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18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 21:20



C'est, quelque part entre la Normandie et la région parisienne, un jour d'août 1999, les yeux encore remplis d'un des plus beaux spectacles auquel qu'il m'ait été donné d'assister que je me posais pour la première fois la question de savoir si les berrichons du Moyen-âge avaient eu, eux aussi, l'opportunité de contempler  des éclipses. Après avoir en vain demandé des conseils au Bureau des longitudes, dont le site internet promet pourtant de répondre aux questions des internautes, c'est sur le site de la NASA, grâce à la suggestion d'un lecteur de ce blog, que j'ai trouvé les réponses à cette interrogation née le jour de la dernière grande éclipse totale du deuxième millénaire.

Il est bien entendu difficile de préciser combien de fois le ciel s'est obscurci en Berry de manière assez significative pour que les habitants puissent avoir remarqué des variations de l'aspect du soleil. Plus de 70 éclipses, totales ou annulaires, se sont produites en presque mille ans dans un périmètre -Afrique, Europe du nord ou Atlantique- assez proche pour que des observateurs aient pu, si les conditions météorologiques le permettaient, distinguer une échancrure sur le disque solaire, sans que la luminosité soit affectée de manière à attirer l'attention de toute la population.

Plus intéressantes sont les huit éclipses annulaires et les cinq totales dont les bandes de totalité ont frôlé le Berry entre 447 et 1415. Parmi celles-ci, quatre (961, 1033, 1321 et 1415) se sont produites à la fin du printemps et en été, à des saisons où l'on peut le plus espérer une météorologie clémente favorable aux observations.

Les données de la NASA permettent de relever, entre 536 et 1010 uniquement, cinq éclipses annulaires dont les bandes de totalité ont balayé les régions du Centre. Le disque solaire, obscurci en son centre, est resté visible sous forme d'un anneau de lumière éblouissant, mais la lumière du jour a sensiblement diminué, sans que se produise une obscurité diurne totale.

 

Les deux grands soleils noirs qui ont marqué le passé, à défaut de l'histoire du Berry, datent du 5 mai 840 et du 16 juin 1406. Alors que les premières attaques normandes se produisaient sur le littoral de l'empire carolingien et que le roi de France tentaient de chasser les troupes anglaises de ses domaines, les pays du Centre ont été plongé dans une nuit brève et presque totale de plusieurs minutes. Ces phénomènes, même si la météo n'était pas favorable à une contemplation de la translation du disque lunaire devant le soleil, n'ont pu être ignorés des habitants de nos régions.

Si on ne peut se faire aucune illusion pour la période carolingienne, il serait intéressant de chercher dans les chroniques du début du XVe siècle si la dernière grande éclipse visible du Berry n'a pas été consignée par un témoin de l'époque.

  


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Published by Olivier Trotignon - dans sources-littérature
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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 10:43



Je saisis l’opportunité de ce jour férié en souvenir de la fin de la Grande guerre pour évoquer un patrimoine saint-amandois dont le destin fut lié, d’une certaine manière, à cette terrible période.

Il existait en effet à Saint-Amand-Montrond trois châteaux. Le plus ancien, dit “Vieux château”, date du XIe siècle et est encore matérialisé par les vestiges de sa motte, dans le centre-ville. Le deuxième est la forteresse de Montrond, juchée sur sa colline éponyme, qui fut en son temps une des plus grandes grandes places-fortes de la région, et dont il reste des ruines qui donnent une bonne idée de son importance passée. Le troisième, bien que des trois ayant été celui qui traversa le mieux le temps, a aujourd’hui complètement disparu du paysage, et sa démolition n’est pas étrangère, d’après la tradition orale, à la présence de troupes américaines à Saint-Amand en 1917-18. Voici les détails du dossier de la disparition du manoir du Vernet.

Au nord de Saint-Amand, sur la rive droite de la Marmande fut construit au XVe siècle un joli manoir qu’on peine à qualifier de château tant la sécurité semble avoir été le cadet des soucis de son commanditaire. J’ignore si cette seigneurie était d’origine plus ancienne, n’ayant trouvé aucune pièce antérieure à 1413, date à laquelle le noble homme et damoiseau Jean de la Châtre, seigneur du Vernet, accorde une donation à l’abbaye de Noirlac. 

