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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 09:21

Ronnet2

 

Dans le sud de la région de Montluçon, non loin de la limite entre les diocèses de Bourges et de Clermont se trouve, dans le village de Ronnet, un monument injustement méconnu du grand public mais qui a attiré depuis longtemps l’attention des archéologues et des historiens.
Sur les vestiges d’une forte motte castrale s’élèvent les vestiges d’un donjon de pierre, tronqué sur une hauteur difficile à estimer, mais qui garde une élévation significative.
Si on s’appuie sur la forme de cette construction, la tour de Ronnet peut être datée de la fin du XIIe ou du XIIIe siècle, comme la majorité des donjons de la région. Celui ci doit son salut à la faible qualité de l’appareillage général, qui inclut peu de belles pierres de taille. Les gens du village n’ont vu aucun intérêt à le transformer en carrière, tout juste l’ont-il éventré à la base pour profiter de la basse-fosse pour ménager un abri pour les animaux domestiques.

 

Ronnet3

 

Le profil général de ce bâtiment témoigne d’un archaïsme rare qui fait tout l’intérêt de ce site. Ses constructeurs ont en fait remplacé un antique donjon de bois datant du premier âge féodal par une tour de même conception, mais imputrescible et insensible à l’incendie, gardant un faible diamètre à la base et un accès par rampe amovible à un étage élevé, comme on en voit encore sur le donjon d’Huriel ou comme il en existait, d’après les gravures modernes, au château de Montrond. Aucune meurtrière n’a été ménagée dans le tronc qui demeure, ce qui confirme le manque de modernisme de l’ensemble, prévu pour abriter un nombre réduit de combattants disposants d’armes défensives puissantes comme des arbalètes, employées à partir du sommet du donjon.

 

Ronnet-tour

 

Ronnet offre donc au visiteur un intéressant exemple du passage dans nos régions des châteaux de bois à leurs successeurs de pierre. Ici, manifestement, les ambitions des architectes ont été limitées à l’imitation d’un modèle symbolique et tactique primitif: symboliser, en conservant la motte comme assise, le caractère souverain et féodal de la tour et assurer la sauvegarde d’un petit nombre de guerriers en cas d’agression.
Ailleurs, les vielles bases féodales ont été soit laissées à l’abandon, soit recouvertes par de puissants châteaux-forts, ce qui donne au donjon de Ronnet un caractère exceptionnel.

 

Ronnet1

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14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 09:23

maison-forte2

 

Profitant des précipitations exceptionnelles de ces derniers mois, je suis passé prendre quelques vues de plusieurs restes d’anciennes forteresses de terre et de bois dans le sud du département du Cher, dans l’espoir que les pluies auraient gonflé leurs fossés et donné un peu de relief à des ensembles difficiles à photographier en temps ordinaire. Fidèle aux principes de ce blog, je ne donne aucun repère pour permettre de les localiser afin de ne pas encourager les visites malveillantes...
Le site n°1 se présente sous la forme d’un retranchement fossoyé sans élévation artificielle. Ses concepteurs ont creusé un fossé profond alimenté par un ruisseau qui collecte les eaux de ruissellement sur un périmètre extrêmement difficile à évaluer à cause des bois qui entourent le lieu. La terre retirée des douves a été déposée non pas à l’intérieur du dispositif pour élever sa plate-forme, comme pour une motte castrale, mais vers l’extérieur. Un bourrelet défensif, certainement palissadé à l’origine, constituait un premier obstacle.

 

maison-forte1

 

Le site n°2 est bâti sur le même principe, avec une nuance intéressante. Le lieu est très humide. Le choix a porté sur des fossés plus larges que profonds, remplis par un ruisseau permanent. Pour une raison inconnue, l’alimentation était interrompue cet hiver. Cet aménagement particulier produit une forme défensive étrange, où la superficie de l’aire habitée est de moitié inférieure à celle de ses douves. Là aussi, la terre excavée a été jetée à l’extérieur.
Visuellement, ces forteresses, de plain-pied avec les terrains alentours, sont peu spectaculaires et peuvent échapper à l’attention d’un chercheur passant à quelques dizaines de mètres.

