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2 août 2014 6 02 /08 /août /2014 09:33

Sainte-Sévère-porche

 

Quand on chemine dans les rues de Sainte-Sévère, dans le département de l'Indre, notre attention est attirée par la silhouette d'une haute tour aux deux tiers effondrée et de quelques beaux vestiges de fortifications urbaines. Si cette petite cité a décidé de fonder sa réputation sur le personnage du facteur du film "Jour de fête", de Jacques Tati, elle n'oublie pas complètement d'anciennes gloires guerrières qui vinrent, en 1372, au nom du roi de France, reprendre la ville aux Anglais.

 

Sainte-Sévère-porte

 

La Chronique du bon duc Loys de Bourbon, par Jean d'Orronville, décrit la stratégie adoptée de l'armée française pour réduire la place.
Dans cette campagne qui visait la reconquête de la Guyenne, en passant pas Poitiers, la forteresse de Sainte-Sévère représentait un embarras certain pour les Français. Même si elle ne présentait pas un verrou infranchissable vers l'Ouest, cette cité abritait un contingent ennemi suffisamment solide pour mener à l'arrière des coups de main meurtriers. Sa prise fut donc jugée essentielle et confiée à trois grands capitaines: le connétable du Guesclin, Louis, duc de Bourbon et le comte Louis de Sancerre qui choisirent, explique la chronique, une tactique payante. Au lieu de forcer le rempart berrichon en un seul point par une attaque massive, chaque capitaine fit monter son contingent à l'assaut en trois points séparés, afin de diviser les forces de l'adversaire. Des échelles et du matériel de mine furent mis en œuvre. Fruit du hasard ou de la bravoure particulière des Bourbonnais, ce sont les hommes du duc de Bourbon qui accrochèrent le plus sévèrement l'Anglais et purent s'infiltrer les premiers dans la place. Dépassés, les défenseurs cherchèrent à résister dans la tour dont on voit aujourd'hui le tronc qui domine la campagne (la motte est même citée par le chroniqueur) avant de succomber. Seule une poignée d'hommes fut épargnée, les autres étant déterminés à combattre jusqu'à la mort.
Même si l'ancienne motte et le pied du donjon sont presque invisibles à cause de la végétation qui couvre le site, je pense que les personnes qui s'arrêteront à Sainte-Sévère ne perdront pas leur temps.

 

Sainte-Sévère-tour

 

note. Sainte-Sévère présente la curiosité d'avoir été choisie par Jacques Tati pour le tournage du film "Jour de fête". Les habitants ont su particulièrement bien valoriser cette richesse patrimoniale qui, même si elle n'a aucun rapport avec le Moyen-âge, mérite d'être vantée dans ce billet.

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Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine militaire
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28 juillet 2014 1 28 /07 /juillet /2014 10:15

sceau-Bourges

 

Cette petite région que fut le diocèse de Bourges avant que soient tracées les limites entre les duchés de Berry et de Bourbonnais a t-elle eu une influence sur l’évolution globale de la société médiévale? A l’exception de Bourges, ville archiépiscopale vicomtale, puis royale, dont le nom revient le plus dans les chroniques d’époque, il semble que le reste de la région n’ai guère produit de phénomènes originaux propre à inspirer les grand esprits de ce temps.
A part quelques foyers de peuplement un peu plus denses, une grande partie du territoire régional survit dans un état de sous-population qui ne se corrige que lentement au cours des XIIe et XIIIe siècles. A part quelques mines et carrières, le sous-sol, pourtant riche en fer, est peu exploité. Aucun grand axe naturel de circulation n’égale la Loire, qui ne fait que frôler le pays, et les autres fleuves, sans être déserts, n’offrent que des possibilités navigables limités.
A part quelques rares féodaux qui inscrivent leurs noms sur des champs de batailles extérieurs, les seigneurs berrichons sont peu connus des historiens, à part lorsque les rois de France viennent, à leurs dépends, rétablir l’ordre sur leurs domaines.
Sur le plan monastique, la région adopte des modèles produits essentiellement en Bourgogne et Limousin (Cluny, Cîteaux, Grandmont...). Il faut attendre la fin de la période médiévale pour voir un Ordre féminin, l’Annonciade, au rayonnement limité, écrire sa propre règle sous l’inspiration de la duchesse Jeanne de France. Les quinze abbayes cisterciennes recensées dans le diocèse n’essaiment pas, ou peu. Seule Fontmorigny a autorité sur une filiale dans les régions du Nord, l’abbaye des Dunes. Les grands monastères de Déols et Saint-Sulpice de Bourges possèdent des dizaines de prieurés, dont plusieurs hors des limites du diocèse, mais elles ne sont pas connues pour avoir hébergé d’ateliers artistiques ou de lieux d’enseignement spirituel exceptionnels.
L’archevêché de Bourges se distingue donc dans un ensemble assez terne, mais la présence sur son siège de plusieurs prélats nés dans des familles régionales, comme Bourbon et Sully, prouve aussi qu’il a été assez peu convoité.

