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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 08:00

Carmes1

 

Les visiteurs réguliers auront remarqué une baisse d’activité sur ce blog depuis plusieurs semaines. Conseils de classe, corrections d’examens et récolte de foin pour la pitance hivernale de mes treize ânes sont des tâches saisonnières auxquelles je ne peux me soustraire. De plus, la préparation de deux conférences inédites, dont une qui sera annoncée prochainement à la Tour de Vesvre, en juillet, m’a éloigné encore plus de mes archives de textes et photographies.
C’est pourtant grâce à ma dernière animation que j’ai pu récolter quelques images d’un lieu méconnu, car le plus souvent fermé au public, qui intéressera les amateurs d’architecture en bois.

 

Carmes2

 

La salle dite des Carmes, à Saint-Amand-Montrond, est le produit de la division du volume intérieur de l’ancienne abbatiale du couvent des Carmes en deux étages. Un premier niveau, occupé par des services administratifs, n’a aucun intérêt patrimonial. L’étage, en revanche, permet d’avoir une vue générale sur la magnifique charpente, que je présume être de chêne, datant de la fin du Moyen-âge. Muni d’un éclairage portatif puissant, et de mon éternel petit appareil-photo numérique, j’ai profité de la liberté que j’avais de circuler dans la place pour prendre quelques vues avant d’accueillir le public pour ma conférence de samedi.

 

Carmes3

 

Les bâtisseurs du couvent ont fait le choix du bois pour couvrir la nef de l’abbatiale. Ceci répondait-il à des impératifs oubliés aujourd’hui, coût de construction, rapidité d’exécution du chantier? La largeur de la nef, supérieure à celle de toutes les abbayes locales, explique peut-être à elle seule qu’on ait préféré le bois à la pierre. Le poids énorme de la voûte aurait exigé le montage d’arcs-boutants extérieurs si larges que le terrain dont disposaient les moines n’aurait sûrement pas suffi à leur fournir au sol une base suffisante. Le monastère, construit dans un espace urbain déjà très dense, subissait des contingences très terre-à-terre, telle la nécessité de louer à ses voisins cisterciens une parcelle pour y édifier des latrines.

 

Carmes5

 

Le bois donnait aussi à l’intérieur de la nef un aspect plus délicat que celui de la pierre, qui compensait la perte acoustique inévitable avec ce matériau.
On remarquera les magnifiques poutres engoulées sur lesquelles repose la charpente.
Cette salle municipale n’est ouverte au public que lors de manifestations culturelles ou politiques et, donc, assez difficile d’accès.

 

Carmes4

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23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 09:02

Allichamps

 

Il y a longtemps, un vieil ouvrier m’avait confié le secret du nom d’Allichamps: selon lui, il s’agissait des “champs d’Ali”, chef arabe survivant de la bataille de Poitiers, venu fixer l’Islam en pleine vallée du Cher. Bien plus tard, sa mosquée avait été remplacée par les Chrétiens par la chapelle qu’on peut voir encore aujourd’hui au milieu, ou presque, des champs.
Si mon informateur avait su tout ce que contient le sol de ce périmètre de la basse vallée du Cher, il aurait sans doute jeté Ali aux orties pour me parler de César et Charlemagne: Allichamps est un lieu à la stratigraphie complexe sur lequel aucune somme objective des connaissances le concernant n’a encore été réalisée.

 

Allichamps-sarcophage

 

Une des origines les mieux repérées est une petite agglomération gallo-romaine établie près d’un gué permettant à la voie antique Bourges - Néris de franchir le Cher. Une nécropole importante, à l’origine du toponyme -les Champs-Elysées gallo-romains étant devenus Allichamps) prolonge son activité bien au delà de l’Antiquité tardive. Des zones occupées par des sarcophages ont été détectées à plusieurs points du site. Une, actuellement, intéresse de très près les archéologues. Sa localisation précise ne peut être publiée, pour éviter les inévitables pillages.
C’est sur la fine couche de terre recouvrant cette immense cité des morts que les chanoines augustins de l’abbaye de Plaimpied, près de Bourges, ont bâti un prieuré dont on conserve aujourd’hui une bonne partie de l’ancienne chapelle prieurale.

