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6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 09:57

 

Teillet-nef

 

Vous le savez, l’état du patrimoine religieux médiéval est très variable d’un endroit à l’autre et, si on prend plaisir à visiter des monuments soigneusement restaurés et entretenus, on ne doit pas se désintéresser de ces petites chapelles de campagne maltraitées par le temps et en un si mauvais état que les municipalités qui les possèdent ne disposent pas des budgets nécessaires pour en assurer la rénovation. Elles ne peuvent rivaliser avec leurs voisines prestigieuses, on s’y attarde rarement, nous avons trouvé l’une d’elles au sud de Montluçon, dans le bourg de Teillet-Argenty, et c’est sur elle que nous allons nous pencher aujourd’hui.

Teillet-Argenty,  c’est avant tout les vestiges d’une grande motte castrale parfaitement visible au centre du village. Aplanie à son sommet et amputée d’une partie de sa masse, elle laisse entrevoir l’importance des terrassements initiaux qui soutenaient la tour de bois bâtie à son sommet.

 

Teillet

A quelques dizaines de mètres de cette défense se trouvent les ruines de l’église Saint-Blaise qui s’élèvent à l’emplacement probable de l’ancienne chapelle castrale des premiers chevaliers ayant occupé le site. 

Au premier contact, l’édifice apparaît en mauvais état. La façade, dont le tympan a disparu, ne présente aucun trait remarquable, mais ne paraît pas menacée. La nef, en revanche, est complètement éventrée par un effondrement de ses voûtes qui n’a épargné que l’entrée du sanctuaire, reconvertie en étable, et le chevet, provisoirement stabilisé par des étais. Une brève intrusion dans la partie encore en place du chevet laisse entrevoir des traces de polychromie sur les plafonds -une fresque y aurait été déposée puis vendue- et confirme la destination agricole des aménagements intérieurs postérieurs à la vente de l’église au titre des biens nationaux. Dans cette partie du sanctuaire demeurent quelques belles traces d’architecture, dont il existe sans doute des milliers identiques un peu partout en France, mais qui semblent dans un état de conservation satisfaisant, ce qui donne un espoir de voir un jour l’église de Teillet attirer quelques crédits pour sa conservation.

 

Teillet-fenêtres

Celle ci n’est pas à l’abandon. Un panneau explicatif renseigne les visiteurs qui remarquent sa présence en traversant le village. Je ne peux inciter les curieux du patrimoine régional à faire le déplacement exprès pour la découvrir, mais l’église de Teillet-Argenty mérite un arrêt sur cette route entre le Bourbonnais et la Creuse, non loin des grandes collégiales d’Evaux et de Chambon, dont elle peut parfaitement compléter la visite.

 

Teillet-linteau

 

 

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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 09:35

-Saint-Jeanvrin-ouverture

 

 

Le bourg de Saint-Jeanvrin, dans le sud du département du Cher, semble chargé d’une atmosphère particulière qui me pousse à en recommander vivement la visite. Petit village situé au pied d’un relief ayant, il y a plus de 40.000 ans, vu se développer des ateliers de taille de silex néandertaliens, le site est jusqu’à ce jour préservé de l’anarchie pavillonnaire qui ruine l’esthétique générale d’un lieu et recèle deux vestiges médiévaux qui méritent absolument le détour. Les ruines de son château-fort, soulignées par la présence d’un étang, qui rappellent l’occupation féodale dans cette localité depuis au moins la fin du XIIe siècle, et une petite église romane d’une composition générale très équilibrée et qui conserve un surprenant patrimoine médiéval et moderne.

 

-Saint-Jeanvrin-château

L’église, construite avec un calcaire fin, est marquée par l’influence romane poitevine. Des extérieurs envahis de détails sculpturaux annoncent les monuments que l’on rencontre plus à l’ouest de notre région. L’intérieur est conforme à l’impression générale que dégage le premier contact avec le monument, avec des chapiteaux historiés et une belle cuve baptismale de facture d’apparence primitive. Jusque là, un beau sanctuaire, justifiant à lui seul un détour par Saint-Jeanvrin, village quelque peu à l’écart des circuits touristiques ordinaires.

 

-Saint-Jeanvrin-vitrail-1

Cet isolement relatif n’a pas découragé les artistes de la Renaissance de répondre à l’invitation des châtelains locaux, nés de cette noblesse qui manie désormais plus le mousquet que l’épée, à venir embellir, en le modifiant légèrement, ce sanctuaire. Les ouvertures romanes de l’abside sont retaillées pour laisser entrer plus de lumière, et sont garnies de vitraux d’une qualité surprenante pour un édifice d’aspect extérieur si modeste. Aux vitriers s’adjoignent les peintres, qui ornent les anciens murs de fresques exprimant des sujets héraldiques et bibliques. Outre la peinture des armes de la famille occupant la forteresse voisine peintes selon le goût du temps, une scène de crucifixion traitant une partie des acteurs, dont le Christ, avec des figures noires, attire particulièrement l’attention. L’art des peintres s’exprime aussi sur un beau retable, préservé dans une vitrine, mais difficile à photographier. 

