Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 11:39

vitrail Bourges

 

Les lecteurs habitués à ces pages savent que chaque année, j'essaie de dresser un bilan de mon activité de médiéviste indépendant, en restant le plus objectif possible. 2014 aura été une année marquée par quelques beaux succès, mais aussi teintée de difficultés nouvelles.
Mes premières pensées de ce dernier jour de l'année 2014 vont à toutes les lectrices et tous les lecteurs qui, régulièrement ou épisodiquement, ont consulté les articles de ce blog et les même ont fait partager à leurs contacts. Abonnés à la newslettrer, à la page facebook "Berry médiéval", liens twitter ou linkedin, votre soutien et vos commentaires sont le seul salaire de ma "peine". Merci pour votre fidélité.
Il ne vous aura sans doute pas échappé que j'avais sensiblement ralenti le rythme de mes publications sur internet, tous blogs confondus.
Les derniers jours de l'année 2013 ont mis un terme définitif à mon activité bénévole d'identification du contenu des réserves du musée de Saint-Amand, avec le départ de la conservatrice de ce service pour le musée d'Issoudun. Cette approche privilégiée d'objets souvent inédits avait fourni la matière à quelques articles sur Berry médiéval. Le temps souvent médiocre, et peu propice à la photographie, ne m'a pas permis d'aller visiter des sites qui m'intéressaient. Surtout, c'est la reprise de ma thèse, avec un projet d'ultime inscription à l'Université François Rabelais de Tours en 2015-2016, qui absorbe le plus clair de mon temps libre. Il est donc normal que mes activités périphériques se ralentissent, l'espace que quelques trimestres.
Le bilan de cette année 2014 demeure heureusement positif, malgré ce handicap infligé par la plate-forme Overblog, qui truffe nos blogs de publicités imposées ridicules. Dès l'apparition des placards publicitaires inondant chaque billet, la fréquentation de Berry médiéval, et des autres espaces que je gère, s'est ralentie.
La seule solution est de payer une taxe à l'hébergeur pour éviter cette invasion, donc de faire le jeu de l'adversaire. A titre personnel, je préfère vous inviter à la seule résistance que ces gens comprennent, à savoir le boycott des annonceurs qui parasitent mon travail.
En dehors de ces pages, mon projet Berry médiéval s'est traduit par des rencontres très riches: conférences dépassant régulièrement la centaine d'auditeurs, rencontre avec les archéologues et historiens de Mozac, en Auvergne, lors de leur colloque annuel, participation au DVD "O'Centre de l'histoire : Les Croisades, l'héritage en Berry", tourné en partie à Noirlac, collaboration avec l'association de reconstitution médiévale "les compagnons du sarment d'hypocras" pour une animation croisée sur le site de la tour de Vesvre.
2015 s'annonce sous les mêmes auspices. Plusieurs conférences sont déjà annoncées, sur une séquence chronologique très large, allant de l'Antiquité à la période contemporaine.
Je souhaite que toutes et tous viviez cette année 2015 loin de la médiocrité intellectuelle qui gangrène le quotidien, que la Culture reste grâce à vous une citadelle imprenable, bien au dessus des contingences politiciennes et mercantiles.
Bonne année à toutes et tous!

Repost 0
Published by Olivier Trotignon - dans actualité
commenter cet article
15 juin 2014 7 15 /06 /juin /2014 22:16

6 ans

 

Comme chaque mois de juin, période anniversaire du premier article mis en ligne sur ce blog, voici un bref bilan annuel de mon projet Berry médiéval, associant la gestion du présent espace numérique à mes activités de recherches, d'écriture et de conférences.
Du coté d'internet, la situation est stable. Le compteur de visites mis à disposition des administrateurs par la plate-forme Overblog signale qu'environ 33000 personnes ont consulté des articles en un an, soit en tout, en 6 ans, plus de 158000 visites pour 363000 billets lus. Ces chiffres n'indiquent qu'une chose: l'intérêt pour l'histoire et le patrimoine du Moyen-âge n'a rien à voir avec un quelconque effet de mode.
A noter: j'ai ouvert une page Facebook -chercher "Berry médiéval". Des liens vers tous les articles que je compose, ainsi que certains édités sur des sites amis, forment la trame de ce portail.
Au quotidien, mes activités de médiéviste se déclinent sous plusieurs formes. Mes conférences continuent à trouver un public si large que j'ai décidé d'augmenter leur portée en proposant des illustrations complémentaires par vidéo-projection. De nouvelles dates, en Sancerrois et à Bourges, seront annoncées dans les semaines à venir.
Un documentaire réalisé par une société de production de l'Indre, sur les Croisades en Berry, sera disponible dans quelques mois. J'aurai à vous reparler de ce film, dans lequel je dois apparaître quelques minutes.
Il faut aussi pointer quelques échecs. Un temps pressenti pour animer (bénévolement) une émission d'histoire régionale sur une radio locale, il ne m'a pas été possible d'accepter les conditions qu'on m'imposait, trop éloignées de ma vison personnelle de la Culture.
La disparition du trimestriel Berry magazine m'a aussi privé d'une tribune à laquelle je m'étais attaché.
Dans les mois à venir, sauf imprévu, le projet Berry médiéval ne devrait pas changer de forme: blog sans publicité, conférences programmées et collaborations ponctuelles avec d'autres acteurs de la vie culturelle régionale resteront mon étoile polaire de médiéviste indépendant.
Bon été à toutes et tous!

