Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 21:27

Boisroux1

Bâtie sur une légère élévation du paysage, l’ancienne ville médiévale de Boisroux, sur la commune d’Ids-Saint-Roch, dans le Cher, se fond complètement parmi le bocage et les bois qui l’environnent. Désertée à une date inconnue, cette petite cité n’existe plus que par les seuls vestiges de ses fossés et remparts de terre, dans l’ensemble bien conservés. Les photographies aériennes verticales révèlent un pré rectangulaire d’environ d’un à deux hectares, distinct des champs avoisinants grâce à la végétation qui occupe l’emplacement de l’ancienne fortification.

Boisroux-aérien 

Un toponyme voisin “Font romain” et la découverte d’un site antique tout proche de Boisroux ont conduit beaucoup d’anciens amateurs d’antiquités à identifier la place comme un ancien camp romain sans chercher plus de détails. Or, il est très facile de se procurer aux Archives du Cher la copie moderne de la charte de fondation de cette ville, conservée dans le cartulaire de l’archevêché de Bourges, et datée de 1226.

Si nous ignorons les raisons pour lesquelles le site fut déserté par ses habitants, nous disposons de quelques renseignements sur la genèse de cette fondation menée conjointement par le seigneur de Châteauroux, Guillaume de Chauvigny, et par Simon, archevêque berruyer.

Dans un premier acte daté de 1223, les deux seigneurs avaient prévu de fonder une ville franche dans la région de la châtellenie du Châtelet, sans en préciser l’emplacement exact. La charte de fondation est écrite en 1226. Le lieu retenu est nommé Boisroux, contraction du toponyme “Bois-Raoul” (le Bois de Raoul) identique à celle qui produit le nom Châteauroux (le château de Raoul), Raoul étant le patronyme dominant accordé aux aînés de la famille de Châteauroux. Ceci permet de supposer que l’acte de 1226 ne fonde pas une nouvelle ville mais affranchit une communauté urbaine établie naguère par un des anciens seigneurs de Châteauroux, ce qui est cohérent avec la rusticité de l’appareil défensif qui semble n’avoir été fait que de terre et de bois.

Boisroux2 

Contrairement à la charte de franchise de la Perche, étudiée dans un article plus ancien, l’accent est mis plus sur l’agriculture que sur le commerce. De toute évidence, les deux seigneurs tentent d’attirer des cultivateurs dans un secteur aux terres ingrates.

Des croix de justice sont plantées. La loi de référence est celle de Châteauroux, les baillis des deux seigneurs fondateurs étant chargés de la faire respecter. 

Le texte est assez libéral concernant la circulation des hommes, qui pourront venir et partir à leur gré (peut-être est-ce qui favorisa plus tard l’abandon du lieu). En cas de décès sans héritier direct, on remontera jusqu’au quatrième degré de parenté pour trouver à qui léguer les terres avant que celles-ci ne retournent aux seigneurs. Des conditions favorables font faites aux laboureurs possédant des animaux de trait par paire soit 2, 4 ou 6 chevaux, bœufs ou ânes. Comme partout, un four et un moulin banaux sont construits, leur usage étant obligatoire.

La ville dut atteindre une certaine prospérité car en 1266, un acte de l’abbaye Saint-Sulpice de Bourges indique Boisroux a été élevée au rang de châtellenie et baronnie et donnée en fief à Robert, seigneur de Bommiers, vassal de Châteauroux.

La situation changea certainement, comme partout, avec la succession de crises du XIVe siècle. Nul besoin d’évoquer une épidémie ou le passage d’une troupe guerrière pour expliquer la fin de Boisroux. Dans un paysage qui réussit mieux au petit élevage qu’à la culture de céréales, les dérèglements climatiques enregistrés après 1300 peuvent suffire à avoir convaincu des laboureurs libres d’aller tenter leur chance sur des terres plus fertiles. D’une surface raisonnable et bien enclose par les anciens terrassements défensifs, la terre de Boisroux retomba dans un anonymat pastoral.

Notons enfin que, tout près de Boisroux, ce fut, en 1228, la paroisse d’Ids-Saint-Roch qui se vit affranchie par son propre seigneur, Henri de Sully, peut-être pour éviter la fuite de ses habitants vers la nouvelle ville-libre voisine.

Boisroux3 



Repost 0
Published by Olivier Trotignon - dans sources-littérature
commenter cet article
13 février 2010 6 13 /02 /février /2010 10:10

Noirlac-haut
Voici un épisode assez peu connu de la vie de l’ancienne abbaye cistercienne de Noirlac qui mérite d’être rapporté. 

