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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 10:24



Le chartrier de l’abbaye cistercienne de Fontmorigny a conservé la copie du testament de la dernière dame de Charenton, épouse du seigneur Renaud de Montfaucon et mère au destin douloureux dont tous les enfants décédèrent. Cette femme, dernière héritière directe de la lignée des Ebe de Charenton, rédige en 1243 un testament par lequel elle dote un nombre important d’établissements religieux tant séculiers que réguliers. Les legs testamentaires sont principalement des rentes à prélever sur les activités économiques qui animaient la région de Charenton au XIIIe siècle, comme des foires, péages et revenus fonciers.

Ce testament doit être comparé à celui que Renaud de Montfaucon rédigea quelques années plus tard. La plupart des bénéficiaires des œuvres de son épouse sont cités, mais les deux actes ne sont pas complètement parallèles. Les termes employés par les scribes dans l’un et l’autre testament laissent un certain nombre de zones d’ombre sur le statut exact de plusieurs bénéficiaires, qualifiés d’églises ou de prieurés et le croisement des deux sources est insuffisant pour dresser une carte des possessions monastiques dans le sud du Berry.

Mathilde de Charenton couche sur son testament neuf abbayes, dont plus de la moitié accueillent des moniales: Charenton et Bussière (10 livres tournois), La Ferté (40 sous), Beauvoir et Orsan (20 sous). Bussière, Beauvoir et La Ferté sont cisterciennes, Charenton bénédictine et Orsan fontevriste.

Trois monastères de cisterciens sont cités: Fontmorigny et Noirlac (20 livres) et Loroy (20 sous) ainsi que les grandmontains de Fontguedon (20 sous).

Mathilde dote également deux prieurés, Allichamps et Epineuil (ou Epignol - les deux paroisses sont presque homonymes en latin) pour 20 sous.

L’Hôtel-Dieu de Bourges reçoit 100 sous tournois ainsi que les Frères mineurs (12 livres) et Frères prêcheurs (10 livres) de cette ville. C’est aussi l’église Saint-Étienne de Bourges qui reçoit la plus forte rente (60 sous) avec celles de Levroux et de Chalivoy-Milon. Suivent pour 20 sous la Celle-Bruère et pour 10 Sagonne, Neuilly-en-Dun, Drevant, Colombier, Saint-Amand, Orval, Arcomps, Vallenay, Le Veurdre et Saint-Augustin.

Les Templiers de la vallée du Cher - l’hôpital de Farges et la commanderie de Bruère-du-Temple - reçoivent 10 sous de rente par établissement.

Deux informations sont incertaines, et doivent être considérées avec prudence. L’église du Landois (60 sous) dont le nom rappelle l’abbaye cistercienne du Landais, dans l’Indre, qu’on peine à identifier et l’abbaye de la Ferté, dotée aussi par Renaud dans son testament, qui n’appartient pas au diocèse de Bourges et dont la localisation la plus logique serait en Saône-et-Loire où une abbaye fille de Cîteaux vit le jour au début du XIIe siècle. Or, le testament parle de moniales et le monastère de la Ferté était une communauté masculine. Il est possible qu’il s’agisse d’un couvent de cisterciennes placé sous l’autorité des Frères de la Ferté comme, en Berry, Bussière l’était avec les moines de Noirlac.

Sans surprise, on observe que l’essentiel du legs de Mathilde de Charenton intéresse un périmètre appartenant au patrimoine de sa famille, avec quelques exceptions telles Bourges, Levroux et peut-être le Landais et la Ferté. Il est intéressant de noter la part des congrégations féminines dans la liste des bénéficiaires, dont le prieuré fontevriste d’Orsan qui est oublié par Renaud de Montfaucon dans son propre testament.

 
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Published by Olivier Trotignon - dans sources-littérature
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10 juin 2009 3 10 /06 /juin /2009 18:22