 

maison-forte3

 

L’absence programmée de motte révèle un choix architectural particulier. Nous ne sommes pas sur les ruines d’anciens donjons féodaux, mais de maisons-fortes. En l’absence  de données archéologiques, il est très difficile d’estimer leur surface au sol et leur hauteur, mais la rareté des ruines et des tuiles oriente vers des constructions de bois avec couverture végétale possible (des bardeaux de chênes peuvent résister très longtemps à la pluie). Des fouilles menées sur d’autres sites ont permis de conclure que ces habitations n’étaient pas à proprement parler des châteaux, même si certains lieux ont pu évoluer avec le temps en véritables petites forteresses de pierre, mais des grosses maisons très solides, capables de résister à un coup de main hostile grâce à un armement adapté.
Si je n’ai rien trouvé de précis, à part une allusion au XVIe siècle concernant le site n°1, le site n°2 est mieux repéré dans la documentation régionale et plusieurs actes conservés aux archives du Cher montrent qu’il était la propriété d’une famille de chevaliers et damoiseaux au début du XIIIe siècle. Un testament de 1375 parle du “lieu et manoir de X”.

 

maison-forte4

 

Ces dates concordent avec ce qu’on observe ailleurs. Ces maisons-fortes semblent s’élever à la lisière des grandes seigneuries à un moment ou la croissance démographique permet une exploitation de l’ensemble des terres cultivables. Une petite féodalité rurale prend racine sur des domaines agricoles dont elle fortifie l’assise avec de grosses maisons de bois capables de garantir un minimum de sécurité contre des bandes de pillards toujours à craindre. Les propriétaires sont issus d’une chevalerie rurale probablement de faible extraction, ce qui ne les empêche pas d’avoir des rapports avec les abbayes locales, dont les archives ont conservé leurs noms.
Il est difficile de savoir comment et pourquoi elles ont disparu. On observe toutefois que si la fonction défensive s’est fondue dans le temps, il reste des signes de leur activité agricole primitive: des fermes sont encore exploitées à proximité des vestiges et aucune maison-forte n’est totalement isolée dans la nature.

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Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine militaire
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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 10:44

DunAuron-sceau

 

Il existe, dans le sud du département du Cher, un document d’archive en tous points remarquable. Ce document est dans un état de conservation exceptionnel. Daté de 1175, cet original de la charte de franchise accordé par le roi de France Louis VII aux habitants de ses ville et châtellenie de Dun-le-Roi, devenue depuis Dun-sur-Auron, n’a jamais quitté, depuis plus de huit siècles la ville de Dun et a de plus conservé son sceau, pièce pourtant très recherchée par des collectionneurs sans scrupules. M. Louis Cosyns, maire de Dun, m’a accordé le privilège d’accéder à ce document et m’a autorisé à en publier ici des extraits. Qu’il me soit permis ici de lui exprimer toute ma gratitude pour m’avoir permis de partager avec vous la lecture de cet acte de qualité.

 

DunAuron-charte-

 

La charte se présente sous forme d’un parchemin d’une taille légèrement inférieure à une feuille de dessin, auquel est appendu, par des lacs de soie verte, un sceau de cire rouge légèrement abîmé sur son bord droit, marqué d’un contre-sceau illustré par une silhouette d’inspiration antique.

 

DunAuron-contre-sceau-

 

Le roi Louis VII, avec l’accord de sa femme Adèle et de son fils Philippe (futur Auguste), concède aux habitants du lieu plusieurs droits importants portant sur la fiscalité, le régime matrimonial des veuves, le service militaire, la justice, ajoutant même une rémission générale pour toutes les affaires judiciaires antérieures à la promulgation de la charte. Le texte est confirmé par plusieurs témoins membres de la cour royale et est authentifié par le monogramme du souverain calligraphié en bas du parchemin.
Arrêtons nous un instant sur le contenu du texte.

 

DunAuron-monograme-

 