Il était de coutume dans le clergé régulier de se placer sous le patronage d’une puissance laïque capable de protéger les intérêts des abbayes, quelque soit l’ordre auquel elles étaient affiliées. Dans le cas des grands monastères fondés au haut Moyen-âge, c’était souvent au roi de France qu’incombait la tâche de garantir la sécurité des moines et de leurs domaines. La multiplication après l’an 1000 des fondations abbatiales sur des domaines féodaux échappant à la souveraineté capétienne conduisit de nombreux chevaliers à exercer un rôle de protecteur des cloîtres voisins de leurs fiefs, qu’ils avaient souvent contribué à fonder ou à doter. 

Dénonçant cette tradition, un abbé de Noirlac entreprit en 1250 des démarches judiciaires pour échapper à la sauvegarde du seigneur Henri de Sully, devenu par héritage maître d’une partie de l’ancienne terre de Charenton. Ce seigneur, à la mort de Mathilde de Charenton, dernière héritière en ligne directe des anciens sires de la vallée de la Marmande, avait ajouté à ses fiefs de la Chapelle et des Aix-d’Angillon les terres d’Orval, d’Epineuil et de Bruère, rattachées à la mouvance de Charenton et de Meillant. Noirlac étant située dans la paroisse de Bruère, Henri de Sully devint protecteur du monastère cistercien.

On ignore les arguments de l’abbé qui engagea en 1250 le processus de séparation avec le pouvoir féodal pour rechercher la protection royale, mais l’affaire semble ne pas avoir convaincu le Parlement de Paris qui refusa de trancher en faveur des cisterciens. L’affaire s’enlisa pendant des décennies jusqu’à ce qu’un nouveau supérieur, après consultation des archives du cloître, décide de renoncer en 1319 aux prétentions de son prédécesseur.

Cette anecdote illustre une réalité souvent ignorée par les admirateurs des univers cloîtrés médiévaux. Un monastère n’est jamais l’ univers théorique qu’on s’attendrait à trouver si on se limitait à la contemplation de ses bâtiments et à la lecture de sa règle commune. Les hommes et les femmes qui dirigeaient les moines et moniales avaient une vie intellectuelle propre qui pouvait influencer le destin communautaire. 

Les sources judiciaires sont muettes sur les raisons qui poussent le premier abbé à engager son monastère dans un conflit avec la première puissance politique régionale pendant presque deux générations. Alors que l’Ordre cistercien perdait de son ancienne influence après son échec à extirper l’hérésie des terres languedociennes, on constate un ralentissement des donations accordées aux maisons de Cîteaux en Berry. L’abbé de Noirlac jugea-t-il que le roi de France serait un bailleur de fonds providentiel pour soulager les comptes de son établissement? C’est possible. D’autres motivations, personnelles ou politiques (les moines cisterciens étaient recrutés parmi les familles nobles de la région) peuvent l’avoir influencé.

Il est intéressant de noter que son successeur eut la prudence de consulter les chartes de l’abbaye avant de poursuivre la procédure judiciaire. Qu’il ait jugé financièrement périlleux de se couper de la féodalité ou qu’il ait trouvé dans les anciens titres des motifs d’irrecevabilité de la controverse de 1250, cet homme pacifie un conflit vieux de 70 ans dont les conséquences mériteraient d’être étudiées en détail.

Repost 0
Published by Olivier Trotignon - dans monachisme-clergé régulier
commenter cet article
13 février 2010 6 13 /02 /février /2010 08:09
St-Sylvain-récent
Il a quelques semaines, je déplorais les dégradations imposées à la petite chapelle gothique de Saint-Sylvain, près du village de La Celle par des chercheurs de trésors et autres vandales. 
C'est le commentaire laissé par un lecteur de Berry médiéval suite au premier article qui m'a encouragé à retourner sur place. 
Le lieu est pour l'instant accessible (l'interdiction d'entrer a été levée) et en pleins travaux. N'ayant rencontré personne à qui demander l'autorisation de pénétrer dans la chapelle, je me suis simplement permis d'en faire le tour. Manifestement, des travaux importants d'aménagement sont en cours. Quelque soit la destination future du bâtiment, on ne peut que se réjouir de le savoir sauvé. 
Repost 0
Published by Olivier Trotignon - dans actualité
commenter cet article
8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 10:47

soleil
Pendant longtemps, les livres d’Histoire ont donné des populations de l’An 1000 l’image d’une masse terrifiée par l’imminence de l’Apocalypse, guettant dans chaque manifestation naturelle le signe de l’approche de la fin des Temps. Cette vision a été depuis largement réévaluée. Pour l’immense majorité des hommes et des femmes qui ont vécu le passage du Xe au XIe siècle, l’horreur du quotidien était plus faite de disettes, d’oppression chevaleresque et d’omniprésence d’une nature hostile. Seuls ou presque les clercs avaient à la fois la culture et les repères temporels propres à associer les dérèglements naturels qu’ils observaient aux prévisions apocalyptiques de saint Jean, comme le prouvent deux chroniques régionales narrant les expéditions militaires de l’archevêque de Bourges en 1038 (voir le précédent article sur la prise du château de Bannegon). 