 

-Saint-Jeanvrin-fresque

La sculpture, enfin, n’est pas en reste grâce à un enfeu d’une taille et d’une ornementation exceptionnelles qui accueillait un très probable gisant d’un des bienfaiteurs de l’église, aujourd’hui disparu, ce qui nous prive d’un ensemble capable de rivaliser avec certaines tombes visibles dans des contextes économiques et urbains beaucoup plus favorisés que ce petit terroir du Boischaut du Sud.

 

-Saint-Jeanvrin-enfeu

L’église de Saint-Jeanvrin, comme c’est le cas pour d’autres édifices cultuels régionaux, outre sa fonction paroissiale, servit de chapelle privée aux dépositaires locaux de l’autorité seigneuriale. La richesse des aménagements que les seigneurs du cru y firent réaliser, et leur excellent état de conservation, méritent vraiment le détour.

 

-Saint-Jeanvrin-vitrail-2


Je profite de ce passage par Saint-Jeanvrin pour pointer un détail curieux qui ravira les amateurs de phénomènes astronomiques, et qui prolonge d’une certaine manière l’article que j’avais consacré aux éclipses de soleil visibles du Berry dans les temps médiévaux. L’artiste qui a peint la crucifixion du mur de la nef a ajouté un détail très précis à sa composition: à droite  au dessus du Christ en croix se trouve une magnifique représentation d’une éclipse partielle fidèlement reproduite -l’ombre de la lune est correctement placée par rapport au diamètre du disque solaire- qui montre que l’artiste qui a réalisé cette scène avait certainement des souvenirs personnels, proches ou anciens, d’une éclipse, quand il est venu travailler dans l’église de Saint-Jeanvrin. Il s’agit là d’un des plus beaux soleils noirs -y a t-il un rapport avec la couleur de peau des personnages?- de l’Art régional.

-Saint-Jeanvrin-eclipse

 

 

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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 08:35

grattages

Saint-Plaisir (03)

 

 

Il y a plusieurs mois, nous évoquions dans ces pages une pratique dont les origines demeurent énigmatiques: sur de nombreux édifices religieux périphériques du massif de Tronçais s’observent des stigmates de grattages si étendus et profonds qu’ils ont changé l’aspect extérieur de plusieurs monuments.

Profitant des possibilités d’interactivité rendues disponibles par les fonctions de ce blog, je sollicite l’aide des lecteurs fidèles ou simplement de passage dans cet espace pour essayer de mieux connaître l’étendu du phénomène. 

 

grattages-façade

Saint-Plaisir (03)


Voici les faits.

Un certain nombre d’églises situées dans la zone de contact entre les départements du Cher et de l’Allier présentent, sur les pierres de leurs murs extérieurs (façades, nefs ou chevets), des traces de grattages parfois très profondes. On observe une densité de marques très élevée sur les églises de Lurcy-Lévis, Ainay-le-Château, Couleuvre, Saint-Plaisir et Dun-surAuron. Des grattages, quoique plus discrets que dans les sites précédents, sont signalés dans de nombreuses églises de la région. La façade de l’ancienne abbaye de Puyferrand, près du Châtelet-en-Berry, ou les murs de l’église de Châteaumeillant, portent des marques similaires à celles relevées sur les lieux de culte du Bourbonnais. Il n'en existe pas, à ma connaissance, sur des ruines de bâtiments civils ou d'anciennes forteresses. Leur présence sur des sculptures de la fin du Moyen-âge ou post-médiévales donne une indication sur leur ancienneté.

Ces grattages demeurent une énigme. Nous avons balayé la thèse d’une destination fonctionnelle, comme celle de lieux d’affutage de lames de couteaux ou d’outils agricoles. Certaines pierres grattées sont en calcaire, une pierre trop tendre pour l’aiguisage, d’autres sont trop granuleuses pour espérer un résultat probant, certaines empreintes sont coniques, excluant une fonction utilitaire.

 

grattages-lurcy

Lurcy-Levis (03)


On s’orienterait donc plus volontiers vers une explication spirituelle d’une pratique dont la signification exacte nous échappe. Des pèlerins pourraient -le conditionnel est de rigueur- avoir cherché à se constituer des sortes de reliquaires personnels, ou de talismans, en prélevant à l’extérieur des églises citées de la poussière de roche.