Drevant arêne

Il est un ouvrage dont l’histoire n’a pas conservé grand trace, mais qui se signale comme une des forteresses les plus originales du Berry. Difficile d’imaginer, en effet, lorsqu’on visite l’ancien site cultuel gallo-romain de Drevant, voir se dresser un donjon médiéval au beau milieu de l’ancien théâtre antique. C’est pourtant ce lieu que choisirent les premiers seigneurs de la famille de Charenton pour fonder une curieuse forteresse aménagée dans les ruines encore imposantes de l’édifice primitif, réemployant les murs de l’amphithéâtre pour servir de chemise à un donjon de section carrée dont les fondations disparurent au XIXe siècle lors des travaux de déblaiement du site.
On comprendra aisément l’attrait que Drevant a exercé auprès des premiers chevaliers. Dans une région où les ressources naturelles étaient essentiellement forestières se dressaient les ruines d’un conciliabulum antique en majeure partie bâti en gros appareil de grès, facile à réemployer. Alors que la terre et le bois étaient les matières premières les plus facilement accessibles pour les bâtisseurs des premiers châteaux, l’opportunité de récupérer d’importants volumes de pierres de taille destinait le site à une fonction militaire dont la finalité n’est pas évidente, Drevant étant, comme tout site de ce type, légèrement à l’écart des voies antiques encore en fonction après l’an 1000. C’est ainsi que s’éleva dans le périmètre de l’ arène un donjon carré dont les dimensions au sol sont assez imprécises, une chapelle castrale encore visible sur une gravure de Claude Chastillon et que fut foré un puits dont la cheminée est encore apparente aujourd’hui, et qui disposait toujours d’une margelle au temps des  premières fouilles. Devant la taille du monument, et en comparaison avec la faible superficie de l’aire de la motte castrale de Charenton, il est permis de se demander si Drevant n’a pas servi de résidence principale aux premiers seigneurs de Charenton qui, comme j’ai tenté de le démontrer dans un article plus ancien, semblent avoir attiré sur place les moines marchois du Moûtier-d’Ahun pour fonder un prieuré dont l’extérieur des murs auraient pu accueillir leurs dépouilles mortelles, avant que Noirlac ne prenne le relais.
Nous relevons des traces objectives de cette étroite relation de Drevant avec la seigneurie de Charenton. Vers 1230, Robert de Drevant, prévôt d’Epineuil, confirme une donation de Renaud de Montfaucon, seigneur de Charenton. Début XVe, Guichard de Culan est reconnu comme seigneur de Drevant et de Changy et de la châtellenie de Saint-Amand, ancien fief des Charenton.
Il est possible que Drevant, avec ses hauts murs vieux de presque mille ans, ait été, avant que Saint-Amand ne s’impose économiquement, le centre de gravité de l’ancienne seigneurie de Charenton.

 
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Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine militaire
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6 juin 2009 6 06 /06 /juin /2009 11:19



Les archives judiciaires sont une mine d’informations pour qui cherche à explorer le passé d’une région et révèle des situations assez inattendues. L’une d’elles a particulièrement retenu mon attention, même si les détails de l’affaire sont assez succincts.

Les événements se sont déroulés en 1270 à Sancoins, petite ville du sud-est de l’actuel département du Cher, près de la vallée de l’Allier, et seraient l’une des premières émeutes signalée en Berry. L’histoire commence de façon tout à fait banale par l’arrestation de deux hommes surpris à braconner dans les eaux d’un étang appartenant au seigneur de Sagonne, Louis de Sancerre. On ne connaît ni l’identité ni l’origine sociale des deux braconniers mais d’évidence leur capture émeut la population de Sancoins qui déclenche une émeute dont sont victimes le prévôt royal et les hommes du comte de Sancerre. L’identité des plaignants rappelle que depuis 1202 Sancoins, qui appartenait au prieuré de la Charité-sur-Loire, a été partagé avec le roi Philippe Auguste, et, ce qui est moins connu, avec le comté de Sancerre.

Nous n’avons pas de détails précis sur le déroulement de cette explosion de colère populaire. A l'annonce de la capture des deux braconniers, la foule se rassemble, munie de pieux et de bâtons. Les coups et les injures pleuvent, le prévôt du roi est molesté, sa tunique est déchirée et les deux prisonniers sont délivrés.
On mesure la gravité de la situation à la somme de l’amende imposée par la justice royale, soit 100 livres tournois à la ville de Sancoins, ce qui semble, par comparaison avec d’autres évocations contemporaines de sommes en numéraire -comme des donations testamentaires- une punition assez lourde. L'émeute de 1252 à Bourges, lors de laquelle l'archevêque et un légat du pape avaient été menacés verbalement et physiquement, avait, par exemple, été punie de 300 livres d'amende par la justice royale.
Sur la somme imposée aux émeutiers de la ville de Sancoins, 40 livres revinrent à chaque co-seigneur du lieu, à savoir le roi de France et le prieur de la Charité-sur-Loire, les 20 livres restantes étant données au prévôt en dédommagement des violences et injures subies ce jour là.