Le manoir du Vernet est typique de ces belles demeures de la fin du Moyen-âge. Sa façade, orientée vers le sud, était percée de plusieurs fenêtres dont une très belle lucarne Renaissance. Une tour d’angle abritait un escalier tournant qui distribuait les deux étages et qui finissait par un probable pigeonnier. L’ensemble était complété par des bâtiments d’exploitation agricole plus récents et par un oratoire sur lequel nous reviendrons plus loin.

Cette jolie demeure médiévale, connue des saint-amandois et popularisée par une série de cartes postales -précieuses pour la connaissance de l’édifice- séduisit, d’après la tradition, un officier américain venu en garnison à Saint-Amand afin de s’entraîner avant de partir vers le front. Les américains, en particulier, faisaient des exercices aux gaz dans la salle de garde souterraine à l’entrée de la forteresse de Montrond. C’est donc l’un d’eux qui négocia avec le propriétaire du Vernet l’achat de la bâtisse et qui ordonna son démontage. Le manoir du Vernet fut ainsi abattu en 1919 et partirent peut-être vers le Nouveau monde ses pièces architecturales les plus remarquables: pierres de taille, cheminées, sculptures, escalier et sans doute charpentes. Le reste des murs fut rasé et les déblais jetés dans quelque carrière.

Là, les versions divergent quelque peu. On m’a affirmé que le château avait été reconstruit quelque part en Amérique -ce qui est assez vague- mais une autre source prétend que pour d’obscures raisons les pierres n’auraient pu être embarquées par un cargo à destination des ports américains et que les vestiges de notre manoir auraient été dispersés à Saint-Nazaire. Ainsi s’achève l’épopée connue de la demeure de Jean de la Châtre, damoiseau du Vernet.

 


L’oratoire Notre-Dame de Pitié


Bien que complètement remanié depuis 1918, le quartier du Vernet a conservé un petit édifice cultuel dépendant de l’ensemble démantelé, peu connu car isolé dans une zone néo-urbanisée entre des pavillons et un plateau sportif, l’oratoire Notre-Dame de Pitié. Cet oratoire surélevé est d’un facture assez rare dans la région et mérite, pour celui qui saura le découvrir près de la piste du vélodrome, le coup d’œil. La niche principale abrite une piéta en pierre polychrome du XVIIe siècle.


 

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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 10:46

C’est avec une certaine amertume que j’ai appris, par la presse locale, l’annonce de la dissolution de l’Office de tourisme de Vesdun, avec lequel je collaborais depuis presque huit ans, tant pour l’organisation des Journées du Patrimoine dans le canton de Saulzais-le-Potier que pour l’animation de conférences hivernales. En tout, douze conférences dont onze totalement inédites et un projet en cours de réalisation et du coup avorté d’exposé sur la criminalité et la justice en Berry à l’époque médiévale.

Que l’Office disparaisse me peine, l’apprendre par hasard est assez contrariant, mais c’est peu de chose en comparaison de mon sentiment d’échec à l’issue de mon engagement personnel à soutenir une entreprise de promotion et de valorisation du tissus culturel local et rural.

Je salue donc toutes les personnes qui sont venues, régulièrement ou ponctuellement, suivre les activités que j’ai proposées pendant cette presque décenie et leur donne rendez-vous devant d’autres sites et sous d’autres cieux. 

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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 08:20


modillon de l'église de Saint-Germain-des-Bois

Voici une étrange affaire révélée par les archives de la cour de justice royale et impliquant directement les cisterciens de Noirlac. L’histoire se déroule à Saint-Germain-des-Bois, petite paroisse située au sud de Bourges, dans laquelle les moines de Noirlac étaient détenteurs de dîmes novales, c’est à dire de dîmes prélevées sur des terres défrichées depuis moins de quarante ans. Ces rentes étaient partagées avec le curé de la paroisse, dépendant de l’église collégiale de Saint-Pierre-le-Puellier, de Bourges.