 

Allichamps-chapitau

 

A l’époque où on me racontait les exploits de l’émir Ali, j’ai visité ce qui n’était encore qu’une grange poussiéreuse. En montant sur les bottes de foin, on arrivait au niveau des chapiteaux. Une association de bénévoles s’est saisie de l’endroit et, après des années de travaux, a pu lui rendre une partie de son lustre d’autrefois.
On est tout de suite frappé par la qualité du travail des tailleurs de pierre romans. Des modillons extérieurs aux chapiteaux intérieurs, l’expression artistique est d’une richesse presque égale aux sculptures de l’abbaye de Plaimpied. Entre autres curiosités, on observe des couvertures en lauzes, qui sont peut-être à associer aux bories qu’on voit dans les vignes entre Chavannes et Châteauneuf.

 

Allichamps-intérieur

 

Le prieuré d’Allichamps mérite une visite estivale et il est facile de profiter des expositions artistiques qui s’y tiennent pour découvrir l’intérieur. L’extérieur est accessible en toutes saisons.

 


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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 09:32

prieuré-Vernais

 

Plusieurs fois, à l’occasion de conférences ou par courrier, des auditeurs et lecteurs m’ont demandé si je savais quand et pourquoi le prieuré de leur ville ou de leur village avait disparu. Ayant au début jugé anecdotique ce genre d’interrogation, il est peu à peu apparu que la question se posait pratiquement partout, à part dans de très rares exceptions comme le village de Drevant, dans le Cher, qui aligne sur un espace réduit une église paroissiale et une chapelle prieurale. Cet édifice, dont j’ai parlé ici plusieurs fois, est en plus un bâtiment à façade romane remarquable, d’où la frustration de certains de ne plus posséder le même patrimoine au cœur de leur village. Ce sentiment est encore appuyé par ces quelques jolis prieurés romans qu’on trouve parfois en campagne.
Pour avancer une réponse, il est nécessaire de revenir sur la nature des prieurés dont les actes médiévaux évoquent l’existence.
Il n’est pas rare qu’on me parle de ces anciens lieux de prière avec une sorte d’admiration respectueuse, comme s’ils avaient été des pôles de spiritualité à l’égal des abbayes.
Certes, certains prieurés berrichons ont été des monastères aussi, sinon plus peuplés et puissants que bien des petits couvents ruraux, mais il s’agit là d’exceptions. L’immense majorité des cellules prieurales résulte de dons accordés par des chevaliers à des abbayes, parfois situées à des distances considérables. Ces dons constituent un outil économique que les communautés monastiques ne peuvent ni négliger ni exploiter directement. Elles délèguent donc à un ou plusieurs frères le soin d’aller gérer au mieux ces biens dispersés et d’inégale importance. Ces moines détachés ont besoin d’un lieu de prière, et c’est là que l’affaire se complique.
En campagne, les choses sont claires: les prieurés se dotent de chapelles. En milieu urbain - villes ou petits villages - ces prieurales ont disparu du paysage, au même titre que la plupart des anciens lieux hospitaliers - hôtels-Dieu, léproseries, hôpitaux de filles-Dieu.. Les sondages archéologiques retrouvent parfois les traces de ces derniers, mais pas des prieurés.