Existait-il dans ces sanctuaires des reliques dont nous ne connaissons ni la nature ni l’identité qui auraient pu conduire des fidèles à chercher à s’ approprier le bénéfice de leur pouvoir?

C’est la thèse qui me semble, dans l’état de ce que j’observe, la plus recevable, mais j’aimerais avoir vos avis, spécialistes ou simples curieux du passé, pour m’aider à cerner l’étendue de cette pratique. Si vous avez relevé sur des églises proches de votre terroir ou simplement visitées au hasard d’une promenade, pourquoi pas à l’étranger?, de telles marques, je serais ravi de réunir vos expériences pour tenter de cerner un de ces micro-phénomènes qui interpellent l’attention de ces observateurs du passé que nous sommes tous.

 

grattages-lurcy-2

Lurcy-Levis (03)


En bas de cet article, la fonction “commentaires” vous permettra de faire profiter tous les autres lecteurs de vos témoignages.

 

 

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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 10:30

 

Châteaumeillant-motte

 

Les sources narratives régionales conservent la très brève mention d’un événement majeur qui bouleversa le sud du Berry au milieu du XIIe siècle: la guerre entre le roi de France Louis VII et le seigneur Ebbe de Déols. 

Les circonstances de ce conflit doivent être brièvement rappelées. La seigneurie de Déols était vassale du duché d’Aquitaine. Mariée avec le roi de France, sa duchesse, Aliénore d’Aquitaine, se sépara de son mari pour se marier au roi d’Angleterre Henri II Plantagenêt. Respectant la logique féodale, Ebbe de Déols fit allégeance au roi Henri, son nouveau seigneur. L’étendue considérable du fief de Déols mis donc directement sous l’autorité vassalique du souverain anglais toute la partie du Berry occupée par l’essentiel de l’actuel département de l’Indre, le quart sud-ouest du département du Cher, plus quelques cantons de la Creuse et terroirs isolés de l’Allier, et mis au contact direct le domaine capétien de Bourges avec les terres relevant désormais de l’autorité Plantagenêt.

La guerre, dans ces circonstances, devint inévitable.

On ne connaît pas l’origine exacte du conflit -tentative de soumission d’Ebbes de Déols par le roi Louis VII ou expédition punitive au cœur du domaine castelroussin destinée à établir par la force la volonté capétienne sur cette partie du territoire? - mais on est bien renseigné, grâce à la chronique des moines de l’abbaye  de Déols, sur les objectifs visés par les belligérants. Le roi de France détruisit par le feu les forteresses de la Châtre et de Châteaumeillant, tandis qu’Ebbe faisait de même à Cluis, allié au roi de France. Louis VII remporta la victoire en incendiant la plus grande partie du château de Déols.

Intéressons nous plus particulièrement au cas de la forteresse de Châteaumeillant, éponyme partiel du nom encore en usage aujourd’hui. Petite mais très vieille cité située sur un axe économique et stratégique majeur, l’ancien Mediolano ne connaît pas de solution de continuité depuis l’époque romaine. Cité par Grégoire de Tours pour y avoir vu se livrer plusieurs batailles à l’époque mérovingienne, le Mediolanum de l’antiquité tardive conserve pendant tout le haut Moyen-âge une activité en rapport avec la voie qui le traverse. Cette position conduit les seigneurs de Déols à y accorder une attention particulière, en ne la confiant pas à un vassal, mais en y plaçant une de ses branches cadettes qui survit plusieurs décennies après la disparition de la souche seigneuriale primitive dans son fief historique de Châteauroux..

Déjà fortifiée à l’époque gauloise, la petite cité de Châteaumeillant est dotée d’un château de bois construit sur une motte castrale de grande taille dont les vestiges sont apparents -quoique malaisés à photographier, ce qui explique la piètre qualité de l’illustration fournie ci dessus- au centre de la ville. C’est ce château, comme ses homologues de la Châtre, Cluis, et Déols, qui brûle -ce qui est confirmé par des sondages sur le site- en 1152. Vieux d’au moins un siècle, ces fortins n’étaient, de toute façon, plus vraiment adaptés aux impératifs architecturaux de ce XIIe siècle qui voit se multiplier les constructions de pierre.

 

Châteaumeillant

Le raid militaire du roi de France eut un effet dynamisant sur les équipements militaires régionaux car, sitôt éteints les brasiers ayant consumé ses anciennes tours de bois, Ebbe de Déols fit élever, en bordure de plateau, à quelques minutes de la motte castrale, une nouvelle forteresse incomparablement plus solide que l’ancien fortin de bois. Le nouveau château de Châteaumeillant a connu avec le temps beaucoup de modifications et d’amenuisement de sa structure défensive, mais on distingue encore aujourd’hui une poterne portant les traces d’un ancien pont-levis et des élévations de murailles qui démontrent l’importance militaire de la place. La visite de l’édifice est restreinte par son actuel fonction de caserne de la Gendarmerie nationale, ce qui empêche d’explorer plus avant les lieux.