Repost 0
Published by Olivier Trotignon - dans actualité
commenter cet article
26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 09:27

vitail-sainte-chapelle

 

Chaque retour de l’été me fait songer à dresser un petit bilan de l’activité de mon projet Berry médiéval au cours des douze mois écoulés. Ce blog entame sa sixième année d’existence et, sauf catastrophe, comme une faillite de la plate-forme qui l’héberge, n’est pas prêt à placer le mot “fin” au bas de son dernier article.
Un bilan se fait, en général, à partir de chiffres. De ce coté, aucun orgueil à tirer de la situation: Berry médiéval a mis en ligne depuis cinq ans un peu plus de 300 articles (j’en efface régulièrement lorsque leur pertinence s’amoindrit) lus par 80 abonnés. Le compteur de visites frôle les 125000 passages. Cet espace reste un petit blog ouvert pour un public de connaisseurs, franc de ces publicités envahissantes qui polluent l’espace de lecture et il n’y a aucune raison pour que les choses aillent autrement.
Le bilan “scientifique” est plus complexe à dresser, avec des réussites et des échecs flagrants. Commençons par ce qui n’a pas fonctionné.
La plate-forme Overblog propose aux administrateurs de blogs une fenêtre leur permettant de connaître les canaux qui ont conduit leurs lecteurs vers les contenus qu’ils mettent en ligne. Depuis plus d’un an, les recherches motivées par l’intention de pillage des sites archéologiques avec l’aide de détecteurs de métaux se sont multipliées. Cette tendance s’observe ailleurs, y compris hors d’Europe, et ne doit pas nous étonner, en période de crise économique et d’explosion des ventes de petits objets de collection sur des sites spécialisés comme sur certaines brocantes.
Croyant à un minimum d’intérêt de certains de ces clandestins pour l’Histoire -argument ressassé depuis plus de 20 ans par les prospecteurs métalliques pour déguiser leurs actes de prédation archéologique,- j’ai offert à ceux-ci la possibilité de publier certaines de leurs découvertes dans ces pages, en garantissant leur anonymat. Le résultat est sans appel: en six mois, nul d’entre eux n’a cherché à saisir la main tendue: fin de l’expérience de ce coté là.
En revanche, et c’est un motif de satisfaction, ont continué à passer par ces pages des chercheurs et amateurs qui ne travaillent pas dans l’ombre, avec des projets personnels ou professionnels orientés vers l’histoire et le patrimoine. J’ai pu en rencontrer certains “en vrai” - même si c’est internet qui nous rassemble, nous existons dans la vraie vie...
J’ai aussi retrouvé avec intérêt et amusement quelques traces de mes travaux sur des sites très divers, sous forme de liens, d’emprunts plus ou moins longs, voire (et malheur à celui qui se fait prendre) de vols d’articles complets, avec leurs photos, avec signature du pillard au bas de la copie.
Le projet Berry médiéval existe aussi sous forme de publications et de conférences. Sur ce front là, rien de nouveau à l’horizon. Les gens qui ne m’aiment pas -en fait, j’en arrive à me demander s’ils comprennent vraiment ce que je fais- continuent, avec une persévérance butée, à maudire mes travaux. Je laisse ce petit troupeau bêlant suivre, béat, son sentier de certitudes. Le panurgisme n’est pas ma profession de foi.
Beaucoup d’autres, et je les en remercie publiquement, ont choisi l’ouverture et le partage. De nouvelles conférences sont prévues jusqu’au printemps 2014.
Bon été à toutes et tous, et rendez-vous pour de nouveaux billets dans les semaines et les mois à venir!

