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28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 11:38



Constatant l’intérêt que porte bon nombre de visiteurs de cet espace pour le monachisme cistercien, il m’a semblé opportun de consacrer quelques lignes à un aspect souvent méconnu du phénomène: la filiation des abbayes.

Le fonctionnement de l’Ordre de Cîteaux fut le suivant: toute abbaye pouvait détacher quelques uns de ses moines pour fonder un nouveau monastère. Cette fondation était considérée comme “filiale” de l’abbaye-mère, et devenait “abbaye-fille”. L’abbé de la maison-mère devait visiter un fois l’an sa filiale, afin d’y exercer son droit de correction. Les abbayes présentes sur le territoire du diocèse de Bourges s’inscrivent dans des traditions variées, dont le détail est le suivant:

Cîteaux fonde en 1114 Pontigny, dans l’Yonne, qui fonde Chalivoy (1133-1138) et une abbaye périgourdine, Dalon, qui fonde Aubignac;

Cîteaux fonde en 1115 Clairvaux, dont les moines vont être à l’origine de six monastères berrichons: La Prée en 1128, Fontmorigny en 1148, Noirlac en 1149,  Aubepierre, aussi en 1149, qui lui-même fonde l’abbaye des Pierres la même année.

De Cîteaux se détachent des frères pour fonder la Cour-Dieu, dans le Loiret, en 1119, qui fonde elle-même Loroy en 1135 et Olivet et 1144 puis Preuilly, en Seine-et-Marne, qui crée, par l’intermédiaire de sa filiale Vauluisant dans l’Yonne, Varennes, en 1155 et directement l’abbaye de La Colombe en 1146.

La dernière filiation d’abbayes masculines dans le diocèse de Bourges passe par l’abbaye de l’Aumône, créée dans le Loir-et-Cher en 1121, qui fonde Le Landais, en 1130, qui elle même fonde Barzelle, dans l’Indre, en 1137.

Deux abbayes féminines se distinguent dans la région:

Bussière, filiale depuis 1188 de l’abbaye auvergnate de l’Eclache, elle même dépendant du monastère du Tart, en Bourgogne, symétrique féminin de Cîteaux et Beauvoir, près de Mehun-sur-Yèvre, filiale en 1234 du Tart.

Ces dates “officielles” de fondation ne correspondent qu’à l’admission des monastères dans la nébuleuse cistercienne, certains ayant été fondés primitivement et par d’autres ordres religieux avant de rejoindre le giron de Cîteaux.

Rendons ici hommage aux travaux de Guy Devailly complétés par quelques recherches personnelles qui ont permis la rédaction de cet article.

 

 

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Published by Olivier Trotignon - dans monachisme-clergé régulier
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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 10:33

Un monument remarquable, pièce de ce petit patrimoine médiéval qui passe souvent totalement inaperçu dans l'ombre des grands monuments vedettes du tourisme dans la région, à retrouver sur le lien suivant:
le livre de Meslon 
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Published by Olivier Trotignon - dans architecture civile
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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 09:36


fossés de la motte de Rutherre

A l’occasion de ma dernière conférence consacrée aux berrichons et au voyage au Moyen-âge a été évoquée la situation assez énigmatique d’un homme d’armes parti à la fin du XIe siècle pour l’Angleterre. Décrite brièvement dans un acte du cartulaire de la Chapelaude daté du règne du roi Philippe 1er et de l’épiscopat de Richard, archevêque de Bourges, en fait entre les années 1071 et 1093, la démarche de Guillaume de Ruterre est un cas unique pour la période et la région.

 

Guillaume de Ruterre (Guillelmus de Ruaterra), se préparant à partir pour l’Angleterre, s’est rendu au prieuré de la Chapelaude pour se confesser. En présence de plusieurs clercs, sans doute des moines dionysiens, il a concédé au prieuré une rente dont le détail est inconnu à cause d’une lacune sur l’acte d’origine. Cette discrète mention de ce voyage dans une direction assez inhabituelle surprend d’autant plus que le but de l’expédition n’est pas précisé.

On hésite à situer avec exactitude le fief d’origine de ce chevalier car le toponyme s’applique à deux lieux bien distincts. Reterre, proche de la chapelle Sainte-Agathe, sur la commune de Saint-Désiré, où il existerait des vestiges d’une fortification médiévale primitive -ce que je n’ai pas vérifié- et Rutherre, sur la commune de Louroux-Bourbonnais, ferme située à quelques centaines de mètres d’une forteresse de terre entourée de fossés humides. 

