a plusieurs mois, découvrir une véritable rareté: la cheminée sarrasine du château de Bannegon, dans le sud du Cher.
Je ne crois pas utile de m'attarder sur le cas de cette forteresse rurale dont la réputation n'est plus à faire.
Pris dans une visite organisée du monument, je n'ai pas été entièrement libre de mes mouvements et de mon temps et n'ai fait qu'un bref passage dans la cuisine du château et n'ai pu prendre qu'une mauvaise photo d'un dispositif aussi rare qu'impressionnant. Les bâtisseurs de cette partie domestique, qui semble remonter au XIIIe ou XIVe siècle ont fait le choix d'équiper la cuisine d'une haute cheminée centrale pyramidale, d'un type connu sous le qualificatif de sarrasine, conduisant la fumée des foyers vers une souche rectangulaire située à une bonne dizaine de mètres du sol, étayée par deux étresillons cintrés dont les détails sont difficiles à percevoir à cause du contre-jour. Le tirage se faisait donc de manière naturelle par ce vaste collecteur.
L'intérêt du dispositif est de mettre à disposition des habitants du château un grand fumoir dans lequel pouvaient être suspendues toutes les denrées qu'on avait besoin de conserver.
Nous ne connaissons pas tout des châteaux du Berry, certains étant sévèrement ruinés, mais je n'ai jamais entendu parler d'une autre cuisine conçue sur le même principe dans la région.

 

Bannegon-ensemble

 

Il s'agit là d'un indice intéressant sur l'économie domestique féodale sur laquelle nous ne sommes en général renseignés que par la littérature et l'archéologie.
La forteresse de Bannegon abrite d'autres éléments architecturaux et artistiques remarquables. Sans être complètement fermée au public, elle n'ouvre que rarement ses portes et seulement, si mes souvenirs sont bons, à des groupes. Le trop faible nombre de touristes dans cette partie de la région rend impossible le maintien sur le site d'une billetterie régulière.

Par Olivier Trotignon - Publié dans : vie quotidienne - Communauté : Vieilles Pierres
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Samedi 16 mars 2013 6 16 /03 /Mars /2013 09:27

lance

 

Une succession de rencontres et de témoignages ont attiré ces dernières semaines mon attention vers la pratique de la détection métallique, au point qu'il me parait utile de clarifier mon point de vue sur cette pratique, au risque de me faire des inimitiés dans les deux camps, celui des prospecteurs clandestins et celui des archéologues de métier.
Disons le clairement: le petit monde de la prospection régionale n'apprécie pas mes prises de position. Un de mes correspondants m'a signalé des commentaires me concernant directement sur un forum. Rien d'insultant ni de diffamatoire, mais rien de bienveillant non plus dans les propos que j'ai lus de gens qui se dissimulent derrière des pseudonymes pour parler de quelqu'un qui écrit sous sa véritable identité.
Qu'ils sachent que mon manque d'appétit pour leur passion s'appuie sur des souvenirs personnels précis et désagréables. Dans les années 80, j'ai échappé  de justesse à une correction en règle par quatre de leurs semblables, allure commando, qui pillaient un site proche de Bruère-Allichamps en pleine journée. Quatre contre un, ces gros bras ne risquaient pas grand chose; j'ai pu me dégager grâce à une intervention extérieure, heureusement.
Il y a quelques années, j'ai vu arriver chez moi un prospecteur qui ignorait qui j'étais, et qui m'a fait un numéro digne d'une école de clown pour obtenir le droit de venir détecter sur mon terrain. Je déteste être pris pour un imbécile, même par un imbécile, et la prospection métallique, c'est aussi des gens comme ça. C'est d'ailleurs à leur intention que je dissimule toutes les localisations de sites sensibles sur lesquels je travaille, leur présence sur mes blogs n'ayant pour but que de trouver de nouveaux lieux à piller. L'historique des recherches fourni quotidiennement par la plate-forme Overblog ne laisse aucun doute à ce sujet.
Et puis il y a tous les autres -j'espère qu'ils représentent la majorité- qui pratiquent un loisir illégal en toute connaissance de cause mais qui souffrent d'être réduits à la clandestinité par une législation trop rigoureuse à leur yeux. Leur frustration est de ne rien pouvoir apporter de constructif à l'histoire de leur terroir, et pour cause: j'ai raconté dans un billet précédent ce qui pouvait arriver si la Gendarmerie entrait en action. Fouille au corps, saisie des détecteurs, perquisition au domicile, saisie de tous les objets anciens, convocation à s'expliquer devant un juge et, je l'ai appris il y a peu, saisie du véhicule. On comprend que certains préfèrent s'abstenir de signer sous leur propre nom.
Qu'ils soient certains que dans le camp adverse, celui de l'archéologie officielle, il y a aussi des gens pas spécialement recommandables. J'ai d'excellents rapports avec des archéologues professionnels et amateurs qui sont des gens droits et rigoureux, avec lesquels l'information circule dans les deux sens. La mise en commun de nos savoir-faire respectifs contribue à enrichir la connaissance que le public a de l'histoire régionale, et j'espère bien poursuivre ma coopération avec certaines équipes le plus longtemps possible. Mais il y a aussi des archéologues intellectuellement malhonnêtes, des gens qui vous font plein de promesses pour vous soutirer des informations (j'ai cru des années avoir été inscrit sur la liste des candidats à une visite de la vraie grotte de Lascaux), à qui on confie des objets anciens et qui vous oublient ensuite, qui publient à leur nom des sites qu'ils n'ont pas découverts...évitons donc tout manichéisme. Il n'y a pas d'un coté les méchants et de l'autre les gentils. Ça, ce sont des contes pour enfants.
Pour les adultes, je propose une expérience. Je suis prêt à mettre en ligne sur ce blog des photos et cotes d'objets médiévaux trouvés en détection, sous réserve qu'ils aient un caractère exceptionnel: deniers rares, objets de culte, matrices de sceaux... que des prospecteurs aimeraient voir publiés sur un espace ouvert, sans mot de passe comme sur les forums de détection ou de numismatique, et accessible à un vaste public amateur d'art et d'histoire de la période médiévale.
Je suis disposé à reproduire de très bonnes photos ou scans, qu'on peut m'envoyer de manière anonyme (un prénom me suffira) à mon adresse dédiée:
berrymedieval#yahoo.fr (le # remplace le @, pour éviter les robots générateurs de spams).
Une présentation résumée des conditions de découverte m'aidera à écrire le billet, de même qu'une localisation minimum.
J'espère que ces lignes apporteront la preuve à beaucoup de prospecteurs de l'ombre que je ne les considère pas comme des parias, comme certains paramilitaires abrutis qu'on croise parfois en forêt ou sur les plages, et que je serais ravi de pouvoir leur réserver un espace pour partager leurs plus belles trouvailles, dans l'intérêt de tous.

