Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 08:43



C’est à titre de mémoire que nous rappelons ici l’existence de la petite église romane de Nohant, à quelques pas de la demeure de George Sand.

Ce bâtiment est d’un modèle très simple bien représentatif des petites églises de campagne berrichonnes. De petite taille, sobrement ornée, elle présente cependant quelques particularités qui méritent l’attention. Ses piliers intérieurs, surdimensionnés et renforcés partiellement par un habillage octogonal, montrent soit que les projets étaient plus ambitieux que la réalisation finale -d’autres chapelles ont connu le même destin- soit  que des désordres de construction ont affecté l’ensemble.

Il est à signaler que quelques fresques de la fin du Moyen-âge sont encore visibles sur place, sans commune mesure avec les peintures de l’église voisine de Vic, bien entendu.

Nohant n’est pas un lieu indispensable dans l’étude de l’architecture sacrée en Berry, mais le visiteur y trouvera une atmosphère préservée, près du château de la Dame de Nohant, qui a elle seule mérite qu’on s’y arrête quelques instants. 




 

Repost 0
Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine religieux
commenter cet article
26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 08:37



Les médiévistes voudront bien me pardonner d’enfoncer, d’une certaine manière, une porte ouverte en présentant les peintures romanes de l’église de Vic, dans l’Indre. Même s’il est évident que leur notoriété est immense, il se trouve encore de nombreux habitants de la région qui fréquentent ce blog en quête de thèmes de promenade et  lecteurs d’outre-mer et des pays étrangers qui n’ont jamais passé la porte de ce monument, si bien qu’il ne pas pas semblé inintéressant d’en rappeler l’existence.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que ce chef-d’œuvre d’Art roman n’est pas un lieu de grande consommation touristique. Légèrement à l’écart de la route La Châtre-Montluçon, dans le petit hameau de Vic, simplement évoqué par une signalétique discrète, l’église Saint-Martin de Vic est injustement méconnue.

Extérieurement, le sanctuaire présente assez peu d’intérêt, même si son insertion dans un groupe de maisons traditionnelles mérite le coup d’œil. C’est à l’intérieur que se développe sur les murs de la nef et du chœur un remarquable ensemble de fresques qui compte parmi les plus importantes de tout le Centre-Ouest. Longtemps invisibles derrière un badigeon moderne, les peintures ont été restaurées et disposent d’un éclairage automatique qui les met en valeur.

 

N’étant pas historien de l’Art, je n’ai aucune qualité pour gloser sur les styles et les pigments, mais je tiens à souligner le parallèle qui existe entre ce lieu de culte, presque banal, et l’existence à quelques kilomètres de l’une des plus importantes seigneuries médiévale de la Vallée noire. Il est en effet probable de voir dans l’existence des fresques de Vic l’ombre des seigneurs de Saint-Chartier et en particulier Adalard Guillebaud, dont j’évoquai la personnalité dans un article antérieur. N’ayant pu reconnaître sur place aucune autre autorité laïque capable d’évergétisme, on peu supposer qu’un seigneur de Saint-Chartier, Adalard ou un de ses semblables, a pris en charge les frais d’ornementation du sanctuaire de Vic comme nous avions déjà souligné le rapprochement d’une autre église ornées de fresques romanes, en l’occurrence celle de Chalivoy-Milon, dans le Cher, avec une autre puissante seigneurie locale, celle de Charenton.

 

Reste à répondre à une question: Vic est-elle un cas splendide et isolé, ou est-elle l’illustration de ce que les croyants pouvaient contempler dans tous les lieux de culte des alentours de Saint-Chartier? On sait que des traces de fresques ne sont pas exceptionnelles dans les églises de campagne et il se pourrait bien -mais le conditionnel reste de rigueur- que le sanctuaire de Nohant-Vic soit plus conforme à la réalité médiévale que ces chapelles aux murs monochromes comme on en rencontre un peu partout en France.

