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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 13:32

St-Marcel1

Cet article s’adresse aujourd’hui tout particulièrement aux nombreux amateurs de cet Art que beaucoup qualifient de celtique, et qui évoque pour le médiéviste les figures gravées sur les high-crosses qui se dressent encore dans certaines petites villes irlandaises, ou qu’on découvre à l’occasion d’expositions sur les manuscrits originaires de l’espace européen insulaire.

St-Marcel-portail

Il existe en effet en Berry une curieuse série de sculptures ornant le portail de l’église romane de Saint-Marcel, à deux pas du célèbre site d’Argentomagus, dans l’Indre, dont le trait rappelle irrésistiblement la plastique gaélique du haut Moyen-âge.
Taillées avec un faible relief sur un calcaire clair qui rend leur photographie sans matériel professionnel délicate, ces animaux fantastiques sont à ma connaissance uniques dans les régions du Centre. Dans quelques églises, il arrive qu’on découvre des entrelacs comparables à ce que la riche iconographie irlandaise à pu produire, mais l’épithète celtique à leur égard doit être employé avec la plus extrême prudence, leur conception pouvant être le fruit d’expériences géométriques des tailleurs de pierre.

  St-Marcel2

A Saint-Marcel, la ressemblance est beaucoup plus prononcées. Comme dans le bestiaire irlandais, les animaux sont traités tout en souplesse avec des formes entrelacées, se mordant parfois mutuellement. On est loin de la complexité des dessins des manuscrits d’Irlande ou des églises scandinaves en bois, mais Saint-Marcel s’affirme à part de l’ensemble de l’inspiration des artistes romans berrichons.
Comment expliquer qu’un sculpteur du sud de l’Indre se soit visiblement inspiré d’une culture aussi éloignée de son espace de travail?

St-Marcel3

On le sait par de multiples analyses publiées par les historiens de l’Art, des objets ont circulé sur de grandes distances au Moyen-âge. Certains (reliquaires, bijoux, objets liturgiques...) sont parvenus jusqu’à nous car façonnés dans des matériaux résistant au temps. D’autres supports plus fragiles sont partis en poussière. Il n’est pas du tout impossible que le sculpteur d’Argenton ait vu un manuscrit, ou des croquis copiés à partir de celui ci, importé des îles de l’Ouest et aujourd’hui perdu, qui lui aient donné l’idée de travailler à la manière des anciens Irlandais.

St-Marcel4

On sait d’autre part que les hommes voyageaient aussi sur de longues distances et pas uniquement vers les lieux de pèlerinage ou de croisade de l’espace ibérique et méditerranéen. Nous avions envisagé dans un précédent article qu’un chevalier de la région bourbonnaise ait pu s’embarquer pour la Grande-Bretagne pour suivre le chemin du pèlerinage de Whalshingam. Cette route du Nord-Ouest est moins connue que celles qui menaient à Saint-Jacques ou à Jérusalem. C’est peut-être le long de celle-ci que l’idée de sculpter le bestiaire fantastique de Saint-Marcel est née dans l’esprit d’un voyageur.

St-Marcel5


Cet article a été rédigé avec une pensée sincère pour mon ancien ami Alain D., que j’ai perdu de vue depuis de longues années,et qui m’avait fait découvrir le portail de Saint-Marcel au cours de l’été 1981. Les hasards des chemins d’internet le conduiront peut-être un jour sur cette page.

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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 07:44