Nous pensons, même si ceci n’a jamais été vraiment démontré, que Dun est devenue la propriété de la couronne du temps du roi Philippe Ier, et faisait partie du même lot foncier que Bourges, vendue par le vicomte Eudes Arpin au moment de son départ à la croisade, ce qui faisait des rois de France les seigneurs de Dun. Notre charte n’est donc pas une charte de fondation de ville franche, comme on en connaît plusieurs contemporaines en Berry. Seul le contexte économique et politique de l’époque peuvent justifier ces concessions faites par le roi à ses sujets.
En 1175, la région est en pleine mutation. Les friches régressent, la population augmente et les villes sont en pleine croissance: c’est désormais entre leurs murs que les richesses vont se générer, par l’artisanat, le commerce et la hausse de la démographie. Toute la région est concernée. Dun présente en plus la particularité de dessiner un grand terroir radio concentrique, encore visible sur les photos satellite, qui montre qu’on prend soin d’organiser l’espace pour le rendre plus productif. Issoudun, par exemple, suit le même schéma directeur.
Politiquement, le roi n’est ici qu’un seigneur parmi d’autres, et ses voisins étendent leur influence: Charenton, Bourbon et même Déols peuvent être perçus comme des menaces. Louis VII a tout intérêt à attirer vers sa cité des hommes libres séduits par les avantages détaillés dans l’acte. Ces migrants sont synonymes de prospérité et, même si certaines taxes sont remises, la collecte d’autres impôts équilibrera largement les comptes.
L’importance et la pérennité de la ville de Dun, la puissance de son enceinte et de son donjon montrent que les paysans et les artisans ont compris l’intérêt qu’il y avait à rester ou à venir travailler sur place. La portée de ces quelques dizaines de centimètres de peau tannée et quelques grammes de cire rouge fut donc considérable à l’échelle de l’histoire régionale.

 

  DunAuron-cachet-

 

Je réserve des remerciements particuliers à mme Dominique André, Directrice Générale des Services, qui m'a favorisé l'accès au document. Que ces lignes soient le témoignage de l'intérêt que le public porte au passé de sa ville!

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Published by Olivier Trotignon - dans sources-littérature
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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 07:37

Bannegon-cheminée

Pauvrement armé de mon petit appareil-photo numérique qui sert à illustrer la plupart des articles de ce blog, j'ai pu, il y a plusieurs mois, découvrir une véritable rareté: la cheminée sarrasine du château de Bannegon, dans le sud du Cher.
Je ne crois pas utile de m'attarder sur le cas de cette forteresse rurale dont la réputation n'est plus à faire.
Pris dans une visite organisée du monument, je n'ai pas été entièrement libre de mes mouvements et de mon temps et n'ai fait qu'un bref passage dans la cuisine du château et n'ai pu prendre qu'une mauvaise photo d'un dispositif aussi rare qu'impressionnant. Les bâtisseurs de cette partie domestique, qui semble remonter au XIIIe ou XIVe siècle ont fait le choix d'équiper la cuisine d'une haute cheminée centrale pyramidale, d'un type connu sous le qualificatif de sarrasine, conduisant la fumée des foyers vers une souche rectangulaire située à une bonne dizaine de mètres du sol, étayée par deux étresillons cintrés dont les détails sont difficiles à percevoir à cause du contre-jour. Le tirage se faisait donc de manière naturelle par ce vaste collecteur.
L'intérêt du dispositif est de mettre à disposition des habitants du château un grand fumoir dans lequel pouvaient être suspendues toutes les denrées qu'on avait besoin de conserver.
Nous ne connaissons pas tout des châteaux du Berry, certains étant sévèrement ruinés, mais je n'ai jamais entendu parler d'une autre cuisine conçue sur le même principe dans la région.

 

Bannegon-ensemble

 

Il s'agit là d'un indice intéressant sur l'économie domestique féodale sur laquelle nous ne sommes en général renseignés que par la littérature et l'archéologie.
La forteresse de Bannegon abrite d'autres éléments architecturaux et artistiques remarquables. Sans être complètement fermée au public, elle n'ouvre que rarement ses portes et seulement, si mes souvenirs sont bons, à des groupes. Le trop faible nombre de touristes dans cette partie de la région rend impossible le maintien sur le site d'une billetterie régulière.

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Published by Olivier Trotignon - dans vie quotidienne
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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 09:27

lance

 