Repost 0
Published by Olivier Trotignon - dans actualité
commenter cet article
16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 09:27

lance

 

Une succession de rencontres et de témoignages ont attiré ces dernières semaines mon attention vers la pratique de la détection métallique, au point qu'il me parait utile de clarifier mon point de vue sur cette pratique, au risque de me faire des inimitiés dans les deux camps, celui des prospecteurs clandestins et celui des archéologues de métier.
Disons le clairement: le petit monde de la prospection régionale n'apprécie pas mes prises de position. Un de mes correspondants m'a signalé des commentaires me concernant directement sur un forum. Rien d'insultant ni de diffamatoire, mais rien de bienveillant non plus dans les propos que j'ai lus de gens qui se dissimulent derrière des pseudonymes pour parler de quelqu'un qui écrit sous sa véritable identité.
Qu'ils sachent que mon manque d'appétit pour leur passion s'appuie sur des souvenirs personnels précis et désagréables. Dans les années 80, j'ai échappé  de justesse à une correction en règle par quatre de leurs semblables, allure commando, qui pillaient un site proche de Bruère-Allichamps en pleine journée. Quatre contre un, ces gros bras ne risquaient pas grand chose; j'ai pu me dégager grâce à une intervention extérieure, heureusement.
Il y a quelques années, j'ai vu arriver chez moi un prospecteur qui ignorait qui j'étais, et qui m'a fait un numéro digne d'une école de clown pour obtenir le droit de venir détecter sur mon terrain. Je déteste être pris pour un imbécile, même par un imbécile, et la prospection métallique, c'est aussi des gens comme ça. C'est d'ailleurs à leur intention que je dissimule toutes les localisations de sites sensibles sur lesquels je travaille, leur présence sur mes blogs n'ayant pour but que de trouver de nouveaux lieux à piller. L'historique des recherches fourni quotidiennement par la plate-forme Overblog ne laisse aucun doute à ce sujet.
Et puis il y a tous les autres -j'espère qu'ils représentent la majorité- qui pratiquent un loisir illégal en toute connaissance de cause mais qui souffrent d'être réduits à la clandestinité par une législation trop rigoureuse à leur yeux. Leur frustration est de ne rien pouvoir apporter de constructif à l'histoire de leur terroir, et pour cause: j'ai raconté dans un billet précédent ce qui pouvait arriver si la Gendarmerie entrait en action. Fouille au corps, saisie des détecteurs, perquisition au domicile, saisie de tous les objets anciens, convocation à s'expliquer devant un juge et, je l'ai appris il y a peu, saisie du véhicule. On comprend que certains préfèrent s'abstenir de signer sous leur propre nom.
Qu'ils soient certains que dans le camp adverse, celui de l'archéologie officielle, il y a aussi des gens pas spécialement recommandables. J'ai d'excellents rapports avec des archéologues professionnels et amateurs qui sont des gens droits et rigoureux, avec lesquels l'information circule dans les deux sens. La mise en commun de nos savoir-faire respectifs contribue à enrichir la connaissance que le public a de l'histoire régionale, et j'espère bien poursuivre ma coopération avec certaines équipes le plus longtemps possible. Mais il y a aussi des archéologues intellectuellement malhonnêtes, des gens qui vous font plein de promesses pour vous soutirer des informations (j'ai cru des années avoir été inscrit sur la liste des candidats à une visite de la vraie grotte de Lascaux), à qui on confie des objets anciens et qui vous oublient ensuite, qui publient à leur nom des sites qu'ils n'ont pas découverts...évitons donc tout manichéisme. Il n'y a pas d'un coté les méchants et de l'autre les gentils. Ça, ce sont des contes pour enfants.
Pour les adultes, je propose une expérience. Je suis prêt à mettre en ligne sur ce blog des photos et cotes d'objets médiévaux trouvés en détection, sous réserve qu'ils aient un caractère exceptionnel: deniers rares, objets de culte, matrices de sceaux... que des prospecteurs aimeraient voir publiés sur un espace ouvert, sans mot de passe comme sur les forums de détection ou de numismatique, et accessible à un vaste public amateur d'art et d'histoire de la période médiévale.
Je suis disposé à reproduire de très bonnes photos ou scans, qu'on peut m'envoyer de manière anonyme (un prénom me suffira) à mon adresse dédiée:
berrymedieval#yahoo.fr (le # remplace le @, pour éviter les robots générateurs de spams).
Une présentation résumée des conditions de découverte m'aidera à écrire le billet, de même qu'une localisation minimum.
J'espère que ces lignes apporteront la preuve à beaucoup de prospecteurs de l'ombre que je ne les considère pas comme des parias, comme certains paramilitaires abrutis qu'on croise parfois en forêt ou sur les plages, et que je serais ravi de pouvoir leur réserver un espace pour partager leurs plus belles trouvailles, dans l'intérêt de tous.