Deux abbayes majeures du paysage spirituel berrichon ont consigné des signes météorologiques et astronomiques précédant les troubles inouïs dont le Berry a été le théâtre lorsque d’Aymon, archevêque de Bourges, se mit en campagne contre les forteresses de Bannegon et de Châteauneuf-sur-Cher. Pour les chroniqueurs de Déols et de Fleury, le désordre moral provoqué par ces deux guerres sacrilèges pouvait être un symptôme apocalyptique, et il n’était pas isolé.

La Chronique de Déols note, assez curieusement, l’ occurrence d’une éclipse de lune survenue à la Pâques 1028, soit dix ans avant les expéditions archiépiscopales. Les sources de la NASA confirment ce phénomène, ayant été visible dans sa totalité en Bretagne et en Espagne. Une lune aux contours atténués par l’ombre de la Terre et à la couleur orangée à marqué les esprits des moines déolois. Je dis curieusement, car il n’est fait aucun cas d’un phénomène dont on aurait pu s’attendre à une portée plus symbolique, l’éclipse annulaire du 29 juin 1033, l’année du millième anniversaire de la passion du Christ, attendue par certains clercs comme la vraie date de l’Apocalypse annoncée.

Cette petite éclipse a été visible de Déols, sa bande de totalité s’étalant d’ouest en est à travers les Charentes, le Limousin, l’Auvergne et le nord des Alpes, mais le chroniqueur du monastère n’en dit rien.

soleil2 

Pour les bénédictins de Fleury, en Orléanais, ce sont des nuées couleur de sang qui envahissent le ciel le 8 août 1038, à partir de midi, et cela pendant deux heures. Le même phénomène, plus long, se reproduit toute la journée du lendemain. Le moine de Fleury constate, mais n’explique pas car, implicitement, le lecteur comprend que Dieu est l’auteur de ces signes qui croissent en intensité. La région connut-elle un épisode orageux d’une densité exceptionnelle, ou fut-elle survolée par des nuages de micro-particules troublant la lumière solaire? On sait que des cendres dispersées par des incendies de forêt ou par des éruptions volcaniques provoquent de tels effets visuels.

A-t-on plus simplement là l’écho d’une autre éclipse annulaire survenue le 22 août 1039, dont l’ombre a balayé la Bretagne, le Poitou et l’Auvergne, donc parfaitement visible du Berry? Un amalgame chronologique est loin d’être exclu.

Les deux chroniques, avec des mots différents, se rejoignent sur un point. Des nuances de la lune d’avril aux teintes du ciel estival, c’est bien la couleur du sang que l’on retrouve, annonciatrice des massacres qui endeuillèrent la région de Bourges lors de cette funeste année 1038.

Repost 0
Published by Olivier Trotignon - dans sources-littérature
commenter cet article
6 février 2010 6 06 /02 /février /2010 10:56

carte
Voici un petit serpent de mer qui resurgit périodiquement lorsque, pendant mes conférences, je qualifie de berrichonnes les contrées que traversent aujourd’hui les limites départementales entre le Cher et l’Allier, si bien qu’il m’est arrivé de me faire reprendre par certains auditeurs courroucés que j’occulte l’identité bourbonnaise de leur terroir natal.

Une petite leçon de géographie historique n’est donc pas superflue. Le Bourbonnais existait bien comme territoire distinct du Berry par la fiscalité qui s’y pratiquait et par l’hommage que ses habitants devaient à la seigneurie de Bourbon, mais seulement à partir de la Guerre de 100 ans. Selon Marcel Marion, dans son Histoire du Berry et du Bourbonnais, la création du duché de Bourbonnais remonterait  à Louis, dit le Grand (1279-1342), devenu duc en 1327. Avant cette date, rien ne permet de distinguer la seigneurie de Bourbon de ses voisines du Berry du sud. Fondée dans les limites de l’ancien pagus biturige, Bourbon appartient au diocèse de Bourges qui épouse le territoire de l’ancienne cité gallo-romaine. Pendant les premiers siècles de la féodalité, alors que se multiplient les écrits  sur lesquels l’historien peut s’appuyer pour fonder ses observations, les Bourbons se désignent eux-même comme seigneurs du Berry.

La confusion naît de la division départementale de la période révolutionnaire. On considère alors que, globalement, les départements du Cher et de l’Indre sont berrichons et l’Allier Bourbonnais. Or, quand on regarde la situation dans le détail, il est manifeste que le Saint-Amandois (dans le Cher), ancien fief des Charenton, vassaux de Bourbon, est de tradition bourbonnaise et qu’il existe des enclaves berrichonnes dans l’Allier et dans la Creuse.