Une succession de rencontres et de témoignages ont attiré ces dernières semaines mon attention vers la pratique de la détection métallique, au point qu'il me parait utile de clarifier mon point de vue sur cette pratique, au risque de me faire des inimitiés dans les deux camps, celui des prospecteurs clandestins et celui des archéologues de métier.
Disons le clairement: le petit monde de la prospection régionale n'apprécie pas mes prises de position. Un de mes correspondants m'a signalé des commentaires me concernant directement sur un forum. Rien d'insultant ni de diffamatoire, mais rien de bienveillant non plus dans les propos que j'ai lus de gens qui se dissimulent derrière des pseudonymes pour parler de quelqu'un qui écrit sous sa véritable identité.
Qu'ils sachent que mon manque d'appétit pour leur passion s'appuie sur des souvenirs personnels précis et désagréables. Dans les années 80, j'ai échappé  de justesse à une correction en règle par quatre de leurs semblables, allure commando, qui pillaient un site proche de Bruère-Allichamps en pleine journée. Quatre contre un, ces gros bras ne risquaient pas grand chose; j'ai pu me dégager grâce à une intervention extérieure, heureusement.
Il y a quelques années, j'ai vu arriver chez moi un prospecteur qui ignorait qui j'étais, et qui m'a fait un numéro digne d'une école de clown pour obtenir le droit de venir détecter sur mon terrain. Je déteste être pris pour un imbécile, même par un imbécile, et la prospection métallique, c'est aussi des gens comme ça. C'est d'ailleurs à leur intention que je dissimule toutes les localisations de sites sensibles sur lesquels je travaille, leur présence sur mes blogs n'ayant pour but que de trouver de nouveaux lieux à piller. L'historique des recherches fourni quotidiennement par la plate-forme Overblog ne laisse aucun doute à ce sujet.
Et puis il y a tous les autres -j'espère qu'ils représentent la majorité- qui pratiquent un loisir illégal en toute connaissance de cause mais qui souffrent d'être réduits à la clandestinité par une législation trop rigoureuse à leur yeux. Leur frustration est de ne rien pouvoir apporter de constructif à l'histoire de leur terroir, et pour cause: j'ai raconté dans un billet précédent ce qui pouvait arriver si la Gendarmerie entrait en action. Fouille au corps, saisie des détecteurs, perquisition au domicile, saisie de tous les objets anciens, convocation à s'expliquer devant un juge et, je l'ai appris il y a peu, saisie du véhicule. On comprend que certains préfèrent s'abstenir de signer sous leur propre nom.
Qu'ils soient certains que dans le camp adverse, celui de l'archéologie officielle, il y a aussi des gens pas spécialement recommandables. J'ai d'excellents rapports avec des archéologues professionnels et amateurs qui sont des gens droits et rigoureux, avec lesquels l'information circule dans les deux sens. La mise en commun de nos savoir-faire respectifs contribue à enrichir la connaissance que le public a de l'histoire régionale, et j'espère bien poursuivre ma coopération avec certaines équipes le plus longtemps possible. Mais il y a aussi des archéologues intellectuellement malhonnêtes, des gens qui vous font plein de promesses pour vous soutirer des informations (j'ai cru des années avoir été inscrit sur la liste des candidats à une visite de la vraie grotte de Lascaux), à qui on confie des objets anciens et qui vous oublient ensuite, qui publient à leur nom des sites qu'ils n'ont pas découverts...évitons donc tout manichéisme. Il n'y a pas d'un coté les méchants et de l'autre les gentils. Ça, ce sont des contes pour enfants.
Pour les adultes, je propose une expérience. Je suis prêt à mettre en ligne sur ce blog des photos et cotes d'objets médiévaux trouvés en détection, sous réserve qu'ils aient un caractère exceptionnel: deniers rares, objets de culte, matrices de sceaux... que des prospecteurs aimeraient voir publiés sur un espace ouvert, sans mot de passe comme sur les forums de détection ou de numismatique, et accessible à un vaste public amateur d'art et d'histoire de la période médiévale.
Je suis disposé à reproduire de très bonnes photos ou scans, qu'on peut m'envoyer de manière anonyme (un prénom me suffira) à mon adresse dédiée:
berrymedieval#yahoo.fr (le # remplace le @, pour éviter les robots générateurs de spams).
Une présentation résumée des conditions de découverte m'aidera à écrire le billet, de même qu'une localisation minimum.
J'espère que ces lignes apporteront la preuve à beaucoup de prospecteurs de l'ombre que je ne les considère pas comme des parias, comme certains paramilitaires abrutis qu'on croise parfois en forêt ou sur les plages, et que je serais ravi de pouvoir leur réserver un espace pour partager leurs plus belles trouvailles, dans l'intérêt de tous.