On ignore l’origine de la dispute entre les deux établissements religieux, mais on peut supposer qu’elle avait été annoncée car le bailli de Berry était présent sur place pour mettre le curé de Saint-Germain sous la protection du roi lorsqu’une troupe composée de moines et convers de Noirlac accompagnés de complices clercs et laïques s’en pris au curé et à l’officier royal. Tandis que le curé était battu à mort, le bailli subissait lui-même l’assaut de plusieurs agresseurs tentant de le désarçonner. Circonstance aggravante: la présence de l’abbé de Noirlac en personne, qui ne tenta pas de retenir ses gens et qui se rendit ainsi coupable de complicité de meurtre et d’agression envers un représentant du roi, soit un délit s’apparentant à un crime de lèse-majesté.

L’enquête fut confiée à une double juridiction: la justice royale d’une part et l’Official de Bourges, compétent dans les affaires judiciaires impliquant des clercs. Convaincue par les conclusions de l’enquête, la cour de justice du roi prononça des peines très sévères à l’encontre du monastère cistercien. Noirlac se vit condamné à payer 800 livres tournois envers le curé de St Germain, 500 livres envers le roi, 20 livres d'amende pour injure au prieur et au chapitre de Saint-Pierre-le-Puellier et 20 livres envers le bailli victime de l’agression.

On supposera que les 800 livres dues au curé revinrent en partie aux ayant-droits de la victime.

Redoutant que Noirlac ne tarde à s’exécuter, le roi Philippe le Bel alla encore plus loin le 14 janvier 1317 en mettant sous séquestre tous les biens temporels de l'abbaye jusqu'à complet paiement. de l’amende.

Une lettre est même envoyée à l'abbé de Cîteaux pour lui demander de punir les moines, les convers et leurs complices. Si l'abbé ne s'exécute pas, le roi menace d'appliquer lui même des sanctions.

Cette affaire, comme on peut le voir, éloigne encore un peu plus l’abbaye de Noirlac de son image d’univers contemplatif presque parfait que certains se plaisent à décrire et rappelle l’historien à la réalité du quotidien médiéval. L’abbé de Noirlac se conduit avec une brutalité qui pourrait bien être le reflet de la pauvreté et des temps difficiles que son abbaye traverse en ce début de XIVe siècle. Le début de cette longue dépression économique qui conduit à France à affronter des soulèvements populaires, des disettes et des épidémies a pu commencer à se faire sentir en Berry assez précocement et peut expliquer, à défaut de justifier, que des ecclésiastiques issus pour la plupart de la noblesse locale se soient comportés comme de vulgaires voyous.





 

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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 08:43



C’est à titre de mémoire que nous rappelons ici l’existence de la petite église romane de Nohant, à quelques pas de la demeure de George Sand.

Ce bâtiment est d’un modèle très simple bien représentatif des petites églises de campagne berrichonnes. De petite taille, sobrement ornée, elle présente cependant quelques particularités qui méritent l’attention. Ses piliers intérieurs, surdimensionnés et renforcés partiellement par un habillage octogonal, montrent soit que les projets étaient plus ambitieux que la réalisation finale -d’autres chapelles ont connu le même destin- soit  que des désordres de construction ont affecté l’ensemble.

Il est à signaler que quelques fresques de la fin du Moyen-âge sont encore visibles sur place, sans commune mesure avec les peintures de l’église voisine de Vic, bien entendu.

Nohant n’est pas un lieu indispensable dans l’étude de l’architecture sacrée en Berry, mais le visiteur y trouvera une atmosphère préservée, près du château de la Dame de Nohant, qui a elle seule mérite qu’on s’y arrête quelques instants. 




 

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Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine religieux
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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 08:37



Les médiévistes voudront bien me pardonner d’enfoncer, d’une certaine manière, une porte ouverte en présentant les peintures romanes de l’église de Vic, dans l’Indre. Même s’il est évident que leur notoriété est immense, il se trouve encore de nombreux habitants de la région qui fréquentent ce blog en quête de thèmes de promenade et  lecteurs d’outre-mer et des pays étrangers qui n’ont jamais passé la porte de ce monument, si bien qu’il ne pas pas semblé inintéressant d’en rappeler l’existence.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que ce chef-d’œuvre d’Art roman n’est pas un lieu de grande consommation touristique. Légèrement à l’écart de la route La Châtre-Montluçon, dans le petit hameau de Vic, simplement évoqué par une signalétique discrète, l’église Saint-Martin de Vic est injustement méconnue.