Repost 0
Published by Olivier Trotignon - dans actualité
commenter cet article
29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 12:05

 

serrure-Neuvy

 

 

Comme chaque année à la même époque, il me semble indispensable de présenter le bilan de mes activités à tous mes partenaires que sont les lecteurs de ce blog, simples passagers en transit vers d’autres espaces d’information ou habitués aux pratiques solidement ancrées par leur fidélité à ces pages et souvent par leur propre participation à cette mission de partage des savoirs qui est le seul pôle qui oriente notre travail quotidien. Si on me permet cette métaphore, le travail de recherche dans les conditions que je rencontre tient plus de la progression à la machette dans la forêt équatoriale que de la promenade dans un jardin public. Être historien dans le sud du Berry, c’est se confronter à des situations ubuesques. Au cours de l’année écoulée, un quotidien local, pourtant peu avare en demandes d’informations historiques et patrimoniales aux moments où ça l’arrangeait, m’a claqué la porte au nez, sans explication, Deux conférences ont été censurées par une municipalité à laquelle je ne ferai pas l’honneur d’une publicité en la nommant. Des portails internet payés par le contribuable persistent à valider des informations historiques vieilles de 150 ans. Ce protectionnisme culturel qui s’acharne à trouver une valeur à des connaissances fades et périmées, servies par des érudits d’envergure cantonale est aux antipodes de ce que je cherche à promouvoir par mes recherches et mes communications. La réalité du terrain, c’est aussi pour moi le soutien puissant que je reçois de la part de mes lecteurs, mes auditeurs et mes partenaires scientifiques, toujours plus nombreux à manifester leur solidarité envers une démarche aux ambitions similaires à la leur. Le projet “Berry médiéval” ressemble à beaucoup d’autres: informer sans chercher à racoler le lecteur avec des sujets populistes, produire des informations de qualité en toute indépendance, développer la Culture et les sciences humaines au delà des territoires éclairés par le dynamisme du monde universitaire. Je m’étais fin 2011 fixé l’objectif d’atteindre les 100,000 visites avant la Saint Sylvestre de cette année. Le seuil a été franchi le 11 novembre et plus de 5000 lecteurs ont depuis passé du temps sur les pages de ce blog. 80 à 120 personnes passent tous les jours par cet espace, auxquelles s’ajoutent de 50 à 80 connections quotidiennes sur les blogs secondaires. Les deux sujets les plus lus depuis leur parution traitent du château de Bois-Sir-Amé et de la cloche de Sidiailles. Il n’y a donc aucune raison de changer quoi que ce soit à une formule qui fonctionne, sinon en cherchant toujours à l’améliorer. J’envisage en 2013 de consacrer plus de place à la bibliographie régionale et de recenser, histoire de s’amuser un peu, les sites internet qui me volent des articles - ceci donnera peut-être le courage à leurs administrateurs de répondre à mes courriers. De nouvelles conférences sont prévues. J’en ferai, comme de coutume, la réclame. Le trimestriel Berry magazine m’a renouvelé sa confiance. De nouvelles livraisons s’attarderont donc cette année encore sur le passé de la région. Puissent chacune et chacun d‘entre vous trouver dans 2013 tout le temps pour réaliser leurs projets, porter leur regard sur des lieux et des formes du passé toujours plus nombreux et vivre pleinement ce privilège que procure leur sensibilité à l’Art et à la Culture.

 

 


Repost 0
Published by Olivier Trotignon - dans actualité
commenter cet article
13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 10:51

 

groupe-cathédrale

 

Afin de permettre à un plus grand nombre d’être avertis des nouvelles publications sur ce blog, ainsi que quelques autres ayant rapport avec le Moyen-âge sur mes blogs secondaires, j’ai ouvert une page facebook sur laquelle je copierai les liens de chaque article.
Vous êtes déjà une soixantaine à vous être abonnés à la newsletter de Berry médiéval. Avec cette page facebook, je m’adresse en particulier aux lecteurs qui consultent épisodiquement leurs boites aux lettres et préfèrent ce réseau social pour s’informer rapidement.
A terme, cette page me permettra de faire la promotion de publications sur des blogs amis, pour une meilleure perception de la grande variété du fait médiéval dans les pays du Centre.
Pour vous inscrire, il suffit de chercher Berry médiéval sur facebook (https://www.facebook.com/#!/BerryMedieval) et de cocher la mention “j’aime”.
Je suis bien entendu à l’écoute de toutes les bonnes suggestions pour améliorer ce nouvel espace de contact, qui sera régulièrement purgé des contributions indésirables.