 

Repost 0
Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine religieux
commenter cet article
10 octobre 2009 6 10 /10 /octobre /2009 13:19



Conseiller aux amateurs de patrimoine médiéval d’aller visiter l’église de Neuvy-Saint-Sépulchre peut paraître superflu tant la réputation de ce monument dépasse le cadre régional. Bâtie dans une région en marge des grands circuits touristiques, elle demeure néanmoins méconnue d’un grand nombre de visiteurs, aussi me permets-je d’orienter la curiosité des lecteurs de ce blog vers un monument dont l’originalité frappe au premier contact visuel.

Échappant au plan cruciforme universellement répandu dans les Pays du Centre, les architectes de Neuvy ont appuyé la nef de l’église sur une rotonde de grandes dimensions recopiant, de l’avœu même de ses fondateurs, la forme de l’église du Saint-Sépulcre de Jérusalem. Guillaume Godel, moine de Saint-Martial de Limoges, rapporte ainsi dans ses chroniques qu’en 1042, le seigneur Eudes de Déols assista, en compagnie de Boson de Cluis, à la fondation de l’église Saint-Jacques “ad formam S. Sepulchrii Yerosolimitani”.

C’est un autre membre de la famille de Déols, le cardinal Eudes de Châteauroux qui fait envoyer sur place en 1257 la relique du Précieux Sang et un fragment du Saint-Sépulchre qui deviennent l’objet d’un pèlerinage dont nous peinons à mesurer la popularité aux temps médiévaux et modernes.

Je laisse aux visiteurs le soin de collecter tous les détails sur les mensurations de l’édifice, parfaitement détaillées par des érudits dont les travaux sont accessibles avec n’importe quel moteur de recherche.

L’unicité de Neuvy, pourtant proclamée par la signalétique municipale dès l’entrée du village paraît cependant à recevoir avec précautions. Quimperlé, en Bretagne, se distingue aussi par une très belle rotonde dans son église Sainte-Croix et les ruines de Lanleff, dans la même région, montrent que les contemporains bretons des seigneurs de Déols et de Cluis avaient aussi ramené de leurs pèlerinages en Terre Sainte l’inspiration nécessaire pour élever leurs propres copies du Saint Sépulcre. Des fouilles récentes à Parthenay, en Poitou, ont révélé les fondations d’un monument de même inspiration.

 

Repost 0
Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine religieux
commenter cet article
26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 23:30


Voici un monument qui devrait retenir l’attention de tous les amateurs et spécialistes du costume médiéval: dans la petite église de Venesmes, non loin de Châteauneuf-sur-Cher, est visible une très belle dalle funéraire représentant un chevalier en armes. L’homme est tête nue, habillé de sa cotte de mailles et les reins ceints d’une ceinture sur laquelle est pendue son épée. Ses mains sont jointes en position de prière et ses pieds reposent sur un chien. Un écu portant ses armoiries est gravé à sa droite. L’inscription funéraire est difficile à lire et on peine à identifier le nom de défunt. On s’accordera à reconnaître là une plate-tombe d’une exceptionnelle qualité, à la fois par la finesse du travail du lapicide que par l’excellent état de conservation de l’ensemble. Déposée dans un enfeu dans le transept de l’église, la pierre a été protégée par la voûte et n’a subit aucune dégradation. N’ayant pu passer assez de temps sur place pour travailler sur l’inscription, je ferai confiance aux historiens de l’art qui ont daté cette dalle du début du XIVe siècle et ont identifié le chevalier gisant dans cette tombe comme l’un des propriétaires de la petite forteresse d’Aigue-Morte, à quelques kilomètres au sud du bourg de Venesmes. Le blason, hélas, est un dessin très banal -on connaît plus de 2000 familles ayant un lion comme armoiries en France à cette époque- et ne donne aucune indication précise sur l’origine familiale du chevalier.