Tout se complique un peu plus lorsque sont crées les régions. L’Allier est aggloméré à l’Auvergne, qui était totalement distincte en tant qu’ancien pagus des Arvernes et évêché de Clermont, du Berry. On comprend que certains peinent à s’y retrouver.

Aujourd’hui, Berry et Bourbonnais sont deux identités distinctes par d’infimes singularités comme leurs coiffes traditionnelles, leurs cornemuses, leurs races de poules et d’ânes et, m’a-t-on dit une fois, par le tempérament de leurs habitantes (je laisse à mon interlocuteur d’alors la responsabilité de ce dernier jugement). Pour la période médiévale, c’est la chronologie qui fait office de boussole.

Repost 0
Published by Olivier Trotignon - dans politique-société civile
commenter cet article
2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 08:25

guerluchon
Les amateurs de traditions populaires iront avec beaucoup de profit visiter le blog de Sirius et plus particulièrement l’article dont le lien suit
 

le saint Guerluchon de Billeron


qui permet de découvrir, dans les alentours de Sainte-Solange, une représentation quasi-inédite de saint Guerluchon, que nous avions cité dans un article dédié à saint Vit.

C’est l’occasion de ressortir de mes archives une vieille photographie de la plate-tombe du chevalier Guillaume de Naillac, dans l’église de Gargilesse, dans l’Indre, qui servit (sert encore, peut-être?) de support à la vénération d’une entité spirituelle atypique, censée rendre virilité aux hommes et fécondité aux femmes.

Manifestement, nos prédécesseurs ont choisi dans leur environnement monumental des statues promises à une tout autre fonction que de matérialiser la ferveur pour un saint populaire, et leurs ont attribué des pouvoirs surnaturels. Dans l’esprit, cette démarche n’est pas très éloignée des vertus imputées à une image -tableau ou statue- de la Vierge visible pendant des siècles dans le cloître du couvent des Carmes de Saint-Amand-Montrond, censée avoir des pouvoirs miraculeux.

Il est bien entendu que la contribution de mon confrère auteur du blog sur Veaugues et mes propres articles ont pour seule ambition de compléter la culture de nos lecteurs sur une superstition d’origine probablement païenne et ne sont en aucun cas une incitation à passer outre la Médecine pour remédier à certains maux. 

Repost 0
Published by Olivier Trotignon - dans histoire locale
commenter cet article
30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 23:41

Urçay-général
Pour beaucoup de voyageurs passant de région Centre en Auvergne, elle est un peu la première sentinelle du Bourbonnais. Bâtie dans un grès qui affleure des escarpements dégagés par les eaux du Cher et en partie couverte de bardeaux taillés dans les troncs des arbres poussés au cœur des futaies du massif de Tronçais, l’église d’Urçay semble, dans sa simplicité, prédire le pays qui l’entoure. C’est aussi avec beaucoup de simplicité que ses amis vous accueillent pour la faire visiter, et vous parlent de leurs craintes de voir un jour ce monument être la proie de la ruine. Même si cet édifice est loin d’être le plus intéressant ou le plus beau des patrimoines régionaux, j’ai choisi d’apporter mon soutien à leur action en faisant connaître Urçay au plus grand nombre possible d’amateurs de vieilles pierres.

Curieuse petite ville que ce Urçay. Isolée de la grande route du Sud par le cours du Cher, adossée à l’immense vide humain que représentait la forêt de Tronçais depuis la fin de la présence romaine, cette minuscule cité qui garde la trace d’une ancienne enceinte défendue par des tours, n’avait pas beaucoup d’atouts pour fixer une population. Tout juste accessible par des voies secondaires, sa position sur les itinéraires des grands pèlerinages semble difficile à démontrer. 

Son église, pourtant, affiche des dimensions supérieures aux besoins de la population locale. Même si sa paroisse incluait le village de l’Etelon, à plusieurs kilomètres au nord du bourg, on peut se demander si les gens de ce hameau fréquentaient bien son sanctuaire, à cause de la distance entre les deux sites et surtout de la présence d’une chapelle à Changy, à quelques dizaines de minutes à pied de l’Etelon. 

Un détail a attiré mon attention lors de la visite qui m’a été proposée lors des dernières journées du Patrimoine. Il existait naguère un puits, aujourd’hui condamné, dans le presbytère accolé au sanctuaire, dédié à Saint-Martin. L’affirmation de la présence de murailles d’origine inconnues révélées par des travaux de voirie autour de l’église peut être un autre indice invitant à se rappeler que la région a connu à l’époque antique la présence de plusieurs sanctuaires des eaux, dont les plus célèbres sont Viljo, en forêt de Tronçais et bien sûr Drevant, en aval d’Urçay, auquel nous avons déjà accordé plusieurs articles sur ce blog.