Notons que toutes les autres places-fortes occupant une fonction stratégique majeure dans le dispositif défensif des fiefs de Déols abandonnèrent à la même époque le bois au profit de la pierre (le Châtelet-en-Berry, la Châtre, Culan, pour n’en citer que quelques unes). Les incendies allumés par les osts royaux ou seigneuriaux au sommet des vieilles mottes n’ont fait qu’accélérer un inévitable processus de modernisation des équipements militaires berrichons.

 

Châteaumeillant-poterne

 

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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 15:29

 

Bourbon-general

 

Tous les chercheurs en musique ancienne, luthiers, musiciens amateurs ou professionnels consacrant leur Art à la musique médiévale ou traditionnelle connaissent l’extraordinaire chapiteau historié visible dans la nef de l’église de Bourbon-l’Archambault. Le sculpteur roman qui l’a réalisé a choisi de représenter un groupe de musiciens s’accompagnant de leurs instrument en compagnie d’une femme qui frappe dans ses mains, composition rare dans une iconographie qui s’attache le plus souvent à figurer des musiciens isolés, humains ou animaux. 

Le premier des personnages est assis sur un banc. Posée sur ses genoux se trouve une rote, qu’on reconnaît à la caisse de résonance placée au centre de l’instrument, et pas à l’arrière, comme sur une harpe. L’homme joue de la main droite, délaissant la seconde rangée de cordes située, en principe, à gauche de la caisse. S’aidant de la main gauche, il souffle dans une trompe. La présence d’anneaux visibles entre la bouche et la main du musicien peut évoquer soit une corne de bovin agrémentée de bagues métalliques, soit un instrument d’écorce comme la trompe de cornouiller, encore en usage chez les bergers dans les régions de bocage du Centre il y a quelques décennies. Le son rauque de cet instrument produit un effet de basse qui pouvait avoir des effets musicaux intéressants.

 

Bourbon-rote

Le deuxième musicien joue d’un instrument à quatre cordes fréquemment représenté dans les églises, y compris locales (Meillers et Souvigny en possèdent des sculptures de la même période), sorte de viole à archet typique de la musique de l’époque. Si les proportions sont fidèles, et on peu le penser vu le soin apporté à représenter la courbure de l’archet, l’homme est munie d’une viole de grande taille qu’il cale sur son épaule et contre sa poitrine pour assurer sa prise. Contrairement à son camarade de droite, il joue debout, comme les deux musiciens suivants, munis de flûtes, l’une à un et la seconde à deux tuyaux. Le premier flûtiste souffle distinctement dans le bec de son instrument tandis que l’autre ne met pas les chalumeaux au contact de ses lèvres, soufflant l’air comme dans une flûte de pan ou autres instruments traditionnels.

 

Bourbon-flute2-

Le cinquième membre du groupe est une femme, aux long cheveux nattés. Elle ne joue pas elle-même de musique, mais accompagne les joueurs en frappant dans ses mains. Aucun détail ne suggère la présence de petites percussions métalliques, comme il en apparaît parfois sur des enluminures. Seuls peut-être les rubans visibles sur ses chevilles pourraient être des bracelets à clochettes, sans aucune certitude.

Le chapiteau de Bourbon donne, outre de précieuses indications sur ce que pouvaient être les orchestres appelés pour animer les fêtes populaires ou seigneuriales à l’époque des Croisades, une vision de la femme assez inhabituelle. Généralement traitée comme pécheresse et tentatrice, la femme est rarement, en dehors de la Vierge et des saintes, représentée sans à priori péjoratif comme dans l’église de Bourbon. La liberté de ton du sculpteur n’en est que plus admirable.

Bourbon-danseuse

Relevons enfin le hasard curieux qui fait figurer ce groupe de musiciens dans une église proche de la grande forteresse des Bourbons, au centre du Roman de Flamenca écrit au siècle suivant, dans lequel se tient, un extraordinaire banquet offert par le seigneur Archambaud à tous ses invités, animé par des musiciens dont les instruments devaient être assez semblables à ceux de leurs aînés représentés dans l’église du lieu.

 

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14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 16:41

 

Reugny1

 

Les automobiliste qui empruntent l’axe Saint-Amand-Montrond/Montluçon ne peuvent pas ne pas remarquer le curieux ensemble prieural de Reugny, à une quinzaine de kilomètres au nord de Montluçon, juste au bord de la route. Facile d’accès, bien entretenu, les vestiges du prieuré de Reugny méritent l’attention des amateurs de patrimoine médiéval. 