Repost 0
Published by Olivier Trotignon - dans actualité
commenter cet article
29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 19:47

 

petit-vicieux

 

Saint-Amand-Montrond, dans le centre de la France, est une ville où l’on a des goûts choisis. On y aime le Tour de France, le pâté aux pommes de terre, les bustes de gens illustres, le feu d’artifice du 14 juillet, la musique militaire, les fleurs en jardinière, le golf, les présidents de la République (enfin, surtout les deux d’avant), les caméras de vidéo surveillance (et leurs antennes), les canards sur le canal et les tableaux religieux.
Saint-Amand-Montrond est surtout un endroit où on aime les effets comiques. Dans une période aussi morose, ça fait du bien de rire, et nos, enfin, les élus, nous offrent pour les fêtes une copieuse tranche de bonne humeur.
Ce billet est bien le moins que je puisse faire pour les en remercier.

Alors que ce blog vient d’être retenu comme ressource documentaire à l’usage des étudiants en histoire de l’université Paris I - Sorbonne, la mairie de Saint-Amand vient, pour la deuxième fois cette année, de m’interdire de prendre la parole dans l’enceinte du musée municipal, dit musée Saint-Vic.
Pour saisir tout le sel de la situation, imaginez vous une sorte de pièce de boulevard, avec des gentils, des méchants, des cocus, enfin, tout l’attirail indispensable pour que le public passe une bonne soirée.
Les personnages:

a) les gentils. Des radoteurs, jeunes ou vieux, qui osent l’imposture juste parce qu’ils ont lu quelques livres d’histoire locale qu’ils s’appliquent à réciter sans omettre une virgule de peur de devoir un jour mettre un orteil hors du cercle étroit de leur frileuse médiocrité. J’imagine qu’il en existe de la sorte dans toutes les petites villes où la culture passerait presque pour un gros mot. Ils ont l’échine souple et se plient facilement. Leur aptitude à étaler le cirage est universellement reconnue

b) les méchants. J’en fait partie, et ça ne se soigne pas: les historiens. Enfin, les vrais historiens, ceux qui ont été jugés tels par leurs pairs à l’issue de leurs années d’études, qui prennent le risque de publier le résultat de leurs recherches et d’aller face au public soutenir leurs conclusions. Leur raideur et leur incapacité à faire fonctionner correctement les brosses à reluire les font repérer tout de suite par les pions et les aspirants de carrière.

c) les cocus. Il s’agit de la partie obscure du scénario. Ils se découvrent au fil de l’histoire.

Le scénario, justement. En trois actes:

ACTE I
Scène 1
septembre 2010. Je propose de soutenir une association d’artistes locaux en leur offrant une conférence. Ce sont les journées du Patrimoine, le théâtre (tient, ça tombe bien) de la Carrosserie Mesnier offre de nous accueillir et invite même le soir Guillaume Ledoux, chanteur de Blankass (qui me prête ses chansons pour sonoriser ce blog).
Scène 2
L’équipe municipale programme in-extremis une animation savante juste à l’heure de ma conférence, à 50 m de là. On appelle ça un coup de théâtre. Les méchants sont prévenus, ça ne se passera pas comme ça!

ACTE II
Scène 1
mai 2012. Je propose une conférence vespérale pour la Nuit des musées, autour d’une plaque votive gallo-romaine.
Scène 2
L’équipe municipale juge sans intérêt mon offre. Les méchants perdent encore une bataille sans l’avoir livrée. Les gentils ricanent. Les cocus s’interrogent.

ACTE III
Scène 1
été 2012. Je propose de venir présenter en janvier 2013, dans le cadre de la série de conférences “une heure, une œuvre”, une étude sur un sujet emblématique: le manoir du Vernet. Mû par de folles pensées, j’intitule imprudemment mon projet: “un château dans les nuages, la disparition du manoir du Vernet”. Mais voyons donc! Alors qu’il y a tant de choses à raconter sur le pâté aux pommes de terre, les fleurs en pots et les canards du canal...
Scène 2
fin novembre. Je viens d’apprendre que mon projet avait été rejeté, et remplacé par quelque chose de beaucoup plus sérieux: les tableaux religieux. Je respire malgré tout: j’échappe aux représailles et j’évite la corvée de récurage des commodités du musée.
Scène 3
Deux autres méchants sont montrés du doigt par les gentils: un collègue historien moderniste et ancien archéologue et une historienne de l’Art, spécialiste du patrimoine religieux, sont envoyés me rejoindre au piquet où je pleure le temps perdu à préparer une communication qui ne se tiendra peut-être jamais.
Les gentils ont encore gagné. Les cocus commencent à comprendre.