Par Olivier Trotignon - Publié dans : actualité - Communauté : Le Moyen Age
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Samedi 9 mars 2013 6 09 /03 /Mars /2013 09:44

Noirlac-réfectoire

Je voudrais dédier ces lignes à tous les lecteurs fidèles de ce blog qui ne pourront être présents demain à l’après-midi conférences sur l’Ordre cistercien en Berry, à Mehun-sur-Yèvre. J’ai prévu d’y développer une hypothèse inédite sur l’origine d’une des plus célèbres abbayes cisterciennes des régions du Centre: le monastère de Noirlac.
L’histoire de la fondation de Noirlac n’a plus de secrets pour nous. Plutôt que d’en produire un mauvais résumé, je vous encourage vivement à vous procurer l’excellent article de mon confrère Pierre-Gilles Girault: “Robert de Châtillon, saint Bernard et les débuts de l’abbaye de Noirlac” paru dans les actes du colloque L’Ordre cistercien et le Berry, Cahiers d’Archéologie et d’Histoire du Berry, décembre 1998
Pierre-Gilles y détaille, de manière très fouillée, les premiers pas des Cisterciens dans cette partie de la vallée du Cher et, à moins d’une révélation documentaire inédite, on voit mal ce qui pourrait remettre en cause ses conclusions.
Pour ma part, je me suis intéressé à certains détails curieux et non résolus de l’histoire  primitive de Noirlac.
Le site, tout d’abord, choisi par saint Bernard pour y installer des frères de son ordre: l’abbaye n’est pas là où on aurait pu l’attendre. Noirlac est riveraine de la route qui conduisait de Bourges à Saint-Amand-Montrond. Des voyageurs frôlaient sa clôture peut-être quotidiennement. Les sons d’au moins deux ou trois clochers venaient troubler son silence les jours de temps calme: l’église et le village de Nozières sont visibles du site et Saint-Amand et Orval sont à à peine une heure à pied. Plusieurs auteurs se sont efforcés de justifier que ce lieu était propice à la prière. Par comparaison avec les autres monastères de moines blancs berrichons, Noirlac est dans une situation clairement marginale.
Le nom même de l’abbaye pose problème. Le toponyme Noirlac est tardif (Narlac en 1218) et correspond au nom du site, qui n’est pas éponyme aux débuts du couvent. Le nom retenu par les moines est Domus-Dei super Carum, que tout le monde traduit, par habitude, en Maison-Dieu-sur-Cher. Or, Noirlac n’est pas à proprement parler sur le Cher, mais sur un de ses bras. En plus, si on confie la traduction à n’importe quel latiniste qui ne connaît pas le contexte culturel régional, il restituera le nom médiéval en Hôtel-Dieu-sur-Cher, ce qui n’a plus du tout la même connotation.