On remarque tout d’abord sur place l’ancienne chapelle du prieuré, de forme trapue, peu ornementée, d’un modèle similaire à l’église d’Audes ou à l’ancienne abbatiale cistercienne de Bussière. Éventrée au Nord pour laisser passer des charrettes au moment où les bâtiments abritaient une exploitation agricole, il ne demeure à l’intérieur comme seul matériel liturgique qu’un petit autel de pierre.

 

Reugny3

Plus insolite, et plus récent se dresse le logis fortifié du prieur, sorte de donjon miniature entouré par les restes d’un rempart renforcé par des tours équipées de meurtrières destinées à l’emploi d’armes à feu. Le tout semble dater de la fin du Moyen-âge. L’hôtel du prieur ne montre pas de traces de dispositif défensif particulier, mais l’aspect massif du bâtiment laisse peu de doutes sur sa vocation à la fois résidentielle et militaire. L’ensemble, curieusement, ressemble au donjon d’Huriel, plus ancien et surtout beaucoup plus grand, qui a certainement inspiré les choix architecturaux des moines de Reugny.

 

Reugny2

Un bâtiment à vocation agricole et une cave voûtée sont de facture plus moderne.

Le grand vide documentaire qui affecte toute la région jusqu’au retour des moines de Saint-Denis-en-France dans leur terre de la Chapelaude vers 1060 ne permet pas de reconstituer l’histoire ancienne du prieuré de Reugny. Celui ci est clairement cité par un acte du cartulaire de la Chapelaude, daté des années 1135, mais son prieur n’est jamais appelé comme témoin dans les actes refondateurs de la Chapelaude. Ceci n’est pas une preuve de l’absence de cet établissement dans le paysage religieux régional avant 1100, mais n’aide pas à préciser la date de sa fondation. 

Il est pourtant permis d’ébaucher quelques hypothèses sur les origines du prieuré de Reugny. Dépendant de l’abbaye bénédictine de Saint-Cyran, dans la Brenne, à près de 140 kilomètres de distance, Reugny n’est pas la seule possession de la vieille abbaye berrichonne. Vitray, Saint-Caprais, Givarlais et Chateloy, près d’Hérisson constituent avec Reugny un ensemble géographiquement homogène, relevant du temporel de Saint-Cyran. Cette abbaye, fondée à l’époque mérovingienne, peut avoir possédé des terres dans la vallée du Cher depuis une très haute époque, de la même manière que le fit l’abbaye de Saint-Denis. Il est possible, qu’à défaut d’une origine commune, les deux monastères bénédictins aient profité, à l’époque mérovingienne ou carolingienne, de la générosité d’un bienfaiteur commun qui se serait séparé au profit de moines de différentes origines d’un immense domaine, séparé en plusieurs lots, dans la périphérie de Montluçon.

Notons que, longtemps en ruine, les vestiges médiévaux de Reugny ont été mis hors d’eau il y a une vingtaine d’années et que, même s’ils mériteraient une restauration plus complète, leur état est stabilisé et permet leur visite en toute sécurité.

 

 

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11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 10:17

