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19 février 2015 4 19 /02 /février /2015 09:32

Vierzon1

 

Voici un document rare, quasi inconnu du public, dont l’iconographie soignée mérite toute l’attention des historien de l’Art: le cartulaire de l’ancienne abbaye bénédictine Saint-Pierre de Vierzon, conservé à la Bibliothèque nationale.
Le principe du cartulaire repose sur la volonté de recopier les archives d’un monastère, d’une seigneurie, d’un évêché ou d’une communauté urbaine dans un cahier unique, plus facile à consulter que des parchemins épars et parfois rédigés avec des écritures presque oubliées.
On comprend sans peine, en feuilletant le document, comment les copistes (il y a plusieurs écritures) ont organisé leur travail. Les textes ont d’abord été recopiés sur un cahier de parchemin. Les scribes ont laissé vierges des fenêtres destinées à accueillir les lettrines initiales de chaque acte et des représentations des auteurs illustres des chartes ainsi collationnées. Une mise en couleurs des icônes devait achever la composition du cartulaire.

 

Vierzon4

 

On constate vite que le travail n’a pas été fini, pour une multitude de raisons possibles que je laisse à l’imagination du lecteur. La majorité des lettrines manquent et des fenêtres prévues pour des dessins n’ont jamais été occupées. On ne trouve des couleurs que sur la première page. On note à ce propos une mauvaise maîtrise du pigment vert qui a rongé le parchemin.

 

Vierzon8

 

Plusieurs thèmes sont illustrés, à commencer par la famille divine et saint Pierre, patron du monastère.


Vierzon3

La fondation du couvent est évoquée sous forme du don d’un objet symbolisant le monastère par une famille de laïcs à un abbé et ses moines.
Plusieurs abbés sont représentés, tous tonsurés et munis de la crosse abbatiale.

 

Vierzon6

 

Il n’y a pas de distinction significative entre les papes et les évêques. Tous portent la mitre et la crosse pastorale. On note que les moines de Vierzon ont pris soin de mettre les papes en couleur, sans doute pour marquer l’importance de leur place dans la hiérarchie de l’Eglise, en regard des simples évêques.

Vierzon2

 

Vierzon7

 

 

Très intéressant est ce portrait royal accompagnant un acte réputé avoir été souscrit par le roi Louis le Pieux -un faux plus que probable. On relève comme symboles du pouvoir du souverain une couronne et deux signes curieusement anachroniques: les longs cheveux de Louis, marque de noblesse à l’époque mérovingienne et le sceptre à fleur de lys, inconnu chez les Carolingiens, mais parfaitement identifiable à l’époque où le cartulaire a été rédigé, vers la fin du XIIe et le début du XIIIe siècle, si on en juge de la ressemblance des écritures avec celles qu’on peut lire dans les collections des Archives du Cher.

 

Vierzon5

 

Pour les historiens, nous rappellerons que le texte de ce cartulaire a été publié par Guy Devailly aux Presses Universitaires de France, Rennes, 1963

 

 

 

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12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 09:53

La Roche

 

Certains toponymes urbains et ruraux conservent intacte une forme grammaticale médiévale qui associait, sans préposition, un lieu, un objet, ou une institution à son propriétaire ou patron. On parle par exemple d’hôtel-Dieu et non pas de maison de Dieu, pour désigner les anciens hôpitaux.
Cet usage s’est maintenu dans plusieurs lieux en Berry et beaucoup d’entre nous utilisent, parfois sans le savoir, des noms d’anciens seigneurs locaux quand ils parlent des lieux qu’ils fréquentent.
Voici quelques exemples choisis parmi les plus significatifs relevés sur les cartes de la région.

Châteauroux
Souvenir de l’ancien Château-Raoul des seigneurs du même nom. Dans la tradition familiale des plus anciens féodaux connus sur cette place, les Déols, Raoul désignait l’aîné des fils du seigneur.
Boisroux, vestiges d’une ville-franche fondée près de Lignières, dans le Cher, procède du même principe.

La Roche-Guillebaud
Sujet de plusieurs billets sur ce blog, la petite forteresse située dans la vallée de l’Arnon érigée et longtemps tenue par la famille Guillebaud, d’origine marchoise, conserve, sans déformation, sa forme éponyme originelle.
Pas très loin, la Forêt-Mauvoisin porte non pas le nom, mais le surnom familial des chevaliers qui l’occupaient depuis au moins le XIe siècle.

Bourbon-l’Archambaud
L’une des plus vieilles cités du Berry, puis du Bourbonnais médiéval accueille pendant plusieurs siècles une famille qui choisi le patronyme Archambaud pour désigner ses aînés.

Bois-Sir-Amé
Tordons une fois encore le cou à la légende qui prétendait qu’Agnès Sorel accueillait Charles VII dans les murs de ce château en lui tendant une coupe et lui roucoulant: “Bois, sire aimé”. Le Sir Amé du toponyme est un seigneur du XIIe siècle, Amelius de Charenton, tenant la motte castrale voisine de la forteresse.