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Published by Olivier Trotignon - dans histoire locale
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14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 12:02

conf-Vesvre

 

L’univers de la reconstitution médiévale est un monde avec lequel j’ai toujours pris une certaine distance, tant que je n’ai pu mesurer le sérieux des intervenants.
Certains jugeront peut-être mon point de vue trop rigide, mais moult prestations publiques sont de véritables défilés de carnaval truffés d’anachronismes animés par des prestataires qui sont imprégnés de postures d’acteurs de films hollywoodiens ou pire encore, de héros de jeux vidéo.
Et puis il y a les autres, qui cherchent à s’approcher au plus près des civilisations du Moyen-âge par de longs travaux d’observation, de recherche documentaire, d’expériences techniques et qui exposent parfois leurs résultats au public, sans donner la priorité au spectacle.
C’est dans cet esprit que nous aurons, samedi 19 juillet, la joie d’accueillir à la Tour de Vesvre mon camarade Olivier Morel, membre des Compagnons du Sarment d’Hypocras, qui viendra (peut-être avec un ou deux de ses complices) présenter du matériel militaire et domestique conforme à la période couverte par ma conférence (Xe-XIIIe siècle). Ce moment peut être pour vous l’occasion de prendre contact avec une troupe, réputée pour le sérieux de ses prestations, pour de futures animations.
Rendez-vous donc ce samedi à partir de 17 heures sur le site de la Tour de Vesvre pour une fin d’après-midi dédiée à la chevalerie berrichonne du premier âge féodal.

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5 juillet 2014 6 05 /07 /juillet /2014 10:21

Vesvre

 

J'ai le grand plaisir de vous inviter à ma prochaine animation:


              être seigneur en Berry de l'an 1000 à la fin des Croisades
                                 politique - économie - spiritualité

le samedi 19 juillet, à partir de 17 heures, grange de la Tour de Vesvre, à Neuvy-deux-clochers, en Sancerrois.
Je répond ainsi à l'invitation de l'association des Amis de la Tour de Vesvre, qui entretient et anime ce site féodal remarquable. En remerciement de la confiance que ces passionnés m'accordent, j'ai décidé d'écrire une conférence inédite dans laquelle il est prévu que j'introduise des éléments tirés de ma thèse.
A la fin de l'exposé, une corbeille sera mise à votre disposition en soutien aux initiatives des Amis de la Tour.

 

vesvre

 

L'accès du site est fléché. Le local dans lequel se tient la conférence est de plein-pied et est accessible aux personnes à mobilité réduite.
Si d'autres nouvelles me parvenaient d'ici le 19, je modifierai ce billet en conséquence.
Au plaisir de vous retrouver, ou de faire votre connaissance, sous les murs pluriséculaires de la Tour de Vesvre!

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Published by Olivier Trotignon - dans conférences
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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 08:00

Carmes1

 

Les visiteurs réguliers auront remarqué une baisse d’activité sur ce blog depuis plusieurs semaines. Conseils de classe, corrections d’examens et récolte de foin pour la pitance hivernale de mes treize ânes sont des tâches saisonnières auxquelles je ne peux me soustraire. De plus, la préparation de deux conférences inédites, dont une qui sera annoncée prochainement à la Tour de Vesvre, en juillet, m’a éloigné encore plus de mes archives de textes et photographies.
C’est pourtant grâce à ma dernière animation que j’ai pu récolter quelques images d’un lieu méconnu, car le plus souvent fermé au public, qui intéressera les amateurs d’architecture en bois.