Plusieurs explications peuvent être proposées pour expliquer un soulèvement urbain, la première, la plus simple, reposant sur la sympathie des villageois à l’égard des braconniers, certainement connus de tous. Il y aurait alors contestation de la justice seigneuriale par le peuple. On peut aussi se demander si cet événement n’est pas le symptôme d’une exaspération devant l’impôt, la fiscalité locale pouvant être alourdie par les perceptions de trois seigneurs différents, le roi, le comte de Sancerre et le prieur de la Charité. On n’exclura pas une troisième piste, celle d’une crise alimentaire due à des conditions climatiques ingrates, qui aurait pu pousser des villageois à aller pêcher dans un endroit interdit. Le siècle suivant a connu des situations similaires dans lesquelles les désordres saisonniers ont joué un grand rôle. Il y aurait dans l’affaire de Sancoins, mais c’est bien difficile à argumenter, l’indice d’une crise frumentaire dans un secteur du Berry assez peu étudié par les historiens.

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Published by Olivier Trotignon - dans politique-société civile
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27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 20:04



La petite abbaye de Fontguedon, non loin de Thaumiers, dans le département du Cher est un des plus surprenants monuments qu'il m'ait été donne de découvrir au cours de mes recherches sur le Berry du Sud. Situé en pleine campagne, sur une propriété privée, ce remarquable petit édifice roman est le témoin d'une étape méconnue de la sensibilité religieuse de la première moitié du XIIIe siècle dans une région qui semble écrasée par le poids de l'Ordre cistercien. L'un des intérêts de Fontguedon est d'être une création de la famille qui fonda Noirlac au siècle précédent ce qui prouve que d'autres ordres contemplatifs avaient un rayonnement suffisant à l'écart des cisterciens pour drainer vers eux les fruits de la générosité nobiliaire.

Fontguedon est fortement liée à Mathilde -parfois appelée Mahaut- ultime représentante en ligne directe de la très ancienne famille de Charenton. Fille du dernier seigneur Ebe et épouse de Renaud de Montfaucon, Mathilde était dame de Charenton et à ce titre héritière d'un fief assez étendu et riche pour engendrer quelques libéralités en faveur du clergé tant séculier que régulier, en particulier dans le seconde moitié du XIIe siècle avec Noirlac, qui semblait la clé de voûte de la politique de générosité des Charenton à l'égard des églises et abbayes locales. Alors que les hôtels-Dieu et autres structures hospitalières attirent les dons en milieu urbain et que c'est aussi dans les villes que les futurs ordres monastiques vont bientôt s'implanter, Fontguedon se signale comme une des dernières fondations monastique en milieu rural du diocèse de Bourges.

 

Que reste t-il de la celle de Fontguedon? Assurément rien qui puisse rivaliser en majesté avec les grands monuments religieux régionaux et, toutes proportions gardées, l'amateur d'Art médiéval trouvera plus son compte à faire le tour des églises voisines de Thaumiers et de Neuilly-en-Dun. La transformation de l'abbaye en domaine agricole a tristement amoindri ce qui a dû en son temps être une petite perle toute montée en pierre de taille légèrement ocrée, très sobre, sans ornementation sculpturale. Les bâtiments conventuels sont très incomplets et l'abbatiale a été amputée de son chevet arrondi dont les pierres ont été réemployées pour monter un pignon droit. L'intérieur est occupé par des remises à matériel et étables, et la plupart des ouvertures médiévales ont été aveuglées. Toutefois, le site n'a pas servi comme ailleurs de carrière de pierre et les altérations modernes ne sont pas parvenu à rompre son équilibre initial. Abstraction faite des quelques rajouts et soustractions architecturaux, Fontguedon présente un profil grandmontain plus complet qu'à la celle de Corquoy -dont l'abbatiale est mieux conservée- et mérite à ce titre le détour tout en appelant l'attention du lecteur sur la nécessité de respecter la quiétude des propriétaires de la ferme de Fontguedon, qui m'ont très gentiment laissé visiter leur domaine pour en rapporter les quelques photographies qui illustrent cet article. 