Le rideau retombe et les braves gens s’endorment en paix, à l’abri derrière les cyclopes globuleux de vidéo surveillance urbaine.

Que faire?
Continuer, sans hésitation.
Qu’il y-a-t’il d’inacceptable dans des sujets tels la féodalité régionale, le fait religieux dans l’antiquité ou la dispersion des éléments architecturaux d’un manoir du XVe siècle, à part l’auteur même de ces sujets?
De telles tartufferies sont les plus belles invitations qu’on puisse me faire à poursuivre mon investissement pour la promotion d’une culture de qualité et populaire, en médiéviste indépendant. J’appelle de mes vœux le jour prochain où j’aurai enfin la chance de pouvoir travailler localement avec une équipe d’élus compétents et de bonne volonté sur des projets à la hauteur de la richesse culturelle et patrimoniale qu’offre cette région.

Repost 0
Published by Olivier Trotignon - dans actualité
commenter cet article
16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 21:35

Noirlac-luminaires-1

Le cellier

 

L'une des finalités de ce blog est d'aider le plus grand nombre à découvrir et s'approprier la culture médiévale, en cherchant à trahir le moins possible l'esprit et la culture des gens qui nous ont précédé. Au contact du souvenir d'un passé qui, comme le chantait Alan Stivell, dans nos terroirs, "sourd au moindre coup de pioche", j'essaie dans la mesure du possible de m'effacer pour laisser aux vestiges et aux anciens textes le soin de vous parler eux-mêmes de la civilisation qui les a générés.
C'est pourquoi j'ai intérieurement hurlé en parcourant les salles de l'ancienne abbaye cistercienne de Noirlac.
Alerté par un article signé par la journaliste Anne-Lise Dupays, dans l'Echo du Berry de la semaine dernière, j'ai voulu me rendre compte par moi-même d'une nouvelle extravagance frappant l'antique monastère et ainsi sondé l'abyssale profondeur de la prétention de notre société moderne à l'égard de la culture médiévale.
Comment vous dire? Pour moi, une abbaye comme Noirlac se suffit à elle-même. La qualité des restaurations qui l'ont sauvée de la ruine nous la présente comme un espace en devenir, prêt à être occupé par les moines et leurs convers, il y a presque huit siècles. Pas comme un lieu de création prétendument inspirée pour artistes en mal de sensations. Pas comme un lieu de rendez-vous pour oisifs nourris d'idées révolutionnaires en matière de création et d'introspection égocentrique.
Noirlac est un lieu où celle et celui qui cherchent le passé doivent pouvoir s'émerveiller sans obstacle et sans fraude devant une branche de la spiritualité médiévale.
Alors, que vient faire dans ces lieux cette cacophonie de luminaires aussi gracieux que des obus de 75, ces lampions rétro-éclairés anti-panique qui polluent de leur timbre vert le cloître et ces œuvres prévues pour réveiller les sens des visiteurs, rendant du coup invisibles les lieux et inaccessibles les schémas de la pensée cistercienne?
Noirlac va mal. On cherche à en faire un lieu rentable, accessible comme une vulgaire bouche de métro, sans déférence aucune pour le siècle qui a dessiné ses plans et taillé ses pierres.
Personnellement, de ma position d'historien de la période médiévale, je réprouve cette attitude. Laissons les murs parler aux visiteurs sans artifice.
Pour vous forger votre propre opinion, voici un florilège subjectif assumé de l'esprit qui hantait le vieux monastère de moines blancs pendant les journées du Patrimoine 2012.

