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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 09:00

Vous aurez sans doute remarqué sur de nombreuses églises des régions du Centre des stries plus ou moins profondes dans les pierres des murs extérieurs, souvent près de la porte du sanctuaire. Cette curieuse coutume indatable est souvent interprétée comme le souvenir du temps où les bouchers du village venaient effiler la lame de leurs couteaux et les paysans redonner un tranchant à leurs outils de travail. Si une telle explication pourrait être admise sur des édifices construits dans des grès fins, on comprend bien vite que sur des églises de granite à granulométrie irrégulière, ou de calcaire tendre, la thèse de l'origine utilitaire ne peut être avancée. De plus, on observe des grattages en cupules sur certaines pierres.

 

Plusieurs observateurs et connaisseurs des traditions populaires ont soumis l'hypothèse d'une pratique liée à la présence, parfois temporaire, de reliques dans les églises concernées. Des pèlerins, de passage dans les parages, auraient pu gratter quelques grains des murs des églises pour les ajouter à d'autres souvenirs pour se constituer un objet de culte, ou un talisman primitif rappelant les enseignes de pèlerinage parfois décrites dans des rapports de fouilles. Une autre thèse, tout aussi intéressante sans être contradictoire, évoque la constitution de petits talismans destinés à protéger les habitations, les récoltes, le cheptel, par des habitants du cru plaçant leurs biens sous la sauvegarde du Saint dont les reliques auraient pu être exposées dans l'église. L'eau bénite placée dans des petites urnes, ou même des haches polies néolithiques perçues comme des pierres de foudre auraient joué le même rôle protecteur.

Préparant ma conférence sur la médecine et les miracles en Berry, j'ai eu la surprise de mesurer combien nous étions mal renseignés sur ce phénomènes des reliques dans les églises rurales. Des auditeurs, souvent généalogistes, m'ont signalé certaines de leurs découvertes pour la période post-médiévale qui laissent supposer une abondance insoupçonnée de reliques si modestes que la littérature les ignore la plupart du temps mais qui ont occupé une place considérable dans le quotidien des anciens paroissiens des campagnes du Centre. Les marques d'usure sur le mur des églises pourrait être l'indice d'une activité spirituelle populaire plus que la trace de la friction des lames des outils des gens d'autrefois.


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Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine religieux
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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 10:52


Soye-l'église

l’observation détaillée des édifices religieux médiévaux nous livre de nombreuses traces d’une des préoccupations quotidiennes des gens d’autrefois: la mesure du temps. C’est ainsi qu’on note un peu partout les restes de cadrans solaires primitifs gravés sur des pierres du flanc Sud des lieux de culte où se déroulaient plusieurs messes quotidiennes. 

Plusieurs cas de figure se présentent. Sur certains édifices, on ne trouve qu’un cercle gravé, souvent tracé au compas, muni d’un orifice central dans lequel venait s’insérer une baguette quelconque faisant office de style. L’ensemble est assez soigné et montre que l’auteur du dessin disposait au moins d’un compas à pointe métallique, d’une équerre pour tracer les demi-cercles etd’ un outil muni d’un trépan pour forer la pierre. On peut supposer que ces gnomons datent de la conception du bâtiment qui les porte.

Un autre modèle beaucoup plus rudimentaire trahit l’improvisation et le manque de savoir-faire de celui qui a entrepris leur gravure. Il s’agit de cadrans tracés à main levée avec une pointe métallique ou une pierre dure, présentant des lignes rayonnantes à partir d’un orifice central en général placé à la jointure entre deux pierres. Ils témoignent de la volonté du graveur improvisé de diviser la lumière du soleil en trois ou douze séquences, mais avec un manque complet de précision. Plutôt que de classer ces marques dans la catégories des graffiti, parfois abondants sur les églises, il me semble plus juste de les interpréter comme des souvenirs de la débrouillardise d’anciens officiants privés d’instrument de mesure du temps pour régler le rythme des offices diurnes.

On voit que les deux modèles se concurrencent parfois sur une même chapelle. Peut-être doit-on invoquer l’absence initiale de gnomon, ou sa destruction pour des causes inconnues, compensée à l’initiative des usagers du lieu cultuel par un cadran de fortune vite gravé dans l’attente du passage d’un artisan tailleur de pierre capable de tracer quelque chose de plus soigné. 