Sachant que saint Martin fut l’un des évangélistes de la Gaule qui combattit le plus vigoureusement les cultes polythéistes et que de nombreuses fontaines portent son nom dans le secteur, il n’est pas impossible qu’à Urçay, comme à Drevant, se soit produit un glissement spirituel d’un sanctuaire antique vers un édifice chrétien, assurant la pérennité d’un pèlerinage aux origines largement antérieures à la christianisation du Berry. On remarque, sur les murs du portail, la présence de grattages profonds sur une pierre, comme si des individus avaient cherché à soustraire quelques parcelles à l’édifice, pratique courante dans la région qu’on interprète parfois comme le fait de pèlerins en quête de reliques.

urçay-portail 

Le visiteur saura oublier les épouvantables colmatages de lézardes au ciment gris et à la mousse expansée isolante qui balafrent le mur méridional de la nef pour s’arrêter devant un beau portail polylobé et un clocher clouté de bardeaux. L’intérieur surprend par la puissance des piliers, visiblement promis au soutien d’un gros clocher de pierre qui ne fut jamais érigé.

Merci aux amis de cette église qui m’ont donné envie de parler de ce lieu.
urçay-interieur 

Repost 0
Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine religieux
commenter cet article
28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 16:27

chatelus-intérieur

Patrimoine emblématique du massif forestier de Tronçais, dans l’Allier, le Tureau de Chatelus, sur la commune de Meaulne, dans l’Allier, se présente comme une enceinte de terre fossoyée quadrangulaire, avec des renflements aux quatre angles et un évidement dans le rempart Nord qui peut passer pour une entrée. Élevée sur une position topographique stratégique, cette fortification bénéficiait de la protection naturelle assurée par la confluence de deux petits ruisseaux parallèles avec un ruisseau de plus fort débit. Ces trois cours d’eau ont modelé un relief assurant une défense naturelle de l’édifice qui n’a pas échappé aux concepteurs de l’ouvrage.

La tradition populaire, comme dans tant d’autres lieux, a accordé aux romains la paternité de ce camp retranché. Baignés de culture antique, les anciens érudits y reconnaissaient la signature indiscutable des légions de César au temps de la Guerre des Gaules. Sauf erreur, la carte IGN de la région continue à nommer l’endroit: “le Camp Romain”.

Il y a une quinzaine d’années, les techniciens de l’ONF, soucieux de baliser le patrimoine  de la forêt de Tronçais, m’avaient consulté sur cette question, traitée, entre autres, dans mon mémoire de DEA. Mes arguments les avaient convaincus d’une origine ne devant rien à l’armée romaine, sans qu’on puisse pour autant être affirmatif sur la date de début des travaux de défense du site. Éloigné des routes où circulaient les troupes impériales, Chatelus n’a livré, au cours des anciens sondages entrepris sur place, aucun objet d’époque antique. De plus, l’importance des terrassements montre que ce lieu n’a rien d’un camp de fortune établi pour les besoin d’une troupe en campagne, qui se serait parfaitement contentée d’une simple clôture palissadée. Tout naturellement, c’est vers l’époque médiévale que se tourne le regard grâce à un élément décisif: le toponyme même de l’endroit.

Chatelus l’est pas un nom isolé. En fait, on relève six autres sites offrant une parenté évidente avec le phénomène observé sur la commune de Meaulne.

* Le Châtelet, ou Vieux-Château, sur la commune d’Arpheuilles, dans le Cher. Comme pour son homologue de la forêt de Tronçais, le site d’Arpheuilles se présentait comme une grande enceinte carrée entourée de fossés, avec des renforts aux angles. Superbe vestige, cette forteresse a été très dégradée lors de travaux d’abattage de bois, partiellement écrasée par les engins forestiers qui débardaient les grumes;

* l’enceinte du moulin de Gâteau (parcelle dite “les Chatelais”), commune de Saint-Pierre-les-Etieux (18). Petit ouvrage employant l’eau de la Marmande comme défense;

* l’éperon barré de Chatelux, sur la commune de Vesdun (18), petite plate-forme au dessus de la gorge du Rifoulet, isolée du plateau par un rempart de terre;

* un autre éperon barré, dans la commune voisine de Saint-Désiré (03), nommé “le Châtelet” par le cadastre;

deux grands ensembles de plusieurs hectares, de type éperons barrés:

*les Châtelets (connu comme “camp romain”, sur la commune de Sidiailles (18);

*l’énorme ensemble de Chateloy, près d’Hérisson (03), d’origine gauloise et réoccupé à l’époque médiévale.

Les points communs sont flagrants:

* tous les lieux sont fortifiés en terre avec souvent des fossés. On ne trouve aucune trace de motte, de tour, ou de murailles maçonnées.

* La similitude toponymique -Châtelet/Chatelus/Chateloy est  homogène.