Les raisons qui ont poussé Guillaume à entreprendre ce voyage sont inconnues et ne peuvent être qu’abordées sous forme d’hypothèses, l’acte étant incomplet et l’original perdu avec l’ensemble du cartulaire.

La première piste à laquelle on pense inévitablement est la conquête du royaume d’Angleterre entreprise en 1066 par le duc Guillaume de Normandie. Guillaume de Ruterre pourrait avoir rejoint les troupes normandes dans l’espoir de rendre hommage au futur roi d’Angleterre et de fonder ou conquérir un fief outre-Manche. Nous savons que la démographie nobiliaire de ce temps a précipité de nombreux jeunes nobles vers des destinations lointaines -on pense à la conquête du sud de l’Italie et de la Sicile par des normands à cette même époque- dans l’espoir d’y assurer leur avenir. Rien n’empêche de penser que l’expédition de 1066 a pu attirer des féodaux étrangers à la Normandie et prêts à tenter leur chance dans l’espace insulaire. Malheureusement, sauf erreur de transcription du nom de l’archevêque de Bourges, le départ de Guillaume est postérieur à la conquête normande.

Si on peut difficilement affirmer la présence de ce chevalier berrichon dans les rangs des combattants d’Hasting, il est fort possible en revanche que Guillaume de Ruterre ait pris la route de l’Angleterre pour se mettre au service des nouveaux seigneurs de Grande Bretagne plusieurs années après l’expédition du duc de Normandie, attiré par la perspective de trouver sa place dans cette nouvelle société féodale en pleine genèse. Les dates proposées par la copie de l’acte primitif sont conformes à un tel cas de figure.

Reste une piste qui n’a jamais été évoquée, celle d’un départ pour un pèlerinage et on pense au sanctuaire marial de Walshingham, en Angleterre, dont la réputation s’étend en Europe à cette époque. Le début des travaux de construction du lieu de culte en 1061 est chronologiquement cohérent avec le voyage de Guillaume de Ruterre. Cette hypothèse expliquerait de plus la confession initiale de cet homme à la veille de son départ et le don d’une rente aux moines de la Chapelaude, pratique très courante dans d’autres monastères et dans les mêmes circonstances.

Je m’avoue dans l’incapacité de trancher entre ces trois hypothèses mais je confesse au lecteur la séduction qu’exerce sur moi la perspective de la trace d’une voie de pèlerinage vers l’Europe du Nord-Ouest en plein Berry du Sud.


 église de Louroux-Bourbonnais
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Published by Olivier Trotignon - dans histoire locale
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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 09:00

Vous aurez sans doute remarqué sur de nombreuses églises des régions du Centre des stries plus ou moins profondes dans les pierres des murs extérieurs, souvent près de la porte du sanctuaire. Cette curieuse coutume indatable est souvent interprétée comme le souvenir du temps où les bouchers du village venaient effiler la lame de leurs couteaux et les paysans redonner un tranchant à leurs outils de travail. Si une telle explication pourrait être admise sur des édifices construits dans des grès fins, on comprend bien vite que sur des églises de granite à granulométrie irrégulière, ou de calcaire tendre, la thèse de l'origine utilitaire ne peut être avancée. De plus, on observe des grattages en cupules sur certaines pierres.

 

Plusieurs observateurs et connaisseurs des traditions populaires ont soumis l'hypothèse d'une pratique liée à la présence, parfois temporaire, de reliques dans les églises concernées. Des pèlerins, de passage dans les parages, auraient pu gratter quelques grains des murs des églises pour les ajouter à d'autres souvenirs pour se constituer un objet de culte, ou un talisman primitif rappelant les enseignes de pèlerinage parfois décrites dans des rapports de fouilles. Une autre thèse, tout aussi intéressante sans être contradictoire, évoque la constitution de petits talismans destinés à protéger les habitations, les récoltes, le cheptel, par des habitants du cru plaçant leurs biens sous la sauvegarde du Saint dont les reliques auraient pu être exposées dans l'église. L'eau bénite placée dans des petites urnes, ou même des haches polies néolithiques perçues comme des pierres de foudre auraient joué le même rôle protecteur.