 

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Published by Olivier Trotignon - dans monachisme-clergé régulier
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18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 22:56



Située au nord du massif forestier de Tronçais, à la lisière septentrionale des anciens domaines des seigneurs de Bourbon, la ville d'Ainay-le-Château occupe une place discrète dans le paysage monumental des anciennes provinces du Centre. Certes, Ainay, sur le plan touristique, n'a pas les appâts indispensables pour attirer les foules mais a largement de quoi mobiliser l'intérêt de l'historien.

Fondée au XIe siècle autour d'une grande motte castrale encore perceptible dans le tracé urbain, la ville a évolué au XIIIe siècle en un solide ensemble fortifié flanqué de nombreuses tours semi-circulaires et d'un grand château dont elle porte encore le nom, malheureusement complètement disparu, sauf dans la toponymie et le nom d'une rue qui le situe assez précisément. 

Son église, souvent remaniée, a la particularité d'être très marquée par des grattages profonds et nombreux, en particulier dans le calcaire d'une de ses portes, ce qui laisse supposer qu'à une époque donnée ce lieu de culte a été une étape sur un pèlerinage important ou a contenu des reliques.

 

L'histoire d'Ainay-le-Château est difficile à saisir pour la période médiévale à cause du manque de sources écrites. Le fait que cette ville ait été une possession des seigneurs de Bourbon, qui s'y faisaient représenter par des officiers seigneuriaux administrant les biens de leurs maîtres, n'a pas favorisé la rédaction de chartes. Aucune grande personnalité locale n'avait le pouvoir de fonder d'abbaye proche de la cité, et c'est souvent dans cette relation intime entre la féodalité et le clergé régulier que se sont écrits la plupart des textes qui fondent nos connaissances sur la période.

Je crois utile d'inviter, même si, faut-il le répéter?, Ainay n'a pas les arguments monumentaux d'une bastide périgourdine, le lecteur à explorer cette petite ville étonnante. Une imposante porte de ville, qui n'a d'équivalent local qu'à Dun-sur-Auron, un rempart dont les murs qui dominent le lit de la Sologne gardent un bel alignement de tours, des maisons de ville XVe méritent amplement un détour par la petite cité bourbonnaise, à découvrir et à explorer...

 

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Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine militaire
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13 mai 2009 3 13 /05 /mai /2009 19:48



Triste destin moderne que celui d’une des plus belles croix de cimetière de tout le Berry. Sculptée à la fin du XVe siècle sur commande d’un des seigneurs du petit château voisin du Creuzet, la croix de Coust, dans le sud du département du Cher, avait échappé aux excès de la Révolution française grâce à la vigilance des habitants du village qui avaient pris soin de la déposer et de la soustraire à la violence des sans-culotte. 

Ce très beau monument Renaissance, daté par une dédicace de 1472, est orné d’un Christ en croix du coté sud, opposé à une Vierge à l’Enfant sur la face nord. Abondamment décrit par les historiens de l’Art, ce témoignage de l’enrichissement de la petite noblesse régionale à la fin de la Guerre de cent ans paraissait à l’abri de toute nouvelle vicissitude jusqu’à ce qu’il y a deux ans, se décroche le bras oriental de la croix, retrouvé brisé en plusieurs morceaux sur les tombes voisines. Cette mutilation du monument annonçait des désordres encore plus graves, l’autre bras ayant été déséquilibré par l’incident, menaçant de suivre le même chemin que le précédent. Signalé par le maire de la commune, m. Aucouturier, aux autorités compétentes, cet événement ne resta pas sans réponse et les vestiges de la sculpture furent dans un délai très bref pris en charge par une entreprise compétente  en la matière qui sut consolider l’ensemble et restituer à l’ouvrage son aspect primitif.

 

Devant cet événement, l’historien local ne peut cacher la confusion des sentiments qui l’habitent au pied de cette croix à nouveau complète et resplendissante comme aux premiers jours de son érection, tant il avait été habitué à la patine héritée d’innombrables saisons qui avaient déposé sur le calcaire moult mousses et lichens qui donnaient à l’ensemble un caractère d’authenticité incomparable. 

Aujourd’hui, cette croix semble neuve tellement a été vigoureux son nettoyage, sans doute par sablage, qu’elle en ressemble à toutes les fausses statues de résine qui remplacent de ci de là dans la région les authentiques œuvres d’Art anciennes pour les soustraire aux convoitises de collectionneurs mal intentionnés.