 

Carmes2

 

La salle dite des Carmes, à Saint-Amand-Montrond, est le produit de la division du volume intérieur de l’ancienne abbatiale du couvent des Carmes en deux étages. Un premier niveau, occupé par des services administratifs, n’a aucun intérêt patrimonial. L’étage, en revanche, permet d’avoir une vue générale sur la magnifique charpente, que je présume être de chêne, datant de la fin du Moyen-âge. Muni d’un éclairage portatif puissant, et de mon éternel petit appareil-photo numérique, j’ai profité de la liberté que j’avais de circuler dans la place pour prendre quelques vues avant d’accueillir le public pour ma conférence de samedi.

 

Carmes3

 

Les bâtisseurs du couvent ont fait le choix du bois pour couvrir la nef de l’abbatiale. Ceci répondait-il à des impératifs oubliés aujourd’hui, coût de construction, rapidité d’exécution du chantier? La largeur de la nef, supérieure à celle de toutes les abbayes locales, explique peut-être à elle seule qu’on ait préféré le bois à la pierre. Le poids énorme de la voûte aurait exigé le montage d’arcs-boutants extérieurs si larges que le terrain dont disposaient les moines n’aurait sûrement pas suffi à leur fournir au sol une base suffisante. Le monastère, construit dans un espace urbain déjà très dense, subissait des contingences très terre-à-terre, telle la nécessité de louer à ses voisins cisterciens une parcelle pour y édifier des latrines.

 

Carmes5

 

Le bois donnait aussi à l’intérieur de la nef un aspect plus délicat que celui de la pierre, qui compensait la perte acoustique inévitable avec ce matériau.
On remarquera les magnifiques poutres engoulées sur lesquelles repose la charpente.
Cette salle municipale n’est ouverte au public que lors de manifestations culturelles ou politiques et, donc, assez difficile d’accès.

 

Carmes4

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Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine religieux
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15 juin 2014 7 15 /06 /juin /2014 22:16

6 ans

 

Comme chaque mois de juin, période anniversaire du premier article mis en ligne sur ce blog, voici un bref bilan annuel de mon projet Berry médiéval, associant la gestion du présent espace numérique à mes activités de recherches, d'écriture et de conférences.
Du coté d'internet, la situation est stable. Le compteur de visites mis à disposition des administrateurs par la plate-forme Overblog signale qu'environ 33000 personnes ont consulté des articles en un an, soit en tout, en 6 ans, plus de 158000 visites pour 363000 billets lus. Ces chiffres n'indiquent qu'une chose: l'intérêt pour l'histoire et le patrimoine du Moyen-âge n'a rien à voir avec un quelconque effet de mode.
A noter: j'ai ouvert une page Facebook -chercher "Berry médiéval". Des liens vers tous les articles que je compose, ainsi que certains édités sur des sites amis, forment la trame de ce portail.
Au quotidien, mes activités de médiéviste se déclinent sous plusieurs formes. Mes conférences continuent à trouver un public si large que j'ai décidé d'augmenter leur portée en proposant des illustrations complémentaires par vidéo-projection. De nouvelles dates, en Sancerrois et à Bourges, seront annoncées dans les semaines à venir.
Un documentaire réalisé par une société de production de l'Indre, sur les Croisades en Berry, sera disponible dans quelques mois. J'aurai à vous reparler de ce film, dans lequel je dois apparaître quelques minutes.
Il faut aussi pointer quelques échecs. Un temps pressenti pour animer (bénévolement) une émission d'histoire régionale sur une radio locale, il ne m'a pas été possible d'accepter les conditions qu'on m'imposait, trop éloignées de ma vison personnelle de la Culture.
La disparition du trimestriel Berry magazine m'a aussi privé d'une tribune à laquelle je m'étais attaché.
Dans les mois à venir, sauf imprévu, le projet Berry médiéval ne devrait pas changer de forme: blog sans publicité, conférences programmées et collaborations ponctuelles avec d'autres acteurs de la vie culturelle régionale resteront mon étoile polaire de médiéviste indépendant.
Bon été à toutes et tous!