 

prieuré-de-Soye

 

La solution m’a été soufflée par m. Grare, actuel propriétaire du prieuré de Drevant. Vivant dans les murs et observateur de multiples contradictions qui échappent à une visite sommaire du site, il m’a fait remarquer avec pertinence que l’église paroissiale était bien moins typée que son prieuré et que, débarrassée de son autel et des quelques ornements maladroitement placés dans la maçonnerie, elle prenait l’aspect d’un bâtiment ordinaire, médiéval, mais pas spécialement cultuel. Son hypothèse, iconoclaste mais, je le rappelle, pertinente, est de proposer de ramener cette église à sa première fonction de grange ordinaire ayant  appartenu aux moines, ce que nous appelons aujourd’hui “prieuré de Drevant” étant l’ancienne église paroissiale. Celle-ci, sans doute devenue trop petite à la suite de la poussée démographique enregistrée à la fin de la période médiévale, ayant été abandonnée pour consacrer un sanctuaire plus vaste, l’ancienne grange transformée en chapelle.

 

acrotère-Drevant

Ornement gallo-romain rapporté, unique pièce décorative de la façade de l'église de Drevant

 

 

Ainsi s’explique la disparition de nos prieurés urbains. Les textes sont sur ce point sans ambiguïté: les seigneurs donnent aux abbayes des églises parfois accompagnées de rentes et/ou de terres. Les églises existent avant la fondation des prieurés, puis sont partagées entre le prêtre, qui dépend de l’évêque, et le prieur, qui obéit à son abbé. Les prieurés urbains se réduisent donc à un volume plus ou moins important de bâtiments d’exploitation et de stockage, complétés dans de rares cas par des cloîtres et des dortoirs monastiques. Beaucoup de prieurés ne sont peut-être même pas habités en permanence, les moines chargés de leur fonctionnement retournant vivre dans leur communauté les mois d’inactivité agricole.
Ainsi, grâce à cette exception devenue artificiellement généralité qu’est Drevant s’éclaire toute une part mal connue de l’histoire de nos bourgs.

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 18:20

Genouilly-s.-capitulaire

 

Beaucoup moins connu des non-spécialistes que l’Ordre cistercien, qui lui est contemporain, l’Ordre limousin de Grandmont a laissé en Berry des traces remarquables. Une des mieux conservées de la douzaine de celles qu’a compté le diocèse de Bourges au Moyen-âge se trouve à une quinzaine de kilomètres de Vierzon, sur la commune de Genouilly. Baptisé Fontblanche, ce monastère a été, comme tant d’autres, abandonné aux activités agricoles après la Révolution, mais, contrairement à plusieurs maisons de l’Ordre fondées en Berry, celles-ci n’ont pas trop détérioré ses bâtiments. Il reste aujourd’hui environ les trois quarts des anciens murs monastiques, et les efforts de restauration entrepris par ses actuels propriétaires leur ont rendu leur aspect vénérable.

 

Genouilly-nef

 

Fontblanche ne réserve aucune surprise ou anomalie architecturale. Ses bâtisseurs se sont pliés aux règles voulues par l’Ordre. Chapelle, aile de la salle capitulaire et du dortoir et bâtiments fonctionnels sont aux dimensions et proportions qu’on observe ailleurs dans la région, à Corquoy et à Fontguedon, entre autres. Si les moellons qui occupent le plus gros des maçonneries sont quelconques, les encadrements d’ouvertures sont taillés dans une roche ocre qui donne un ton très chaud à l’ensemble.
Deux espaces ont fait l’objet de restaurations poussées: la chapelle prieurale et le dortoir des frères. La salle capitulaire est encore dans un état rustique, quoique quelques moulures aient été retaillées.

 

Genouilly-dortoir

 

La celle de Fontblanche n’est pas un endroit touristique. Bien que soigneusement entretenu et occupé toute l’année, le site est privé et ouvre rarement. C’est pourquoi je vous recommande vivement d’en prévoir la visite lors des prochaines journées du Patrimoine de septembre. La découverte de l’ensemble est assurée par les propriétaires et vaut largement le déplacement. Le public ne s’y est pas trompé: la fréquentation progresse régulièrement d’année en année et ne repose pas que sur une population de locaux curieux intéressés par le patrimoine de proximité. Fontblanche illustre la richesse patrimoniale de la région, quelquefois injustement occultée par quelques sites touristiques emblématiques qui focalisent l’attention des médias et des touristes. Le Moyen-âge berrichon, dans son aspect monumental, ne se résume pas à quelques cartes postales et quelques concepts historiques simplifiés.