Menetou-Salon
Dès le XIe siècle, un des familiers du vicomte de Bourges est connu comme seigneur du lieu. Les actes contemporains le désigne sous le nom très rare de Sarlon. Le “r” de Menetou-Sarlon, qui écorchait le palais, a été abandonné avec le temps.

Les Aix-d’Angillon et la Chapelle-d’Angillon
En fondant ces deux places, le seigneur Gilon de Sully, originaire de l’espace ligérien, ajoute ces paroisses berrichonnes à la liste de ses fiefs. Le dominus Gilo, ou dam Gilon (même étymologie que Dompierre -saint Pierre- ou Dammarie -sainte Marie-) devient d’Angillon.

 

Chalivoy-Milon
Connue surtout pour son église/priorale comptant parmi les plus belles fresques romanes de la région, Chalivoy a la particularité d'avoir fossilisé le nom d'un potentat carolingien local, Milon, connu dans les années 80 du IXe siècle. La rareté de la documentation conservée depuis cette époque rend d'autant plus exceptionnel ce croisement d'informations


Le phénomène ne touche pas que la féodalité. Des prés, bois ou vignes, tenus par des paysans, connaissent le même sort, ce qui rend difficile l’interprétation de toponymes comme le Bois-Renard. S’agit-il d’un bois propriété du seigneur Renaud de Montfaucon, le bois exploité par un dénommé Renaud, ou Reynart, ou encore une désignation récente en relation avec les animaux qui y creusaient leurs terriers?
Ce phénomène concerne beaucoup d’autres régions françaises, et il peut être intéressant de chercher à remonter aux origines féodales de certains noms de lieux.

 

 

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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 09:37

Culan-tours

 

J'ai un très, très ancien souvenir d'une visite au château de Culan, dans le Cher. Je devais être dans une petite classe de primaire, et le guide nous avait montré la chambre de Jeanne d'Arc. C'est avec un respect ému que j'avais parcouru des yeux ce lieu terrible où avait vécu celle que nos maîtres nous montraient, auréolée de gloire et bardée d'oriflammes, occupée à délivrer Orléans dans les images du livre d'Histoire.
Beaucoup plus tard, préparant ma maîtrise, j'avais navré le propriétaire d'alors en n'accordant qu'un coup d'œil rapide au contenu de l'auguste pièce, considérant déjà que la Pucelle était un sujet recuit ne pouvant rien apporter à mes recherches. Tant d'autres thèmes restant à explorer pour affiner notre connaissance de la période médiévale de cette région, je ne m'étais plus inquiété de la question. Que Jeanne d'Arc ait séjourné ou non à Culan est totalement anecdotique, et n'ajoute ni ne soustrait rien à l'histoire du Berry.
C'est pourtant bien à cette histoire berrichonne que pensait Emile Chénon en 1919 lorsqu'il publia* une mise au point sur le sujet avec sa rigueur proverbiale. Pour ce pilier de la connaissance archéologique et historique de la contrée, la présence de Jeanne dans les murs de Culan, et sur les routes du sud de la région pendant l'hiver 1429, relevait de la fantaisie, mais, craignant que la légende ne s'installe et vienne contaminer notre perception de cette époque si particulière, E. Chénon s'attacha à réfuter ce que certains considéraient déjà comme un fait établi.
Voilà l'affaire.
Il est inutile de gloser sur la passion de certains chercheurs pour l'histoire de Jeanne d'Arc. Leurs travaux se sont appuyés sur les sources contemporaines, qui permettent de retracer le parcours de cette femme sur le sol français avec une relative précision. On mesure ainsi l'intensité de son engagement guerrier, mais aussi des phases plus ternes pendant lesquelles la Lorraine (on se souviendra que son village natal n'était pas rattaché à cette province, mais l'épithète est pratique) a vécu dans plusieurs villes, dont Bourges. Elle y passa une partie de l'hiver 1429 sans y briller, d'où le mutisme des sources sur cette séquence chronologique.
Avec ce don pour l'invention de fictions historiques propre à certaines périodes de notre histoire, un érudit affirma en 1817, sur foi d'informations invérifiables, que Jeanne d'Arc avait profité de son inaction pour aller visiter ses compagnons d'armes locaux, dont l'amiral de Culan. Ce postulat fut le point de départ d'une confortable spéculation profitant aux admirateurs, voire aux dévots, de cette légende vivante de l'Histoire de France.
L'article de Chénon fut sans doute pour eux une douche froide. Outre l'absence de mention de cette chevauchée dans les textes -en fait, aucun chroniqueur contemporain ou postérieur ne parle du périple de Jeanne en Berry du Sud-, l'historien apporta la preuve que tous les nobles prétendument hôtes de Jeanne étaient retenus par la guerre sous d'autres horizons en février 1429.
Ceci clôt l'affaire. Que le Berry et le Bourbonnais aient laissé leur empreinte sur la Guerre de 100 ans est une évidence. Que le mois de février 1429 fut froid et ennuyeux dans les galeries du château de Culan déserté par son maître en est une autre.
Je n'ai pas passé le seuil du château de Culan depuis 1984 pour autre chose que l'inauguration d'une exposition artistique, aussi n'ai-je aucune idée du contenu des visites, mais je ne doute pas que les personnes chargées d'accueillir les visiteurs de cette vénérable forteresse ont fait depuis longtemps le deuil de cette jolie histoire.