Préparant ma conférence sur la médecine et les miracles en Berry, j'ai eu la surprise de mesurer combien nous étions mal renseignés sur ce phénomènes des reliques dans les églises rurales. Des auditeurs, souvent généalogistes, m'ont signalé certaines de leurs découvertes pour la période post-médiévale qui laissent supposer une abondance insoupçonnée de reliques si modestes que la littérature les ignore la plupart du temps mais qui ont occupé une place considérable dans le quotidien des anciens paroissiens des campagnes du Centre. Les marques d'usure sur le mur des églises pourrait être l'indice d'une activité spirituelle populaire plus que la trace de la friction des lames des outils des gens d'autrefois.


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Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine religieux
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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 10:52


Soye-l'église

l’observation détaillée des édifices religieux médiévaux nous livre de nombreuses traces d’une des préoccupations quotidiennes des gens d’autrefois: la mesure du temps. C’est ainsi qu’on note un peu partout les restes de cadrans solaires primitifs gravés sur des pierres du flanc Sud des lieux de culte où se déroulaient plusieurs messes quotidiennes. 

Plusieurs cas de figure se présentent. Sur certains édifices, on ne trouve qu’un cercle gravé, souvent tracé au compas, muni d’un orifice central dans lequel venait s’insérer une baguette quelconque faisant office de style. L’ensemble est assez soigné et montre que l’auteur du dessin disposait au moins d’un compas à pointe métallique, d’une équerre pour tracer les demi-cercles etd’ un outil muni d’un trépan pour forer la pierre. On peut supposer que ces gnomons datent de la conception du bâtiment qui les porte.

Un autre modèle beaucoup plus rudimentaire trahit l’improvisation et le manque de savoir-faire de celui qui a entrepris leur gravure. Il s’agit de cadrans tracés à main levée avec une pointe métallique ou une pierre dure, présentant des lignes rayonnantes à partir d’un orifice central en général placé à la jointure entre deux pierres. Ils témoignent de la volonté du graveur improvisé de diviser la lumière du soleil en trois ou douze séquences, mais avec un manque complet de précision. Plutôt que de classer ces marques dans la catégories des graffiti, parfois abondants sur les églises, il me semble plus juste de les interpréter comme des souvenirs de la débrouillardise d’anciens officiants privés d’instrument de mesure du temps pour régler le rythme des offices diurnes.

On voit que les deux modèles se concurrencent parfois sur une même chapelle. Peut-être doit-on invoquer l’absence initiale de gnomon, ou sa destruction pour des causes inconnues, compensée à l’initiative des usagers du lieu cultuel par un cadran de fortune vite gravé dans l’attente du passage d’un artisan tailleur de pierre capable de tracer quelque chose de plus soigné. 

On comprend que l’arrivée des première horloges dans les églises (un modèle très ancien est encore en fonction sur la façade de l’église de Drevant, dans le Cher) a dû être une petite révolution pour les clercs comme pour leurs paroissiens.

Soye-l'église

 
 Saint-Georges-de-Poisieux

Gnomon à trois repères, indiquant les trois angélus?

 
 Saint-Georges-de-Poisieux 
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Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine religieux
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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 19:28

J’attire l’attention des lecteurs de ce blog sur deux manifestations que j'ai eu le plaisir d’animer autour du thème “Médecine et miracles en Berry au Moyen-âge”.

Le premier rendez-vous était fixé le jeudi 9 avril 2009, salle de l’auditorium de l’I.U.T. d’Issoudun, à l’invitation du Centre Universitaire du Temps Libre d’Issoudun.

Le même thème a été abordé le vendredi 24 avril 2009, à 20h30, à la salle des fêtes de Neuilly-en-Sancerre à l’initiative de l’association “Au cœur du sujet”.

Il me semble important de préciser ma position d’historien afin de dissiper tout éventuel malentendu sur le contenu de ces deux conférences. Je suis enseignant dans l’Education nationale, et à ce titre porteur et garant de valeurs laïques auxquelles je suis très attaché. Mes conférences s’adressent indifféremment à un public de croyants et de mécréants et respectent la sensibilité de chacun. Tous les miracles décrits sont pour moi du domaine du fait religieux, et je ne peux me prononcer sur la validité des situations exprimées par les anciens chroniqueurs. Ces récits sont pour l’historien une voie privilégiée pour explorer le quotidien des hommes et des femmes qui ont foulé cette terre quelques siècles avant nous.

Il me semble aussi important d’être très clair sur la forte connotation médicale du sujet de mes interventions. Toute personne pouvant espérer y trouver une réponse à ses problèmes de santé doit se rapprocher du corps médical, et non pas d’un chercheur en histoire médiévale. Je ne ne délivre aucune recette perlimpimpinnesque ou savoir abracadabrantesque, et n’ai rien à vendre, seul le plaisir de faire partager aux auditeurs le contenu de mes recherches.
 