Je n’oserais faire de reproche à quiquonque, car la croix de Coust est, du moins je me plais à l’espérer, sauvée pour quelques générations mais je garde un brin de nostalgie pour toutes ces taches de vieillesse, disparues sous le pistolet sableur du restaurateur, qui donnaient à ce monument tout son caractère.



 

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Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine religieux
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13 mai 2009 3 13 /05 /mai /2009 09:45


église de Braize (03)

Les passionnés se perdent en superlatifs lorsqu’il s’agit d’évoquer les quelques 10.000 hectares d’une des plus belles forêts de France, et l’historien peine à rester insensible au charme de ses ravins désolés et de ses étangs d’eau calme. Cet espace forestier, qui semble immuable, a pourtant une histoire dont l’observation du paysage, l’archéologie et la recherche documentaire livrent quelques clés.
De nombreux chercheurs se sont penchés sur la question. A chaque fois, une certitude: Tronçais est une forêt qui prend racine à la période médiévale, même s’il est impossible pour l’instant d’ébaucher la chronologie de sa genèse. Une certitude: la zone était peuplée dans l’Antiquité, et la liste des parcelles dans lesquelles on constate la présence de vestiges gallo-romain est importante. Villae, modestes forges ou espaces cultuels, dont Viljo fournit le plus bel exemple, fleurissent dans son périmètre. Dans l’Antiquité tardive, sur les bords de la Marmande, on soupçonne, sans preuves concrètes, une abbaye colombaniste d’être fondée près d’une grande villa.
La suite est obscure. Comme pour le reste de la région, le vide documentaire est abyssal et les liens qui unissent la famille de Bourbon à l’Ordre de Cluny oriente l’essentiel de l’activité diplomatique autour du prieuré de Souvigny, qui laisse peu d’archives. Cette influence clunisienne très marquée sur la terre de Bourbon éloigne de la zone étudiée les autres ordres monastiques, dont les cisterciens, accentuant le mutisme documentaire. Dans cette situation, l’historien ne peut progresser que par hypothèses fondées sur l’observation du terrain et des rares textes exploitables.
Ainsi peut-on au moins avoir la certitude que la forêt de Tronçais existe au début du XIIIe siècle. Un accord de 1216 entre le chevalier Pierre des Barres et son seigneur Archambaud de Bourbon cite deux fois la forêt: nemoris de Truncia et nemus quod vocatum Trossa. Le massif, quelque soit son étendue exacte à l’époque, est déjà clairement identifié dans les possessions bourbonnaises. Le même acte ne mentionne que des lieux périphériques, qu’on ne peut situer dans la géographie forestière de l’époque, mais qui on tous comme point commun de ne pas aujourd’hui appartenir à l’espace forestier, à savoir la ville et châtellenie de Cérilly, Coust, Ainay (le-Château) et Meaulnes.
L’observation des monuments et vestiges médiévaux confirme l’existence d’un désert forestier: toutes les églises médiévales et fortifications du premier âge féodal -comme le tureau de Chatelus- du secteur sont bâties en périphérie de Tronçais. On ne signale aucun aménagement ancien tels que des digues d’étang dans l’étendue du massif ce qui exclue, comme c’est le cas en forêt de Meillant, des périodes de défrichements et de reconquête forestière de l’espace considéré. Seul le minuscule prieuré Saint-Mayeul, de tradition clunisienne, semble avoir maintenu une clairière permanente.
On peut donc proposer une brève ébauche de l’histoire de la forêt de Tronçais. La forêt primaire est défrichée à l’époque gallo-romaine et à sa place se fixe comme ailleurs une population faiblement urbanisée. Les différents reculs démographiques enregistrés à partir du haut Moyen-âge conduisent à une désertification de cet espace, aux sols ingrats, au profit des vallées voisines plus passagères et plus favorables à l’agriculture. Les anciens chemins antiques sont certainement utilisés et entretenus. Les seigneurs de Bourbon respectent l’intégrité de la forêt, peut-être pour se garantir une ressource en bois d’œuvre et de chauffage, et alimentaire grâce à la chasse et à la pâture, aux portes de leur grande ville-forte d’Ainay-le-Château, point essentiel de la défense du nord-est de leurs domaines. Cette protection seigneuriale met Tronçais à l’abri des grands défrichements qui éclaircissent le paysage européen à partir du XIIIe siècle. La suite appartient à la sagacité de mes collègues modernistes et aux spécialistes d’histoire forestière.
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Published by Olivier Trotignon - dans histoire locale
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4 mai 2009 1 04 /05 /mai /2009 21:31

Sceau d'Ebe de Charenton (vers 1180)


Louis Raynal, l'un des pères fondateurs de l'histoire du Berry, relevait vers 1845 dans une chronique médiévale un étrange fait-divers survenu dans la région de Charenton-du-Cher impliquant une bande de mercenaires et le seigneur du lieu. Partant de ce récit aux accents épiques très marqué par la sensibilité romantique de l'ancien historien de la région, nous proposons une relecture de cet événement dans un environnement historique plus conforme au contexte humain de la cette fin de XIIe siècle en Berry.