On comprend que l’arrivée des première horloges dans les églises (un modèle très ancien est encore en fonction sur la façade de l’église de Drevant, dans le Cher) a dû être une petite révolution pour les clercs comme pour leurs paroissiens.

Soye-l'église

 
 Saint-Georges-de-Poisieux

Gnomon à trois repères, indiquant les trois angélus?

 
 Saint-Georges-de-Poisieux 
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Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine religieux
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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 19:28

J’attire l’attention des lecteurs de ce blog sur deux manifestations que j'ai eu le plaisir d’animer autour du thème “Médecine et miracles en Berry au Moyen-âge”.

Le premier rendez-vous était fixé le jeudi 9 avril 2009, salle de l’auditorium de l’I.U.T. d’Issoudun, à l’invitation du Centre Universitaire du Temps Libre d’Issoudun.

Le même thème a été abordé le vendredi 24 avril 2009, à 20h30, à la salle des fêtes de Neuilly-en-Sancerre à l’initiative de l’association “Au cœur du sujet”.

Il me semble important de préciser ma position d’historien afin de dissiper tout éventuel malentendu sur le contenu de ces deux conférences. Je suis enseignant dans l’Education nationale, et à ce titre porteur et garant de valeurs laïques auxquelles je suis très attaché. Mes conférences s’adressent indifféremment à un public de croyants et de mécréants et respectent la sensibilité de chacun. Tous les miracles décrits sont pour moi du domaine du fait religieux, et je ne peux me prononcer sur la validité des situations exprimées par les anciens chroniqueurs. Ces récits sont pour l’historien une voie privilégiée pour explorer le quotidien des hommes et des femmes qui ont foulé cette terre quelques siècles avant nous.

Il me semble aussi important d’être très clair sur la forte connotation médicale du sujet de mes interventions. Toute personne pouvant espérer y trouver une réponse à ses problèmes de santé doit se rapprocher du corps médical, et non pas d’un chercheur en histoire médiévale. Je ne ne délivre aucune recette perlimpimpinnesque ou savoir abracadabrantesque, et n’ai rien à vendre, seul le plaisir de faire partager aux auditeurs le contenu de mes recherches.
 

 
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Published by Olivier Trotignon - dans conférences
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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 09:25


Unique à notre connaissance dans le sud du Berry, la pierre de la dîme visible sur le site de l'ancien prieuré de Souages, commune de Morlac, dans le Cher, est peu connue du grand public. Taillée dans un bloc de calcaire, cette pierre de mesure demeure le dernier vestige d'un prieuré connu dès le XIe siècle, dépendant de l'abbaye bénédictine de Chezal-Benoît. Reconstruite à la fin du Moyen-âge, la chapelle du prieuré était encore debout il y a quelques années jusqu'à ce que son état de ruine avancé décide les propriétaires à la faire abattre. 

 

Les différentes étapes de l'occupation de la petite fondation bénédictine ne permet pas de savoir si la pierre visible actuellement sur place est d'origine médiévale, ou s'il s'agit d'une copie moderne d'une ancienne pierre à capacité datant des premières années du prieuré. L'excellent état de conservation de l'objet peut aussi s'expliquer par une disposition primitive sous un abri couvert aujourd'hui disparu.

On ne peut légitimement qu'être attentif à la sauvegarde de ce souvenir du système fiscal féodal. La pierre est exposée aux intempéries, et les bassins retiennent l'eau. Une très forte gelée hivernale pourrait provoquer des dégâts regrettables sur l'alvéole principale, un simple auvent de bois couvert de tuiles de pays semblerait une solution peu onéreuse pour mettre à l'abri ce vestige sans le soustraire à l'intérêt des visiteurs.
 

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Published by Olivier Trotignon - dans histoire locale
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28 février 2009 6 28 /02 /février /2009 22:14

Fils d'André de Chauvigny, désigné comme seigneur de Châteauroux par le roi d'Angleterre et de Denise de Déols, seule héritière directe du vieux lignage féodal castelroussin, Guillaume de Chauvigny, à son tour seigneur, mena une politique très active dans la vallée du Cher dès le début du XIIIe siècle. On trouve plusieurs traces de son activité diplomatique dans les chartriers de diverses abbayes, dont les Pierres et Noirlac, mais aussi un vestige beaucoup plus concret de ses possessions dans les paroisses de Marçais et Morlac sous forme d’un blason scellé dans la façade de l’église de Morlac. Cette pierre blasonnée reproduit fidèlement les armoiries de ce personnage telles qu’elles sont décrites dans la littérature spécialisée, qui semble souvent ignorer l’existence de ce motif héraldique, taillé dans un calcaire local, sans trace de polychromie.