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Published by Olivier Trotignon - dans actualité
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8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 15:16

manoir du Vernet

 

Le temps est venu de vous informer de la date retenue pour ma prochaine conférence publique, organisée par la section saint-amandoise de la Croix-Rouge française, et à son profit.
J'aurai donc le plaisir d'animer une soirée sur un thème que les lecteur de Berry médiéval connaissent bien:

                                   Le mystère du château du Vernet

enquête sur la disparition d’un manoir du Moyen-âge dans les faubourgs de Saint-Amand-Montrond
par Olivier Trotignon, chercheur en histoire médiévale

Important vestige de la période médiévale en Saint-amandois, le château du Vernet, démoli après la première guerre mondiale, continue, presque un siècle après sa déconstruction, à susciter beaucoup d’interrogations sur son histoire et sur la destination prise par ses plus beaux éléments architecturaux.
A partir d’un riche dossier documentaire et photographique, l’historien tentera de faire revivre ce monument avant d’exposer les différentes hypothèses sur la localisation actuelle des pierres du manoir disparu.

L'animation aura lieu le samedi 28 juin, à  20h30, dans la belle salle des Carmes, hôtel de ville de Saint-Amand-Montrond, en centre ville.
Plusieurs parkings sont situés dans le proche périmètre de la mairie. La salle est accessible aux personnes handicapées. Aucune connaissance particulière en histoire n'est requise pour suivre l'exposé.
Cette soirée est ouverte à tous, l'entrée est libre et gratuite. Le projet est double: à la fois participer à l'animation culturelle locale en proposant une conférence inédite, et recueillir des fonds pour les actions de mon partenaire, la Croix-Rouge. Comme les deux dernières fois, une corbeille sera disposée à l'entrée de la salle et votre générosité sera, en plus de votre présence, une des garanties du succès de la soirée.
Je compte bien sûr sur vous pour faire circuler l'information auprès de vos contacts et réseaux : c'est vraiment pour une bonne cause!

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Published by Olivier Trotignon - dans conférences
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24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 07:18

Prébenoît-mur

 

Voici un site que mes confrères marchois et limousins ne m’en voudront pas, je crois, de leur emprunter le temps d’un article. Si la petite abbaye cistercienne de Prébenoît dans la Creuse, est bien située dans le diocèse de Limoges, elle fait partie de ces monastères qui ont livré des informations de grande utilité pour mes recherches doctorales.
Je ne connaissais en fait de Prébenoît que la cote H 528 des Archives départementales de la Creuse et les actes antérieurs au XIVe siècle que j’avais dépouillé pour mon enquête anthroponymique. J’ai eu l’occasion, cet automne, de profiter d’un bel après-midi pour aller découvrir les ruines de cette ancienne abbaye de moines blancs.
Je n’ai pas tenu compte des donateurs marchois qui ont constitué le temporel de Prébenoît, pour me concentrer sur une grande famille berrichonne ayant compté parmi ses principaux bienfaiteurs aux XIIe et XIIIe siècle.

 

Prébenoît-chapelle

 

Dès 1140, la puissante maison de Déols, première seigneurie berrichonne de l’époque par son étendue territoriale, participe à la fondation du monastère. D’autres établissements religieux du diocèse limousin profitent de leurs libéralités. Très vite, c’est une branche cadette de la seigneurie de Châteauroux, la maison de Boussac et Châteaumeillant, qui assure, avec d’autres familles féodales locales, la protection des Cisterciens de Prébenoît. Il n’est pas interdit de supposer que quelques uns de ses membres ont pu être inhumés sur place.

 

Prébenoît-extérieur

 

La visite du site, en grande partie ruiné, mais qui reste largement lisible, montre que Prébenoît fut un cloître comparable aux établissements cisterciens du sud du diocèse de Bourges (Bussière, les Pierres, la Colombe, Varennes). De taille moyenne, cette fondation est en harmonie, comme ces consœurs citées précédemment, avec un terroir faiblement peuplé et une petite féodalité rurale incapable de lui fournir les fonds nécessaires pour la construction d’un sanctuaire qui puisse rivaliser avec Noirlac, La Prée, Bellaigue ou Obazine. La modicité des infrastructures n’était pas synonyme d’un manque de rayonnement spirituel, que je laisse à mes collègues marchois le soin d’évaluer en fonction de leur connaissance du terrain.