Selon Raynal, le point de départ de l'aventure des Brabançons se situerait vers Sancerre, lors d'un conflit entre le comte local et le roi Philippe Auguste, qui aurait recruté une armée de routiers pour compléter ses effectifs. A la fin de cet épisode armé, le roi de France aurait envoyé ses mercenaires en Limousin pour les mettre au service d'une autre cause, résolue avant l'arrivée sur place de la troupe. Les hommes du roi, privés d'engagement et donc nécessairement de ressources, auraient alors décidé de revenir sur leurs pas, et de se diriger vers la Bourgogne à la recherche d'un nouveau contrat. L'itinéraire suivi par ces routiers aurait été marqué par des pillages et des meurtres dont la longue liste ne devait prendre fin qu'avec leur massacre autour de Dun-sur-Auron et Châteauneuf-sur-Cher.  Dans le trésor de guerre de ces proscrits fut retrouvé nombre d'objets sacerdotaux raflés dans des églises et de monastères, ainsi que des vêtements cérémoniels portés par les femmes qui les accompagnaient. Au cours de son errance, la troupe aurait fait une étape dans le château de Charenton, où elle aurait reçu l'assurance du seigneur du lieu de la soutenir dans la bataille prévue le lendemain, promesse vite trahie par le chevalier qui aurait avec ses hommes uni ses forces avec celles des adversaires des Branbançons venus à leur rencontre sous les murs de Dun.

Le récit de Raynal doit être manipulé avec prudence. Cet auteur, excellent narrateur, travaille à une époque qui fait peu de cas de la lecture critique des sources. Son exposé ignore la part d'exagération dont les chroniqueurs médiévaux, pour frapper l'imagination de leurs lecteurs, faisaient usage et reprend sans sourciller des chiffres largement surestimés. Quand Raynal cite entre 7000 et 17000 morts dans la bataille de Dun-le-Roi, le médiéviste ne verra tout au plus que quelques dizaines de victimes, ce qui est déjà considérable pour l'époque. Quand aux profanations d'églises, tortures et meurtres de prêtres, les détails donnés sont révélateurs de la culture des lettrés de l'époque, tous clercs et certainement absents lors des faits, rapportant à public conquis d'avance l'horreur de l'événement.

Il n'y a pas de raison de douter de l'authenticité des faits rapportés par les chroniques anciennes, mais on peu en proposer une lecture plus mesurée. 

A l'occasion d'une guerre avec le comte de Sancerre, et pour éviter de mettre la zizanie féodale dans une région dans laquelle son pouvoir était loin d'être  largement établi, ou peut-être dépassé par le temps qui ne lui permettait de ne garder son ost en ordre de bataille que quarante jours, Philippe Auguste a  recruté une troupe de mercenaires payés le temps de sa campagne en Sancerrois. Sitôt la paix revenue, il a orienté les chefs des routiers vers un autre conflit régional qui pouvait présenter le même profil que sa guerre avec Sancerre. Arrivés sur place, les Branbançons se retrouvent sans engagement et reprennent la route du nord-est, vers les domaines des Blois-Champagne, pour y proposer leurs services. A cours d'argent sur le chemin du retour, la petite armée n'a d'autre solution que le pillage des lieux de vie se trouvant sur sa route, les monastères et églises isolées étant de loin les moins fortifiés. Elle y vole nourriture, objets précieux à revendre ou à troquer en chemin, et vêtements qui échouent sur les épaules des inévitables filles à soldats qui accompagnent ce genre de contingent. Suivant les grandes routes, les Branbançons parviennent en vallée du Cher, qu'ils coupent à un des points de passage habituels - plusieurs péages sont attestés fin XIIe - manœuvre favorisée par les basses-eaux estivales de la rivière. Leur étape par Charenton n'est certainement pas le fait du hasard. Cette seigneurie est une des plus riches du secteur, et les routiers y voient certainement un espoir d'y reprendre du service. Devant la menace, et connaissant la valeur militaire des hommes parvenus devant les fossés de sa ville, Ebe de Charenton a peu de solutions à opposer au danger que représentent les mercenaires. Un combat à l'issue incertaine aurait mis en péril l'agglomération et ses alentours. Le choix de les recevoir dans les murs de sa cité de la vallée de la Marmande permet de temporiser et d'évaluer la puissance de l'adversaire, qui ne tente pas de prendre possession de la ville, ce qui tends à prouver que les routiers ne se sentaient pas au abois la veille de leur défaite devant Dun.