* Emile Chénon, notes archéologiques et historiques sur le Bas-Berry, Jeanne d'Arc et les seigneurs du Bas-Berry, mémoires de la Société des Antiquaires du Centre, XXXIXe volume, 1919-1920

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26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 09:14

reliquaire1

reliquaire (Corrèze)

 

J'ai, depuis plusieurs années, mis à contribution le public venu assister à ma conférence "Médecine, lieux de soins et miracles en Berry" pour identifier des reliques régionales méconnues. Quelques rares mais utiles réponses m'ont permis d'aborder la question mal connue des reliques privées, propriété de châtelains locaux ou de prêtres officiant dans les paroisses sous l'Ancien régime.
Le relevé qui suit représente la plus considérable masse d'informations sur le sujet collectée à ce jour à partir des inventaires des biens précieux appartenant au duc Jean de Berry, conservés dans plusieurs résidences ducales, dont le château de Mehun-sur-Yèvre et le donjon de Bourges, au début du XVe siècle.

 

Jean-de-Berry

 

Mon but initial était de chercher des détails sur les monstres de la Sainte chapelle de Bourges (voir les articles de ce blog sur le géant et le ranchier). En dépouillant les listes de biens précieux (statues, joyaux, mobilier, livres) propriétés du duc, j'ai pu noter un nombre considérable de reliques contenues dans le trésor du duc Jean.
Certaines ne semblent pas avoir fait l'objet d'un mode de conservation particulier (plusieurs étaient nouées dans de simples linges). Quelques unes étaient protégées dans de somptueux reliquaires faits de métaux précieux et de pierres et perles fines, semblables à ce qu'on trouve encore parfois dans certaines églises. Il est impossible de savoir comment le duc se les ait procurées. Ce grand collectionneur de choses précieuses ou étranges était client d'orfèvres tant en France que dans les pays voisins. Des souverains européens, des princes français lui ont fait des cadeaux. Les reliques amassées à Bourges et à Mehun peuvent venir de partout.
L'objet de cet article n'est pas de chercher à prouver ou à réfuter l'authenticité de tel ou tel objet (la présence de deux clous de la Vraie croix peut laisser songeur, surtout si l'on pense à tous les autres reliquaires un peu partout en Europe prétendant détenir le même contenu) mais de donner au lecteur un aperçu de la variété des pièces qui attiraient la piété des nobles et de leur peuple à la fin du Moyen-âge.
Commençons par les reliques attachées à la personne du Christ et de sa famille ainsi qu'à la Terre sainte. La taille et le volume des objets n'est pas connu.
Le duc possédait:
- 5 morceaux de la la Vraie croix, plus deux clous ornés de fil d'or;
- 3 morceaux de la tunique du Christ, ainsi que ses liens; des draps de son enfance; de sa table; de son suaire;
- du Saint sépulcre, du diadème de Jésus au tombeau, 2 morceaux de l'éponge; de la colonne où il fut lié;
- du linge ayant servi à essuyer les pieds des apôtres;
- une pierre que Jésus au désert mua en forme de pain;
- de la terre de Bethléem où la Vierge allaita;
- du figuier pharaon où la Sainte famille se cacha en Egypte;
- du tombeau de la Vierge de la vallée de Josaphat;
- une des ses dents de lait;
- du tombeau de ste Catherine du Mont Sinaï (2 morceaux + 1 relique );
- du bras de Marie-Madeleine;
- du chef st Jean baptiste;
- de l'habit de st Jean l'évangeliste;
- des saints innocents.