Extérieurement, le sanctuaire présente assez peu d’intérêt, même si son insertion dans un groupe de maisons traditionnelles mérite le coup d’œil. C’est à l’intérieur que se développe sur les murs de la nef et du chœur un remarquable ensemble de fresques qui compte parmi les plus importantes de tout le Centre-Ouest. Longtemps invisibles derrière un badigeon moderne, les peintures ont été restaurées et disposent d’un éclairage automatique qui les met en valeur.

 

N’étant pas historien de l’Art, je n’ai aucune qualité pour gloser sur les styles et les pigments, mais je tiens à souligner le parallèle qui existe entre ce lieu de culte, presque banal, et l’existence à quelques kilomètres de l’une des plus importantes seigneuries médiévale de la Vallée noire. Il est en effet probable de voir dans l’existence des fresques de Vic l’ombre des seigneurs de Saint-Chartier et en particulier Adalard Guillebaud, dont j’évoquai la personnalité dans un article antérieur. N’ayant pu reconnaître sur place aucune autre autorité laïque capable d’évergétisme, on peu supposer qu’un seigneur de Saint-Chartier, Adalard ou un de ses semblables, a pris en charge les frais d’ornementation du sanctuaire de Vic comme nous avions déjà souligné le rapprochement d’une autre église ornées de fresques romanes, en l’occurrence celle de Chalivoy-Milon, dans le Cher, avec une autre puissante seigneurie locale, celle de Charenton.

 

Reste à répondre à une question: Vic est-elle un cas splendide et isolé, ou est-elle l’illustration de ce que les croyants pouvaient contempler dans tous les lieux de culte des alentours de Saint-Chartier? On sait que des traces de fresques ne sont pas exceptionnelles dans les églises de campagne et il se pourrait bien -mais le conditionnel reste de rigueur- que le sanctuaire de Nohant-Vic soit plus conforme à la réalité médiévale que ces chapelles aux murs monochromes comme on en rencontre un peu partout en France.

 

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Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine religieux
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22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 09:37



Il faut avoir l’œil rompu à la recherche archéologique pour reconnaître dans l’amas de végétation et de ruines visible de la départementale le souvenir de l’ancien château de Chaudenay, non loin du village de Faverdines, dans le Cher.

Nous sommes là bien loin de ce patrimoine médiéval somptueux propre à souligner la vocation touristique de la région. De la petite seigneurie de Chaudenay ne demeurent aujourd’hui que des traces indistinctes tellement submergées par les lierres qu’on peine à y distinguer les formes d’un ancien petit château élevé sur une probable plate-forme de terre -ce qui laisse entrevoir une origine antérieure à la Guerre de 100 ans- et défendu par deux tours aujourd’hui tronquées qui protégeaient un logis seigneurial transformé en maison de maître au XVIIIe, si on en juge de la forme des ouvertures. Les encadrements de pierre sur la seule tour qu’on peut approcher avec difficulté (le chemin d’accès est privé et la bâtisse n’est accessible que par les prés) sont proches de ce qui se réalisait dans le pays à la fin du Moyen-âge.

L’objet de cet article n’est pas de déplorer la ruine annoncée d’un monument médiéval de plus dans une région qui continue à voir son patrimoine s’appauvrir par négligence ou abandon. Les ruines de Chaudenay sont un lieu privé, sis dans une région où les moyens financiers sont rares, et la remise en état du bâtiment serait un gouffre que peu de propriétaires sont en mesure d’assumer, surtout à quelques dizaines de mètres d’une autoroute qui dénature complètement le site. La Roche-Guillebaud, pourtant propriété publique et bien plus symbolique de l’histoire régionale, est dans un état encore pire. Je voulais simplement attirer l’attention du lecteur sur une petite parcelle d’histoire humaine dont le souvenir donne à ce lieu un aspect moins désolé.