Les chroniques précisent qu'Ebe aurait promis de s'allier aux Brabançons dans la bataille finale, pour mieux les prendre à revers ensuite. Cette trahison, selon les codes moraux de la société féodale, n'a rien de déshonorant pour le seigneur de Charenton, qui mélange la ruse et la bravoure pour parvenir à la victoire.

Le faible nombre de documents écrits contemporains des événements ne permet pas de mesurer l'éventuel impact du passage de cet ancêtre des futures grandes compagnies que fut la troupe des Brabançons sur le sud du Berry, aussi ne peut-on se livrer qu'à des suppositions, mais il existe au moins une situation qui reste inexpliquée. Vers 1188, soit quatre ans après les faits, la petite abbaye cistercienne de Bussière abandonna le site primitif de sa fondation pour être reconstruite dans la vallée de la Queugne à quelques kilomètres de la seigneurie de Fleuriel, aujourd'hui Saint-Vitte. Il est permis de s'interroger sur les raisons qui ont conduit les premières moniales à émigrer, surtout quand on se souvient que la région de Bussière se trouve située sur une route possible entre le Limousin et le château de Charenton, et que la chronique exploitée par Louis Raynal fait explicitement référence à des pillages de biens du clergé. La coïncidence, bien que vague, est assez troublante pour être soulignée.


 
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Published by Olivier Trotignon - dans histoire locale
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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 08:52



Les amateurs d’art médiéval se souviendront sans doute d’une initiative régionale vieille d’un bon quart de siècle: le circuit du Berry roman qui, à l’aide d’une signalétique discrète et d’une carte thématique disponible dans les Office de tourisme guidait les visiteurs dans leur découverte du  patrimoine religieux du Cher et de l’Indre. Cette entreprise a périclité, faute sans doute de retombées économiques palpables et beaucoup de petits monuments sont retombés dans l’anonymat. 

Voici justement un exemple de ces lieux qui ne laisseront pas un souvenir éternel à ceux qui prendront le temps de se détourner de quelques kilomètres pour venir en faire le tour, mais qui néanmoins mérite l’attention de l’amateur d’art roman rural.

 

Située dans le bourg de la petite commune de Chambon, non loin de Châteauneuf-sur-Cher, cette église présente l’intérêt d’avoir conservé, outre une façade aux proportions très équilibrées taillée dans un calcaire clair, une série de modillons et de chapiteaux curieusement orientés sur le thème du bicephalisme ou du reflet. On y remarque aussi un très bel animal musicien de même facture que celui déjà publié il y a quelques mois dans l’article dédié au prieuré de Drevant. 

Montlouis, Ineuil, Saint-Symphorien et Condé, dans le même périmètre géographique,  sont autant de petits monuments religieux qu’il serait dommage d’oublier lors d’une promenade culturelle et qui démontrent la discrète richesse patrimoniale d’un Boischaut qu’on traverse toujours trop vite.

 

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Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine religieux
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19 avril 2009 7 19 /04 /avril /2009 10:41



Assez bien décrite dans la littérature savante régionale, la cloche médiévale de Sidiailles demeure une énigme. N’ayant jamais pu l’approcher physiquement, je dois faire une entorse à mes habitudes et piocher dans la dite littérature la description de cet objet étonnant dont l’origine n’est toujours pas éclaircie.

La cloche de Sidiailles est un objet en tous points remarquable. Conservée dans le clocher de l’église moderne du hameau, elle n’est pas accessible au public pour de légitimes raisons de sécurité. Connue pour être l’une des plus anciennes de France, elle datée par un cartouche de l’an 1239. C’est une cloche d’assez petite dimension, environ 70 cms de hauteur pour un diamètre estimé à 80 cms. D’une réalisation très soignée, elle porte une légende en latin “Mentem Sanctam Spontaneam Honorem Deo Patriae Liberationem” que d’éminents latinistes ont traduit par “La sainteté et l’indépendance pour l’esprit, la gloire à Dieu, la liberté pour la Patrie” ou par “Donne à notre âme la sainteté, à Dieu la gloire, à la Patrie la liberté”.