Cette tombe nous rappelle une pratique qui devient de plus en plus courante en Berry au cours du Moyen-âge et de la Renaissance. Alors que la haute aristocratie régionale avait pris l’habitude, dès la fin du Xe siècle, de se faire inhumer dans les cimetières des abbayes et prieurés qu’elle protégeait, la petite noblesse rurale, pas assez fortunée pour obtenir ce privilège, a souvent choisi l’église de sa paroisse comme dernière demeure. On connaît ainsi quelques testaments qui permettent de mesurer l’importance et l’homogénéité de cette coutume, qui gagne parfois la haute aristocratie. Le seigneur d’Huriel, dans l’Allier, s’est, par exemple, fait inhumer dans une des églises de cette ville après sa mort à la bataille de Poitiers alors que les anciens seigneurs du lieu avaient au XIe siècle choisi le cimetière du prieuré bénédictin de la Chapelaude pour abriter leur nécropole familiale. Pour le confort des visiteurs, la petite commune de Venesmes a fait l’effort rare d’installer un éclairage à discrétion dans le plafond de l’enfeu, qui permet de prendre des photographies sans flash et évite une surexposition qui liserait tous les détails de la gravure. Cette initiative rare doit être saluée. Comme beaucoup de monuments ruraux, l’église est souvent fermée et la plate-tombe inaccessible. Les futures journées du Patrimoine seront donc pour beaucoup la meilleure occasion de venir admirer cet ensemble rare qui mérite vraiment la visite.


enfeu - transept de l'église de Venesmes 

Repost 0
Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine religieux
commenter cet article
2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 10:17


C’est dans la plaine au sud de Bourges, non loin du cours de l’Auron, que s’élèvent les restes de l’ancienne abbaye de Plaimpied, ayant accueilli vers la fin du XIe siècle des chanoines sous la règle de Saint-Augustin. Le terme de “restes” n’est pas synonyme dans ce cas de “ruines”, mais cette abbatiale, très plaisante à visiter et parfaitement entretenue, ne donne qu’une vision tronquée de son état à la période médiévale. Comme d’autres monuments religieux de la région, elle a été victimes de diverses déprédations commises à l’époque moderne, pendant les conflits religieux, et elle a perdu la voûte de sa nef et sa façade. Leur remise en état a permis de rendre au culte et à la visite ce très intéressant exemple d’architecture romane.

 

Comme pour beaucoup d’autres bâtiments de la région de Bourges, les sculpteurs qui ont orné Plaimpied ont disposé comme matière d’œuvre d’un calcaire dur au grain très fin, qui leur a permis de soigner le trait des chapiteaux de l’abbatiale. C’est également dans cette roche qu’ont été réalisés le gisant de l’archevêque de Bourges Richard, second du nom et plusieurs inscriptions funéraires de chanoines enterrés, comme l’archevêque, dans le sol de l’abbaye.

 

C’est surtout dans le sous-sol et la crypte, dont les entrées sont si discrètes qu’elles échappent parfois à l’attention des visiteurs que les lecteurs de ce blog trouveront l’une des particularités les plus remarquables de l’édifice. La chapelle souterraine est en très bon état de conservation et dispose d’un éclairage qui en permet la découverte. Toutefois, se munir d’une lampe de poche peut se révéler très utile, ne serait-ce que pour apprécier toute la finesse des détails des sculptures du chœur.

 

Le médiéviste regrettera que les archives de Plaimpied aient été si malmenées que presque tout a disparu, nous empêchant de mesurer l’importance réelle de ce monastère. Il reste cependant quelques chartes aux Archives départementales du Cher dans la série H. supplément cotées 58 H, dont un très bel acte de 1137. 

Je rappellerai que le prieuré d’Allichamps, près de Bruère, dépendait de Plaimpied, et que la distance entre les deux édifices permet leur visite en une seule demi-journée.

 

 

 

Abbey Plaimpied and crypt

abbey Plaimpied und krypta

Abadía Plaimpied y la cripta

Abbey Plaimpied e la cripta

Abbey Plaimpied i krypta

 
 
 
Repost 0
Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine religieux
commenter cet article
28 août 2009 5 28 /08 /août /2009 09:33



Les amateurs d’art roman de passage à Bourges sauront retrouver l’emplacement de ce discret et ultime vestige de la collégiale Saint-Ursin, détruite à l’époque moderne. Le portail central de l’église, déposé au moment de sa destruction, a été remonté dans le mur d’enceinte de l’ancien couvent de l’Annonciade, tout proche de la Maison de la Culture. Son ornementation très particulière permet, entre autres, de découvrir un intéressant calendrier illustré de scènes de la vie agricole.