L’histoire est consignée dans la copie conservée dans les archives du prieuré d’Orsan et déposée aux archives du Cher du procès en canonisation du Bienheureux Robert d’Arbrissel, datant du XVIIe siècle. Alerté par des rumeurs de miracles attribués au fondateur du prieuré fontevriste d’Orsan, un prélat vint enquêter sur place et recueillit un certain nombre de témoignages d’habitants dont ceux du seigneur de Chaudenay et de sa femme. Le récit nous apprend que le fils aîné du couple était atteint d’une malformation faciale déjà désignée à l’époque sous le surnom de “bec-de-lièvre”. Ayant décidé de réduire cette infirmité, les parents convoquèrent un médecin qui vint à Chaudenay opérer le garçon. Maladresse du chirurgien? Hémophilie? L’opération tourna au drame quand une hémorragie, que le médecin fut incapable de contenir, se produisit. Ne cédant pas à la panique, une vieille servante présente sur le lieu de l’opération proposa de demander le secours du Bienheureux Robert, ce qui eut pour effet de stopper la perte de sang et de sauver la vie de l’enfant après que fut dite la prière.

Ne demandez pas à un historien laïc comment il explique cet événement. Chacun est libre d’interprèter l’histoire selon sa conscience mais personne ne contestera l’aspect émouvant de cette anecdote datée et située dans un lieu qui n’abrite plus aujourd’hui que des animaux de champs.


note: le miracle de Chaudenay fait partie du corpus de sources que j’exploite dans ma conférence: “Médecine et miracles en Berry”.

Chaudenay est un site privé qu’on ne peut approcher que de l’extérieur. Il bien entendu que cet article n’est pas un encouragement à outrepasser les interdictions du propriétaire à accéder à son bien, mais seulement le fruit du soucis de sortir cette petite fortification de l’oubli.

 

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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 09:50



Connue par une copie de 1472 conservée par les Archives départementales du Cher, la charte d’affranchissement de la petite ville de La Perche, en vallée du Cher, est un intéressant témoignage des ambitions économiques de la féodalité régionale à l’époque des Croisades. De date incertaine, cette charte a été rédigée par le dernier Ebe de Charenton avant son départ pour la Terre Sainte en 1189. Une autre charte, de même inspiration, est accordée à la ville de Saint-Amand à la même époque. 

La franchise de la Perche n’est pas en soi un texte exceptionnel. L’essentiel des articles conservés fixe les dispositions judiciaires et fiscales auxquelles devront se plier les habitants de cette nouvelle entité et les forains qui pourraient être amenés à y séjourner et à y faire du commerce. La charte fixe des droits de chasse dans les champs, de pêche dans le Cher et autorise des prélèvements de bois d’œuvre et de chauffage dans un taillis des environs. Quelques privilèges de justice sont accordés aux bourgeois de La Perche.

On aurait tort de considérer la charte de franchise de La Perche comme le témoignage d’une situation existante. Ce texte illustre principalement les ambitions économiques de la seigneurie de Charenton dans un secteur-clé de son domaine: la vallée du Cher.

La Perche se situe en effet sur le tracé de l’ancienne voie antique qui reliait Bourges à la région de Montluçon. Cette route, qui franchissait le Cher à Allichamps, croisait un autre axe qui rejoignait châteaumeillant. Le secteur était particulièrement sensible car plusieurs forteresses furent élevées le long de l’axe (Orval, Ainay-le-Vieil, Epineuil, Vallon...). Au XIIe siècle, avec la croissance de Saint-Amand et la circulation d’hommes et de marchandises en direction du Nivernais et du Berry déolois, un passage sur le Cher est aménagé à Orval, qui devient le carrefour entre ces deux voies économiques et stratégiques. Cette situation n’a bien entendu pas échappé aux Charenton, qui cherchent à favoriser les échanges économiques pour en retirer des dividendes. Plusieurs foires se tiennent dans l’année à Saint-Amand, Bruère ou Charenton. Le chevalier Ebe de Charenton choisit le site de La Perche pour élever une nouvelle ville en partie dédiée au commerce. Outre la proximité de la route, la rivière est une voie de circulation dont on peine à évaluer l’importance aujourd’hui mais on trouve la mention d’un “port” à La Perche au XIIIe siècle. Une grosse fontaine à proximité du village est probablement un atout à ne pas négliger.