* Il n’existe aucune charte concernant ces lieux. Ceux qui les habitaient échappaient au pouvoir féodal et à la dépendance vis-à-vis des abbayes et sont du fait transparents aux yeux des historiens.

* La grande majorité - seule l’enceinte de la vallée de la Marmande s’écarte du modèle - a été construite dans des endroits très isolés.

chatelus1 

Nous avions donc proposé un schéma de lecture très éloigné de l’interprétation antique habituelle. Ces forteresses de terre, dont le Tureau de Chatelus est la mieux conservée, pourraient avoir accueilli des populations forestières échappant au pouvoir féodal et demeurées libres même après le gain d’influence des grandes maisons chevaleresques comme Bourbon, Charenton ou Culan à partir du milieu XIe siècle. Cette occupation pourrait s’être prolongée jusqu’à une date assez proche (XIIIe siècle, époque où s’achève le maillage féodal du territoire et où disparaissent les derniers alleux), ce qui expliquerait la fraîcheur du toponyme, assez peu déformé.

Il resterait à savoir s’il existe un lien entre ces fortifications primitives et les forteresses atypiques des Grands-fossés (une sorte de motte évidée), isolée sur la commune de Saulzais-le-Potier et du bois de la Suchère, sur la commune voisine de La Celette (18), où une petite enceinte joue le rôle de résidence seigneuriale dans le prolongement d’une basse-cour. Aucun nom particulier de parcelle n’est attaché à ces deux lieux.

En conclusion, il semble bien qu’une forme de fortification médiévale assez méconnue soit à ajouter au catalogue déjà bien fourni des forteresses de terre et de bois, comprenant en particulier les mottes castrales et les vestiges de maisons-fortes. La précarité matérielle des populations qu’elles pourraient avoir accueilli,explication plausible à l’absence de vestiges archéologiques significatifs dans les sondages effectués à Meaulnes et à Saulzais-le-Potier, serait un argument supplémentaire au crédit de leur origine médiévale.

chatelus2 

 

 

Repost 0
Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine militaire
commenter cet article
23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 22:19

plaque

plaque muletière en tôle de bronze ornée de l’inscription: “Qui * bon * maistre * sert * bon * guerdon * attend * davoir “

(qui sert un bon maître aura une bonne récompense)

XVe siècle probable



Les lecteurs qui me connaissent bien savent combien j’affectionne les ânes noirs qui sont les compagnons de notre vie depuis déjà vingt ans. Sans vouloir m’appesantir sur des querelles de maquignons qui fleurissent sur nos champs de foire contemporains, j’aimerais faire le point sur un sujet qui me passionne: la présence de l’âne dans les campagnes berrichonnes médiévales.

Premier étonnement: personne ne sait au juste depuis quand l’âne vit sous nos latitudes. D’origines désertiques, dont il a conservé certains atavismes, cet équidé est si discret dans les rapports de fouilles et dans les travaux historiques qu’on ne peut être affirmatif sur l’ancienneté de sa présence sur notre sol. Peut-être présent dès le radoucissement climatique du mésolithique, il peut être arrivé avec les premiers agriculteurs du néolithique, avoir été ramené de Grèce par les mercenaires bituriges au service des souverains macédoniens, avoir été le compagnon des colons italiens au moment de la romanisation de la Gaule ou encore arrivé beaucoup plus tardivement à l’occasion des invasions. L’âne et ses hybrides, mulets et bardots, souffrent de leur parenté avec le cheval et le poney, et seules des analyses ostéologiques fines peuvent permettre de décider à quelle espèce attribuer telle ou telle pièce osseuse découverte en cours de fouille, si bien qu’il est probable que certains os attribués à des chevaux aient appartenu à un tout autre animal.

L’âne est en plus victime d’un manque de considération entretenu jusqu’à nos jours par un  certain monde du cheval, qui s’évertue à se considérer comme supérieur, selon des principes dont la péremption force le respect tant ils sont éculés, qui persiste à marquer l’inconscient collectif au point que notre animal est encore aujourd’hui victime de la risée des plus fervents adeptes de la “plus noble conquête de l’Homme”.

Ce préambule souligné, c’est sur le terrain de l’historien que l’ancienneté de la présence de l’âne sur le sol berrichon se discute. Les artistes médiévaux, qu’ils aient mis leur talent de sculpteurs au service de l’art roman ou des grands monuments élevés après cette période, placent l’âne dans une démarche créative qui le désincarne de son existence physique d’animal de somme. Âne à la lyre, ou à la rote ou harpe, comme dans le récit d’Apulée, il orne les façades et chevets des églises de Drevant, Saint-Amand-Montrond, Chambon, Lignières ou Dun. L’âne, maître d’école, professe sur le tympan de Saint-Ursin de Bourges. Monture du Christ ou de ses parents, ses grandes oreilles peuplent la cathédrale de Bourges, sur les vitraux ou les sculptures des entrées de l’édifice. Ces différents avatars ne prouvent en rien sa présence dans le quotidien des gens des villes et des campagnes, et c’est là que les chartes méritent d’être lues de près. 