On ne connaît pas avec certitude l’origine de la sculpture, qui parait avoir été placée là tardivement, mais on sait que Guillaume possédait des terres à Chevronnes, un lieu-dit de la commune de Marçais, au Châtelet, tout proche et à Boisroux, dont il rédige la charte de franchise conjointement avec l’archevêque de Bourges Simon en 1226. La présence de ses armoiries dans ce secteur du Boischaut n’a rien d’étonnant même si on doit souligner la rareté de l’opportunité qui nous est donnée de croiser des sources historiques et héraldiques.


Il faut signaler l’existence d’un blason identique visible sur un mur de la forteresse de Brosse, aux confins des départements de l’Indre et de la Haute-Vienne.

 

 

 

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Published by Olivier Trotignon - dans politique-société civile
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24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 09:05

En presque trente années de recherches sur le terrain, comme amateur, fouilleur ou historien dans le cadre de mes recherches universitaires, j'ai été à plusieurs reprises confronté à des témoignages de découvertes de trésors. Au milieu de quelques sympathiques histoires plus proches de l'univers des pirates de bande dessinée que de l'archéologie se détachent quelques trouvailles fortuites qui éclairent une partie de l'histoire du Berry à la fin du Moyen-âge.

Une première cache métallique fut mise au jour à Saint-Amand-Montrond lors de la démolition, rue de l'Hôtel-Dieu, dans le quartier ancien de la ville, d'un bâtiment de nature imprécise sur le site de l'entreprise de carrosserie Valette. Cette trouvaille fut étudiée et acquise par le numismate saint-amandois Raymond Soulat, qui dispersa la plus grande partie de la collection. Les trois monnaies illustrant cet article proviennent de ce premier lot.

Un second trésor pourrait avoir été soustrait à l'attention de son légitime propriétaire lors de travaux de maçonnerie réalisés sur une ancienne bâtisse du quartier de la place du marché, toujours à Saint-Amand. Un artisan maçon, décrépissant un mur, aurait trouvé un bouchon de mortier sonnant le creux à la base d'un mur. En piquetant l'endroit, un nombre important de pièces d'argent se serait alors écoulé sur le sol. Flairant la bonne affaire, l'ouvrier -d'après le témoin qui m'a raconté l'histoire- aurait alors laissé tous ses outils sur le chantier, rempli sa caisse à outils avec le produit de son larcin, et regagné son domicile. Les détails tels qu'ils m'ont été rapportés semblent assez précis pour accorder, toujours avec les précautions qui s'imposent, un certain crédit à ce récit. La personne qui m'a conté l'anecdote a en outre reconnu dans les pièces de la rue de l'Hôtel-Dieu les mêmes espèces que celles dérobées par l'artisan.

Dans les deux cas nous nous trouverions donc devant des caches contenant un nombre indéterminé de pièces d'argent de l'époque Charles VII / Louis XI, que les propriétaires n'ont jamais récupérées, signe en général d'événements traumatiques comme des morts violentes, des départs précipités ou des ravages épidémiques. Le trésor de la rue de l'Hôtel-Dieu contenait -c'est peut-être un indice- des monnaies d'excellent métal, bien différent de l'argent appauvri qui a permis de frapper certaines pièces de monnaie à cette période.

Deux pistes doivent être envisagées pour expliquer ces mises à l'abri de sommes d'argent. La peur de dévaluation monétaire: des riches bourgeois soustraient aux appétits des agents royaux des métaux fortement titrés pour éviter leur échange avec des pièces de même valeur faciale, mais plus pauvres en métal noble. La crainte de pillages dans le contexte politique fortement agité de la Guerre de Cent ans, mal étudiée dans la région, peut être aussi une cause suffisante à la constitution de cache numéraires. 

On ne trouve aucune trace de pièces d'or, signe peut-être que le commerce local n'était pas assez florissant pour attirer la circulation de monnayages de grande valeur, ou qu'on les conservait dans des cassettes plus facile à emporter avec soi en cas de danger.