 

Prébenoît-réemplois

 

Sur place, on retrouve facilement plusieurs époques de construction, comme dans d’autres abbayes cisterciennes du grand Centre: ruines de l’abbatiale romane, vestiges de fortifications tardives contemporaines de la Guerre de 100 ans, hôtel abbatial post-médiéval, en partie construit avec des pierres de réemploi du cloître disparu et des dalles funéraires.
Prébenoît, sauf erreur de ma part, est un bien communal qui appartient à la municipalité de Betête. Contrairement à d’autres sites médiévaux, l’endroit est visitable tout au long de l’année, grâce à des rendez-vous mensuels proposés par des affichettes disposées sur place, une initiative rare et bienvenue qu’il convient de saluer et de promouvoir!

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Published by Olivier Trotignon - dans monachisme-clergé régulier
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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 20:07

Thaumiers-vendangeurs

 

Souvent représentées sur les enluminures et calendriers médiévaux, les scènes de vendanges ont aussi inspiré les sculpteurs romans. Au sud de Dun-sur-Auron, dans le Cher, sur l'abside de l'église de Thaumiers, est visible sur un chapiteau un résumé de cette pratique essentielle à l'économie rurale, mais aussi à la liturgie.
Le sens de lecture est identique à celui de l'écriture.

 

Thaumiers-vendange

 

A gauche, un personnage cueille le raisin recueilli dans un panier. Malgré la faiblesse des performances de l'appareil avec lequel j'ai pris ces clichés, on observe la trame du panier, en osier, saule ou écorce de châtaignier.
Au centre, deux hommes soulèvent un cuveau cerclé, garantissant une moindre perte de jus de raisin pendant le transport vers la cuve à presser. Deux lumières ont été ménagées pour passer une perche qui porte sur l'épaule des ouvriers.

 

Thaumiers-foulage

 

La dernière scène est, en toute logique, le foulage aux pieds de la récolte, dans une cuve cerclée, selon les principes de la tonnellerie.
Cette lecture appelle une ou deux remarques. D'abord, tous les gens qui ont un jour visité un musée de la vigne auront reconnu un outil qui servait encore dans les vignes il y a quelques décennies, le cuveau à porter les grappes, dont le modèle n'a pas du connaître d'évolution significative depuis l'époque romane, et peut-être même bien avant.
On voit aussi que les pressoirs, connus par quelques textes dont la charte de franchise de Vesdun, étaient encore d'une technologie trop complexe, et peut-être aussi trop onéreuse, pour des paroisses sans seigneur clairement identifié comme Thaumiers.

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Published by Olivier Trotignon - dans économie
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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 09:29

Vernet-cheminée

 

 

L’affaire n’est pas nouvelle, et plusieurs billets de ce blog ont déjà exposé les détails de cette affaire: la région où j’habite, dans le sud du Cher, est orpheline d’un petit château fin Moyen-âge/début Renaissance, dit manoir ou château du Vernet, déconstruit dans les années 20 dans des circonstances mal éclaircies.
L’absence de recherches de la part de spécialistes de l’entre deux guerres explique qu’on ignore à peu près tout de l’endroit (ou des endroits) où sont partis les éléments d’architecture soustraits à cette bâtisse de la façon la plus légale qui soit. Sitôt vendu, dans l’immédiat après-guerre, le manoir a été pillé de toutes ses belles pierres, peut-être aussi de ses poutres et tuiles, par son nouveau propriétaire. La carcasse mutilée du bâtiment a été ensuite rasée.
Une rumeur persistante l’a donné pour reconstruit en Amérique (le rêve américain, sans doute), où il est introuvable, mais où ses pierres ont peut-être été dispersées. Une autre piste le maintiendrait dans l’hexagone, où il aurait servi à alimenter la mode des maisons de prestige bâties avec des caractères néo-médiévaux très affirmés, ou peut-être à restaurer des propriétés ravagées par le conflit avec l’Allemagne.
Bref, les belles pierres du château du Vernet sont peut-être quelque part anonymes, mais bien visibles et, à en juger du nombre de lecteurs de ces pages, il existe une petite chance pour que l’une ou l’un d’entre vous en ait déjà croisées lors de ses visites ou ses recherches.
Préparant pour la Croix-Rouge une animation sur ce thème, si tout va bien, fin juin (date encore incertaine), j’en appelle à vos souvenirs pour trouver la piste des pierres disparues. Si vous disposez d’informations sur leur réemploi, cela me permettrait d’enrichir l’argumentation de mon exposé et de dissiper une partie du mystère qui entoure ce dossier.
Un partage de cet article avec vos contacts multiplierait les chances de trouver une piste.
Voici les éléments dont nous disposons, à partir de photographies d’archives que je ne peux agrandir plus sous peine de rendre illisibles les détails sculptés.
En ouverture de ce texte, une cheminée dont le manteau était orné d’une pierre blasonnée, peu lisible, et peut-être martelée à la Révolution.