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Published by Olivier Trotignon - dans actualité
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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 09:44

Noirlac-réfectoire

Je voudrais dédier ces lignes à tous les lecteurs fidèles de ce blog qui ne pourront être présents demain à l’après-midi conférences sur l’Ordre cistercien en Berry, à Mehun-sur-Yèvre. J’ai prévu d’y développer une hypothèse inédite sur l’origine d’une des plus célèbres abbayes cisterciennes des régions du Centre: le monastère de Noirlac.
L’histoire de la fondation de Noirlac n’a plus de secrets pour nous. Plutôt que d’en produire un mauvais résumé, je vous encourage vivement à vous procurer l’excellent article de mon confrère Pierre-Gilles Girault: “Robert de Châtillon, saint Bernard et les débuts de l’abbaye de Noirlac” paru dans les actes du colloque L’Ordre cistercien et le Berry, Cahiers d’Archéologie et d’Histoire du Berry, décembre 1998
Pierre-Gilles y détaille, de manière très fouillée, les premiers pas des Cisterciens dans cette partie de la vallée du Cher et, à moins d’une révélation documentaire inédite, on voit mal ce qui pourrait remettre en cause ses conclusions.
Pour ma part, je me suis intéressé à certains détails curieux et non résolus de l’histoire  primitive de Noirlac.
Le site, tout d’abord, choisi par saint Bernard pour y installer des frères de son ordre: l’abbaye n’est pas là où on aurait pu l’attendre. Noirlac est riveraine de la route qui conduisait de Bourges à Saint-Amand-Montrond. Des voyageurs frôlaient sa clôture peut-être quotidiennement. Les sons d’au moins deux ou trois clochers venaient troubler son silence les jours de temps calme: l’église et le village de Nozières sont visibles du site et Saint-Amand et Orval sont à à peine une heure à pied. Plusieurs auteurs se sont efforcés de justifier que ce lieu était propice à la prière. Par comparaison avec les autres monastères de moines blancs berrichons, Noirlac est dans une situation clairement marginale.
Le nom même de l’abbaye pose problème. Le toponyme Noirlac est tardif (Narlac en 1218) et correspond au nom du site, qui n’est pas éponyme aux débuts du couvent. Le nom retenu par les moines est Domus-Dei super Carum, que tout le monde traduit, par habitude, en Maison-Dieu-sur-Cher. Or, Noirlac n’est pas à proprement parler sur le Cher, mais sur un de ses bras. En plus, si on confie la traduction à n’importe quel latiniste qui ne connaît pas le contexte culturel régional, il restituera le nom médiéval en Hôtel-Dieu-sur-Cher, ce qui n’a plus du tout la même connotation.

 

plan-Noirlac

 

Je proposerai donc demain une clé de résolution de ces anomalies en m’appuyant sur le contexte politique et économique de la région au XIIe siècle. J’ai modifié une carte IGN pour rendre plus lisible la situation.
Vers 1100, la région de Noirlac connaît des transformations engendrées par l’expansion de la seigneurie de Charenton. Saint-Amand devient une place économique active, à l’écart de l’ancienne voie antique qui franchissait le Cher au lieu-dit Allichamps, poursuivait par un itinéraire à préciser vers Orval (pointillés noirs) puis continuait vers le sud. Au XIe, ce vieux chemin perd de son intérêt. La route venant de Bourges se détourne par Bruère, Saint-Amand (trait plein noir) et retrouve son axe primitif entre Orval et Saint-Amand (trait rouge). Le gué d’Allichamps tombe en désuétude.
Je propose de calquer ce plan sur l’histoire des origines de Noirlac. Un hôtel-Dieu a pu être actif, comme beaucoup d’autres en France, au bord du Cher, au gué d’Allichamps. Voyant les voyageurs poursuivre leur route par un autre chemin, l’hôpital aurait été se fixer quelques kilomètres plus au sud, dans un lieu nommé Noirlac. Attentifs au message cistercien, ces frères hospitaliers se seraient réformés au cours du XIIe siècle, devenant les premiers moines blancs présents sur place vers 1135, assurant la charnière avec l’abbaye en gestation.
Ce schéma explique les anomalies sur le site, le nom, et est compatible avec ce que les sources nous apprennent sur les débuts de Noirlac.
Nous connaissons au moins deux établissements réformés dans le même ensemble géographique, et non des moindres: Bellaigue, en Combrailles (anomalies identiques à celles de Noirlac dans le paysage) et Fontmorigny, la plus grande abbaye cistercienne du diocèse, toutes deux anciens monastères bénédictins réformés.
Vos questions sur le sujet seront les bienvenues demain.