 

reliquaire2

reliquaire (Corrèze)

 

des apôtres et évangélistes:
st Jude (4), Marc (2), Philippe (4), Symon (3) de la barbe de st Pierre;

des saints:
Allais, André (2), Benoît (2), Berthomier, Cariulphe, Claude, Cosme, Christophe, Chrysante, Cyr, Damien, Denis (2), Edmond, roi d'Angleterre (3), Eustache, Exupère, Firmin, Germain d'Auxerre, Hilaire(3) et un morceau de son habit, Jacques le majeur (2), Jacques le mineur (4),  Laurent (2), Liger,  Loup, évêque d'Angers,  Malachie, évêque, Maixent (2), Marcel, Marcouls, Martin, Sylvain(2), Symphorien, Théodore, Timothée, Thomas Becket, Vincent (2);
une relique d'un saint inconnu: st Roffec, évêque d'Avranches;

des pièces osseuses particulières:
- doigt de st Libori,  du chef et du bras de st Georges (2), bras de st Julien du Mans + 1/2 os, os de st Prothe et st Jacinte, du bras de st Oustrille, du chef de st Bernard + de sa robe, côtes de st Julien et st Ursin, machoire de st Guillaume, des chefs de st Blaise et st Just, disciple de st Ursin; 

des saintes:
Apre, Clothilde, reine de France, Darie, Elisabeth de Hongrie, Hilde, abbesse, Luce, Marie l'égyptienne (2), Marthe, Nathalie, Potencienne, et des pièces osseuses particulières: Marguerite, avec un anneau d'or avec saphyr, doigt de ste Appolinne avec anneau d'or et émeraude, épaule de ste Cécile, côte et bras de ste Radegonde de Poitiers;

des objets particuliers:
de la pierre dont st Etienne fut lapidé(2) et une cassette d'argent contenant son œil, morceaux d'habits de st François et autres saints, de la haire (vêtement de pénitence) de st Pierre célestin, un morceau de navire trouvé dans la châsse de st Julien du Mans, une petite croix de bois et d'argent, avec inscription en Grec, une petite fiole contenant l'huile distillée du corps de st Nicolas.

 

reliquaire3

 

Cette liste, composée à partir de l'inventaire daté de 1401, appelle quelques commentaires. Elle donne des informations sur les possessions du duc Jean à un moment déterminé. Certaines des reliques nommées peuvent avoir changé de mains ultérieurement, ou avoir été rejointes par de nouveaux éléments sacrés.
On remarque la variété des origines et des personnalités concernées par la collections du duc. Ainsi se côtoient dans les mêmes boites d'ivoire ou de bois précieux des reliques christiques et des os d'obscurs saints régionaux. Certaines pièces sont relativement récentes: os de Thomas Beckett, de saint Bernard, saint Guillaume; plusieurs  saints berrichons, ou ayant eu une forte influence sur la spiritualité régionale sont inscrits sur cette liste: st Guillaume, Oustrille, Ursin, Just ou encore Sylvain, objet de dévotion à Levroux ainsi qu'à la Celle-Bruère.
On peut raisonnablement admettre que ce trésor de reliques a constitué auprès des contemporains une des bases du prestige considérable attaché à la personne du duc Jean de Berry.

recherche menée à partir de l'ouvrage de Jules Guiffrey: Inventaires de Jean duc de Berry (1401-1416), tome 2, 467 pages, Paris 1896

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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 07:59

grosse tour de Bourges

 

Voici quelques années, j'étais descendu dans le parking souterrain de l'Hôtel de ville de Bourges photographier les derniers vestiges de l'énorme donjon qu'avait fait élever le roi Philippe Auguste. Ce monument après des siècles à veiller sur la sécurité de la ville, a disparu pendant la Fronde, vaincu par les mines des sapeurs après l'entrée des troupes royale dans la capitale berrichonne.

 

Le donjon royal, dit “grosse tour” de Bourges (18)

 

Je n'ai pas résisté à l'envie de recopier un petit poème satirique publié après les événements qui ont endeuillé la région au milieu du XVIIe siècle. Le texte est conservé dans l'immense fonds de la Bibliothèque nationale, et est accessible à partir du site Gallica, bien connu des historiens.

Autre balade sur la démolition de la grosse Tour de Bourges.

Bourges, la Grosse Tour n'est plus ton gouvernail,
Dans ses plus noirs cachots elle admet le soleil
Depuis que l'on commence à la vendre en destail,
Nous verrons quelque jour si c'est par bon conseil;
A la faire saulter on eut bien du travail,
Mais elle causa plus de pleurs et de de babil
Lors que laschant un pet plus tonnant qu'un fusil,
Elle fut assommer gens d'ut, re, mi, fa, sol,
Et d'autres dont on n'a fait encor le calcul,
Cela n'empesche pas qu'on ne chante en bemol
Nostre grosse pucelle en a bien dans le cul.

Quand pour la renverser on eut fait l'attirail
Plusieurs sont accourus à ce grand appareil,
S'y trouverent surpris comme dans un tramail,
Et là furent blessez plus de gens qu'à Corbeil:
Si ce gros Coulombier servoit d'espouventail,
Il sera maintenant un clapier à Conil
Fort propre à retirer quelque Poisson d'Avril,
Il fit prendre autresfois nostre ville par dol,
Aussi chacun s'en mocque, et je ne connois nul,
Qui ne chante d'un ton, ou doux, ou grave, ou mol,
Nostre grosse Pucelle en a bien dans le cul.

Elle ne verra plus ses foudres de métail,
Qui la nuict quelquesfois troublent nostre sommeil,
Et dont l'air agité, plus que d'un éventail,
A mainte Pucelle esmeu le teint vermeil,
Elle a fait peur à tel, de qui le souspirail,
Se fut bien aysement bouché d'un grain de mil,
Quel que soit son autheur, Romai,, Goth, Espagnol,
Roy, Maire du Palais, Empereur ou Consul,
Sans respecter son nom qui n'a pas eu grand vol,
Nostre grosse Pucelle en a bien dans le cul.

Envoy à quelque Balafré
Vous que la grosse Tour à rendu torticol,
Qui vous estes deffait de francs ou d'escus sol,
Pour guerir d'une pierre autre que le calcul,
Votre chef ne peut plus faire le girasol;
Si vous avez mal au siege du licol
Nostre grosse Pucelle en a bien dans le cul.

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 10:44

DunAuron-sceau

 

Il existe, dans le sud du département du Cher, un document d’archive en tous points remarquable. Ce document est dans un état de conservation exceptionnel. Daté de 1175, cet original de la charte de franchise accordé par le roi de France Louis VII aux habitants de ses ville et châtellenie de Dun-le-Roi, devenue depuis Dun-sur-Auron, n’a jamais quitté, depuis plus de huit siècles la ville de Dun et a de plus conservé son sceau, pièce pourtant très recherchée par des collectionneurs sans scrupules. M. Louis Cosyns, maire de Dun, m’a accordé le privilège d’accéder à ce document et m’a autorisé à en publier ici des extraits. Qu’il me soit permis ici de lui exprimer toute ma gratitude pour m’avoir permis de partager avec vous la lecture de cet acte de qualité.

 

DunAuron-charte-

 

La charte se présente sous forme d’un parchemin d’une taille légèrement inférieure à une feuille de dessin, auquel est appendu, par des lacs de soie verte, un sceau de cire rouge légèrement abîmé sur son bord droit, marqué d’un contre-sceau illustré par une silhouette d’inspiration antique.

 

DunAuron-contre-sceau-

 

Le roi Louis VII, avec l’accord de sa femme Adèle et de son fils Philippe (futur Auguste), concède aux habitants du lieu plusieurs droits importants portant sur la fiscalité, le régime matrimonial des veuves, le service militaire, la justice, ajoutant même une rémission générale pour toutes les affaires judiciaires antérieures à la promulgation de la charte. Le texte est confirmé par plusieurs témoins membres de la cour royale et est authentifié par le monogramme du souverain calligraphié en bas du parchemin.
Arrêtons nous un instant sur le contenu du texte.

 

DunAuron-monograme-

 

Nous pensons, même si ceci n’a jamais été vraiment démontré, que Dun est devenue la propriété de la couronne du temps du roi Philippe Ier, et faisait partie du même lot foncier que Bourges, vendue par le vicomte Eudes Arpin au moment de son départ à la croisade, ce qui faisait des rois de France les seigneurs de Dun. Notre charte n’est donc pas une charte de fondation de ville franche, comme on en connaît plusieurs contemporaines en Berry. Seul le contexte économique et politique de l’époque peuvent justifier ces concessions faites par le roi à ses sujets.
En 1175, la région est en pleine mutation. Les friches régressent, la population augmente et les villes sont en pleine croissance: c’est désormais entre leurs murs que les richesses vont se générer, par l’artisanat, le commerce et la hausse de la démographie. Toute la région est concernée. Dun présente en plus la particularité de dessiner un grand terroir radio concentrique, encore visible sur les photos satellite, qui montre qu’on prend soin d’organiser l’espace pour le rendre plus productif. Issoudun, par exemple, suit le même schéma directeur.
Politiquement, le roi n’est ici qu’un seigneur parmi d’autres, et ses voisins étendent leur influence: Charenton, Bourbon et même Déols peuvent être perçus comme des menaces. Louis VII a tout intérêt à attirer vers sa cité des hommes libres séduits par les avantages détaillés dans l’acte. Ces migrants sont synonymes de prospérité et, même si certaines taxes sont remises, la collecte d’autres impôts équilibrera largement les comptes.
L’importance et la pérennité de la ville de Dun, la puissance de son enceinte et de son donjon montrent que les paysans et les artisans ont compris l’intérêt qu’il y avait à rester ou à venir travailler sur place. La portée de ces quelques dizaines de centimètres de peau tannée et quelques grammes de cire rouge fut donc considérable à l’échelle de l’histoire régionale.

 

  DunAuron-cachet-

 

Je réserve des remerciements particuliers à mme Dominique André, Directrice Générale des Services, qui m'a favorisé l'accès au document. Que ces lignes soient le témoignage de l'intérêt que le public porte au passé de sa ville!

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 08:12

croix-Nevers

 

J'ai eu l'occasion, lors d'une recherche aux Archives départementales de la Nièvre, d'observer un phénomène très rare: un seigneur nivernais, ainsi que des membres de sa famille, ont signé une charte de leurs noms.

 

croix-Savaricus

 

A la lecture de ces signatures, on comprend que seules les croix sont autographes. La noblesse du premier âge féodal était cultivée, mais ne maîtrisait qu'exceptionnellement l'écriture et la lecture. Le latin lui était aussi dans la majorité des cas étranger. Les auteurs de cette charte n'ont sont pas les rédacteurs, tâche confiée à un clerc ou à un religieux lettré, et ne disposent pas encore de matrice capable de produire un sceau de cire authentifiant le parchemin. Le scribe leur a donc confié une plume pour qu'ils tracent chacun une croix, et a identifié lui-même chaque signe en copiant l'identité du signataire.

 

croix-enfants

 

On reconnaît les noms de Savaricus, seigneur, d'Aremburge, sa femme, de Letericus, Gibaudus et Raginaldus, ses fils. La dernière croix a été tracée par Hugo Mansellus, probable témoin de l'acte (je n'avais pas pris en photo tout le document). On observe, selon un schéma très fréquent avant les XIIe et XIIIe siècles, que Savaricus ne porte pas de ce qu'on appelle aujourd'hui "nom de famille" et que les anglo-saxons désignent avec plus de justesse du qualificatif de surname. Pendant très longtemps, les usages d'une dénomination individuelle à un élément hérités de l'époque carolingienne se sont maintenus dans un grand espace central du territoire. Les femmes de la noblesse étaient elles connues sous la forme de "unetelle femme de" ou "fille de". Les fils de Savaricus étaient appelés au quotidien par leur nom unique. Pour le scribe, ils sont "fils de", ce qui désigne plus une filiation qu'un état civil.

 

croix-autres

 

Les croix ne sont pas rares sur les documents médiévaux, mais elles accompagnent le plus souvent des patronymes d'évêques ou d'abbés, gens lettrés capables d'apposer leur nom sur les actes. Les expressions laïques de cette forme de signature sont beaucoup plus rares dans nos régions.

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 09:43

Les deux derniers siècles n’ont pas été tendres avec les bâtiments médiévaux. Laissés à l’abandon, pillés comme carrières de pierre, abattus avec des engins à chenilles, certains ont complètement disparu du paysage, ou ne se présentent plus que comme des amas de ruines informes dans lesquelles seul l’œil du spécialiste parvient à distinguer les plans d’origine.
Voici trois monuments qui ont longtemps appartenu au patrimoine du Berry du Sud jusqu’à leur ruine, saisis par la palette d’artistes locaux qui ont su transmettre par leur peinture des détails irremplaçables, ou juste projeter sur l’ombre de leur souvenir leur sensibilité de peintres.

 

gravure-Montrond

 

Le premier tableau appartient aux collections publiques de la ville de Saint-Amand-Montrond, et est exposé au musée municipal. Très intéressante représentation romantique du château de Montrond, cette toile concerne une partie la face sud de l’ancienne forteresse, élevée au début du XIIIe siècle, transformée en château d’agrément conservant sa fonction militaire au XVe, ruiné lors de la Fronde au XVIIe et abattu avant l’arrivée de la photographie. La peinture donne des renseignements sur les séquences de l’abandon de la bâtisse, dont les toitures semblent avoir été démontées sur les parties d’habitation. Le grand donjon datant de la fondation de l’édifice est complètement éventré, laissant voir au moins deux anciens étages au dessus du rez-de-chaussée. Trois tours sont également découvertes dont celle de l’Horloge -la seule qui garde aujourd’hui un peu d’élévation- aussi abîmée que le donjon voisin et celle accolée à la chapelle, dont le tronc est déjà diminué. Les ouvertures éclairant le corps principal de logis sont cohérentes avec l’es informations dont on dispose sur les rénovations de la fin de la période médiévale. Le plus curieux de ce paysage monumental est le bon état de conservation de la chapelle castrale, aujourd’hui totalement rasée, qui avait conservé sa toiture de tuiles et son clocheton d’ardoises au moment où le peintre a posé son chevalet. Les grandes fenêtres en ogives accusent un style gothique conforme avec la période de construction de la forteresse primitive.

 

gravure-Vernet1

 

Le deuxième tableau provient lui aussi du musée Saint-Vic de Saint-Amand et, tout en étant lui même très intéressant, n’apprend pas grand-chose de plus que les photographies prises du petit château du Vernet, en grande partie intact pendant la Première Guerre Mondiale et démonté depuis pour satisfaire un commanditaire américain. L’enquête, menée par le journaliste Philippe Cros, n’a pas permis d’identifier les étapes suivies par les matériaux récupérés sur le site.

 

gravure-Vernet

Peinture sur carton par Faustin Blanc

 

Le troisième tableau est une autre vue, bien moins précise, de la façade du château du Vernet. Appartenant à un collectionneur qui a tenu à rester anonyme, il a été présenté au cours de l’été 2011 dans une exposition d’objets rares et insolites au musée de Saint-Amand. Si le propriétaire de cette toile venait à prendre ombrage de la présence de  cette photographie sur ce blog, qu’il soit sûr que je la ferai disparaître sans discuter.

 

gravure-Souage

photographie D. Melchers

 

Une dernière vue, enfin, d’un monument mineur dont la destruction récente a attristé bien des amateurs d’art médiéval. La petite chapelle du prieuré bénédictin de Souage, a connu, faute d’entretien, une lente dégradation qui s’est conclue par un nivellement de ses murs décidé par ses propriétaires. Le site a été pillé, un flou bien peu artistique entoure la récupération de certains éléments d’architecture. La peinture, de l’artiste Heidi Hann, donne une vision objective de l’état du sanctuaire dans les dernières années ayant précédé sa démolition. La photographie de ce tableau m’a été fournie par m. D. Melchers, lecteur de ce blog, que je tiens à remercier pour sa contribution.
Ces quelques portraits de bâtiments disparus laissent imaginer que bien d’autres toiles et gravures, propriété de particuliers, pourraient se révéler utiles à la connaissance du passé monumental de la région. N’hésitez pas à me contacter pour me transmettre des données relatives à ces œuvres, si vous en connaissez.

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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 09:22

 

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L'œuvre de l'ancien évêque de Tours Grégoire, mort en 594 est d'une richesse irremplaçable. Outre des récits fondateurs de l'Histoire de France, comme ceux du baptême de Clovis ou du vase de Soissons, son Histoire des Francs abonde en petites anecdotes édifiantes qui rendent le travail du prélat tourangeau passionnant à feuilleter, même pour les novices en sciences humaines. Nous y relevons quelques mentions d'événements intéressant le Berry à l'époque mérovingienne, dont celle de phénomènes astronomiques et sanitaires très instructifs sur la mentalité de ces temps "barbares".
Dans son livre IV-XXXI, l'historien des Gaules relève que vers 570 se seraient produits des faits de nature apocalyptique, même si l'auteur ne les présente pas ainsi de manière explicite. L'ignorance presque totale des sciences naturelles, l'influence encore très marquée de la culture antique très attentive aux signes divins adressés aux hommes, la certitude de l'irruption tôt ou tard de l'Apocalypse conduisaient les anciens à associer des événements sans aucun rapport objectif commun et d'y voir des avertissements, toujours embarrassants à interpréter, du mécontentement de Dieu à leur égard.
Ainsi Grégoire de Tours combine dans un même chapitre trois manifestations exceptionnelles, une comète, une épidémie, et une probable éclipse de soleil ayant marqué le quotidien des habitants des régions centrales de la Gaule, Bourgogne, Auvergne et Berry.
La description de la comète est édifiante: une étoile qui a un rayon lumineux semblable à une épée, apparut une année entière au dessus de ces régions. Ces corps célestes posent un vrai problème aux historiens de l'astronomie, surtout si on ne peut croiser les sources, car les comètes sont, à de rares exceptions observables à l'œil nu, imprévisibles, et leur intensité diminue à chacun de leur passage près du soleil. Les paysans mérovingiens peuvent parfaitement avoir observé dans le ciel nocturne -peut-être même diurne- un astre vagabond n'ayant frôlé la Terre qu'une seule fois dont aucun astronome ne calculera jamais la trajectoire.
Plus obscure est la description d'un autre météore, que Grégoire de Tours affirme s'être produit plusieurs fois: des grandes clartés, trois ou quatre, apparurent autour du soleil. Les paysans appelaient cela des soleils. Au contraire, en octobre, le soleil perdit de son éclat au point qu'il devint sombre et terne, pareil à un sac. Si certaines conditions météorologiques en haute atmosphère peuvent expliquer la diffraction de la lumière solaire au point que se produise, pour les observateurs au sol, une sorte de mirage imprévisible, les astronomes savent parfaitement calculer les anciens (et futurs, d'ailleurs) alignements du Soleil, de la Lune et de la Terre pour dater d'anciennes éclipses et il est assez intéressant de noter que les services de la Nasa en signalent une, annulaire, le 1er septembre 536, dont l'ombre a traversé les régions citées par le chroniqueur. Les 35 années qui séparent l'éclipse réelle de la date annoncée par Grégoire ne sont pas une entrave. L'évêque a rassemblé des événements parfois distincts afin de donner plus de sens à son récit et n'a pas la prétention de l'exactitude. Il évoque même des embrasements d'étoiles -sans doute des étoiles filantes d'une brillance extraordinaire.
L'évêque n'exprime aucune relation directe de cause à effet entre ce que voient les hommes et le mal qui ne tarde pas à les affliger, car c'est inutile. Nul ignore en ces temps que la traîne d'une comète sème la mort sur la Terre et suffit à expliquer le déclenchement de grandes épidémies, et c'est pourquoi les deux thèmes se rejoignent dans une même séquence de la chronique tourangelle.
Grégoire n'est pas médecin, aussi décrit-il les symptômes du fléau en s'aidant de comparaisons. Le mal tue en deux ou trois jours, les malades sont saisis de délire et apparaissent, à l'aine ou à l'aisselle, des blessures telles des morsures de serpent. La mortalité qui oblige à creuser des fosses communes tant les corps des victimes ne peuvent être inhumés par des moyens classiques - sarcophages et cercueils, qui viennent à manquer - rappelle, comme les marques sur le corps des victimes, la terrible Peste noire qui ravage l'Occident jusqu'au début du XVIIIe siècle.

 


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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 10:28

Mery-dalle-general

 

 

Située en Haut-Berry, à une vingtaine de kilomètres au nord de Bourges, la commune de Méry-es-bois peut se flatter de posséder une monument funéraire remarquable datable de la seconde moitié du XIIIe siècle, ayant naguère orné la sépulture d’un chevalier connu de l’histoire régionale: Eude de Sully, seigneur de Beaujeu, qui a laissé plusieurs mentions dans la documentation tant régionale que nationale.
Cette pierre tombale, finement gravée, a connu un destin peu habituel, sans être exceptionnel, qui mérite d’être rapporté. Comme une seconde dalle, plus récente et malheureusement très incomplète, conservée dans la même église, cette pierre provient de l’abbatiale de l’ancienne abbaye cistercienne de Loroy, ou Lorroy, non loin de Méry. Longue et large, parfaitement plate, elle fut soustraite à l’édifice monastique pour devenir pierre d’autel. Dans l’Indre, l’église de Fougerolles conserve, par exemple, un monument similaire pris à l’abbaye cistercienne de Varennes. La plate-tombe de Méry fut donc en partie creusée pour l’accueil des reliques -cette opération mutila l’intéressante partie du blason, du ceinturon et de la garde de l’épée chevaleresques- et fut consacrée comme autel comme l’attestent les petites croix gravées à chaque angle. Peut-être trop encombrante, elle fut à nouveau déplacée pour être fixée, debout, contre un des murs de l’église, dans un emplacement sombre peu propice à sa lecture, mais au moins correctement protégée.
Cette grande dalle de calcaire porte l’ effigie d’un personnage identifié par deux éléments, l’un ornemental et l’autre épigraphique, le nom du gisant ayant été mutilé. Même abîmé par les ciseaux à pierre modernes, le blason, un lion et des molettes, correspond à la description faite de celui de la famille Sully dans l’Armorial Bigot, rédigé en 1254:
Sorli (Sully): lion or sur azur, champ semé de molettes or.

 

Mery-dalle-blason

 

Dans la deuxième moitié du XIIIe siècle, la grande famille ligérienne de Sully a étendu son influence sur une large partie du Berry, jusqu’aux portes du Montluçonnais. Plusieurs branches cadettes occupent des fiefs, dont celui de Beaujeu.
Si le nom du défunt est lacunaire, l’épitaphe porte une indication majeure: “qui decessit in Appuleia” -mort en Appulie. Or, en 1271, les archives judiciaires du Parlement de Paris consignent que le chevalier Eude de Sully, connu par d’autres textes comme seigneur de Beaujeu et de Sancergues, en partance pour l’Appulie dans l’armée de Charles d’Anjou, roi de Sicile, porte devant la justice royale un conflit avec un autre chevalier. Les archives de l’abbaye de Loroy conservent la trace de plusieurs dons de cet homme à leur établissement.
L’étude de la dalle funéraire de Méry-es-bois fournit une intéressante occasion de croiser les sources médiévales originales, ce qui permet de nommer, presque sans risque d’erreur, le guerrier en position de prière qui orne sa surface.
Qu’il me soit permis de remercier m. Désir, maire de Méry, pour son active collaboration à l’accès au patrimoine de l’église de son village et pour son intérêt pour l’histoire régionale. Au plaisir de pouvoir un jour faire sa connaissance!

 

 

Mery-dalle-2

dalle anonyme - XVe siècle

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Je profite de cette correction pour signaler qu'à l'exception des reproductions d'anciennes cartes postales, tombées dans le domaine public ou de quelques logos empruntés pour remercier certains médias de leur intérêt pour mes recherches, toutes les photos illustrant pages et articles ont été prises et retravaillées par mes soins et que tout emprunt pour illustrer un site ou un blog devra être au préalable justifié par une demande écrite.