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22 juillet 2008 2 22 /07 /juillet /2008 08:13


Le thème de l'animal musicien est assez fréquent dans la sculpture médiévale. Chevaux, ânes, chèvres, lapins ou lièvres sont figurés avec des instruments généralement à cordes qui sont autant d'indices pour connaître les pratiques musicales du passé. Le plus célèbre des animaux musiciens est l'âne joueur de harpe, présent dans l'iconographie depuis l'Antiquité égyptienne jusqu'au XVIIe siècle sur des faïences de Marseille. Il est parfois remplacé en Berry par un cheval (Drevant, Chambon, Saint-Amand) ou par un reptile (prieuré de Soye).

Ces modillons ou chapiteaux d'églises font clairement la différence entre la harpe, d'origine insulaire et qui se répand par l'Ouest, et la rote, instrument voisin de la harpe muni de deux séries de cordes parallèles  séparées par une caisse de résonance.

Dans d'autres régions de France et d'Angleterre, la harpe peut-être remplacée par une vieille à archet, plus tardivement par une cornemuse (Mortemart, en Limousin) et encore plus tard par une guitare, comme sur la faïence marseillaise.

Les spécialistes ne sont pas d'accord sur l'inspiration des sculpteurs médiévaux, qui ont pu être influencés par la culture populaire mais aussi par des textes littéraires antiques connus des lettrés de leur époque.

La photographie ci-dessus représente l'un des modillons de la façade du prieuré de Drevant (18).

 
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4 juillet 2008 5 04 /07 /juillet /2008 12:05


Il est toujours désolant pour un historien de constater la ruine, peut-être aujourd’hui irrémédiable, d’un petit patrimoine religieux. Il y a plusieurs années nous assistions, impuissant, à la destruction à la pelleteuse du prieuré de Souages, entre Saint-Amand-Montrond et la forêt d’Habert. La nucléarisation de la parcelle en plusieurs propriétés distinctes avait empêché les propriétaires de s’entendre sur les mesures de sécurisation et de restauration du site à mettre en œuvre et la seule solution trouvée avait été la mise à terre du bâtiment médiéval, dont certains éléments architecturaux auraient été récupérés dans des conditions obscures.
C’est aujourd’hui une autre fondation monastique rarissime qui est menacée de disparition. La presse locale s’en était très justement émue après que des défenseurs du site aient exprimé leurs inquiétudes.
Situé sur le domaine public, le monastère de Bléron est situé au nord de Bourges, en forêt d’Allogny. C’est un lieu de promenade très fréquenté. Ses bâtiments datent de la fin du Moyen-âge et offrent un intérêt architectural limité - ce qui ne justifie en rien leur abandon, bien entendu.
Le caractère exceptionnel de l’endroit tient dans l’originalité de la règle qui avait été adoptée par les Frères vivant sur place. Bléron serait, à notre connaissance, la seule Chartreuse de la région, comme l’atteste en 1230 un acte de l'abbaye de Saint-Satur*, preuve au passage, avec un autre acte antérieur de 1193, qu’une activité spirituelle animait déjà le site  plus de 200 ans avant la construction des structures actuelles. Rappelons que l’esprit qui animait les Chartreux était très proche des aspirations de l’hérémitisme.
S’il est facile de déplorer le pillage de l’endroit et sa fréquentation par quelques groupes d’illuminés, il est plus difficile d’agir efficacement pour sa protection. Peut-être que ces lignes aideront un jour à  décider quelque politique local ou mécène avisé à engager des travaux de réhabilitation du monastère de Bléron.

* L’investissement en temps et en argent qui a été nécessaire pour mes recherches universitaires et le retour dérisoire en terme de bénéfice matériel personnel de toute cette aventure m’ont conduit à restreindre l’accès aux références de mes sources, afin d’éviter le pillage d’informations. J’ai ainsi fait le choix de ne rien publier sur ce blog. Toute demande précise doit m’être adressée par courrier, avec engagement écrit à citer mon nom dans d’éventuelles publications.
Seules les institutions publiques qui ont permis par la communication de leurs fonds la poursuite de mes recherches sont dispensées de cette restriction, c’est à savoir:
les Archives départementales du Cher, de la Creuse et de la Nièvre,
la bibliothèque municipale de Saint-Amand-Montrond.
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4 juillet 2008 5 04 /07 /juillet /2008 09:22


La petite commune de Vernais possède un édifice roman, qui, en plus d'avoir un incontestable intérêt architectural, présente la curiosité de conserver les traces d'un calendrier médiéval peint sur le mur intérieur du chevet de l'église. Plusieurs mois sont encore bien visibles. L'ensemble paraît avoir été peint vers le XIVe ou le XVe siècle. Ce type de calendrier est rare pour la région. Les plus connus sont celui de l'église de Paulnay, dans l'Indre et celui du tympan de la collégiale de Saint-Ursin, conservé dans le mur d'un local militaire, près de la place Séraucourt. 

Le prieuré de Vernais dépendait de l'ancienne abbaye bénédictine de Charenton-du-Cher. La qualité de son architecture est conforme à la plupart des édifices romans construits dans l'aire d'influence de la seigneurie de Charenton, dont les revenus ont presque seuls suffit à l'édification de l'abbaye de Noirlac et de nombreux autres prieurés et églises de la région.