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Published by Olivier Trotignon - dans économie
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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 10:18

Il me paraît intéressant de signaler l'existence d'un petit guide très utile pour découvrir le patrimoine cistercien en Berry. Publié il y a une dizaine d'années à l'occasion du colloque cistercien de Bourges au printemps 1998 par un quatuor de spécialistes du patrimoine régional, il permet au promeneur averti de programmer quelques passionnantes visites des sites cisterciens accessibles au public, et de disposer d'un panorama complet du phénomène cistercien dans les départements du Cher et de l'Indre.
Bien que située sur le territoire de l'actuel département de l'Allier, l'abbaye féminine de Bussière profite d'une petite notice.
Cette édition de référence d'une cinquantaine de pages doit être disponible dans les librairies spécialisées et à la boutique de l'abbaye de Noirlac.


 
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Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine religieux
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14 février 2009 6 14 /02 /février /2009 09:20



Que le lecteur veuille bien me pardonner ce titre quelque peu décalé pour initier le premier chapitre d’une série d’invitations à la découverte du patrimoine médiéval autour de la célèbre abbaye de Noirlac. 

Il me semble intéressant de pouvoir conseiller quelques monuments très proches du site cistercien aux visiteurs connaissant peu les ressources patrimoniales de ce secteur de la vallée du Cher. Quittant noirlac, il est possible en quelques minutes d’atteindre trois sites remarquables et à mon sens injustement méconnus des amateurs d’architecture médiévale tant religieuse que civile et militaire. Le premier détour proposé est situé à quelques kilomètres au nord de Noirlac, au prieuré d’Allichamps.

Je ne peux m’empêcher de penser à ce vieil habitant du village de Bruère qui m’expliqua un jour, assez laborieusement, comment un chef arabe du nom d’Ali avait campé dans un champ près de son village; la postérité en ayant gardé le souvenir en baptisant la place le “Champ d’Ali”, devenu Allichamps. Le brave homme aurait certainement été surpris si on lui avait annoncé devoir aller chercher aux Champs-Elysées l’origine du toponyme en question. Plusieurs actes du chartrier de Noirlac montrent sans ambiguïté que le nom “Elyseis Campis” était encore employé pour désigner le lieu aux XIIe et XIIIe siècles.

C’est bien sûr à l’Antiquité que remonte le nom du site, reconnu depuis longtemps comme un vaste périmètre funéraire en bordure de la voie antique qui franchissait certainement le Cher à cet endroit. Des stèles funéraires assez nombreuses (il en reste une scellée dans la façade du prieuré), des vestiges gallo-romains dans les champs alentours, une grande nécropole mérovingienne repérée lors du chantier de l’autoroute A71, des sépultures fouillées dans le sol même du prieuré, démontrent l’importance de la vocation tumulaire de l’endroit, sans qu’on puisse vraiment l’expliquer en absence de toute synthèse sur les découvertes archéologiques faites sur place.

C’est ce lieu que choisirent les moines de l’abbaye de Plaimpied pour y fonder un prieuré dont la qualité des bâtiments reflète soit la générosité des donateurs laïcs soit la prospérité de ce lieu de passage. De cette fondation subsiste une grande partie de la chapelle prieurale, devenue une simple grange après la Révolution, et aujourd’hui encore défigurée par d’affreux hangars agricoles mitoyens. Abstraction faite de ces nuisances visuelles, le visiteur trouve sur place un très beau bâtiment construit en pierre de taille et partiellement couvert de dallettes de calcaire. Si l’abside latérale droite a été éventrée pour laisser passer les charrettes de foin, le chevet est remarquable de par son équilibre et la présence de nombreux modillons. L’intérieur de la chapelle recèle des chapiteaux sculptés de grande qualité, ainsi qu’une crypte.

Il est possible que ce lieu ait perdu de son importance stratégique au moment de l’abandon du passage de la voie ancienne par le gué du Cher au profit d’un nouvel axe se dirigeant vers Saint-Amand, nouveau pôle économique à partir du XIe siècle, passant sous les murs de la cité médiévale de Bruère, sur laquelle nous nous attarderons dans un futur chapitre, et par Noirlac.

Le prieuré d’Allichamps est la propriété de la commune de Bruère-Allichamps. Il est classé Monument Historique. Depuis plusieurs années, des bénévoles ont réalisé une remarquable remise en valeur du site, qui mérite vraiment un détour.