La cloche a migré au XIXe siècle lors de l’abandon et la démolition de l’ancienne église paroissiale de Sidiailles vers un nouvel édifice néo-gothique dans le clocher duquel elle a été replacée pour assurer sa prime fonction, mais il subsiste un doute sérieux sur sa réelle origine. En effet, Sidiailles se situe dans un secteur de faible activité économique et où la densité de population est une des plus faibles de la région, et ceci depuis la période féodale. On peine donc à imaginer cette belle cloche fondue à l’origine pour être pendue dans un lieu aussi modeste si bien que ses origines ont donné lieu à toutes sortes d’hypothèses.

La première piste, à laquelle bien peu ont prêté attention, est une origine strictement paroissiale. Comme nous venons de l’indiquer, il reste peu de cloches du XIIIe siècle en France, et on ne sait pas exactement à quoi ressemblait toutes celles qui au fil des siècles ont été fondues pour faire des pièces de monnaies, des canons ou des nouvelles cloches. Il n’est pas impossible que le modèle conservé à Sidiailles nous leurre par sa qualité et qu’il soit un objet courant pour l’époque, quelle que soit la richesse du terroir sur lequel le clocher était élevé.

La seconde piste est bien entendu celle d’une ancienne migration de la cloche, déposée dans des circonstances inconnues dans l’église de la paroisse de Sidiailles. Tout naturellement, et c’est l’hypothèse la plus souvent avancée, c’est vers l’abbaye cistercienne des Pierres, voisine de quelques kilomètres, que se tourne le regard. Les Pierres, pillée plusieurs fois à l’époque moderne, a été abandonnée à la Révolution et on peut penser qu’à cette occasion les cloches ont pu être déposées par des paroissiens fidèles aux principes de l’Ancien régime et soustraites aux réquisitions des révolutionnaires. Une autre cloche aurait été cachée à Préveranges, selon une tradition historique que je n’ai pas vérifié. A une date indéterminée, la cloche cistercienne aurait été ressortie de sa cachette et reposée dans le lieu de culte le plus proche, à savoir Sidiailles, ce qui semble assez cohérent. Le seul point discordant dans cette perspective est l’ornementation soignée de l’instrument - anses torsadées, légende, date - qui rime mal avec le dépouillement qu’on prête habituellement aux cisterciens. On objectera qu’une cloche est posée dans un lieu peu accessible et ne risque pas de troubler la méditation des moines, mais le doute est pourtant permis.

Un autre site candidat s’inscrit dans la même logique, et n’a jamais à ma connaissance été évoqué: il s’agit de la chapelle castrale sainte Valérie, dépendant de l’ancienne forteresse de la Roche-Guillebaud, dont l’existence est attestée au XIIIe siècle et aujourd’hui disparue. Une cloche aurait pu y être récupérée dans des circonstances identiques à celles des Pierres et le site est encore plus proche de Sidiailles que ne l’est l’abbaye cistercienne.

Dernière hypothèse qu’on ne doit pas totalement écarter: une origine complètement étrangère à la région. Aucun événement régional particulier, que ça soit autour de l’abbaye des Pierres ou des grandes maisons féodales - Déols, Culan, Roche-Guillebaud - ne se produit en 1239 et peut justifier la fonte de la cloche. La légende est trop évasive - une formule prise dans la légende de sainte Agathe - pour être mise en parallèle avec la société régionale qu’il n’est pas interdit de penser qu’un jour ou l’autre l’exploitation d’une chronique ou d’un registre paroissial moderne porte un éclairage inattendu sur un élément du patrimoine du Berry du sud qui demeure une énigme.


La renaissance de la cloche

Une très belle initiative de restauration a été entreprise en 2000. La cloche a été déposée, confiée à la société Bodet, BP1, 49340 Trementines (à qui j’ai emprunté la photographie illustrant cet article) qui l’a remise en état. Après un séjour de quelques semaines en Anjou, la cloche de Sidiailles a retrouvé sa place dans la le clocher de l’église, invisible, mais bien présente.


Sidiailles medieval bell

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Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine religieux
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