 

De février à janvier, le sculpteur s’est appliqué, selon les habitudes du temps, à représenter les activités principales du monde rural, parmi lesquelles la taille de la vigne, les moissons, les vendanges et l' abattage de porc. La finesse du trait et le soin mis par l’artiste pour exécuter l’ensemble du panneau -qui comprend aussi des scènes de fabliaux et une chasse à courre- font de ce portail une œuvre majeure de l’art roman berrichon.

Un détail tout à fait remarquable est à signaler: le travail a été signé par son auteur. Sous la frise du calendrier est bien visible l’inscription:

“Girauldus fecit istas portas” (Giraud a réalisé ces portes)

 

qui permet de déduire que le portail conservé était probablement l’élément central d’une composition à trois éléments, les deux ouvertures latérales étant perdues. Cette signature est en elle-même une curiosité anthroponymique car le nom Girauldus est unique en son genre dans l’ensemble de la documentation médiévale régionale. Le nom Giraud, assez fréquent dans les chartes contemporaines toutes catégories sociales confondues, est en général décliné sous les formes latines Giraldus et Giraudus (variantes en Geraudus/Geraldus) mais le nom Girauldus gravé sur le tympan de Saint-Ursin de Bourges est à cette heure un cas unique pour la région, ce qui pourrait laisser entendre que la commande des chanoines a pu être exécutée par un tailleur de pierre étranger à la région.



 

Repost 0
Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine religieux
commenter cet article
9 août 2009 7 09 /08 /août /2009 09:35



La grande église romane de la Celle-Bruère, dans le sud du département du Cher, recèle, scellés dans sa façade, trois étranges tableaux de pierre historiés dont l'origine intrigue depuis des décennies les amateurs d'art médiéval. Un animal assez fin, peut-être un veau, une patte posée sur un globe, apparaît aux cotés de deux scènes représentant des hommes affrontés, disposées de chaque coté de l'entrée du sanctuaire. Si la recherche de symétrie est évidente, tant dans l'espace que dans le thème, on remarque d'importantes différences dans la maîtrise de la sculpture, le tableau de gauche étant beaucoup plus contrasté et détaillé que son jumeau à la droite de la porte. Sur l'une et l'autre scène se distingue l'inscription "Frotoardus".

 

Manifestement, ces trois éléments, complétés par une tête de statue zoomorphe disposée en saillie sur la façade, ne sont pas romans et leur inclusion dans la maçonnerie est indatable. Soit ces sculptures ont été ajoutées au bâtiment lors de sa construction, soit leur ajout est postérieur, mais leur caractère intrusif est indéniable. 

 

Les spécialistes locaux hésitent depuis longtemps devant le caractère déroutant du tableau de gauche. Deux personnages, aux traits soulignés, vêtus de tuniques serrées à la taille et tombant jusqu'à mi-cuisses et coiffés de calottes, semblent s'affronter. L'un foule un objet qui évoque une lampe à huile ou une gourde, l'autre domine un petit animal en cage, chien ou renard. Entre les deux est gravé le nom latin FROTOARDUS. 

Cet ornement est atypique au point qu'il en reste inclassable. Le trait échappe à la plastique romane, mais n'est pas plus ressemblant aux styles antiques ou paléo-médiévaux, ce qui renforce son caractère insolite sur un monument aussi équilibré que l'église de la Celle. La présence à faible distance du site antique d'Allichamps a même permis à certains de voir dans les sculptures de la façade de la Celle des réemplois d'ornements antiques prélevés sur un ancien temple païen, à l'image de plusieurs éléments d'autels funéraires inclus dans les maçonneries extérieures et intérieures de l'église.

Arrêtons nous un instant sur un élément qui, loin de dissiper l'opacité de l'origine de ces sculptures, évoque résolument l'Antiquité tardive ou le haut Moyen-âge: la mention épigraphique Frotoardus.