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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 10:25

moulin-site

 

Le lecteur trouvera dans ces lignes un des rares contenus pour lesquels j’ai demandé un accord avant publication. Je suis en effet étranger à l’équipe qui a mené la campagne de fouille sur ce site et ne m’exprime qu’en tant qu’invité des gens qui ont fait le travail de recherche qui a inspiré ce billet. Les travaux ont été réalisés par des archéologues du Service Régional d’Archéologie de la région Centre assistés par une équipe de la Fédération Française d’Etudes et de Sports Sous-Marins, habilitée à plonger sur des chantiers de fouilles intégrant des parties inondées.
Pour des raisons de confidentialité qui ne m’a pas été demandée, et même si l’endroit n’est accessible à pied qu’en période de très basses eaux sur la rivière, j’ai préféré ne pas indiquer le lieu exact du chantier de fouilles. La visite du lieu ne présente d’ailleurs aucun intérêt visuel.

 

moulin-pieux

 

La découverte du gisement s’est faite à la suite d’une simple prospection à vue. En période estivale, il est facile de suivre un cours d’eau et de noter des anomalies dans le lit d’une rivière. Là, il s’agit clairement de pieux émergeant du fond du Cher et de grandes pierres semi-circulaires qui ont éveillé l’attention des chercheurs. Une ancienne pièce de bois mortaisée complétait cet ensemble artificiel, probablement dégagé au cours des dernières décennies qui ont vu le lit du Cher s’abaisser à cause de l’extraction de granulats pour le bâtiment et les travaux publics. On note au passage des traces d’usure sur les bois, taillés en pointe de crayon par l’abrasion due au glissement du sable vers l’aval, un peu comme si des castors s’étaient chargés du travail. Des restes de meules, marqués par un trou central, sont visibles sur place.

 

moulin-meule

 

Le moulin n’a pas été fouillé à proprement parler. Les pieux sont enfoncés dans le plancher de la rivière, stérile. Tout objet ayant pu être perdu par les ouvriers en charge du moulin est tombé dans l’eau et a été entraîné très en aval. Les archéologues ne s’attendent pas à trouver des céramiques, monnaies ou outils comme sur un site terrestre ou lacustre quand ils se penchent sur une rivière. Leur travail consiste à un balisage précis de la zone pour repérer la présence et l’orientation de tous les morceaux de bois anciens - c’est là que les plongeurs, équipés de leur matériel personnel de plusieurs dizaines de kilos, vont chercher les informations difficilement visibles à cause de la turbidité de l’eau.

 

moulin-poutre-mortaise

poutre avec mortaise

 

Des prélèvements sont faits sur les bois pour une datation soit au carbone 14 soit en dendrochronologie et sur les meules pour trouver, si l’information est disponible au moment de la fouille, la carrière dont elles proviennent (certaines, à l’époque antique, ont parcouru des distances considérables en dépit de leur poids). L’orientation des pieux peut révéler la présence d’un ancien bief prévu pour contrôler le débit de la rivière ou une modification du cours de celle ci. Dans le cas qui nous intéresse, les bois auraient donné des datations autour du XIe et XIIIe siècles.
Le constat général nous montre que nous sommes en présence d’une grosse minoterie, sans doute exploitée par un propriétaire riche, grosse seigneurie ou monastère. La situation d’un moulin sur une rivière comme le Cher a des avantages et surtout des inconvénients que seuls les volumes de grain traités peuvent compenser.
Les avantages sont la force et la permanence du courant. Même lors d’été très secs, le Cher a un débit minimum capable de faire tourner des meules.
Les inconvénients sont tout aussi évidents. Le Cher est une rivière à caractère torrentiel - un de mes voisins qui a longtemps vécu en Afrique du Nord le compare à un oued. Mon confrère médiéviste Olivier Troubat, membre de l’équipe de plongée qui a exploré un autre site à quelques kilomètres du moulin, a relevé des périodes d’embacles hivernales de plusieurs mois sur le Cher à la fin du Moyen-âge. Une forte crue ou la dérive de plaques de glace flottante de plusieurs centaines de kilos comme on en a vu pendant l’hiver 1984-85 étaient fatales pour un moulin fluvial. Seule une grosse entité économique avait la capacité de gérer les réparations ou la reconstruction d’une minoterie sur une grosse rivière. En règle générale, les petits cours d’eau, même les moins spectaculaires, étaient équipés pour faire de mouvoir des meules ou des pilons. Les machines tournaient avec moins de force, mais plus longtemps, que leurs homologues sur le Cher, la Loire ou la Creuse.