 
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Published by Olivier Trotignon - dans conférences
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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 09:25


Unique à notre connaissance dans le sud du Berry, la pierre de la dîme visible sur le site de l'ancien prieuré de Souages, commune de Morlac, dans le Cher, est peu connue du grand public. Taillée dans un bloc de calcaire, cette pierre de mesure demeure le dernier vestige d'un prieuré connu dès le XIe siècle, dépendant de l'abbaye bénédictine de Chezal-Benoît. Reconstruite à la fin du Moyen-âge, la chapelle du prieuré était encore debout il y a quelques années jusqu'à ce que son état de ruine avancé décide les propriétaires à la faire abattre. 

 

Les différentes étapes de l'occupation de la petite fondation bénédictine ne permet pas de savoir si la pierre visible actuellement sur place est d'origine médiévale, ou s'il s'agit d'une copie moderne d'une ancienne pierre à capacité datant des premières années du prieuré. L'excellent état de conservation de l'objet peut aussi s'expliquer par une disposition primitive sous un abri couvert aujourd'hui disparu.

On ne peut légitimement qu'être attentif à la sauvegarde de ce souvenir du système fiscal féodal. La pierre est exposée aux intempéries, et les bassins retiennent l'eau. Une très forte gelée hivernale pourrait provoquer des dégâts regrettables sur l'alvéole principale, un simple auvent de bois couvert de tuiles de pays semblerait une solution peu onéreuse pour mettre à l'abri ce vestige sans le soustraire à l'intérêt des visiteurs.
 

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Published by Olivier Trotignon - dans histoire locale
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28 février 2009 6 28 /02 /février /2009 22:14

Fils d'André de Chauvigny, désigné comme seigneur de Châteauroux par le roi d'Angleterre et de Denise de Déols, seule héritière directe du vieux lignage féodal castelroussin, Guillaume de Chauvigny, à son tour seigneur, mena une politique très active dans la vallée du Cher dès le début du XIIIe siècle. On trouve plusieurs traces de son activité diplomatique dans les chartriers de diverses abbayes, dont les Pierres et Noirlac, mais aussi un vestige beaucoup plus concret de ses possessions dans les paroisses de Marçais et Morlac sous forme d’un blason scellé dans la façade de l’église de Morlac. Cette pierre blasonnée reproduit fidèlement les armoiries de ce personnage telles qu’elles sont décrites dans la littérature spécialisée, qui semble souvent ignorer l’existence de ce motif héraldique, taillé dans un calcaire local, sans trace de polychromie.

On ne connaît pas avec certitude l’origine de la sculpture, qui parait avoir été placée là tardivement, mais on sait que Guillaume possédait des terres à Chevronnes, un lieu-dit de la commune de Marçais, au Châtelet, tout proche et à Boisroux, dont il rédige la charte de franchise conjointement avec l’archevêque de Bourges Simon en 1226. La présence de ses armoiries dans ce secteur du Boischaut n’a rien d’étonnant même si on doit souligner la rareté de l’opportunité qui nous est donnée de croiser des sources historiques et héraldiques.


Il faut signaler l’existence d’un blason identique visible sur un mur de la forteresse de Brosse, aux confins des départements de l’Indre et de la Haute-Vienne.

 

 

 

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Published by Olivier Trotignon - dans politique-société civile
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24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 09:05

En presque trente années de recherches sur le terrain, comme amateur, fouilleur ou historien dans le cadre de mes recherches universitaires, j'ai été à plusieurs reprises confronté à des témoignages de découvertes de trésors. Au milieu de quelques sympathiques histoires plus proches de l'univers des pirates de bande dessinée que de l'archéologie se détachent quelques trouvailles fortuites qui éclairent une partie de l'histoire du Berry à la fin du Moyen-âge.

Une première cache métallique fut mise au jour à Saint-Amand-Montrond lors de la démolition, rue de l'Hôtel-Dieu, dans le quartier ancien de la ville, d'un bâtiment de nature imprécise sur le site de l'entreprise de carrosserie Valette. Cette trouvaille fut étudiée et acquise par le numismate saint-amandois Raymond Soulat, qui dispersa la plus grande partie de la collection. Les trois monnaies illustrant cet article proviennent de ce premier lot.