Remarquons d'emblée que les lettres se ressemblent sur les deux tableaux, et que le style d'écriture n'est pas roman. Les pierres sont donc antérieures ou postérieures au XIIe siècle, période de la construction de la plupart des édifices religieux, séculiers ou réguliers, du secteur. Frotoardus est manifestement un nom propre masculin à un élément, latinisation d'un patronyme germanique comme on en voit apparaître sur le sol gaulois à partir des invasions des peuples d'outre-Rhin, à la fin de l'Empire Romain. Le dépouillement des chartes les plus anciennes régionales montre que ce genre de nom reste employé localement jusqu'au XIe siècle, période à laquelle il décline pour être définitivement abandonné à la fin du XIIe siècle pour laisser place à des dénominations à deux éléments, du type nom+surnom (Adalard Guillebaud ou Mathilde de Charenton, pour prendre des exemples de ce blog).

Si un personnage nommé Frotoardus a bien existé, c'est dans un espace chronologique de presque un demi-millénaire, sur lequel nous ne disposons presque d'aucune source narrative et il n'est recoupé par aucune autre source.

Autre problème: quel est le statut de ce nom? Certain y ont vu la signature du sculpteur, ce qui semble étonnant car on note des différences de styles marquées entre les trois œuvres: très dépouillées pour la scène de combat et le veau au globe à droite de la porte, presque caricatural à gauche de l'ouverture. De plus, il est de coutume que dans le cas de signatures épigraphiques, l'auteur soit nommé dans une courte phrase du style: Giraldus fecit (Gerald (l')a fait) ou: Giraldus fecit hanc portam  (gerald a fait ce portail) comme on peut en lire un exemple sur le fronton du portail de Saint-Ursin, à Bourges. Cet argument nous éloigne encore un peu plus de l'époque romane.

Reste l'hypothèse d'un nom désignant l'un des combattants figuré sur les scène de pugilat sans qu'on puisse en aucun cas savoir quel est la finalité de ces sculptures. Evoquer le souvenir d'un exploit guerrier, Frotoardus étant l'un des lutteurs et peut-être le commanditaire de ces œuvres? Rappeler le martyr d'un saint local selon une tradition à jamais oubliée? Ceci signifierait un réemploi à partir d'un ouvrage religieux plus ancien, chapelle, tombeau ou reliquaire. Illustrer une tradition orale laïque, fable, comptine ou légende désormais effacée de la mémoire collective? Mais alors, sur quel type d'ouvrage aurait-on pris le soin de sculpter ces pierres?

L'énigme reste entière.

Personnellement, je n'écarterai pas l'hypothèse d'un transfert de reliques d'une chapelle primitive vers le sanctuaire de la Celle. Tout reste à savoir quand aurait pu avoir lieu une telle translation. Au moment de la construction de l'église, ce qui semblerait cohérent avec l'épigraphie et l'anthroponymie, mais qui ne règle pas la question du style inclassable de la sculpture de gauche ou beaucoup plus récemment, le travail ayant pu être confié à un tailleur de pierre des carrières de la Celle, ce qui aurait le mérite d'expliquer le style hors norme et très naïf de la scène figurée?

Comme le lecteur peut s'en rendre compte, les lutteurs de la Celle ne sont pas prêts de cesser de bousculer l'imagination des visiteurs de ce très bel endroit.

 
 

Repost 0
Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine religieux
commenter cet article
27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 09:12



Comme plusieurs lecteurs ont manifesté de l’intérêt pour le thème des animaux musiciens, voici, particulièrement à leur intention, une intéressante variante croquée sous la forme d’un reptile, serpent ou lézard, joueur de rote.

Ce modillon est visible sur le mur nord du prieuré roman de Soye-l’église, dépendant du chapitre augustin du Châtelet-en-Berry, qui avait été le sujet d’un article voici quelque mois. Le mauvais éclairage et les limites de mon apn expliquent la médiocrité des clichés, mais on distingue malgré tout la double rangée de cordes de l’instrument. Habituellement, ce sont des équidés -ânes ou chevaux- qui jouent de la harpe ou de la rote sur les églises des régions du Centre, ce qui souligne la rareté de ce reptile.