 

Genouilly-chevet

 

En remontant fouiller dans les anciennes livraisons de Berry médiéval, vous retrouverez, avec l’outil de recherche en haut à droite de cette page, des informations sur la celle de Corquoy, elle aussi en cours de rénovation, et elle aussi ouverte pour les journées du Patrimoine. Les deux monastères sont si complémentaires qu’il est difficile de parler de l’un sans évoquer l’autre.

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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 19:06

Bénitier-St-Céols-1

 

A première vue, le petit village de Saint-Céols, entre Bourges et Sancerre n’a rien qui puisse retenir l’attention d’un historien de la période médiévale et il m’est arrivé quelque fois de le traverser en jetant juste un œil, par réflexe, sur son église. C’est en me documentant sur la question des bénitiers médiévaux en fonte de fer que j’ai trouvé l’indication de l’existence d’une pièce de fonderie exceptionnelle conservée dans la petite chapelle paroissiale. Invité il y a quelques jours par l’Association Saint-Céolaise à présenter une conférence dans les chais du Domaine du Prieuré, j’ai pu profiter de l’occasion pour aller découvrir l’objet.
Ce bénitier de belles dimensions, environ 80 cms de diamètre pour un demi-mètre de hauteur est dans un bon état de conservation suite, me semble t-il, à une restauration rendue impérative par le peu de soin avec lequel on avait naguère traité la cuve, abandonnée aux intempéries. Son originalité consiste en la présence de trois pieds, vraisemblablement soudés, en forme de lions, qu’on ne trouve pas sur les autres bénitiers de même nature observables dans le secteur, soit qu’ils n’en ont jamais été munis, soit qu’ils en sont orphelins.

 

Bénitier-St-Céols-2

 

Une légende, en lettres gothiques, réhausse l’impression générale de grande qualité de la pièce, qui témoigne du dynamisme de l’activité métallurgique en Berry à la fin de la période médiévale.
Ceci n’a pas échappé aux spécialistes du sujet, au point que cette lourde cuve de fonte a été choisie pour être présentée, il y a quelques décennies, au public japonais, fin connaisseur en matière de travail des métaux.

 

Bénitier-St-Céols-3

 

Il m’est difficile de vous inviter à vous arrêter à Saint-Céols pour découvrir cette curiosité, l’ouverture de l’église étant aléatoire, ce qui est parfaitement compréhensible vue la faible population résidant dans le village. En revanche, les amateurs de bons vins noteront que les Menetou-Salon de Pierre Jacolin, voisin de l’église et propriétaire du domaine du Prieuré, méritent qu’on s’y attarde!

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27 mai 2012 7 27 /05 /mai /2012 09:25