 

Noirlac-luminaires-2

Le réfectoire

 

Noirlac-luminaires-3

L'abbatiale

 

Noirlac-luminaires-4Le cloître

 

 


Repost 0
Published by Olivier Trotignon - dans actualité
commenter cet article
10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 18:33

bouffons

 

Il ne viendrait à l’esprit de personne de présenter un film de science-fiction, genre Guerre des étoiles, comme une juste image de ce qu’a été la conquête spatiale à l’époque où Américains et Soviétiques se disputaient le ciel en pleine Guerre Froide.
C’est cette comparaison qui me vient à l’esprit les rares fois où je visite des fêtes ou marchés dits “médiévaux” qui sont, on est navré de le constater, plus proches du carnaval que de la reconstitution historique.
Il m’est arrivé de voir sur ces fêtes des puristes, des gens, jeunes ou moins jeunes, cherchant la perfection dans le détail d’un équipement sur un costume ou sur un harnachement, et ayant la discrétion de ne pas déclamer de manière péremptoire qu’ “au Moyen-âge, c’était comme ceci ou comme cela...”. Comme je l’écrivais dans un précédent billet, je ne partage pas leur passion, mais je reconnais leur travail, travail qui n’est pas plus respecté que celui des chercheurs dans nombre de sites où la période médiévale sert de prétexte à faire rentrer de l’argent dans les caisses de comités des fêtes ou de propriétaires de châteaux ou d’abbayes.
Certes, les temps sont rudes, les subventions se font rares et tout le monde a bien le droit de s’amuser.
Mais alors, à part le site qui accueille la manifestation et quelques efforts pour donner une ombre d’authenticité à l’ensemble, je n’arrive pas à accorder le moindre qualificatif de médiéval à des commerçants qui vendent t-shirts imprimés, grigris indiens, poteries régionales, bijoux maison, à de la musique venue des Balkans, à des costumes agrémentés de plumes de chouette, d’oreilles d’elfe en caoutchouc ou des fausses blessures sanguinolentes à souhait, et je passe sur les vêtements taillés dans du tissu industriel, portés avec des chaussures de sport et une pochette en sautoir pour le téléphone portable et le paquet de cigarettes.
Beaucoup de propriétaires de parcs floraux reconstitués autour de vieilles demeures ont la prudence de parler de jardins d’inspiration médiévale, et cette réserve les honore. Soyons donc comme eux vigilants sur le vocabulaire qu’on emploie. Qualifier une fête locale de carnaval ou de rencontre autour du Moyen-âge permettrait peut-être au grand public de faire la part des choses, et éviterait que les visiteurs pour lesquels la période antérieure à 1450 n’est qu’un vague souvenir de la classe de 5e repartent avec une vision complètement factice d’une époque dont ces festivités éclipsent l’incroyable richesse.

Repost 0
Published by Olivier Trotignon - dans actualité
commenter cet article
17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 10:10

voleur

 

Il a quelques semaines, je rapportai  le cas d’un couple de pilleurs de sites archéologiques pris une main dans le sac et l’autre sur la poignée d’un détecteur de métaux par les gendarmes de Saint-Amand près d’un prieuré très connu par ici.
Permettez moi de vous présenter des malfaisants d’une autre espèce, qui hantent non pas les champs labourés mais les blogs en quête de pages entières à dérober à l’insu de leurs auteurs.
Le profil général est plutôt masculin et adulte, qui dissimule son identité derrière des pseudonymes navrants type grand seigneur du temps jadis. Le pilleur nouvelle vague gère des sites internet ou forums consacrés à la reconstitution médiévale. Bercé, je suppose, dans un fantasme de guerrier invincible et surtout bien au dessus des misérables contingences humaines, ce noble chevalier (au minimum, mais certains se proclament comtes, ducs ou rois) se conduit comme un vulgaire voleur à la roulotte, en copiant des articles complets pour les reproduire, illustrations comprises, sans aucune autorisation, sur leur propres espaces internet. J’ai été délesté de plusieurs pages depuis quelques mois et ai découvert qu’un de mes contacts les plus sûrs, dont le blog apparaît dans les liens à droite de votre écran, avait lui aussi fait les frais de ces raids de pillards informatiques.
Que les choses soient claires. J’ai de bons contacts avec des membres de groupes de reconstitution historique. Je ne partage pas leur passion, mais je les reconnais comme des amateurs sérieux avec lesquels on peut échanger dans des conditions normales. Quand ceux-ci se servent d’un article, ils y ajoutent le lien indispensable qui relie le billet à sa source. A chaque fois qu’un administrateur de site internet - mairie, office de tourisme, blog spécialisé... - m’a demandé à se servir de mes écrits, j’ai toujours accepté, sous réserve que sa démarche serve bien l’intérêt public et pas celui de groupuscules extrémistes.
Là, il s’agit de tout à fait autre chose. Parler de propriété intellectuelle à quelqu’un qui n’a ni la capacité ni le courage de faire des recherches et d’écrire peut sembler ambitieux, mais ce n’est pas un statut virtuel de pillard normand ou de templier qui impressionnera la Justice si d’aventure je portais plainte pour vol.
J’invite donc tous les gestionnaires de sites et forum qui se serraient servis dans mes blogs (Berry médiéval, le Livre de Meslon ou âne G N B) à se mettre en règle soit en mettant un lien bien visible à chaque notice “empruntée”, soit en l’effaçant, soit en en achetant les droits, comme pour la Presse.
Je recommande également à vous tous, auteurs de contenus sur Internet, à chercher votre nom ou le titre de vos pages sur un bon moteur de recherche. Des surprises vous y attendent!