Une association a pris en charge la promotion et la restauration de l'ouvrage qui est ouvert entre autres à l'occasion de Journées du Patrimoine.

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2 juillet 2008 3 02 /07 /juillet /2008 16:52


Cet objet a longtemps été visible dans le mur d'une dépendance d'une petite maison du village de Saint-Baudel. Lors de la vente de la maison, la tête, en partie masquée par du ciment, put être descellée et récupérée. 

Il s'agit d'une tête anthropomorphe vraisemblablement romane, en calcaire régional type "la Celle", d'une vingtaine de centimètres de haut, qui paraît avoir appartenu à une frise plus qu'à une statue. Si les traits du visage ont en partie été usés, il demeure l'amorce d'une auréole encore bien visible à droite de la tête.

L'explication la plus probable à la présence de cet objet dans un tel contexte s'oriente vers les lourdes dégradations qu'à subi l'église paroissiale de Saint-Baudel à une époque qui reste à définir. Une visite de cet édifice roman montre qu'il a été passablement dégradé et qu'une partie du statuaire médiéval a été saccagé. Il est probable que cette pièce a été ramassée sur place par des villageois, qui l'ont placée dans la maçonnerie d'une petite dépendance rurale, peut-être en en espérant quelque bienfait pour le cheptel ou le produit des vendanges. 

Cette tête est aujourd'hui conservée dans une collection privée, mais mérite d'être signalée à l'attention des connaisseurs.

 

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25 juin 2008 3 25 /06 /juin /2008 20:33
J'ai choisi d'inaugurer cette recherche consacrée au Berry médiéval par le prieuré de Drevant. Les alentours de ce site roman ont été l'objet d'une campagne de fouilles de sauvetage en 1974 sous la direction de Jacques Gourverst, alors conservateur des musées de Châteaumeillant et de la Châtre. C'est dans ce lieu que j'ai expérimenté pour la première fois l'archéologie de terrain. Le prieuré de Drevant est étroitement lié, comme beaucoup d'édifices religieux de la vallée du Cher, à la présence de la seigneurie de Charenton dont le premier seigneur connu, Ebe, en qualité de seigneur de Saint-Amand, donne au milieu du XIe siècle la terre qui a servi à la construction de l'édifice aux moines du Moûtier-d'Ahun, dans l'actuel département de la Creuse. La pauvreté du tissus abbatial local explique que le chevalier de Charenton ait choisi une abbaye aussi éloignée pour effectuer sa donation. Il est en plus fort probable que la langue parlée dans l'espace frontalier entre le Berry et le la Marche ait favorisé un tropisme méridional. Les bénédictins marchois ont entrepris la construction sur des fondations gallo-romaines d'un prieuré dont la façade est aujourd'hui classée Monument historique. Autour de l'édifice s'est développée une nécropole accueillant sarcophages et sépultures en pleine terre. Le prieuré de Drevant est indissociable du château de Drevant, édifié dans les restes de l'amphithéatre gallo-romain, dont la chapelle était encore visible sous Henri IV. Les fondations du donjon ont été démolies lors des fouilles du site au XIXe sicle et de nos jours, seul le puits dans l'esplanade de l'arène conserve le souvenir de cette forteresse établie par les seigneurs de Charenton. Le prieuré de Drevant est privé. La façade classée M.H. est visible sans restriction et mérite le détour.

 

The romanic priory of Drevant (XIIth century)

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Dans l'objectif de partager avec le grand public une partie du contenu de mes recherches, je propose des animations autour du Moyen-âge et de l'Antiquité sous forme de conférences d'environ 1h30. Ces interventions s'adressent à des auditeurs curieux de l'histoire de leur région et sont accessibles sans formation universitaire ou savante préalable.
Fidèle aux principes de la laïcité, j'ai été accueilli par des associations, comités des fêtes et d'entreprise, mairies, pour des conférences publiques ou privées sur des sujets tels que:
- médecine, saints guérisseurs et miracles au Moyen-âge,
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- la femme en Berry au M.A.;
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J'observe depuis quelques mois la fâcheuse tendance qu'ont certains visiteurs à me contacter directement pour me poser des questions très précises, et à disparaître ensuite sans même un mot de remerciement. Désormais, ces demandes ne recevront plus de réponse privée. Ce blog est conçu pour apporter à un maximum de public des informations sur le Berry aux temps médiévaux. je prierai donc les personnes souhaitant disposer de renseignements sur le patrimoine ou l'histoire régionale à passer par la rubrique "commentaires" accessible au bas de chaque article, afin que tous puissent profiter des questions et des réponses.
Les demandes de renseignements sur mes activités annexes (conférences, contacts avec la presse, vente d'ânes Grand Noir du Berry...) seront donc les seules auxquelles je répondrai en privé.
Je profite de cette correction pour signaler qu'à l'exception des reproductions d'anciennes cartes postales, tombées dans le domaine public ou de quelques logos empruntés pour remercier certains médias de leur intérêt pour mes recherches, toutes les photos illustrant pages et articles ont été prises et retravaillées par mes soins et que tout emprunt pour illustrer un site ou un blog devra être au préalable justifié par une demande écrite.