Sainte-Agathe1

Lorsque l’on évoque les lieux qui ont inspiré Alain Fournier pour l’écriture de son roman Le grand Meaulnes, il en est un qui retient tout particulièrement l’attention des passionnés du patrimoine culturel régional, par la beauté et la simplicité du site qu’il occupe. Située à quelques kilomètres du bourg de Saint-Désiré, dans l’Allier, au sommet d’une colline qui se détache de très loin dans le paysage, s’élève une petite chapelle connue sous le vocable de Sainte-Agathe.
L’amateur de belles pierres médiévales, surtout s’il s’est arrêté visiter la remarquable église romane de Saint-Désiré avant de venir, sera peut-être déçu par le monument, rénové de façon si vigoureuse qu’on se prend à douter de ses origines médiévales, pourtant bien marquées dans l’abside et les absidioles du chevet. La façade et le clocheton, en revanche, ne portent pas les même traces de passage du temps constatées sur les monuments religieux du même périmètre, ce qui semblerait indiquer une reprise des maçonneries à un moment ou un autre.
La destination de  cette chapelle, construite dans un secteur qui, quoique peu peuplé, n’était pas à l’écart de la civilisation - l’abbaye cistercienne de Bussière, qui est à deux pas, le prouve - pourrait se révéler plus intéressante que le monument lui-même.
Sainte-Agathe, lieu de procession est aussi, si l’on en croit les folkloristes qui ont travaillé sur les traditions populaires, un emplacement qui a généré des légendes en relation avec la sorcellerie et les superstitions populaires. Sa position éminente dans le paysage peut suffire à expliquer que l’imagination des ruraux qui l’apercevaient quotidiennement ait été attisée par sa silhouette sombre sur son sommet de colline.
D’autres hasardent le fait que l’endroit aurait été parfait pour un lieu de culte antérieur au Christianisme, qu’un toponyme : le Mont Lubin, ayant peut être une racine commune avec le nom du dieu gaulois Lug, est attaché à ce lieu, que l’emplacement de la chapelle serait idéal pour communiquer à l’aide de signaux lumineux jusqu’à une grande distance... tout ceci est bien entendu, dans l’état, difficile à vérifier. Seul un indice, l’existence d’un très grand site antique tout près de Sainte-Agathe, pourrait, à la rigueur, donner un peu de consistance à ces interprétations.
Notons que l’Eglise a peut-être tout simplement voulu imposer symboliquement sa présence en la matérialisant par un petit édifice visible à des lieues à la ronde sans forcement avoir voulu contrer des pratiques païennes ancestrales.

 

Sainte-agathe-2

 

 

Pas toujours évidente à trouver pour qui ne dispose pas d’une carte à petite échelle, Sainte-Agathe doit être visitée par temps clair. De la plate-forme sur laquelle se dresse le monument, tout un paysage se développe jusqu’aux monts d’Auvergne et à la Marche, offrant un point de vue idéal sur une région peu marquée par les verrues inesthétiques du modernisme.

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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 09:40

Lanterne-Ciron-1

 

L’occasion s’est présentée, il y a quelques jours, de m’arrêter photographier la belle lanterne des morts du village de Ciron, entre Le Blanc et Argenton-sur-Creuse, dans l’Indre. Fréquentes sans être abondantes en Poitou et Limousin, ces constructions se comptent sur les doigts de la main en Berry, ce qui souligne l’intérêt du monument de Ciron.

 

Lanterne-Ciron-2

 

Cette lanterne, d’une réalisation soignée, est conforme aux modèles du temps: la colonne est cylindrique et ajourée de plusieurs ouvertures surmontées par un toit en ogive. Près de son ouverture a été aménagée une tablette dont la destination primitive reste soumise à diverses interprétations. La lanterne a perdu sa suspension intérieure comme on peut en voir dans certains cas.

 

Lanterne-Ciron-3

 

Vraisemblablement, si la lanterne des morts de Ciron se dresse encore aujourd’hui à son emplacement primitif, l’ensemble a été réaménagé. Juchée à une hauteur très inhabituelle, la colonne a très probablement été déposée et remontée sur un socle de neuf marches qui ne portent pas les traces d’usure habituelles sur les édifices médiévaux. Les socles des lanternes de Cellefrouin et de Ligné, les plus hautes que j’ai vues dans les Charentes, ne comptent que six marches de moindre hauteur. Les photographies prises à l’intérieur de la lanterne montrent que les pierres n’ont pas été rejointoyées. C’est peut-être à l’occasion d’un démontage et d’une réfection de l’édifice que le crochet de suspension du luminaire a été perdu.

 

Lanterne-Ciron-4

 

J’ai l’intention, dans les mois et années à venir, de poursuivre mes visites là où le hasard des routes me conduira, et de ramener des témoignages photographiques de ces curieux dispositifs funèbres. Si le sujet vous intéresse, vous pouvez aussi, dans le menu “pages” à droite de ce billet, découvrir quelques lanternes des morts que j’ai visité ces dernières années. Je complète cette page de nouvelles observations de temps en temps.