 

moulin-meule-ss-l'eau

meule sous l'eau

 

Mes correspondants archéologues ne m’ont pas invité avec des arrière-pensées de profit quelconque, mais je ne vous cacherai pas que, personnellement, j’ai l’espoir que ce billet puisse réveiller chez vous des souvenirs. Si vous pensez, lors d’une partie de pêche, d’une descente en canoë, ou d’une prospection à vue avoir observé des pièces de bois d’aspect artificiel dans le Cher ou une autre rivière de la région, il me semble intéressant de passer l’information aux services archéologiques régionaux ou départementaux, qui sont particulièrement mobilisés sur ce sujet.

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 09:22

croix-d'Orval-détail

 

J'ai le plaisir de vous inviter à assister à ma conférence "médecine, saints guérisseurs et miracles en Berry au Moyen-âge" le jeudi 14 mars à partir de 20h30, à la Maison des associations de Châteauneuf-sur-Cher (parcours fléché à l'entrée de la ville). L'entrée est libre et gratuite.
Au cours de l'heure et demi que nous passerons ensemble, j'aborderai, en m'appuyant sur des cas concrets locaux, la question de la santé au Moyen-âge dans ses termes les plus larges: maladies, lieux de soins, personnels soignants, recours aux reliques et guérisons miraculeuses dans une région où la médecine savante progresse lentement et finit par dominer les pratiques héritées des premiers siècles du Christianisme.
Comme toujours, cette conférence est placée sous le signe de la laïcité et du respect des consciences et ne demande aucune formation préalable en histoire médiévale pour être suivie.
Merci à l'Association Etienne Ursin Bouzique pour son invitation et au plaisir de vous y rencontrer ou retrouver.

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 10:42

Bouteille-extérieur

 

Voici un lieu emblématique pour tous les gens qui se reconnaissent plus dans les grandes futaies de chênes des forêts du nord de l’Allier que dans le bruit des villes et qui présente un intérêt certain pour la compréhension de l’environnement médiéval.
Le prieuré de la Bouteille tire sa réputation de sa situation géographique privilégiée et, il faut bien le reconnaître, de la pauvreté du patrimoine qui l’entoure. A part les quelques maisons du hameau voisin, la Bouteille s’élève au bord d’un plateau coupé par des ruisseaux encaissés complètement désert. Cela donne au site un attrait certain auquel beaucoup de visiteurs sont sensibles. Ce lieu tire aussi sa réputation de sa quasi unicité dans l’ensemble du massif de Tronçais, pauvre en patrimoine. Dans d’autres lieux, c’est un endroit qu’on regarderait à peine tant sont modestes les vestiges qui l’occupent.

 

Bouteille-intérieur

 

La bouteille se présente sous la forme d’une chapelle fortement tronquée et remaniée, déséquilibrée par la disparition de la moitié du bâti originel.  Le chevet plat avec le triplex qui l’éclaire rappelle l’architecture cistercienne mais est surtout le reflet de l’économie avec laquelle on a construit le prieuré. A l’intérieur, la seule voûte qui subsiste ne présente rien de remarquable.

 

Bouteille-clé-de-voute

 