Un second trésor pourrait avoir été soustrait à l'attention de son légitime propriétaire lors de travaux de maçonnerie réalisés sur une ancienne bâtisse du quartier de la place du marché, toujours à Saint-Amand. Un artisan maçon, décrépissant un mur, aurait trouvé un bouchon de mortier sonnant le creux à la base d'un mur. En piquetant l'endroit, un nombre important de pièces d'argent se serait alors écoulé sur le sol. Flairant la bonne affaire, l'ouvrier -d'après le témoin qui m'a raconté l'histoire- aurait alors laissé tous ses outils sur le chantier, rempli sa caisse à outils avec le produit de son larcin, et regagné son domicile. Les détails tels qu'ils m'ont été rapportés semblent assez précis pour accorder, toujours avec les précautions qui s'imposent, un certain crédit à ce récit. La personne qui m'a conté l'anecdote a en outre reconnu dans les pièces de la rue de l'Hôtel-Dieu les mêmes espèces que celles dérobées par l'artisan.

Dans les deux cas nous nous trouverions donc devant des caches contenant un nombre indéterminé de pièces d'argent de l'époque Charles VII / Louis XI, que les propriétaires n'ont jamais récupérées, signe en général d'événements traumatiques comme des morts violentes, des départs précipités ou des ravages épidémiques. Le trésor de la rue de l'Hôtel-Dieu contenait -c'est peut-être un indice- des monnaies d'excellent métal, bien différent de l'argent appauvri qui a permis de frapper certaines pièces de monnaie à cette période.

Deux pistes doivent être envisagées pour expliquer ces mises à l'abri de sommes d'argent. La peur de dévaluation monétaire: des riches bourgeois soustraient aux appétits des agents royaux des métaux fortement titrés pour éviter leur échange avec des pièces de même valeur faciale, mais plus pauvres en métal noble. La crainte de pillages dans le contexte politique fortement agité de la Guerre de Cent ans, mal étudiée dans la région, peut être aussi une cause suffisante à la constitution de cache numéraires. 

On ne trouve aucune trace de pièces d'or, signe peut-être que le commerce local n'était pas assez florissant pour attirer la circulation de monnayages de grande valeur, ou qu'on les conservait dans des cassettes plus facile à emporter avec soi en cas de danger.

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Published by Olivier Trotignon - dans économie
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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 10:18

Il me paraît intéressant de signaler l'existence d'un petit guide très utile pour découvrir le patrimoine cistercien en Berry. Publié il y a une dizaine d'années à l'occasion du colloque cistercien de Bourges au printemps 1998 par un quatuor de spécialistes du patrimoine régional, il permet au promeneur averti de programmer quelques passionnantes visites des sites cisterciens accessibles au public, et de disposer d'un panorama complet du phénomène cistercien dans les départements du Cher et de l'Indre.
Bien que située sur le territoire de l'actuel département de l'Allier, l'abbaye féminine de Bussière profite d'une petite notice.
Cette édition de référence d'une cinquantaine de pages doit être disponible dans les librairies spécialisées et à la boutique de l'abbaye de Noirlac.


 
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Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine religieux
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Dans l'objectif de partager avec le grand public une partie du contenu de mes recherches, je propose des animations autour du Moyen-âge et de l'Antiquité sous forme de conférences d'environ 1h30. Ces interventions s'adressent à des auditeurs curieux de l'histoire de leur région et sont accessibles sans formation universitaire ou savante préalable.
Fidèle aux principes de la laïcité, j'ai été accueilli par des associations, comités des fêtes et d'entreprise, mairies, pour des conférences publiques ou privées sur des sujets tels que:
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Renseignements, conditions et tarifs sur demande à l'adresse:
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Pour compléter votre information sur le petit patrimoine berrichon, je vous recommande "le livre de Meslon",  Blog dédié à un lieu-dit d'une richesse assez exceptionnelle. Toute la diversité d'un terroir presque anonyme.
A retrouver dans la rubrique "liens": archéologie et histoire d'un lieu-dit

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Présent sur le sol berrichon depuis un millénaire, l'âne méritait qu'un blog soit consacré à son histoire et à son élevage. Retrouvez le à l'adresse suivante:

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Je profite de cette correction pour signaler qu'à l'exception des reproductions d'anciennes cartes postales, tombées dans le domaine public ou de quelques logos empruntés pour remercier certains médias de leur intérêt pour mes recherches, toutes les photos illustrant pages et articles ont été prises et retravaillées par mes soins et que tout emprunt pour illustrer un site ou un blog devra être au préalable justifié par une demande écrite.