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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 12:26

Huriel-grilles1

 

Le temps détestable pour la photographie d’extérieur qui règne sur la région m’a contraint à remiser temporairement mon appareil photo et à fouiller dans mes archives en quête de nouveaux sujets. C’est sur l’église d’Huriel, dans la région de Montluçon, que s’est fixé mon choix d’explorer un sujet très précis, qui réjouira, j’espère, les amateurs d’arts du feu qui parcourent ce blog.
Entre autres intérêts que propose ce riche édifice religieux, les grilles du chœur sont particulièrement remarquables. Séparant la partie cultuelle du reste de l’église, ces grilles sont datées du XIIe siècle, et donc contemporaines ou légèrement postérieures à la construction du sanctuaire.

 

Huriel-grilles-2

 

D’une facture très soignée, ces grilles sont en fer forgé et tiennent grâce à un jeu complexe de soudures exécutées par les forgerons médiévaux. La présence à Huriel d’un importante famille féodale ayant frappé monnaie explique certainement la qualité du travail du fer qu’on observe sur place.
Ces grilles sont l’occasion de rappeler que trop souvent l’œil du médiéviste est mobilisé par des sculptures ou des fresques et qu’on a tendance à négliger de regarder de près les serrures et pentures de portes devant lesquelles on passe souvent trop vite. De vrais petits chefs-d'œuvre s’y dissimulent et il est dommage de passer à coté de ces petits exploits techniques.

 

Huriel-grilles3

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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 09:40

crucifixion-grès

 

Participant à titre bénévole à une grande opération de récolement des collections du musée Saint-Vic de Saint-Amand-Montrond, dans le Cher, j’ai eu en mains ce petit objet d’aspect ordinaire dormant depuis des années dans une vitrine au milieu de pièces beaucoup plus spectaculaires. N’ayant pas été inventorié au moment de son entrée dans les collections, nous ignorons les circonstances de sa découverte, la seule indication portée sur son revers précisant “Saint-Amand”.
Il s’agit d’une scène de crucifixion délicatement gravée sur une petite dalette de grès fin, une roche comme celle qui sert à produire des pierres à aiguiser et qu’on ne trouve pas dans cette partie du Berry, d’environ 5 cm de haut sur 4 de large. Le style peut évoquer la fin du Moyen-âge ou le début de la Renaissance. On apprécie la finesse des détails qui se mesurent en millimètres et qui permettent de reconnaître le phylactère au dessus de la croix et la lune et le soleil de chaque coté de celle ci.
On remarque que les angles de la plaquette ont été abîmés, comme ci quelqu’un l’avait forcée pour l’extraire d’un sertissage initial.
J’ai choisi de présenter cet objet autant pour vous faire apprécier la qualité de sa réalisation que pour vous demander votre aide pour tenter d’identifier sa fonction. Ce motif semble avoir été fixé par inclusion ou par sertissage dans un objet religieux ou liturgique, tabernacle, reliquaire, croix de procession ou autre. Si l’une ou l’un s’entre vous ait déjà remarqué ailleurs un médaillon comparable ou identique, ou ait connaissance d’une bibliographie dédiée à ce type d’objet, cela nous permettrait de redonner une identité à une pièce archéologique qui perd beaucoup de son intérêt à cause de l’incertitude de ses origines.

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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 09:39

crypte-enfer1

 

Il est difficile, lorsqu’on visite la cathédrale de Bourges, d’imaginer son volume intérieur séparé en deux espaces, la nef et le chœur, par un haut mur de pierre ornementé de sculptures polychromes. C’est pourtant ainsi que les Berruyers et fidèles de passage ont vu pendant plusieurs siècles l’intérieur de cet édifice occupé par un jubé de grandes dimensions (18m de largeur sur presque 7m de hauteur, d’après les spécialistes de la question. Victime de dégradations à l’époque des Guerre de religion, cette construction est définitivement supprimée peu avant la Révolution, ses éléments sculpturaux dispersés ou enfouis.