Pour les inconditionnels de la forêt, ce lieu a un charme indéniable. Pour les amateurs de vieilles pierres, c’est une curiosité à découvrir. Pour l’historien, c’est un lieu exemplaire.
On ne connaît rien, ou presque, de l’histoire de ce prieuré, si bien que les légendes qui ont couru sur son compte ont parfois fait office de sources documentées.
On connaît le saint auquel était voué le minuscule monastère, placé sous le patronage de saint Mayeul. Naturellement, la thèse de sa dépendance vis-à-vis du prieuré clunisien de Souvigny s’impose. La forêt de Tronçais faisait partie de la seigneurie de Bourbon, très proche spirituellement de Souvigny et ses religieux qui possédaient d’autres bénéfices dans la région, comme à Vallon-en-Sully. Cette dépendance n’est pour autant pas prouvée, la Bouteille étant dans le patrimoine, ce qui est inattendu, de l’évêque de Metz à la Renaissance, lorsque le géographe Nicolas de Nicholay rédige sa description du Bourbonnais.
Certains ont voulu voir dans la Bouteille un ermitage. Le lieu est isolé dans les bois, quasi désert, proche d’une source: il s’accorde avec l’image classique des cénobites telle que l’époque romantique se les représentait.
Je porte un autre regard, moins poétique, sur le site de la Bouteille, que je reconnais comme une exception pour notre époque, mais surtout comme un site témoin de la période de la fondation présumée de cette petite cellule monastique (entre le XIe et le XIIIe siècle). Sachant que la région était en grande majorité envahie par des friches que les efforts conjoints de la féodalité, des communautés paysannes et de quelques groupes de religieux ont considérablement réduites à partir du XIe siècle, la Bouteille me parait une illustration assez réaliste des conditions de vie des petites communautés agricoles de l’époque. De simples clairières au milieu de la forêt, des zones cultivées réduites, un espace immense d’élevage, chasse et cueillette, des ruisseaux pour faire tourner des moulins et surtout, une densité humaine dérisoire. En somme, lorsqu’on couvre du regard les bois et les petits prés qui entourent le prieuré de la Bouteille, on peut se faire une idée acceptable de l’environnement quotidien des populations locales contemporaines de l’An 1000 et des premières cathédrales, sans présumer que les arbres de l’époque aient été aussi beaux que ceux d’aujourd’hui.

 

Bouteille-ravin

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Published by Olivier Trotignon - dans monachisme-clergé régulier
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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 10:33

sarcophage

 

Dans la vaste galerie de représentations préconçues que le grand public peut avoir du Moyen-âge, la peste occupe une place privilégiée. Parmi les malheurs qui ont touché l’Occident au XIVe siècle, l’épidémie de peste bubonique a fait l’objet d’une multitude d’études auxquelles on peine à trouver quelque chose à ajouter.
J’attire néanmoins votre attention sur un effet indirect de la maladie sur le quotidien de certains berrichons, lorsque la peste servait de circonstance atténuante dans les affaires d’homicides.
J’avais, précédemment, rappelé l’intérêt de cette source originale que sont les lettres de rémission, ces actes souverains ayant la faculté d’arrêter le cours de la Justice contre rémunération. Pour alléger le poids de leurs crimes, la majorité des accusés cherchaient (et cherchent encore de nos jours) des arguments pour convaincre leurs juges de ne pas charger trop le plateau de la balance. C’est ainsi que plusieurs meurtriers ont explicitement fait appel à l’épidémie pour insinuer l’irresponsabilité de leurs actes.
L’épidémie semble survenir au début des années 1350. En 1357, on signale l’existence à Bourges d’un hôpital Saint-Julien, dont le nom révèle la destination, saint Julien étant, comme saint Roch, réputé pour combattre le fléau.
Trois cas sont exprimés dans les archives de la justice royale.
En 1351, un boucher de Sancerre est banni par le seigneur du lieu, pour avoir battu et blessé un homme, ensuite mort de la peste.
Deux ans plus tard, c’est à Aubigny-sur-Nère que se manifeste la maladie. Un certain Naudin Rossignol y est accusé du meurtre du Grand Thévenin, pourtant mort de la peste.
Début XVe, en 1416, une dispute entre boulangers de Bourges se rendant au moulin dégénère. l’un d’entre eux est reconnu comme l’assassin d’un de ses confrères, alors que c’est la maladie qui l’a emporté.
Il n’appartenait pas à l’huissier chargé d’enregistrer les déclarations d’exprimer un jugement personnel sur les récits qu’il consignait mais, dans l’immense majorité des cas, les prévenus cherchaient à se faire passer pour des victimes. J’avais étudié une affaire d’homicide, lorsque deux joyeux compagnons, en signe d’amitié et de paix, avaient posé leurs épées au sol avant de se bousculer de manière amicale. Pour une raison incompréhensible, l’arme du meurtrier s’était retrouvée la lame en l’air et son pauvre compagnon s’était embroché dessus par mégarde. Ces contorsions argumentatives peuvent faire sourire, mais nous renseignent surtout sur un point: dans les trois cas évoqués, des meurtriers reconnaissent les actes de violence, mais réfutent que ceux-ci aient provoqué le trépas des victimes.
La peste pouvait rendre bien des services en ces temps difficiles...

 


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Published by Olivier Trotignon - dans vie quotidienne
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