 

Le visiteur voudra bien excuser ma neutralité en matière d’interprétation de cette iconographie particulière, laissant la symbolique romane aux spécialistes de la question.

 

Repost 0
Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine religieux
commenter cet article
13 mai 2009 3 13 /05 /mai /2009 19:48



Triste destin moderne que celui d’une des plus belles croix de cimetière de tout le Berry. Sculptée à la fin du XVe siècle sur commande d’un des seigneurs du petit château voisin du Creuzet, la croix de Coust, dans le sud du département du Cher, avait échappé aux excès de la Révolution française grâce à la vigilance des habitants du village qui avaient pris soin de la déposer et de la soustraire à la violence des sans-culotte. 

Ce très beau monument Renaissance, daté par une dédicace de 1472, est orné d’un Christ en croix du coté sud, opposé à une Vierge à l’Enfant sur la face nord. Abondamment décrit par les historiens de l’Art, ce témoignage de l’enrichissement de la petite noblesse régionale à la fin de la Guerre de cent ans paraissait à l’abri de toute nouvelle vicissitude jusqu’à ce qu’il y a deux ans, se décroche le bras oriental de la croix, retrouvé brisé en plusieurs morceaux sur les tombes voisines. Cette mutilation du monument annonçait des désordres encore plus graves, l’autre bras ayant été déséquilibré par l’incident, menaçant de suivre le même chemin que le précédent. Signalé par le maire de la commune, m. Aucouturier, aux autorités compétentes, cet événement ne resta pas sans réponse et les vestiges de la sculpture furent dans un délai très bref pris en charge par une entreprise compétente  en la matière qui sut consolider l’ensemble et restituer à l’ouvrage son aspect primitif.

 

Devant cet événement, l’historien local ne peut cacher la confusion des sentiments qui l’habitent au pied de cette croix à nouveau complète et resplendissante comme aux premiers jours de son érection, tant il avait été habitué à la patine héritée d’innombrables saisons qui avaient déposé sur le calcaire moult mousses et lichens qui donnaient à l’ensemble un caractère d’authenticité incomparable. 

Aujourd’hui, cette croix semble neuve tellement a été vigoureux son nettoyage, sans doute par sablage, qu’elle en ressemble à toutes les fausses statues de résine qui remplacent de ci de là dans la région les authentiques œuvres d’Art anciennes pour les soustraire aux convoitises de collectionneurs mal intentionnés.

Je n’oserais faire de reproche à quiquonque, car la croix de Coust est, du moins je me plais à l’espérer, sauvée pour quelques générations mais je garde un brin de nostalgie pour toutes ces taches de vieillesse, disparues sous le pistolet sableur du restaurateur, qui donnaient à ce monument tout son caractère.



 

Repost 0
Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine religieux
commenter cet article
23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 08:52



Les amateurs d’art médiéval se souviendront sans doute d’une initiative régionale vieille d’un bon quart de siècle: le circuit du Berry roman qui, à l’aide d’une signalétique discrète et d’une carte thématique disponible dans les Office de tourisme guidait les visiteurs dans leur découverte du  patrimoine religieux du Cher et de l’Indre. Cette entreprise a périclité, faute sans doute de retombées économiques palpables et beaucoup de petits monuments sont retombés dans l’anonymat. 

Voici justement un exemple de ces lieux qui ne laisseront pas un souvenir éternel à ceux qui prendront le temps de se détourner de quelques kilomètres pour venir en faire le tour, mais qui néanmoins mérite l’attention de l’amateur d’art roman rural.

 

Située dans le bourg de la petite commune de Chambon, non loin de Châteauneuf-sur-Cher, cette église présente l’intérêt d’avoir conservé, outre une façade aux proportions très équilibrées taillée dans un calcaire clair, une série de modillons et de chapiteaux curieusement orientés sur le thème du bicephalisme ou du reflet. On y remarque aussi un très bel animal musicien de même facture que celui déjà publié il y a quelques mois dans l’article dédié au prieuré de Drevant. 

Montlouis, Ineuil, Saint-Symphorien et Condé, dans le même périmètre géographique,  sont autant de petits monuments religieux qu’il serait dommage d’oublier lors d’une promenade culturelle et qui démontrent la discrète richesse patrimoniale d’un Boischaut qu’on traverse toujours trop vite.