 

 


 

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Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine religieux
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8 février 2009 7 08 /02 /février /2009 21:44


Le contenu de ce blog est en général peu sensible à l'actualité mais il m'a semblé utile de réagir à une découverte faite cet après-midi lors d'une sortie en quête de photographies destinées à illustrer de futurs articles. Faisant le tour du prieuré roman d'Allichamps, sur la commune de Bruère-Allichamps (18), nous avons eu la surprise d'observer une cassure toute fraîche dans une suite de modillons placés sur le chevet de l'édifice et de retrouver le modillon manquant très abîmé par sa chute au milieu de la végétation. La statue - une sorte de renard - a achevé sa course sur une pierre et a éclaté en plusieurs morceaux. Visiblement, cette figure au trait très fin taillée en calcaire local - calcaire dit de la Celle - pourtant réputé non gélif, a subi les rigueurs de la dernière vague de froid. D'autres pierres de parement ont aussi éclaté sous les injures du gel. La patte gauche de l'animal gisait plus à gauche et manifestement, était déjà tombée depuis un certain temps.

Nous avons donc pris la responsabilité de récupérer la pierre pour la soustraire à la convoitise d'éventuels collectionneurs et de prendre conseil auprès du service départemental d'Inventaire du Patrimoine. L'objet a été déposé en mairie de Bruère, propriétaire de l'édifice, dans l'espoir d'une restauration ultérieure.

 

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Published by Olivier Trotignon - dans actualité
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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 09:44



Un enjeu méconnu de la spiritualité médiévale est illustré dans nos régions par les efforts déployés par la féodalité pour fixer des abbayes et des prieurés afin d’y reposer un jour. Nous avons déjà évoqué dans ces pages le cas du prieuré de Drevant, probable première nécropole de la famille de Charenton. Un examen rapide de quelques autres fondations monastiques illustre l’importance du phénomène à partir de l’an 1000.

Certes, il serait inapproprié de résumer l’attachement de la chevalerie à ses monastères à un simple projet funéraire. Les abbayes accueillaient une partie de la jeunesse seigneuriale et prenaient parfois en charge ses vieillards dépendants. Les dons consentis à Dieu participaient pour beaucoup à l’élan rédempteur de cette société d’hommes d’armes qui cherchait ses repères entre le Bien et le Mal. Des liens familiaux unissaient les chevaliers et les moines. La tombe était la dernière étape de ce cheminement commun entre les deux sociétés, celle qui combattait et celle qui priait.

Très tôt, les chevaliers berrichons cherchent dans le paysage religieux de leur temps les moyens d’attirer sur leurs terres des ordres monastiques acceptant parmi les sépultures de leurs frères ou de leurs sœurs les dépouilles laïques. Les sires de Bourbon se tournent vers la Bourgogne et Cluny pour fonder à Souvigny le prieuré qui accueillera leurs défunts. Huriel, isolé, favorise la renaissance de la Chapelaude, prieuré de l’abbaye de Saint-Denis, en Île-de-France, quelques décennies plus tard. Les seigneurs de la région de Lignières, Adalard Guillebaud en tête, offrent à Robert d’Arbrissel et à ses fontevristes la terre d’Orsan sur laquelle est bâti un prieuré (l’abbaye de Chezal-Benoît ne pouvait ouvrier son espace sépulcral aux tombes de laïcs). L’arrivée des cisterciens élargie les choix offerts à une féodalité en pleine expansion démographique et économique de se joindre à cette tradition reçue des plus anciennes familles régionales: Noirlac pour les Charenton, Fontmorigny pour les Montfaucon, Les Pierres pour les Guillebaud ouvrent leurs cimetières et leurs murs aux dépouilles mortelles de leurs bienfaiteurs, garantissant à ces derniers le récit de prières jusqu’à ”la consummation des siècles, pour le remède de leurs âmes”, selon les belles formules de l’époque.

 
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Dans l'objectif de partager avec le grand public une partie du contenu de mes recherches, je propose des animations autour du Moyen-âge et de l'Antiquité sous forme de conférences d'environ 1h30. Ces interventions s'adressent à des auditeurs curieux de l'histoire de leur région et sont accessibles sans formation universitaire ou savante préalable.
Fidèle aux principes de la laïcité, j'ai été accueilli par des associations, comités des fêtes et d'entreprise, mairies, pour des conférences publiques ou privées sur des sujets tels que:
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