Repost 0
Published by Olivier Trotignon - dans actualité
commenter cet article

Présentation

  • : Moyen-âge en Berry
  • Moyen-âge en Berry
  • : Rédigé et illustré par un chercheur en histoire médiévale, ce blog a pour ambition de mieux faire connaître l'histoire et le patrimoine médiéval du Berry, dans le centre de la France.
  • Contact

géographie des visiteurs




A ce jour, cette espace a été visité
180102 fois.

405350 pages ont été lues.

Merci de l'intérêt que vous portez à l'histoire de la région.




Visitor Map
Create your own visitor map!
" class="CtreTexte" height="150" width="300" />

 

Rechercher

Conférences

conférence

 

Dans l'objectif de partager avec le grand public une partie du contenu de mes recherches, je propose des animations autour du Moyen-âge et de l'Antiquité sous forme de conférences d'environ 1h30. Ces interventions s'adressent à des auditeurs curieux de l'histoire de leur région et sont accessibles sans formation universitaire ou savante préalable.
Fidèle aux principes de la laïcité, j'ai été accueilli par des associations, comités des fêtes et d'entreprise, mairies, pour des conférences publiques ou privées sur des sujets tels que:
- médecine, saints guérisseurs et miracles au Moyen-âge,
- l'Ordre cistercien en Berry;
- les ordres religieux en Berry au M.A.;
- la femme en Berry au M.A.;
- politique et féodalité en Berry;
- le fait religieux en Berry de la conquête romaine au paleo-christianisme...
- maisons-closes et la prostitution en Berry avant 1946 (animation réservée à un public majeur).
Renseignements, conditions et tarifs sur demande à l'adresse:
Berrymedieval#yahoo.fr  (# = @  / pour éviter les spams)
Merci de diffuser cette information à vos contacts!

Histoire locale

Pour compléter votre information sur le petit patrimoine berrichon, je vous recommande "le livre de Meslon",  Blog dédié à un lieu-dit d'une richesse assez exceptionnelle. Toute la diversité d'un terroir presque anonyme.
A retrouver dans la rubrique "liens": archéologie et histoire d'un lieu-dit

L'âne du Berry


Présent sur le sol berrichon depuis un millénaire, l'âne méritait qu'un blog soit consacré à son histoire et à son élevage. Retrouvez le à l'adresse suivante:

Histoire et cartes postales anciennes

paysan-ruthène

 

Cartes postales, photos anciennes ou plus modernes pour illustrer l'Histoire des terroirs:

 

Cartes postales et Histoire

NON aux éoliennes géantes

Le rédacteur de ce blog s'oppose résolument aux projets d'implantation d'éoliennes industrielles dans le paysage berrichon.
Argumentaire à retrouver sur le lien suivant:
le livre de Meslon: non à l'éolien industriel 

contacts avec l'auteur


J'observe depuis quelques mois la fâcheuse tendance qu'ont certains visiteurs à me contacter directement pour me poser des questions très précises, et à disparaître ensuite sans même un mot de remerciement. Désormais, ces demandes ne recevront plus de réponse privée. Ce blog est conçu pour apporter à un maximum de public des informations sur le Berry aux temps médiévaux. je prierai donc les personnes souhaitant disposer de renseignements sur le patrimoine ou l'histoire régionale à passer par la rubrique "commentaires" accessible au bas de chaque article, afin que tous puissent profiter des questions et des réponses.
Les demandes de renseignements sur mes activités annexes (conférences, contacts avec la presse, vente d'ânes Grand Noir du Berry...) seront donc les seules auxquelles je répondrai en privé.
Je profite de cette correction pour signaler qu'à l'exception des reproductions d'anciennes cartes postales, tombées dans le domaine public ou de quelques logos empruntés pour remercier certains médias de leur intérêt pour mes recherches, toutes les photos illustrant pages et articles ont été prises et retravaillées par mes soins et que tout emprunt pour illustrer un site ou un blog devra être au préalable justifié par une demande écrite.