philippe-1

A la fin du XIe siècle, le Berry, comme d’autres espaces du royaume de France, était plongé dans un état de semi-autonomie. La présence royale, bien que géographiquement proche en Orléanais, ne se manifestait plus autrement que par des raids armés punitifs, destinés à ramener à la raison certains seigneurs belliqueux. Après avoir ferraillé quelque temps dans les campagnes, incendié des châteaux et extorqué la contrition publique de rares féodaux contraints par les armes à la soumission, le souverain repartait sans avoir sensiblement modifié la situation sur le terrain. Même si cette politique “de la canonnière” reste efficiente jusqu’à Philippe Auguste, un de ses ancêtres, Philippe Ier, su saisir plusieurs occasions pour rapprocher le Berry du pouvoir capétien. L’évolution la plus connue est l’acquisition par la royauté, à la fin du XIe, du domaine vicomtal de Bourges et de Dun. Vieil héritage des temps carolingiens, les possessions du dernier vicomte de Bourges, Eudes Arpin, sont difficiles à évaluer avec précision. Guy Devailly admet que la ville de Dun, bientôt désignée sous la dénomination de Dun-le-Roi, faisait partie des propriétés mises en vente par le vicomte Eudes afin d’assurer ses frais de départ en croisade et, probablement, de réinstallation en Terre Sainte. Philippe Ier se saisit de l’occasion et ajouta à son domaine privé un bien de grande valeur spirituelle et stratégique. Siège d’un pouvoir archiépiscopal qui s’étendait, au moins en théorie, jusqu’aux Pyrénées, Bourges était aussi le cœur d’une région dominée par une petite féodalité aux attitudes princières mais totalement désunie, incapable de concurrencer le pouvoir capétien dans son entreprise d’expansion au sud de la vallée de la Loire. A part quelques crises ponctuelles d’essence plus criminelle que féodale, les successeurs de Philippe Ier n’eurent que peu de problèmes avec la chevalerie régionale. Plus symbolique et moins connue est cette réception organisée par le roi Philippe dans son palais parisien à l’occasion de la restitution des biens du prieuré de la Chapelaude à l’abbaye royale de Saint-Denis-en-France, datée de 1068. Convaincu par les arguments de la réforme grégorienne, un chevalier de la haute vallée du Cher, Jean de Saint-Caprais, craignant pour le salut de son âme, décida de rendre à Saint-Denis des terres qu’il possédait qui avaient naguère appartenues aux moines d’Île-de-France. Le très ancien prieuré de la Chapelaude, abandonné à la fin de la période carolingienne, était sur le point de renaître mais il fallait tout d’abord que l’acte de restitution des terres spoliées soit avalisé par la hiérarchie féodale souveraine dans la région de la Chapelaude. Les deux suzerains de Jean de Saint-Caprais, Humbaud d’Huriel et Archambaud de Bourbon, confirmèrent l’acte de leur vassal et entreprirent un long voyage pour Paris afin de remettre solennellement à l’abbé de Saint-Denis la charte scellant le renouveau de son ancien prieuré en Berry du Sud. Les deux chevaliers furent, arrivés sur place, les témoins et acteurs d’une cérémonie somptueuse organisée non pas dans l’abbatiale de Saint-Denis mais dans le palais royal où, en présence de Philippe Ier en personne et sous le regard d’ ”une multitude de personnes nobles, tant évêques, qu’abbés, que comtes” -selon l’avœu même d’Humbaud d’Huriel, visiblement impressionné par la pompe royale déployée pour marquer l’ événement. Cette intervention directe du roi dans les affaires temporelles d’une abbaye, fût-elle royale, montre l’intérêt qu’avait le pouvoir capétien à s’affirmer et à se faire reconnaître d’une chevalerie rurale et lointaine, presque étrangère -la langue d’Oc était couramment en usage en Berry du Sud à cette époque - comme son seul souverain. De symbolique en 1068, l’autorité royale sur le Berry devint effective trois décennies plus tard avec l’achat des terres du vicomte Eudes Arpin.

philippe2

Gisant du roi Philippe Ier - abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire


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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 15:29

 

Pouzy2

 

Autant je suis bon public pour la profusion ornementale de certains monuments romans comme ces églises du Poitou ou de la Saintonge dont on se prend parfois à fouiller les façades à la jumelle en quête d’un subtil détail, autant l’extrême dépouillement de certaines chapelles de campagne invite aussi à prendre son temps pour en explorer tous les recoins.

C’est un peu le hasard qui m’a conduit à Pouzy-Mésangy, petite commune du bocage Bourbonnais, très à l’écart des grands axes de migration touristique, alors que je venais d’échouer dans mon projet d’aller photographier une plate-tombe chevaleresque du XVIe dans une église des environs, fermée à la visite.

Contre toute attente, la chapelle de Pouzy, elle, était ouverte, et m’a donné l’occasion de découvrir un ensemble de chapiteaux intérieurs d’une rare homogénéité, dont la palette graphique se concentre sur des thèmes presque exclusivement géométriques, à l’exception de ce chapiteau du chœur figurant trois personnages se tenant par la main, donné ici en illustration.

 

Pouzy-général

L’extérieur du sanctuaire, pour sa part, est vierge de toute sculpture, mais s’inscrit dans un ensemble monumental remarquable bien que très remanié. Ancienne chapelle castrale, l’église de Pouzy était primitivement située dans l’enceinte d’une grosse forteresse dont on remarque encore une partie des remparts et des anciens fossés, ce qui explique peut-être la sobriété de son décors.

Le visiteur qui choisirait de venir faire une escale près de ce curieux monument pensera à se munir d’une lampe de poche, l’édifice étant par sa nature même mal éclairé.

 

Pouzy1

 


 

 

 

 

 

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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 12:28

 

pelerin-ensemble

 

Une fois passés les troubles de la Guerre de 100 ans, le Berry, retrouvant à la fois  sécurité et stabilité politique, connut une phase de prospérité économique. Si ce mouvement est particulièrement affirmé dans une ville comme Bourges grâce à la personnalité emblématique de Jacques Cœur, nous rencontrons, dans de plus modestes proportions, un homme qui symbolise à Saint-Amand-Montrond le renouveau du commerce local, Pierre Pèlerin.