Il est impossible de juger l’entreprise du seigneur de Charenton en terme de succès ou d’échec. Les plus pessimistes remarqueront que La Perche est une toute petite commune et que le bourg ne garde aucune trace de son passé médiéval, à part dans le tracé de ses rues, circulaire comme presque partout. D’autres feront observer que le village existe encore, ce qui n’est pas le cas de toutes les villes-franches contemporaines. Celle de Boisroux, fondée conjointement par l’archevêque de Bourges et le seigneur de Châteauroux, n’est plus qu’un pré où un de mes amis récoltait le foin pour ses moutons. L’erreur des Charenton est peut-être tout simplement dans la redondance des deux chartes, Saint-Amand et La Perche, qui n’offraient aucune différence significative pour les nouveaux venus dans la région. Saint-Amand ayant déjà  un statut de place économique, l’intérêt de venir faire commerce à La Perche était certainement loin d’être flagrant.

Une curiosité assez rare pour être signalée. Grâce aux bons soins de la municipalité est désormais visible une très ancienne croix qui pourrait bien être une authentique croix de justice par laquelle était marquée la limite géographique de la franchise. Le texte de la charte note l’existence de l’une d’elles au bord du Cher. Si tel était le cas (mais, en l’absence de style sculptural vraiment prononcé), sa présence assez loin du centre du bourg actuel pourrait indiquer qu’Ebe de Charenton ne manquait pas d’optimisme dans ses ambitions.

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Published by Olivier Trotignon - dans sources-littérature
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10 octobre 2009 6 10 /10 /octobre /2009 13:19



Conseiller aux amateurs de patrimoine médiéval d’aller visiter l’église de Neuvy-Saint-Sépulchre peut paraître superflu tant la réputation de ce monument dépasse le cadre régional. Bâtie dans une région en marge des grands circuits touristiques, elle demeure néanmoins méconnue d’un grand nombre de visiteurs, aussi me permets-je d’orienter la curiosité des lecteurs de ce blog vers un monument dont l’originalité frappe au premier contact visuel.

Échappant au plan cruciforme universellement répandu dans les Pays du Centre, les architectes de Neuvy ont appuyé la nef de l’église sur une rotonde de grandes dimensions recopiant, de l’avœu même de ses fondateurs, la forme de l’église du Saint-Sépulcre de Jérusalem. Guillaume Godel, moine de Saint-Martial de Limoges, rapporte ainsi dans ses chroniques qu’en 1042, le seigneur Eudes de Déols assista, en compagnie de Boson de Cluis, à la fondation de l’église Saint-Jacques “ad formam S. Sepulchrii Yerosolimitani”.

C’est un autre membre de la famille de Déols, le cardinal Eudes de Châteauroux qui fait envoyer sur place en 1257 la relique du Précieux Sang et un fragment du Saint-Sépulchre qui deviennent l’objet d’un pèlerinage dont nous peinons à mesurer la popularité aux temps médiévaux et modernes.

Je laisse aux visiteurs le soin de collecter tous les détails sur les mensurations de l’édifice, parfaitement détaillées par des érudits dont les travaux sont accessibles avec n’importe quel moteur de recherche.

L’unicité de Neuvy, pourtant proclamée par la signalétique municipale dès l’entrée du village paraît cependant à recevoir avec précautions. Quimperlé, en Bretagne, se distingue aussi par une très belle rotonde dans son église Sainte-Croix et les ruines de Lanleff, dans la même région, montrent que les contemporains bretons des seigneurs de Déols et de Cluis avaient aussi ramené de leurs pèlerinages en Terre Sainte l’inspiration nécessaire pour élever leurs propres copies du Saint Sépulcre. Des fouilles récentes à Parthenay, en Poitou, ont révélé les fondations d’un monument de même inspiration.

 

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Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine religieux
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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 08:42



Voici un fait-divers sur lequel nous ne disposons que de peu de détails mais qui révèle une étrange affaire criminelle dans la société chevaleresque berrichonne de ce début de XIVe siècle.