 

plan-Noirlac

 

Je proposerai donc demain une clé de résolution de ces anomalies en m’appuyant sur le contexte politique et économique de la région au XIIe siècle. J’ai modifié une carte IGN pour rendre plus lisible la situation.
Vers 1100, la région de Noirlac connaît des transformations engendrées par l’expansion de la seigneurie de Charenton. Saint-Amand devient une place économique active, à l’écart de l’ancienne voie antique qui franchissait le Cher au lieu-dit Allichamps, poursuivait par un itinéraire à préciser vers Orval (pointillés noirs) puis continuait vers le sud. Au XIe, ce vieux chemin perd de son intérêt. La route venant de Bourges se détourne par Bruère, Saint-Amand (trait plein noir) et retrouve son axe primitif entre Orval et Saint-Amand (trait rouge). Le gué d’Allichamps tombe en désuétude.
Je propose de calquer ce plan sur l’histoire des origines de Noirlac. Un hôtel-Dieu a pu être actif, comme beaucoup d’autres en France, au bord du Cher, au gué d’Allichamps. Voyant les voyageurs poursuivre leur route par un autre chemin, l’hôpital aurait été se fixer quelques kilomètres plus au sud, dans un lieu nommé Noirlac. Attentifs au message cistercien, ces frères hospitaliers se seraient réformés au cours du XIIe siècle, devenant les premiers moines blancs présents sur place vers 1135, assurant la charnière avec l’abbaye en gestation.
Ce schéma explique les anomalies sur le site, le nom, et est compatible avec ce que les sources nous apprennent sur les débuts de Noirlac.
Nous connaissons au moins deux établissements réformés dans le même ensemble géographique, et non des moindres: Bellaigue, en Combrailles (anomalies identiques à celles de Noirlac dans le paysage) et Fontmorigny, la plus grande abbaye cistercienne du diocèse, toutes deux anciens monastères bénédictins réformés.
Vos questions sur le sujet seront les bienvenues demain.

Par Olivier Trotignon - Publié dans : monachisme/clergé régulier - Communauté : Le Moyen Age
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

géographie des visiteurs




A ce jour, cette espace a été visité
121253 fois.

Merci de l'intérêt que vous portez à l'histoire de la région.




Visitor Map
Create your own visitor map!
" class="CtreTexte" height="150" width="300" />

 

Conférences

conférence

 

Dans l'objectif de partager avec le grand public une partie du contenu de mes recherches, je propose des animations autour du Moyen-âge et de l'Antiquité sous forme de conférences d'environ 1h30. Ces interventions s'adressent à des auditeurs curieux de l'histoire de leur région et sont accessibles sans formation universitaire ou savante préalable.
Fidèle aux principes de la laïcité, j'ai été accueilli par des associations, comités des fêtes et d'entreprise, mairies, pour des conférences publiques ou privées sur des sujets tels que:
- médecine, saints guérisseurs et miracles au Moyen-âge,
- l'Ordre cistercien en Berry;
- les ordres religieux en Berry au M.A.;
- la femme en Berry au M.A.;
- politique et féodalité en Berry;
- le fait religieux en Berry de la conquête romaine au paleo-christianisme...
Je travaille sur un projet de conférence sur les maisons-closes et la prostitution en Berry avant 1946 (animation prévue pour l'été 2013).
Renseignements, conditions et tarifs sur demande à l'adresse:
Berrymedieval#yahoo.fr  (# = @  / pour éviter les spams)
Merci de diffuser cette information à vos contacts!

Histoire locale

Pour compléter votre information sur le petit patrimoine berrichon, je vous recommande "le livre de Meslon",  Blog dédié à un lieu-dit d'une richesse assez exceptionnelle. Toute la diversité d'un terroir presque anonyme.
A retrouver dans la rubrique "liens": archéologie et histoire d'un lieu-dit

L'âne du Berry


Présent sur le sol berrichon depuis un millénaire, l'âne méritait qu'un blog soit consacré à son histoire et à son élevage. Retrouvez le à l'adresse suivante:

Histoire et cartes postales anciennes

paysan-ruthène

 

Cartes postales, photos anciennes ou plus modernes pour illustrer l'Histoire des terroirs:

 

Cartes postales et Histoire

NON aux éoliennes géantes

Le rédacteur de ce blog s'oppose résolument aux projets d'implantation d'éoliennes industrielles dans le paysage berrichon.
Argumentaire à retrouver sur le lien suivant:
le livre de Meslon: non à l'éolien industriel 

contacts avec l'auteur


J'observe depuis quelques mois la fâcheuse tendance qu'ont certains visiteurs à me contacter directement pour me poser des questions très précises, et à disparaître ensuite sans même un mot de remerciement. Désormais, ces demandes ne recevront plus de réponse privée. Ce blog est conçu pour apporter à un maximum de public des informations sur le Berry aux temps médiévaux. je prierai donc les personnes souhaitant disposer de renseignements sur le patrimoine ou l'histoire régionale à passer par la rubrique "commentaires" accessible au bas de chaque article, afin que tous puissent profiter des questions et des réponses.
Les demandes de renseignements sur mes activités annexes (conférences, contacts avec la presse, vente d'ânes Grand Noir du Berry...) seront donc les seules auxquelles je répondrai en privé.
Je profite de cette correction pour signaler qu'à l'exception des reproductions d'anciennes cartes postales, tombées dans le domaine public ou de quelques logos empruntés pour remercier certains médias de leur intérêt pour mes recherches, toutes les photos illustrant pages et articles ont été prises et retravaillées par mes soins et que tout emprunt pour illustrer un site ou un blog devra être au préalable justifié par une demande écrite. 

Recommander

Rechercher

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés