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19 novembre 2010 5 19 /11 /novembre /2010 21:34

mammouth sibérien

 

Je crois, au cours de ces trois décennies de recherches consacrées au passé du Berry, ne rien avoir jamais trouvé de plus étrange que cette évocation, à l’occasion de ma récente enquête documentaire dédiée à la Grosse Tour de Bourges, des ossements d’un géant exposés dans la Sainte Chapelle de cette ville. Plusieurs écrivains, de la Renaissance à la fin de l’Ancien Régime, ont en effet affirmé avoir vu, accrochés aux murs de la chapelle construite sur les directives du duc Jean de Berry, les ossements d’un humain de presque huit mètres de hauteur. Cet être monstrueux avait même un nom, Birat, ou Briat. Jean Chaumeau, dans son Histoire du Berry, le sieur Coulon, qui guide le voyageur sur les routes de France, Jodocus Sincerus, docte allemand du 17e siècle, voient tous séparément le squelette, qui fait sur eux forte impression.
Fulgose, auteur italien, relate de son coté que fut découverte en 1456, aux bords du Rhône, près de Crussol, la sépulture d’un géant dont les os furent conduits à Bourges. Cette origine extra-régionale n’empêcha pas le menu peuple berruyer d’affirmer que le monstre avait été trouvé en Berry, d’ où son surnom de “géant de Bourges”.
Cet extraordinaire vestige, plus connu des historiens de la médecine que de ceux de la province, ne fut pas unique en son genre -d’autres géants sont observés dans des édifices religieux  du sud de la France et de Sicile- et servit même de preuve sur laquelle s’appuyèrent les savants argumentant de l’existence sur Terre d’un peuple de géants antédiluviens, dont la Bible et la mythologie antique attestaient l’authenticité. Témoignages de la croyance d’un âge où aurait vécu une faune humanoïde monstrueuse, les ossements découverts à Crussol n’échappèrent pas à l’immense intérêt du duc Jean de Berry pour les merveilles de la nature. Ce prince, fasciné par les étrangetés dont le monde semblait peuplé, réunit dans les murs de sa Sainte Chapelle de Bourges avec ce squelette le simulacre d’un cervidé gigantesque, le “Ranchier” et une dépouille de crocodile, sans doute accumulés là pour frapper l’imagination des visiteurs et provoquer l’éblouissement de ceux-ci dans un monument qui se voulait l’égal de la Sainte Chapelle de Paris.
Ces os, dont au moins l’un était un fémur, furent dispersés et perdus lors des étapes successives de la ruine de la chapelle, jusqu’à sa destruction complète au 18e siècle. Si nul naturaliste rompu à l’anatomie comparative ne s’est jamais penché sur ces fossiles, on comprend, en recherchant des informations sur le périmètre d’où furent exhumés les os gigantesques, que le peuple de Bourges et de nombreux savants et curieux européens vinrent s’extasier devant les restes d’un mastodonte datant de la glaciation de Würm. Plusieurs dépouilles de mammouths ont été identifiées depuis dans la région de Valence.
On comprend que, pour un homme du Moyen-âge ne disposant pas de toute notre culture scientifique et bercé dans un univers dans lequel la monstruosité était aussi admise que la réalité des miracles, des ossements exhumés dans une région éloignée de tout interface avec la mer et ses mammifères et l’Afrique avec ses pachydermes, pouvaient parfaitement passer pour ceux d’une race anthropomorphe disparue depuis les Temps bibliques.
Signalons que le géant Briat pourrait avoir inspiré les peintres qui ornèrent le château des ducs de Bourbon à Moulins car, dans une chambre de celui-ci, on pouvait naguère contempler dans une chambre la fresque “d’un Géant dont les os, à c e qu’on dit, sont à Valence, dans le Dauphiné”.
Aucun cabinet de curiosités local, ni l’actuel muséum d’histoire naturelle de la ville, ne semble avoir gardé de fragment de cet éléphant paléolithique devenu, l’espace de quelques générations cent siècles après son trépas, une légende du Berry d’autrefois.

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 10:39

romain-Bourges

 

Il arrive, en visitant une église médiévale, qu’on remarque dans les maçonneries la présence d’éléments de sculpture ou d’architecture rapportés. Le plus fréquemment, ces blocs sculptés sont d’origine gallo-romaine. Un bref inventaire de quelques exemples choisis dans le département du Cher permet de comprendre les motifs qui ont été à l’origine de ces réemplois.

La récupération de matériaux

On l’observe très bien à Bourges. Outre la conservation de certaines sections de l’enceinte gallo-romaine dans les remparts conçus pour défendre la ville, les gens du Moyen-âge ont profité de la présence de ruines antiques pour prélever, peut-être dans l’urgence, des blocs taillés et parfois sculptés pour renforcer la sécurité dans leur cité. La partie du rempart qui est visible de la terrasse du parking souterrain situé sous la mairie de Bourges comprend plusieurs éléments architecturaux prélevés sur des temples ou bâtiments civils datant de l’Antiquité.
Dans l’église de la Celle, proche du grand site d’Allichamps, on retrouve quelques belles pierres portant des fragments d’inscriptions à l’intérieur et l’extérieur de la construction.


L’ornementation d’églises

Quelques églises romanes sont agrémentées de sculptures gallo-romaines. Sur l’église de Venesmes, c’est une stèle funéraire représentant un homme qui est  scellée sur la façade. Une stèle juvénile est visible sur la façade reconstruite du prieuré d’Allichamps, non loin de là.

romain-Venesmes

A Drevant, sur l’église Saint-Julien, c’est un acrotère antique identique à ceux trouvés dans le sanctuaire gallo-romain qui est scellé sur la façade.

romain-drevant

Ces exemples ont plusieurs points communs. Même si c’est presque une évidence, il faut que les églises concernées soient proches d’un site antique. Dans les trois cas, l’archéologie révèle des traces d’occupation importantes, avec présence de cimetières, villae et aires cultuelles. On remarque aussi la pauvreté ornementale des surfaces sur lesquelles sont réemployés ces éléments. Drevant et Venesmes n’ont presque pas de sculptures et la façade d’Allichamps, même si le reste du prieuré est richement orné par des chapiteaux et modillons de grande qualité, est presque nue.
Rien ne permet de dater l’époque de ces  réemplois. Contrairement à ce qu’ont pu prétendre sur le sujet certains passionnés d’ésotérisme, ces statues n’ont certainement rien à voir avec une survivance des cultes païens. Plus simplement, on peut imaginer que les paroissiens ont saisi l’ opportunité d’embellir la façade de leurs sanctuaires paroissiaux à l’occasion de découvertes fortuites de vieilles sculptures, et d’offrir ainsi à leurs églises des ornements que les bâtisseurs romans n’avaient pas eu le loisir d’ajouter lors de leur construction.

La figuration d’un chevalier du XIe siècle

Une très curieuse découverte fut faite en 1974 lors des fouilles de la nécropole médiévale du prieuré de Drevant.
Une stèle de grès, disparue depuis, se trouvait sur la dalle de couvercle d’un sarcophage contenant très probablement les restes d’un des chevaliers fondateurs du prieuré. Cette stèle funéraire taillée dans une roche locale et venant certainement du cimetière antique indigène (dont l’emplacement demeure inconnu) peut être une forme très primitive de représentation du défunt, comme on en trouve plus tard sur les gisants et plates-tombes dont la région a conservé quelques beaux exemplaires. Ce cas est à ma connaissance unique dans la région.

Stèle-Drevant

 

Les acrotères du château de Montrond

Je profite de cet article pour évoquer un souvenir de jeunesse d’une découverte non publiée, mais qui avait fait l’objet d’un article à l’époque dans un journal local. En 1981, déblayant la plate-forme de la tour dite “de l’émir”, à Montrond, et cassant pour l’occasion un vieux banc de pierre datant de l’ancien parc public, nous eûmes la surprise de trouver deux acrotères gallo-romains brisés, en guise de support de la dalle du banc. Identiques à ceux trouvés à Drevant, leur présence en ce lieu n’a jamais été élucidée et a été pratiquement oubliée.

romain-Montrond

Plusieurs hypothèses peuvent être avancées pour expliquer cette curiosité archéologique. La première soulignerait l’existence possible d’un temple gallo-romain sur la butte de Montrond, complètement bouleversée par les travaux médiévaux. Ces acrotères auraient fait partie des ornements de cette construction primitive. La situation privilégiée de la butte de Montrond dans le paysage, la proximité de Drevant, la présence de quelques monnaies isolées et d’un trésor monétaire romain sur place sont des arguments recevables, mais non décisifs.
La seconde, plus admissible car en accord avec les principes esthétiques de la Renaissance, nous conduirait vers la récupération d’éléments de décoration antique ramenés de Drevant, d’Allichamps ou de tout autre site cultuel local non identifié, pour agrémenter la vieille forteresse médiévale. Si la Renaissance a produit en Berry des chefs d’œuvre originaux comme le château de Meillant, il est possible qu’un des propriétaires de Montrond ait fait soustraire à des ruines gallo-romaines des sculptures authentiques pour adapter sa résidence aux canons de l’Art de son époque.
Il est curieux que ces deux acrotères aient été récupérés et retaillés au XIXe siècle pour entamer leur troisième existence de vulgaires pieds de banc public. L’un d’eux est visible dans la salle d’archéologie antique du musée saint Vic de Saint-Amand-Montrond.

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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 07:44

noyé

A la fin du XIIe siècle, la seigneurie de Charenton, dans le sud du département du Cher, vécut un événement qui bouleversa en profondeur les structures du pouvoir qui l'animait. Son dernier héritier masculin légitime, Ebe, disparut dans des conditions encore mal élucidées.
Les traces de l'existence de ce garçon sont rares, mais permettent quand même de le replacer dans la généalogie de la famille fondatrice de ce fief frontalier du Nivernais, du Berry et du Bourbonnais. Petit-fils du seigneur Ebe qui épousa vers 1140 une fille du seigneur de Bourbon et qui permit par ses largesses la construction de l'abbaye de Noirlac, il est nommé Ebe, comme son père, son grand-père et tous ses ancêtres depuis le début du XIe siècle. Il était encore certainement enfant lorsque son père décida de prendre la route de la Terre Sainte en compagnie de plusieurs autres féodaux berrichons. Le seigneur Ebe dit adieu à ses proches et ses domaines en 1189, assuré qu'en cas de malheur au cours de la Croisade, son fils assurerait sa succession à la tête de la seigneurie. Ce voyage fut sans retour car, dix années après son départ, un acte de la supérieure de l'abbaye cistercienne de Bussière, qu'il avait contribué à fonder, constate sa disparition. Selon la coutume du temps, sitôt la mort de son père annoncée, le jeune Ebe aurait dû devenir seigneur à son tour, si un destin funeste ne s'était pas abattu sur la jeune personne. Une enquête documentaire à partir de sources postérieures peut aider à comprendre les conditions dans lesquelles survint le décès prématuré du jeune homme.
Les rares pièces le concernant proviennent essentiellement de l'abbaye de Noirlac. La première trace concrète de l'existence du jeune Ebe est sa pierre tombale, ornée d'un gisant et d'une épitaphe, longtemps visible à l'entrée de l'abbatiale de Noirlac. Ebe y était représenté sous les traits d'un adolescent et, contrairement à la légende lisible sur la tombe de son grand-père, creusée à quelques pas de la sienne, il n'est nulle part fait mention de la dignité seigneuriale. Ebe n'avait pas encore été nommé dominus à l'heure de son trépas, preuve que celui-ci s'était produit avant l'annonce de la mort de son père en croisade. Cette disparition prématurée ne lui a pas non plus laissé le temps de se marier, car on ne lui connaît ni épouse ni descendance.
A peu près à l'époque où il était encore possible de lire les inscriptions sur les anciens tombeaux de Noirlac courait encore une légende, transmise sans doute oralement dans l'abbaye depuis la fin du XIIe siècle. On sait que dans toutes les abbayes régionales les moines étaient très attachés à la mémoire des fondateurs de leurs couvents, ne serait-ce que pour que soient respectés et confirmés les très anciens privilèges accordés aux monastères dès les temps médiévaux. Que les derniers frères vivant à Noirlac au XVIIe siècle aient préservé une tradition orale vieille de plusieurs siècles n'a rien d'extravagant. L'histoire qui s'y racontait faisait allusion à la mort du jeune héritier des seigneurs de Charenton. Ainsi Ebe se serait noyé non loin de l'abbaye en traversant un bras du Cher appelé les "Eaux mortes". Les érudits locaux n'ont pas peiné à identifier l'emplacement présumé de l'accident. Dans le secteur de Noirlac, le Cher, bientôt rejoint par son affluent la Marmande, coule dans une vallée large où la pente est très faible. La rivière y fait d'amples méandres qui isolent d'anciens bras souvent asséchés faute d'étiage mais qui peuvent abriter des mares d'eau stagnante alimentées par la nappe phréatique ou l'apport ponctuel des crues. Ces mares sont encore présentes sur place et servent d'abreuvoirs au bétail parqué dans des parcelles qui ne communiquent pas directement avec la rivière. La tentation a donc été forte d'y voir le lieu de la noyade du garçon. Connaissant assez bien l'endroit, et sans présumer que les bras morts actuels s'étirent sur le même emplacement que ceux du Moyen-âge, on remarque que les pièces d'eau sont le plus souvent de taille réduite, de faible profondeur et ne subissent aucun effet de courant. Même s'il est hélas évident que de nombreux accidents mortels se produisent dans des circonstances que la simple logique n'aurait jamais permises, les Eaux-mortes ne sont pas le seul endroit qui peut avoir été le théâtre de la fin tragique du jeune Ebe. Un autre lieu et un scénario complètement différents, peuvent être avancés.
Il est assez curieux que personne n'ai jamais fait le lien entre le terme "Eaux-mortes" et la forteresse d'Aiguemorte, près de Châteauneuf-sur-Cher. Ce petit château, construit dans la basse vallée du Cher, fossilise dans son nom un toponyme d'origine occitane remontant à la période où cette partie du Berry était rattaché à la zone d'influence des langues du Sud. Eau morte et aigue morte sont parfaitement synonymes. Aiguemorte, politiquement, se situait dans le domaine de la seigneurie de Châteauneuf, dépendante à la fin du XIIe de la maison d'Issoudun, frontalière et rivale de Charenton. S'il n'est pas permis de se livrer à un exercice d'histoire-fiction, il n'est pas complètement exclu que la forteresse d'Aiguemorte ait été le témoin d'une échauffourée entre deux bandes de féodaux adversaires, comme notre documentation nous en révèle l'existence pendant toute la période féodale, impliquant souvent de jeunes seigneurs ravis d'en découdre avec des gens de leur condition, mais maltraitant aussi au passage des prêtres et des moines.

aiguemorte

La possibilité que le jeune Ebe, encore adolescent mais parfaitement capable de manier l'épée ou la lance, ait pu être mortellement blessé à la frontière de ses futurs domaines, est un scénario qui peut venir compléter celui de la noyade dans les eaux croupies des méandres du Cher. Dans les deux cas, la toponymie conforte ces modèles.

 


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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 08:25

guerluchon
Les amateurs de traditions populaires iront avec beaucoup de profit visiter le blog de Sirius et plus particulièrement l’article dont le lien suit
 

le saint Guerluchon de Billeron


qui permet de découvrir, dans les alentours de Sainte-Solange, une représentation quasi-inédite de saint Guerluchon, que nous avions cité dans un article dédié à saint Vit.

C’est l’occasion de ressortir de mes archives une vieille photographie de la plate-tombe du chevalier Guillaume de Naillac, dans l’église de Gargilesse, dans l’Indre, qui servit (sert encore, peut-être?) de support à la vénération d’une entité spirituelle atypique, censée rendre virilité aux hommes et fécondité aux femmes.

Manifestement, nos prédécesseurs ont choisi dans leur environnement monumental des statues promises à une tout autre fonction que de matérialiser la ferveur pour un saint populaire, et leurs ont attribué des pouvoirs surnaturels. Dans l’esprit, cette démarche n’est pas très éloignée des vertus imputées à une image -tableau ou statue- de la Vierge visible pendant des siècles dans le cloître du couvent des Carmes de Saint-Amand-Montrond, censée avoir des pouvoirs miraculeux.

Il est bien entendu que la contribution de mon confrère auteur du blog sur Veaugues et mes propres articles ont pour seule ambition de compléter la culture de nos lecteurs sur une superstition d’origine probablement païenne et ne sont en aucun cas une incitation à passer outre la Médecine pour remédier à certains maux. 

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5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 15:53

diable-rouge

C’est une question récurrente à laquelle beaucoup de chercheurs en Histoire ont eu tôt ou tard à répondre au cours de leur carrière: le Berry fut-il ou non une terre de sorciers?

La région porte en effet le lourd fardeau de passer pour un lieu où le Diable aurait eu plus de suppôts qu’ailleurs et, le Moyen-âge apparaissant souvent dans les représentations mentales comme une période où les serviteurs des forces démoniaques auraient eu une activité débordante, il serait presque logique d’imaginer les campagnes berrichonnes médiévales comme une antichambre de l’Enfer.

Tordons donc le cou, comme le disait mon maître Jean Tricard, à une idée reçue. Les régions du Centre ne se distinguent en rien des autres territoires français dans les siècles ayant précédé la Renaissance. Même si la documentation ne peut rapporter avec fidélité la complexité et la variété des rapports humains et sociaux pendant un millénaire d’Histoire régionale, je n’ai jamais trouvé trace, ni dans les chroniques ni dans les chartes monastiques d’allusion à une quelconque activité satanique ou magique dans les limites de l’ancien archevêché berruyer. Les seules pratiques pouvant s’apparenter à la magie sont du domaine de la médecine populaire, sous forme d’empoisonnements, comme dans le cas de la dame de Bommiers, dont nous avions disserté il y a quelques semaines, ou d’activité de rebouteux, comme cette femme dénoncée par les chanoines de Saint-Sylvain de Levroux pour avoir soigné des malades atteints du feu de saint-Sylvain. 

Le Diable est pourtant bien présent en Berry, mais il n’est pas révélé par des pratiques occultes. Il naît du ciseau des sculpteurs sur les portails des grands sanctuaires urbains ou de la palette des maîtres-verriers dans les vitraux de la cathédrale de Bourges. Il n’est pas séducteur, mais au contraire épouvantail pour les pêcheurs en quête de rédemption. Dans les campagnes ordinaires, la où la foi chrétienne est contrainte de s’accommoder des multiples survivances héritées d’un passé antérieur à l’évangélisation de la Gaule, il n’est même pas sûr que les ruraux aient eu la faculté de distinguer clairement l’opposition manichéenne entre le Bien et le Mal, entre Dieu et le Diable. De là à invoquer ce dernier jusqu’à en finir sur le bûcher, il y a un abîme qui a été généreusement comblé par quelques férus d’occultisme. L’historien, à mon humble avis, n’a pas à les suivre sur ce terrain approximatif.



note: le mariage de raison entre le Berry et la sorcellerie date de la grande mode de la fin des années soixante pour le paranormal quand les pistes de Nazca, le triangle des Bermudes, les Ovnis et la réincarnation des tibétains passionnaient lecteurs et téléspectateurs. La région, en pleine déprise économique, s’est repliée sur une image de terre de sorcellerie prête à consommer, au risque d’y perdre une part de son identité et de son âme.

Les grands procès de sorcellerie, en France datent plus de la Renaissance et de la Réforme que de la période précédant la chute de Constantinople et la découverte du Nouveau-monde;

Sorcerers and magicians in medieval Berry 

Bruxos e bruxas em Berry

Las brujas y los magos en Berry

Streghe e maghi in Berry

Hexen und Zauberer in Berry

Czarownice i czarodzieje w Berry

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28 décembre 2009 1 28 /12 /décembre /2009 18:45

sain-Vit
La période des Fêtes m’a semblé propice à l’évocation de certains cultes ruraux pratiqués dans les campagnes du Berry jusqu’à des périodes très récentes, et dont les racines semblent plonger jusqu’à un substrat initial antérieur à la christianisation.

Comme partout, l’Église a proposé à l’adoration des foules de reliques qui assuraient une médiation entre l’espace terrestre et la sphère divine. Beaucoup de ces reliques étaient réputées avoir été des objets ou des pièces osseuses ayant appartenu à des saints parfaitement identifiés jusque dans les récents bréviaires. Le pouvoir de ces reliques était censé s’étendre à plusieurs domaines de la vie quotidienne, de la protection des récoltes et des biens à celle des individus. L’univers spirituel des berrichons laissait aussi une large place à des personnalités plus ambiguës, dont la genèse échappait le plus souvent à la mémoire écrite, et qui frappent par leurs similitudes avec des divinités antiques antérieures à l’empereur Constantin.

Parmi ces saints invoqués dans les campagnes les plus isolées du sud de la région se distingue saint Vit, qui agissait dans le domaine spécifique de la virilité. Gens simples et surtout pratiques, les berrichons attribuaient à certains saints des vertus homonymes de leur nom. Ainsi saint Lactensin était-il prié pour aider les jeunes mères à allaiter leurs nouveau-nés, saint Genou pour des problèmes articulaires de la jambe et saint Aignan pour combattre la teigne, grâce à la liaison. Saint Vit, comme son nom l’indique, était réputé rendre quelques services aux hommes qui avaient, comme le dit cette jolie formule médiévale, l”aiguillette nouée”. Pudiquement confondu avec saint Guy, actif pour des symptômes d’agitation et de fébrilité, saint Vit se décline en saint Vic (nom porté par la grange de l’abbaye de Noirlac située près de l’ancienne ville de Saint-Amand-Montrond, et en saint Vitte, éponyme d’une paroisse proche d’Epineuil, autrefois nommée Fleuriel, d’où le toponyme d’”Epineuil-le (près de)-Fleuriel. Il est permis de supposer qu’une relique du saint était déposée dans l’église de cette petite bourgade rurale et que le prestige de ce micro-pélerinage a effacé l’ancienne appellation du lieu.

Le saint Vit berrichon ressemble étrangement à son homologue bourbonnais, saint Greluchon (prononcer Guerluchon) dont une statue était naguère visible dans l’église de Bourbon-l’Archambault. L’objet de culte, aux dires des folkloristes, était muni d’un vit de bois que les femmes désireuses d’avoir des enfants venaient peler au couteau pour en tirer des copeaux qui, mélangés à des vin, auraient eu la propriété de restaurer leur fécondité.

Ces curiosités pratiquées par nos ancêtres rappellent le culte que les romains vouaient au dieu Priape et permettent de mesurer la distance qui séparait le culte romain des rites religieux en usages dans nos campagnes, et combien était fragile le vernis de la christianisation de la Gaule, associant à des personnages bibliques tout un panthéon de petites divinités d’origine antique dans un métissage spirituel d’une richesse dont on ne soupçonne qu’une faible part aujourd’hui.


Saint Greluchon est aujourd’hui détenu par un collectionneur anonyme, ayant été dérobé dans sa niche et il n’ existe à ma connaissance aucune icône de saint Vit aussi ai-je été chercher dans l’église Lorris, à l’est d’Orléans, l’illustration de cet article.

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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 21:55

incendie

Région peu peuplée et presque muette en récits événementiels pendant le premier âge féodal, le Berry s’est pourtant distingué dans une partie de la Chrétienté en 1038 lorsque son évêque, Aimon, prit les armes pour imposer par la violence le principe des Paix de Dieu. Les événements, connus par les récits des chroniqueurs de deux abbayes, Déols et Fleury, éclairent de manière inattendue l’histoire d’une seigneurie du sud du département du Cher.

Le lecteur trouvera dans la littérature érudite de nombreuses analyses des événements qui agitèrent Bourges en 1038. Appliquant de façon autoritaire les principes du concile de Charroux appelant le clergé à se manifester pour que cessent les conflits féodaux endémiques dans les régions d’Occident, l’archevêque de Bourges leva une armée d’habitants de sa cité qu’il plaça sous ses bannières. Prenant lui-même la tête de deux expéditions, il conduisit une première fois ses troupes aux portes d’un château non identifié, qu’il fit incendier, puis dirigea la masse de son armée vers la citadelle de Châteauneuf, en vallée du Cher, théâtre d’un conflit entre le vicomte de Bourges et le seigneur de Déols. La bataille qui suivit vit la défaite des berruyers, bousculés et massacrés par l’ost déolois. Si le second épisode est bien étudié grâce aux croisements des sources narratives, c’est plus sur la première expédition que je souhaite m’arrêter ici.

Le récit du chroniqueur bénédictin de Fleury indique que l’archevêque fit assiéger le château de “Bennecy” dans lequel périrent par le feu quatorze personnes, dont des enfants et des femmes enceintes. Son propriétaire, un nommé Étienne, fut capturé et emprisonné à Bourges. La question qui se pose est de savoir où s’est déroulée cette attaque, le nom de Bennecy ne renvoyant directement à aucun toponyme actuel.

De toute évidence, le château brûlé était en bois et certainement sur motte. Au début du XIe siècle, peu de seigneuries berrichonnes peuvent assurer l’élévation d’un tel système défensif. Ces fiefs primitifs évoluent dans les siècles suivants et leur histoire peut être suivie dans la documentation parfois jusqu’à la Révolution Française. Partant de ce principe, on peut émettre l’hypothèse que le nom rapporté par le moine de Fleury, lui même absent lors des faits, a été déformé par le bouche-à-oreille et n’est que l’écho du toponyme d’origine désignant une grande maison féodale régionale. En étudiant de près la toponymie de la contrée, on remarque qu’une seule seigneurie, Bannegon ou, dans sa forme primitive “Bennegon”, possède deux syllabes communes avec le nom donné par la Chronique de Fleury.

Cette très ancienne place-forte était le fief de la famille de la Porte connue dès 1032 (soit six ans avant les expéditions de l’archevêque) grâce à un acte du chartrier de l’abbaye Saint-Sulpice de Bourges et son premier seigneur identifié, Beraldus de Porta, est nommé sur la même liste de témoins que le vicomte de Bourges. Sachant que Bannegon est tout proche de la ville de Dun, ancienne possession de la vicomté de Bourges, et que l’archevêque Aimon organisa sa seconde expédition à Châteauneuf, autre possession du vicomte de Bourges menacée par les entreprises des Déols en vallée du Cher, nous tenons un autre indice qui confirmerait que Bannegon fut bien la première place détruite par le feu sur ordre de l’archevêque de Bourges.

Il ne reste aujourd’hui rien, à notre connaissance, de la probable motte qui devait porter la citadelle incendiée. Le site est aujourd’hui occupé par une puissante demeure fortifiée dont la construction a certainement effacé les traces de l’occupation primitive du lieu et le souvenir des horreurs qui s’y produisirent au nom de Dieu.

Bannegon

 

château de Bannegon (Cher)


 

(note)

Il est permis de s’interroger sur les motifs qui poussèrent l’archevêque Aimon à se comporter plus comme chef de guerre que comme chef de l’Eglise de Bourges. Il n’est pas anodin que cet homme ait grandi dans la puissante famille de Bourbon. Premier cadet du seigneur Archambaud de Bourbon, Aimon, en cas de décès de son frère aîné, aurait eu à assumer la fonction seigneuriale à la mort de son père et a été baigné toute sa jeunesse dans un monde de guerriers. C’est cette culture de l’épée plus que celle de la paix qui pourrait avoir resurgi lorsque qu’il prit le parti du vicomte de Bourges, son voisin et allié, dans deux conflits typiquement féodaux.

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5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 10:12


L’année 1252 restera pour les contemporains une de celles qui virent brûler Bourges. On ignore l’ampleur de la dévastation et le nombre des victimes qui furent déplorées dans les quartiers de la cité archiépiscopale mais les archives judiciaires du royaume livrent un éclairage particulier sur l’événement en évoquant l’émeute qui se produisit à la suite de cette catastrophe.

Le lecteur comprendra qu’il m’est difficile de me livrer à un exercice d’histoire-fiction en inventant des scenarii dont le détail est absent des chroniques de l’époque. Tout au moins sait-on qu’à la suite de la destruction de la ville se produisit une émeute qui visa la maison de l’archevêque, qui accueillait à ce moment un légat du pape. Les deux prélats furent malmenés et la foule alla jusqu’à leur jeter des pierres.

Cet acte de lapidation déclencha une réaction de Saint Louis, qui comptait Bourges parmi les possessions du domaine royal. Le roi de France fit arrêter de nombreux habitants, imposa une amende de 300 livres à la ville et ordonna une enquête pour déterminer l’identité des auteurs de ce soulèvement populaire. 

Le texte du jugement ne fournit pas de renseignements sur les raisons qui poussèrent les émeutiers à diriger leur colère vers les personnes de l’archevêque et de son hôte, mais on peut supposer que, comme lors d’autres catastrophes, y compris récentes, frappant la population, le désarroi des victimes s’est mué en révolte à l’encontre du pouvoir, matérialisé à Bourges par des officiers royaux et par le prélat berruyer. On remarque tout d’abord que la foule s’en prit à la maison de l’archevêque, ce qui prouve que le palais épiscopal ne fut pas la proie des flammes. Ceci peut avoir attisé la jalousie de gens ayant tout perdu dans le sinistre.

La présence du légat du pape a pu être l’occasion de frais de réception exceptionnels, supportés par le temporel de la cathédrale de Bourges, qui peuvent avoir aussi exaspéré les victimes de l’embrasement de la cité.

Il n’est pas possible non plus d’évaluer la réaction de l’archevêché après la catastrophe. L’église de Bourges chercha t-elle à secourir les plus démunis, ou négligea t-elle les sinistrés? Y eu t-il un allégement de la pression fiscale pour soulager les plus pauvres des contribuables ou au contraire l’administration épiscopale maintint-elle ses exigences malgré l’appauvrissement de la cité consécutif à l’incendie? 

La vérité doit se situer quelque part entre ces diverses hypothèses. Il demeure que cette affaire moins connue que les grands troubles urbains du XIVe siècle mériterait une approche documentaire et archéologique plus méthodique que cette brève analyse.
Bourges brûla à nouveau cinq ans plus tard, puis en 1353, 1407, 1463, 1468 et enfin en 1487. 

The great Bourges burning and riot (1252) 

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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 10:43



Je saisis l’opportunité de ce jour férié en souvenir de la fin de la Grande guerre pour évoquer un patrimoine saint-amandois dont le destin fut lié, d’une certaine manière, à cette terrible période.

Il existait en effet à Saint-Amand-Montrond trois châteaux. Le plus ancien, dit “Vieux château”, date du XIe siècle et est encore matérialisé par les vestiges de sa motte, dans le centre-ville. Le deuxième est la forteresse de Montrond, juchée sur sa colline éponyme, qui fut en son temps une des plus grandes grandes places-fortes de la région, et dont il reste des ruines qui donnent une bonne idée de son importance passée. Le troisième, bien que des trois ayant été celui qui traversa le mieux le temps, a aujourd’hui complètement disparu du paysage, et sa démolition n’est pas étrangère, d’après la tradition orale, à la présence de troupes américaines à Saint-Amand en 1917-18. Voici les détails du dossier de la disparition du manoir du Vernet.

Au nord de Saint-Amand, sur la rive droite de la Marmande fut construit au XVe siècle un joli manoir qu’on peine à qualifier de château tant la sécurité semble avoir été le cadet des soucis de son commanditaire. J’ignore si cette seigneurie était d’origine plus ancienne, n’ayant trouvé aucune pièce antérieure à 1413, date à laquelle le noble homme et damoiseau Jean de la Châtre, seigneur du Vernet, accorde une donation à l’abbaye de Noirlac. 

Le manoir du Vernet est typique de ces belles demeures de la fin du Moyen-âge. Sa façade, orientée vers le sud, était percée de plusieurs fenêtres dont une très belle lucarne Renaissance. Une tour d’angle abritait un escalier tournant qui distribuait les deux étages et qui finissait par un probable pigeonnier. L’ensemble était complété par des bâtiments d’exploitation agricole plus récents et par un oratoire sur lequel nous reviendrons plus loin.

Cette jolie demeure médiévale, connue des saint-amandois et popularisée par une série de cartes postales -précieuses pour la connaissance de l’édifice- séduisit, d’après la tradition, un officier américain venu en garnison à Saint-Amand afin de s’entraîner avant de partir vers le front. Les américains, en particulier, faisaient des exercices aux gaz dans la salle de garde souterraine à l’entrée de la forteresse de Montrond. C’est donc l’un d’eux qui négocia avec le propriétaire du Vernet l’achat de la bâtisse et qui ordonna son démontage. Le manoir du Vernet fut ainsi abattu en 1919 et partirent peut-être vers le Nouveau monde ses pièces architecturales les plus remarquables: pierres de taille, cheminées, sculptures, escalier et sans doute charpentes. Le reste des murs fut rasé et les déblais jetés dans quelque carrière.

Là, les versions divergent quelque peu. On m’a affirmé que le château avait été reconstruit quelque part en Amérique -ce qui est assez vague- mais une autre source prétend que pour d’obscures raisons les pierres n’auraient pu être embarquées par un cargo à destination des ports américains et que les vestiges de notre manoir auraient été dispersés à Saint-Nazaire. Ainsi s’achève l’épopée connue de la demeure de Jean de la Châtre, damoiseau du Vernet.

 


L’oratoire Notre-Dame de Pitié


Bien que complètement remanié depuis 1918, le quartier du Vernet a conservé un petit édifice cultuel dépendant de l’ensemble démantelé, peu connu car isolé dans une zone néo-urbanisée entre des pavillons et un plateau sportif, l’oratoire Notre-Dame de Pitié. Cet oratoire surélevé est d’un facture assez rare dans la région et mérite, pour celui qui saura le découvrir près de la piste du vélodrome, le coup d’œil. La niche principale abrite une piéta en pierre polychrome du XVIIe siècle.


 

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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 08:20


modillon de l'église de Saint-Germain-des-Bois

Voici une étrange affaire révélée par les archives de la cour de justice royale et impliquant directement les cisterciens de Noirlac. L’histoire se déroule à Saint-Germain-des-Bois, petite paroisse située au sud de Bourges, dans laquelle les moines de Noirlac étaient détenteurs de dîmes novales, c’est à dire de dîmes prélevées sur des terres défrichées depuis moins de quarante ans. Ces rentes étaient partagées avec le curé de la paroisse, dépendant de l’église collégiale de Saint-Pierre-le-Puellier, de Bourges.

On ignore l’origine de la dispute entre les deux établissements religieux, mais on peut supposer qu’elle avait été annoncée car le bailli de Berry était présent sur place pour mettre le curé de Saint-Germain sous la protection du roi lorsqu’une troupe composée de moines et convers de Noirlac accompagnés de complices clercs et laïques s’en pris au curé et à l’officier royal. Tandis que le curé était battu à mort, le bailli subissait lui-même l’assaut de plusieurs agresseurs tentant de le désarçonner. Circonstance aggravante: la présence de l’abbé de Noirlac en personne, qui ne tenta pas de retenir ses gens et qui se rendit ainsi coupable de complicité de meurtre et d’agression envers un représentant du roi, soit un délit s’apparentant à un crime de lèse-majesté.

L’enquête fut confiée à une double juridiction: la justice royale d’une part et l’Official de Bourges, compétent dans les affaires judiciaires impliquant des clercs. Convaincue par les conclusions de l’enquête, la cour de justice du roi prononça des peines très sévères à l’encontre du monastère cistercien. Noirlac se vit condamné à payer 800 livres tournois envers le curé de St Germain, 500 livres envers le roi, 20 livres d'amende pour injure au prieur et au chapitre de Saint-Pierre-le-Puellier et 20 livres envers le bailli victime de l’agression.

On supposera que les 800 livres dues au curé revinrent en partie aux ayant-droits de la victime.

Redoutant que Noirlac ne tarde à s’exécuter, le roi Philippe le Bel alla encore plus loin le 14 janvier 1317 en mettant sous séquestre tous les biens temporels de l'abbaye jusqu'à complet paiement. de l’amende.

Une lettre est même envoyée à l'abbé de Cîteaux pour lui demander de punir les moines, les convers et leurs complices. Si l'abbé ne s'exécute pas, le roi menace d'appliquer lui même des sanctions.

Cette affaire, comme on peut le voir, éloigne encore un peu plus l’abbaye de Noirlac de son image d’univers contemplatif presque parfait que certains se plaisent à décrire et rappelle l’historien à la réalité du quotidien médiéval. L’abbé de Noirlac se conduit avec une brutalité qui pourrait bien être le reflet de la pauvreté et des temps difficiles que son abbaye traverse en ce début de XIVe siècle. Le début de cette longue dépression économique qui conduit à France à affronter des soulèvements populaires, des disettes et des épidémies a pu commencer à se faire sentir en Berry assez précocement et peut expliquer, à défaut de justifier, que des ecclésiastiques issus pour la plupart de la noblesse locale se soient comportés comme de vulgaires voyous.





 

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