L’âne est présent dès le début du XIe siècle au sein des troupes combattant à la bataille de Châteauneuf-sur-Cher. Ceci représente un indice précieux sur la taille de ces animaux à l’époque, assez grands pour servir de monture à des cavaliers espérant rivaliser avec leurs adversaires à cheval, dont les animaux ne devaient être guère plus hauts au garrot.

Quelques décennies auparavant, un certain Gaufridus, Asinus nomine (Geoffroy l’âne, nommé ainsi à cause de sa force) avait combattu sur les murailles de Saint-Benoît-du-Sault.

Avant 1189, la charte de franchise de La Perche note que  la vente d’un âne, d’un bœuf ou d’une vache rapportera un denier au seigneur de Charenton alors que la vente d’un cheval lui vaudra quatre fois plus. Ce détail semble prouver la rareté du cheval à l’époque, plus animal de guerre que de travail, par rapport à des espèces plus communes car plus rurales. La redevance est la même dans la charte de franchise de Saint-Amand, accordée elle aussi par le seigneur de Charenton.

En 1346, on signale dans la seigneurie de Graçay qu’on utilise chevaux, juments et ânes pour amener les grains au moulin. En 1399, c’est près du château de Saint-Augustin qu’est recensé le lieu-dit: “le Pré des ânes”.

Lors des travaux de restauration de l’abbaye de Noirlac, dans les années soixante-dix, un squelette âsin aurait été découvert sous le dallage du réfectoire des moines, mais cette observation n’a jamais vraiment été confirmée.

Contrairement au cheval, présent essentiellement dans l’environnement des gens de guerre, l’âne s’adapte, de par son alimentation et le rapport élevé de sa force par rapport à sa masse, à une petite économie rurale longtemps plus proche de la survie au quotidien que de la production de rendements élevés. Croisés avec des juments, les baudets produisent  les mulets utilisés, en signe d’humilité, par les pèlerins chevaleresques dans leur quête pénitentielle.

Il est probable qu’on ne démontrera jamais le lien de parenté vraisemblable entre les grands ânes noirs berrichons qui accompagnent le développement de l’industrie et des transports lors de la Révolution industrielle et leurs semblables médiévaux, mais il existe néanmoins de fortes probabilités que les souches que nous élevons aujourd’hui soient pour un part descendantes des bêtes qui se négociaient sur le foires du Boischaut au temps des Croisades.

ane-harpe

Meillers (03)
Photographie choisie pour illustrer l'ouvrage : Anthologie de la harpe, la harpe des Celtes, cosigné, entre autres, par Alan Stivell et le barde Myrdhin.
Copyright O. Trotignon 

Donkeys and mules in medieval everiday life 
Repost 0
Published by Olivier Trotignon - dans économie
commenter cet article
19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 14:56

croco

Peu habitué à travailler sur des sujets absents des sources documentaires et disparus sans laisser de traces tangibles de leur existence, j’aimerais pourtant évoquer ici une tradition cultuelle relevée à plusieurs reprises par des enquêtes faites par les chercheurs en traditions populaires et qui a été totalement effacée du patrimoine spirituel régional. Selon certaines mémoires orales, quelques églises en Berry et Bourbonnais auraient abrité, jusqu’à ce que l’usure les fasse jeter aux orties ou que certains nouveaux curés leur aient préféré quelque statue de plâtre multicolore, des momies de crocodiles, peut-être d’époque pharaonique. Ramenées par des pèlerins ou des croisés de retour de Terre sainte, ces dépouilles desséchées auraient été achetées par des voyageurs occidentaux, lors d’étapes à Damiette, port du delta du Nil, à des marchands égyptiens vendant une marchandise pillée dans des tombeaux antiques. Nos chevaliers, ignorants de la nature originelle des animaux qu’on leur proposait, les auraient pris pour de petits dragons et les auraient ramenés dans leur paroisse d’origine comme trophée de leur voyage, les vouant peut-être au culte de saints combattant le Mal tels saint Georges ou saint Michel. Si cette interprétation est véridique, il est certain que l’exotisme de leur aspect pouvait avoir de quoi marquer les imaginations rustiques et que ces momies ont pu jouer un rôle de reliques dans certains sanctuaires.

Même s’il est impossible de faire un recensement précis des croisés berrichons, les textes citent pour chaque grand mouvement de croisade de un à plusieurs participants nés dans la noblesse régionale, dont plusieurs sont revenus saufs et espérons le pour eux, sains, de leur voyage en Orient. Que certains de ces hommes aient songé à charger dans leurs bagages des souvenirs encombrants mais légers de leurs pérégrinations outre-mer n’aurait rien eu rien d’extravagant.