 

crypte-enfer2

 

Les amateurs d’Art sacré qui décident d’entreprendre une visite complète de la cathédrale peuvent avoir accès -libre pour les Journées du patrimoine et guidé le reste du temps- au niveau inférieur du sanctuaire, dit crypte de la cathédrale, dans lequel sont conservés, entre autres, quelques très beaux éléments de l’ancien jubé. J’ai choisi de m’arrêter sur un tout particulièrement bien traité par les artistes médiévaux, le chaudron infernal.
Bien qu’incomplète, cette scène d’une densité étouffante représente des âmes tourmentées par des diables dans un grand chaudron chauffé par un feu entretenu par des soufflets. Parmi les damnés, un évêque est reconnaissable à sa mitre. Non loin de là, une gueule zoomorphe elle aussi incandescente avale les silhouettes des pêcheurs, selon la même inspiration qui a animé à l’ époque les tailleurs de pierre de la collégiale de Levroux, dans l’Indre.

 

crypte-enfer3

 

Certains parlent de la valeur pédagogique de ces scènes que les fidèles pouvaient contempler durant les offices dans la pénombre de la cathédrale. On imagine sans peine que ces images devaient être des auxiliaires précieuses à qui cherchait à rendre perceptibles par le plus grand nombre des concepts moraux selon la sensibilité du temps.

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Dans l'objectif de partager avec le grand public une partie du contenu de mes recherches, je propose des animations autour du Moyen-âge et de l'Antiquité sous forme de conférences d'environ 1h30. Ces interventions s'adressent à des auditeurs curieux de l'histoire de leur région et sont accessibles sans formation universitaire ou savante préalable.
Fidèle aux principes de la laïcité, j'ai été accueilli par des associations, comités des fêtes et d'entreprise, mairies, pour des conférences publiques ou privées sur des sujets tels que:
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Histoire locale

Pour compléter votre information sur le petit patrimoine berrichon, je vous recommande "le livre de Meslon",  Blog dédié à un lieu-dit d'une richesse assez exceptionnelle. Toute la diversité d'un terroir presque anonyme.
A retrouver dans la rubrique "liens": archéologie et histoire d'un lieu-dit

L'âne du Berry


Présent sur le sol berrichon depuis un millénaire, l'âne méritait qu'un blog soit consacré à son histoire et à son élevage. Retrouvez le à l'adresse suivante:

Histoire et cartes postales anciennes

paysan-ruthène

 

Cartes postales, photos anciennes ou plus modernes pour illustrer l'Histoire des terroirs:

 

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Le rédacteur de ce blog s'oppose résolument aux projets d'implantation d'éoliennes industrielles dans le paysage berrichon.
Argumentaire à retrouver sur le lien suivant:
le livre de Meslon: non à l'éolien industriel 

contacts avec l'auteur


J'observe depuis quelques mois la fâcheuse tendance qu'ont certains visiteurs à me contacter directement pour me poser des questions très précises, et à disparaître ensuite sans même un mot de remerciement. Désormais, ces demandes ne recevront plus de réponse privée. Ce blog est conçu pour apporter à un maximum de public des informations sur le Berry aux temps médiévaux. je prierai donc les personnes souhaitant disposer de renseignements sur le patrimoine ou l'histoire régionale à passer par la rubrique "commentaires" accessible au bas de chaque article, afin que tous puissent profiter des questions et des réponses.
Les demandes de renseignements sur mes activités annexes (conférences, contacts avec la presse, vente d'ânes Grand Noir du Berry...) seront donc les seules auxquelles je répondrai en privé.
Je profite de cette correction pour signaler qu'à l'exception des reproductions d'anciennes cartes postales, tombées dans le domaine public ou de quelques logos empruntés pour remercier certains médias de leur intérêt pour mes recherches, toutes les photos illustrant pages et articles ont été prises et retravaillées par mes soins et que tout emprunt pour illustrer un site ou un blog devra être au préalable justifié par une demande écrite.