 

Repost 0
Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine religieux
commenter cet article

Présentation

  • : Moyen-âge en Berry
  • Moyen-âge en Berry
  • : Rédigé et illustré par un chercheur en histoire médiévale, ce blog a pour ambition de mieux faire connaître l'histoire et le patrimoine médiéval du Berry, dans le centre de la France.
  • Contact

géographie des visiteurs




A ce jour, cette espace a été visité
180102 fois.

405350 pages ont été lues.

Merci de l'intérêt que vous portez à l'histoire de la région.




Visitor Map
Create your own visitor map!
" class="CtreTexte" height="150" width="300" />

 

Rechercher

Conférences

conférence

 

Dans l'objectif de partager avec le grand public une partie du contenu de mes recherches, je propose des animations autour du Moyen-âge et de l'Antiquité sous forme de conférences d'environ 1h30. Ces interventions s'adressent à des auditeurs curieux de l'histoire de leur région et sont accessibles sans formation universitaire ou savante préalable.
Fidèle aux principes de la laïcité, j'ai été accueilli par des associations, comités des fêtes et d'entreprise, mairies, pour des conférences publiques ou privées sur des sujets tels que:
- médecine, saints guérisseurs et miracles au Moyen-âge,
- l'Ordre cistercien en Berry;
- les ordres religieux en Berry au M.A.;
- la femme en Berry au M.A.;
- politique et féodalité en Berry;
- le fait religieux en Berry de la conquête romaine au paleo-christianisme...
- maisons-closes et la prostitution en Berry avant 1946 (animation réservée à un public majeur).
Renseignements, conditions et tarifs sur demande à l'adresse:
Berrymedieval#yahoo.fr  (# = @  / pour éviter les spams)
Merci de diffuser cette information à vos contacts!

Archives

Histoire locale

Pour compléter votre information sur le petit patrimoine berrichon, je vous recommande "le livre de Meslon",  Blog dédié à un lieu-dit d'une richesse assez exceptionnelle. Toute la diversité d'un terroir presque anonyme.
A retrouver dans la rubrique "liens": archéologie et histoire d'un lieu-dit

L'âne du Berry


Présent sur le sol berrichon depuis un millénaire, l'âne méritait qu'un blog soit consacré à son histoire et à son élevage. Retrouvez le à l'adresse suivante:

Histoire et cartes postales anciennes

paysan-ruthène

 

Cartes postales, photos anciennes ou plus modernes pour illustrer l'Histoire des terroirs:

 

Cartes postales et Histoire

NON aux éoliennes géantes

Le rédacteur de ce blog s'oppose résolument aux projets d'implantation d'éoliennes industrielles dans le paysage berrichon.
Argumentaire à retrouver sur le lien suivant:
le livre de Meslon: non à l'éolien industriel 

contacts avec l'auteur


J'observe depuis quelques mois la fâcheuse tendance qu'ont certains visiteurs à me contacter directement pour me poser des questions très précises, et à disparaître ensuite sans même un mot de remerciement. Désormais, ces demandes ne recevront plus de réponse privée. Ce blog est conçu pour apporter à un maximum de public des informations sur le Berry aux temps médiévaux. je prierai donc les personnes souhaitant disposer de renseignements sur le patrimoine ou l'histoire régionale à passer par la rubrique "commentaires" accessible au bas de chaque article, afin que tous puissent profiter des questions et des réponses.
Les demandes de renseignements sur mes activités annexes (conférences, contacts avec la presse, vente d'ânes Grand Noir du Berry...) seront donc les seules auxquelles je répondrai en privé.
Je profite de cette correction pour signaler qu'à l'exception des reproductions d'anciennes cartes postales, tombées dans le domaine public ou de quelques logos empruntés pour remercier certains médias de leur intérêt pour mes recherches, toutes les photos illustrant pages et articles ont été prises et retravaillées par mes soins et que tout emprunt pour illustrer un site ou un blog devra être au préalable justifié par une demande écrite.