On ne peut s’empêcher de regretter la complète disparition de tous ces témoignages d’une foi certes assez éloignée de l’orthodoxie de la pensée vaticane, mais qui, analysés avec les moyens scientifiques dont nous disposons aujourd’hui, auraient représenté un trésor d’enseignements pour les historiens contemporains.


dragon-Levroux


Le crocodile illustrant cet article n’est pas berrichon, mais languedocien et a été photographié il y a plus d’un quart de siècle dans l’église de Saint-Bertrand-de Comminges, dans les Hautes-Pyrénées. 

Peut-être, comme ce fut le cas pour l’article dédié aux saints Vit et Greluchon, avez vous vous même recueilli des témoignages ou des traditions orales en relation avec ces “dragons” africains. Vos ajouts et remarques sont d’ores et déjà les bienvenus.

Repost 0
Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine religieux
commenter cet article

Présentation

  • : Moyen-âge en Berry
  • Moyen-âge en Berry
  • : Rédigé et illustré par un chercheur en histoire médiévale, ce blog a pour ambition de mieux faire connaître l'histoire et le patrimoine médiéval du Berry, dans le centre de la France.
  • Contact

géographie des visiteurs




A ce jour, cette espace a été visité
180102 fois.

405350 pages ont été lues.

Merci de l'intérêt que vous portez à l'histoire de la région.




Visitor Map
Create your own visitor map!
" class="CtreTexte" height="150" width="300" />

 

Rechercher

Conférences

conférence

 

Dans l'objectif de partager avec le grand public une partie du contenu de mes recherches, je propose des animations autour du Moyen-âge et de l'Antiquité sous forme de conférences d'environ 1h30. Ces interventions s'adressent à des auditeurs curieux de l'histoire de leur région et sont accessibles sans formation universitaire ou savante préalable.
Fidèle aux principes de la laïcité, j'ai été accueilli par des associations, comités des fêtes et d'entreprise, mairies, pour des conférences publiques ou privées sur des sujets tels que:
- médecine, saints guérisseurs et miracles au Moyen-âge,
- l'Ordre cistercien en Berry;
- les ordres religieux en Berry au M.A.;
- la femme en Berry au M.A.;
- politique et féodalité en Berry;
- le fait religieux en Berry de la conquête romaine au paleo-christianisme...
- maisons-closes et la prostitution en Berry avant 1946 (animation réservée à un public majeur).
Renseignements, conditions et tarifs sur demande à l'adresse:
Berrymedieval#yahoo.fr  (# = @  / pour éviter les spams)
Merci de diffuser cette information à vos contacts!

Archives

Histoire locale

Pour compléter votre information sur le petit patrimoine berrichon, je vous recommande "le livre de Meslon",  Blog dédié à un lieu-dit d'une richesse assez exceptionnelle. Toute la diversité d'un terroir presque anonyme.
A retrouver dans la rubrique "liens": archéologie et histoire d'un lieu-dit

L'âne du Berry


Présent sur le sol berrichon depuis un millénaire, l'âne méritait qu'un blog soit consacré à son histoire et à son élevage. Retrouvez le à l'adresse suivante:

Histoire et cartes postales anciennes

paysan-ruthène

 

Cartes postales, photos anciennes ou plus modernes pour illustrer l'Histoire des terroirs:

 

Cartes postales et Histoire

NON aux éoliennes géantes

Le rédacteur de ce blog s'oppose résolument aux projets d'implantation d'éoliennes industrielles dans le paysage berrichon.
Argumentaire à retrouver sur le lien suivant:
le livre de Meslon: non à l'éolien industriel 

contacts avec l'auteur


J'observe depuis quelques mois la fâcheuse tendance qu'ont certains visiteurs à me contacter directement pour me poser des questions très précises, et à disparaître ensuite sans même un mot de remerciement. Désormais, ces demandes ne recevront plus de réponse privée. Ce blog est conçu pour apporter à un maximum de public des informations sur le Berry aux temps médiévaux. je prierai donc les personnes souhaitant disposer de renseignements sur le patrimoine ou l'histoire régionale à passer par la rubrique "commentaires" accessible au bas de chaque article, afin que tous puissent profiter des questions et des réponses.
Les demandes de renseignements sur mes activités annexes (conférences, contacts avec la presse, vente d'ânes Grand Noir du Berry...) seront donc les seules auxquelles je répondrai en privé.
Je profite de cette correction pour signaler qu'à l'exception des reproductions d'anciennes cartes postales, tombées dans le domaine public ou de quelques logos empruntés pour remercier certains médias de leur intérêt pour mes recherches, toutes les photos illustrant pages et articles ont été prises et retravaillées par mes soins et que tout emprunt pour illustrer un site ou un blog devra être au préalable justifié par une demande écrite.