Pierre Pèlerin a laissé assez peu de traces de son activité dans la documentation jusqu’à présent exploitée, mais cet homme se distingue par la commande qu’il passa d’un extraordinaire gisant qui fut longtemps visible dans l’église des Carmes de Saint-Amand jusqu’à ce qu’après quelques pérégrinations mal connues, il trouve une place privilégiée dans les collections du Musée Saint-Vic.

Dans la région, les gisants sont rares, et représentent en général des chevaliers, des prélats, ou des saints. Celui de Pierre Pèlerin, bourgeois, n’en est que plus exceptionnel.

Exceptionnel, mais aussi très instructif pour résoudre certaines lacunes que les textes de l’époque n’ont pas encore réussi à combler.

Pierre Pèlerin fut inhumé dans l’enceinte du couvent des Carmes qu’il avait contribué, par sa générosité, à établir dans le tissu urbain saint-Amandois, ce qui lui donnait droit, en tant que bienfaiteur, à reposer dans les bâtiments conventuels. La statue qui le représente fut dégradée à la Révolution, mais les iconoclastes ne s’acharnèrent pas sur lui, se contentant de marteler son visage et de mutiler les deux chiens sur lesquels reposent ses pieds.

 

pelerin-chien

Pierre Pèlerin fit le choix de se faire représenter en habit de pèlerin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Portant un manteau de voyageur par dessus une chemise de toile à lacet, le marchand saint-Amandois tient à la main droite un bourdon de pèlerin et porte à sa gauche une besace marquée de la coquille saint-Jacques. Cette présentation ne peut relever que du simple jeu de mots sur son nom. L’homme a certainement fait le voyage jusqu’en Galice, et on ne peut écarter l’hypothèse qu’il ait abandonné à son retour son ancien nom de famille pour adopter, par humilité, ou par fierté, un surnom en rapport avec son pèlerinage. 

Un détail est à retenir sur son costume: le manteau, comme on le voit bien sur le col et aux manches, est en fourrure, ce qui donne peut-être l’indication de la nature de son commerce. Le négoce des peaux et de la fourrure étant très lucratif -la famille Cœur, à Bourges, en étant une des meilleures illustrations, il est tout à fait possible que Pierre Pèlerin ait établi sa fortune sur la vente d’une telle marchandise. Dans des rivières comme le Cher, la Loire et l’Allier, comme sur de nombreux petits cours d’eau, le castor abondait naguère et il n’avait peut-être pas encore été exterminé dans la seconde moitié du XVe siècle dans la région.

 

pelerin-vetement

Deux autres éléments méritent d’être considérés avec attention. Sur le dais porté par deux anges au dessus de la tête du défunt sont gravées des armoiries, trois coquilles saint-Jacques percées de dagues, et le gisant a les pieds qui reposent sur des chiens couchés. Tout porte à croire que, comme Jacques Cœur quelques années plus tôt -et on ne peut pas ne pas remarque la récurrence de la coquille dans les armoiries des deux marchands- Pierre Pèlerin avait été anobli. Si la présence d’armoiries ne désigne pas obligatoirement leur propriétaire comme noble, le symbole des deux chiens couchés est assez clair pour dissiper toute ambiguïté sur la question. Vieille attitude chevaleresque héritée d’un Moyen-âge encore tout proche, Pèlerin délivre au delà de sa mort les codes de son temps. Il est d’ailleurs intéressant de souligner que ce sont justement les chiens qui ont le plus souffert du marteau des révolutionnaires.

 

pelerin-armoiries

Qui était vraiment Pierre Pèlerin? Malgré ce XVe siècle finissant qu’on classe chronologiquement dans la Renaissance, c’est un homme chez qui  on observe une profonde culture médiévale. Héritier de ces premiers bourgeois qui, dès le début du XIIIe siècle avaient doté l’hôtel-Dieu de Saint-Amand et les cisterciens de Noirlac, il veut sauver son âme, par l’offrande, et par le pèlerinage. Il s’appauvrit au bénéfice des Carmes, au point que nul ne saurait désigner aujourd’hui l’emplacement de son hôtel saint-Amandois. En choisissant les Carmes, Pèlerin se tourne vers un ordre monastique urbain, plus proche des aspirations des gens des villes que les vieilles abbayes rurales qui périclitent lentement depuis le XIIIe siècle. Ce dynamisme est pour lui l’assurance de la lecture de messes pour le remède de son âme jusqu’à la “consummation des siècles”.

Pierre Pèlerin est aussi dépositaire d’une culture bourgeoise complexée par ses origines populaires, qui copie les codes de la noblesse sans en avoir les traditions. La présence d’un blason, l’attitude noble du gisant et le gisant en lui-même nous rappellent à la subtile réalité d’une société marchande qui s’enrichit et qui entend bien occuper une place à part entière dans la Cité de son temps, quitte à consacrer sa fortune à l’achat de quartiers de noblesse et dans des donations au clergé pour pouvoir y parvenir pleinement. Les ressemblances avec Jacques Cœur sont trop troublantes pour être fortuites et appelleraient une étude beaucoup plus approfondie que cette courte présentation.