L’affaire se déroule en 1317 dans la puissante et ancienne seigneurie de Bommiers, dans l’actuel département de l’Indre. La dame de Bommiers -dame est le qualificatif féminin équivalent au titre de seigneur pour les hommes- tombe subitement malade dans son château. Incapable de trouver sur place le remède pour la guérir de ses maux,  Marguerite de Bommiers entreprend un voyage jusqu’à Montpellier, soit plus de 1000 kms aller-retour, pour profiter de la science des “physiciens de l’université”. Ce sont les médecins méridionaux qui découvrent ce qui avait échappé à leurs homologues berrichons: Marguerite a été empoisonnée.

Les soupçons semblent tout de suite se porter sur trois individus, dont la fonction n’est pas précisée. Jean du Solier, Mabille du Bois et la dite La Moiche, de Sainte-Sévère sont accusés, devant la justice royale, d’avoir fait prendre à la dame de Bommiers des breuvages vénéneux et autres poisons. Le roi Philippe le Long ordonne que soient poursuivis les criminels et interdit à tous ses sujets de leurs donner asile, ce qui indique, que, coupables ou non, l’homme et les deux femmes sont en fuite.

Deux points retiennent l’attention dans cette affaire. D’abord le mode d’administration des produits empoisonnés. L’arrêt royal cite des breuvages vénéneux, ce qui indique que les apprentis-meurtriers étaient soit des domestiques, capables de glisser leurs produits dans les aliments destinés à Marguerite de Bommiers, soit des guérisseurs produisant des potions médicinales. Le mobile de leur acte n’est pas connu.

Nous soulignerons ensuite la réputation que pouvait avoir une université au Moyen-âge. On ne sait qui a conseillé à la victime d’aller consulter les savants montpelliérains mais l’histoire prouve que la noblesse des pays du Centre avaient une connaissance pratique de la géographie qui, dans ce cas précis, a certainement sauvé la vie d’une femme.



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Dans l'objectif de partager avec le grand public une partie du contenu de mes recherches, je propose des animations autour du Moyen-âge et de l'Antiquité sous forme de conférences d'environ 1h30. Ces interventions s'adressent à des auditeurs curieux de l'histoire de leur région et sont accessibles sans formation universitaire ou savante préalable.
Fidèle aux principes de la laïcité, j'ai été accueilli par des associations, comités des fêtes et d'entreprise, mairies, pour des conférences publiques ou privées sur des sujets tels que:
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Renseignements, conditions et tarifs sur demande à l'adresse:
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Pour compléter votre information sur le petit patrimoine berrichon, je vous recommande "le livre de Meslon",  Blog dédié à un lieu-dit d'une richesse assez exceptionnelle. Toute la diversité d'un terroir presque anonyme.
A retrouver dans la rubrique "liens": archéologie et histoire d'un lieu-dit

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Présent sur le sol berrichon depuis un millénaire, l'âne méritait qu'un blog soit consacré à son histoire et à son élevage. Retrouvez le à l'adresse suivante:

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Cartes postales et Histoire

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Le rédacteur de ce blog s'oppose résolument aux projets d'implantation d'éoliennes industrielles dans le paysage berrichon.
Argumentaire à retrouver sur le lien suivant:
le livre de Meslon: non à l'éolien industriel 

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J'observe depuis quelques mois la fâcheuse tendance qu'ont certains visiteurs à me contacter directement pour me poser des questions très précises, et à disparaître ensuite sans même un mot de remerciement. Désormais, ces demandes ne recevront plus de réponse privée. Ce blog est conçu pour apporter à un maximum de public des informations sur le Berry aux temps médiévaux. je prierai donc les personnes souhaitant disposer de renseignements sur le patrimoine ou l'histoire régionale à passer par la rubrique "commentaires" accessible au bas de chaque article, afin que tous puissent profiter des questions et des réponses.
Les demandes de renseignements sur mes activités annexes (conférences, contacts avec la presse, vente d'ânes Grand Noir du Berry...) seront donc les seules auxquelles je répondrai en privé.
Je profite de cette correction pour signaler qu'à l'exception des reproductions d'anciennes cartes postales, tombées dans le domaine public ou de quelques logos empruntés pour remercier certains médias de leur intérêt pour mes recherches, toutes les photos illustrant pages et articles ont été prises et retravaillées par mes soins et que tout emprunt pour illustrer un site ou un blog devra être au préalable justifié par une demande écrite.