 

Vernet-jambage

 

Un jambage de cheminée avec corbeau sculpté d’un personnage naïf. L’autre jambage est aussi sculpté. Le linteau est absent.

 

Vernet-fenêtre

 

Une jolie fenêtre de style Renaissance, qui semble avoir perdu ses pinacles.
Merci pour votre aide!

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Published by Olivier Trotignon - dans histoire locale
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Dans l'objectif de partager avec le grand public une partie du contenu de mes recherches, je propose des animations autour du Moyen-âge et de l'Antiquité sous forme de conférences d'environ 1h30. Ces interventions s'adressent à des auditeurs curieux de l'histoire de leur région et sont accessibles sans formation universitaire ou savante préalable.
Fidèle aux principes de la laïcité, j'ai été accueilli par des associations, comités des fêtes et d'entreprise, mairies, pour des conférences publiques ou privées sur des sujets tels que:
- médecine, saints guérisseurs et miracles au Moyen-âge,
- l'Ordre cistercien en Berry;
- les ordres religieux en Berry au M.A.;
- la femme en Berry au M.A.;
- politique et féodalité en Berry;
- le fait religieux en Berry de la conquête romaine au paleo-christianisme...
- maisons-closes et la prostitution en Berry avant 1946 (animation réservée à un public majeur).
Renseignements, conditions et tarifs sur demande à l'adresse:
Berrymedieval#yahoo.fr  (# = @  / pour éviter les spams)
Merci de diffuser cette information à vos contacts!

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Histoire locale

Pour compléter votre information sur le petit patrimoine berrichon, je vous recommande "le livre de Meslon",  Blog dédié à un lieu-dit d'une richesse assez exceptionnelle. Toute la diversité d'un terroir presque anonyme.
A retrouver dans la rubrique "liens": archéologie et histoire d'un lieu-dit

L'âne du Berry


Présent sur le sol berrichon depuis un millénaire, l'âne méritait qu'un blog soit consacré à son histoire et à son élevage. Retrouvez le à l'adresse suivante:

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Le rédacteur de ce blog s'oppose résolument aux projets d'implantation d'éoliennes industrielles dans le paysage berrichon.
Argumentaire à retrouver sur le lien suivant:
le livre de Meslon: non à l'éolien industriel 

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J'observe depuis quelques mois la fâcheuse tendance qu'ont certains visiteurs à me contacter directement pour me poser des questions très précises, et à disparaître ensuite sans même un mot de remerciement. Désormais, ces demandes ne recevront plus de réponse privée. Ce blog est conçu pour apporter à un maximum de public des informations sur le Berry aux temps médiévaux. je prierai donc les personnes souhaitant disposer de renseignements sur le patrimoine ou l'histoire régionale à passer par la rubrique "commentaires" accessible au bas de chaque article, afin que tous puissent profiter des questions et des réponses.
Les demandes de renseignements sur mes activités annexes (conférences, contacts avec la presse, vente d'ânes Grand Noir du Berry...) seront donc les seules auxquelles je répondrai en privé.
Je profite de cette correction pour signaler qu'à l'exception des reproductions d'anciennes cartes postales, tombées dans le domaine public ou de quelques logos empruntés pour remercier certains médias de leur intérêt pour mes recherches, toutes les photos illustrant pages et articles ont été prises et retravaillées par mes soins et que tout emprunt pour illustrer un site ou un blog devra être au préalable justifié par une demande écrite.