 

pelerin-besace

 

 

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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 14:55

tombeau

Il est une dimension ancienne de l’abbaye de Noirlac que l’on peine aujourd’hui à apprécier: la vocation funéraire de son abbatiale. Désormais dépouillée de toutes les tombes qui en mobilisaient une partie de l’espace, la nef abbatiale se présente à la vue du visiteur ainsi qu’elle fut pendant le peu d’années qui suivirent la fin du chantier initial.

Rapidement, et malgré tous les savants discours faisant l’éloge du dépouillement de son ornementation, des gisants et plates-tombes firent leur apparition sous les voûtes de l’édifice. Depuis l’abandon de sa vocation monastique à la Révolution, tous les monuments funéraires que contenait l’église ont été retirés et c’est grâce aux observations d’un savant latiniste, dom Estiennot, visitant l’abbaye au XVIII° siècle et notant toutes les inscriptions funéraires qui y étaient alors lisibles, que leurs traces historiques n’ont pas été perdues.

Les plus anciennes tombes se trouvaient près de l’entrée du monument et contenaient, ce qui est normal, les dépouilles du fondateur de l’abbaye et de son épouse. Ornée d’une effigie? du défunt (gisant en haut-relief ou simple gravure sur dalle), la sépulture d’Ebbe, seigneur de Charenton, était proche de celle de sa femme Agnes, elle aussi figurée sur la pierre tombale.

Proche du couple seigneurial se trouvait le corps de leur petit-fils Ebe le jeune (Ebo junior) fils d’Ebe de Charenton sous une pierre le représentant sous les traits d’un adolescent. Ce garçon, héritier désigné du fief de Charenton, s’était noyé alors que son père était aux Croisades où il mourut, ce qui explique l’absence de sa tombe aux cotés de celles de ses parents et de son fils. 

Sa fille, Mathilde de Charenton, dame de Charenton, reposait aussi parmi les siens. Décédée vers 1250 après avoir été mariée à Renaud de Montfaucon, il semble qu’elle ait fait le choix d’être inhumée près de ses parents mais loin de son mari alors que le fils aîné du couple, le noble homme Renaud de Montfaucon le jeune, dont la pierre tombale portait encore des restes d’armoiries, reposait avec les Charenton. Très liée à l’abbaye de Fontmorigny, les Montfaucon l’avaient choisi comme nécropole seigneuriale, comme l’indique bien le testament du seigneur Renaud, époux de Mathilde, qui demande à y être enterré. On ne sait rien des sépultures des autres enfants du couple, morts en bas-âge, dont au moins un avait été baptisé.

A ce groupe de cinq tombes contenant les restes de la famille fondatrices peuvent être ajoutées huit sépultures chevaleresques datées entre 1300 et 1461 plus un cénotaphe contenant le cœur d’une bienfaitrice de l’abbaye. On pouvait y lire les noms de plusieurs seigneurs de Bigny ainsi que du château du Vernet, dont nous cherchons toujours la trace quelque part aux États-Unis. Ces tombeaux étaient ornés de gisants ou de simples dalles ornées de diverses figures et blasons.

Si les moines avaient leur propre cimetière au nord de l’abbatiale, une douzaine d’abbés s’étaient fait inhumer dans le sol de l’église, ce qui laisse supposer que les autres avaient soit souhaité de pas être séparés de leurs frères et avaient choisi le cimetière extérieur comme lieu de sépulture, soit reposaient de manière plus humble dans l’abbatiale.

Dom Estiennot note enfin la présence de la dépouille d’un archevêque de Bourges, Henri d’Avaugour, mort le 13 octobre 1446, gisant sous un monument dont il resterait un fragment conservé dans les collections du musée du Berry à Bourges.

Hormis ce vestige, il n’existe plus aucune trace des importants monuments funéraires et des dalles plus sobres que comptait Noirlac à la fin du Moyen-âge. Ceux ci ont probablement été déposés, entiers ou brisés, quelque part aux alentours de l’abbaye. On peut donc espérer qu’un jour, au hasard de travaux, certaines pierres voient à nouveau le jour.

Si d’aventure l’une des personnes lisant cet article avait des informations, même anonymes, sur des traces de sculptures ou d’inscriptions détenues dans des collections privées, je lui serais reconnaissant d’en signaler l’existence.

 

The lost graves of the cistercian abbey, Noirlac

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Published by Olivier Trotignon - dans art funéraire
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