noyé

A la fin du XIIe siècle, la seigneurie de Charenton, dans le sud du département du Cher, vécut un événement qui bouleversa en profondeur les structures du pouvoir qui l'animait. Son dernier héritier masculin légitime, Ebe, disparut dans des conditions encore mal élucidées.
Les traces de l'existence de ce garçon sont rares, mais permettent quand même de le replacer dans la généalogie de la famille fondatrice de ce fief frontalier du Nivernais, du Berry et du Bourbonnais. Petit-fils du seigneur Ebe qui épousa vers 1140 une fille du seigneur de Bourbon et qui permit par ses largesses la construction de l'abbaye de Noirlac, il est nommé Ebe, comme son père, son grand-père et tous ses ancêtres depuis le début du XIe siècle. Il était encore certainement enfant lorsque son père décida de prendre la route de la Terre Sainte en compagnie de plusieurs autres féodaux berrichons. Le seigneur Ebe dit adieu à ses proches et ses domaines en 1189, assuré qu'en cas de malheur au cours de la Croisade, son fils assurerait sa succession à la tête de la seigneurie. Ce voyage fut sans retour car, dix années après son départ, un acte de la supérieure de l'abbaye cistercienne de Bussière, qu'il avait contribué à fonder, constate sa disparition. Selon la coutume du temps, sitôt la mort de son père annoncée, le jeune Ebe aurait dû devenir seigneur à son tour, si un destin funeste ne s'était pas abattu sur la jeune personne. Une enquête documentaire à partir de sources postérieures peut aider à comprendre les conditions dans lesquelles survint le décès prématuré du jeune homme.
Les rares pièces le concernant proviennent essentiellement de l'abbaye de Noirlac. La première trace concrète de l'existence du jeune Ebe est sa pierre tombale, ornée d'un gisant et d'une épitaphe, longtemps visible à l'entrée de l'abbatiale de Noirlac. Ebe y était représenté sous les traits d'un adolescent et, contrairement à la légende lisible sur la tombe de son grand-père, creusée à quelques pas de la sienne, il n'est nulle part fait mention de la dignité seigneuriale. Ebe n'avait pas encore été nommé dominus à l'heure de son trépas, preuve que celui-ci s'était produit avant l'annonce de la mort de son père en croisade. Cette disparition prématurée ne lui a pas non plus laissé le temps de se marier, car on ne lui connaît ni épouse ni descendance.
A peu près à l'époque où il était encore possible de lire les inscriptions sur les anciens tombeaux de Noirlac courait encore une légende, transmise sans doute oralement dans l'abbaye depuis la fin du XIIe siècle. On sait que dans toutes les abbayes régionales les moines étaient très attachés à la mémoire des fondateurs de leurs couvents, ne serait-ce que pour que soient respectés et confirmés les très anciens privilèges accordés aux monastères dès les temps médiévaux. Que les derniers frères vivant à Noirlac au XVIIe siècle aient préservé une tradition orale vieille de plusieurs siècles n'a rien d'extravagant. L'histoire qui s'y racontait faisait allusion à la mort du jeune héritier des seigneurs de Charenton. Ainsi Ebe se serait noyé non loin de l'abbaye en traversant un bras du Cher appelé les "Eaux mortes". Les érudits locaux n'ont pas peiné à identifier l'emplacement présumé de l'accident. Dans le secteur de Noirlac, le Cher, bientôt rejoint par son affluent la Marmande, coule dans une vallée large où la pente est très faible. La rivière y fait d'amples méandres qui isolent d'anciens bras souvent asséchés faute d'étiage mais qui peuvent abriter des mares d'eau stagnante alimentées par la nappe phréatique ou l'apport ponctuel des crues. Ces mares sont encore présentes sur place et servent d'abreuvoirs au bétail parqué dans des parcelles qui ne communiquent pas directement avec la rivière. La tentation a donc été forte d'y voir le lieu de la noyade du garçon. Connaissant assez bien l'endroit, et sans présumer que les bras morts actuels s'étirent sur le même emplacement que ceux du Moyen-âge, on remarque que les pièces d'eau sont le plus souvent de taille réduite, de faible profondeur et ne subissent aucun effet de courant. Même s'il est hélas évident que de nombreux accidents mortels se produisent dans des circonstances que la simple logique n'aurait jamais permises, les Eaux-mortes ne sont pas le seul endroit qui peut avoir été le théâtre de la fin tragique du jeune Ebe. Un autre lieu et un scénario complètement différents, peuvent être avancés.
Il est assez curieux que personne n'ai jamais fait le lien entre le terme "Eaux-mortes" et la forteresse d'Aiguemorte, près de Châteauneuf-sur-Cher. Ce petit château, construit dans la basse vallée du Cher, fossilise dans son nom un toponyme d'origine occitane remontant à la période où cette partie du Berry était rattaché à la zone d'influence des langues du Sud. Eau morte et aigue morte sont parfaitement synonymes. Aiguemorte, politiquement, se situait dans le domaine de la seigneurie de Châteauneuf, dépendante à la fin du XIIe de la maison d'Issoudun, frontalière et rivale de Charenton. S'il n'est pas permis de se livrer à un exercice d'histoire-fiction, il n'est pas complètement exclu que la forteresse d'Aiguemorte ait été le témoin d'une échauffourée entre deux bandes de féodaux adversaires, comme notre documentation nous en révèle l'existence pendant toute la période féodale, impliquant souvent de jeunes seigneurs ravis d'en découdre avec des gens de leur condition, mais maltraitant aussi au passage des prêtres et des moines.

aiguemorte

La possibilité que le jeune Ebe, encore adolescent mais parfaitement capable de manier l'épée ou la lance, ait pu être mortellement blessé à la frontière de ses futurs domaines, est un scénario qui peut venir compléter celui de la noyade dans les eaux croupies des méandres du Cher. Dans les deux cas, la toponymie conforte ces modèles.

 


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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 16:09

Roche-Guillebaud

C'est aujourd'hui plus sur un sujet littéraire qu'un fait historique que nous allons nous pencher avec le roman "Mauprat", de George Sand. Suivant le sentier de randonnée dit "des maîtres-sonneurs", en référence à un autre roman de cet écrivain, on parvient jusqu'au pied du château de la Roche-Guillebaud, dont nous avons déjà parlé à plusieurs reprises dans cet espace. Là, sur un panneau indicateur est rédigée une courte notice soulignant que la Roche-Guillebaud ait pu inspirer la Dame de Nohant lorsqu'elle écrivit en 1846 le récit des événements qui conduisirent à l'incendie et à la ruine de la sinistre "Roche-Mauprat".
Ne connaissant pas ce roman, et sachant en revanche tout l'intérêt que porte le public à tout ce qui touche au sujet de la Roche-Guillebaud, -les statistiques de fréquentations de ce blog sont formelles sur ce point - je me suis procuré l'ouvrage et tenté d'y voir un peu plus clair sur la question.
Au premier contact, il apparaît comme évident que George Sand déploie son récit dans une géographie imaginaire, mélangeant des éléments réels du paysage berrichon avec des lieux composés pour les besoins de l'histoire. La Tour Gazeau, ruine médiévale proche de la ville de la Châtre, y est décrite de manière presque réaliste. Le château de Sainte-Sévère, autre ruine du département de l'Indre, y devient un manoir confortable servant de cadre à une partie du roman. Le cas de la Roche-Mauprat est plus intéressant à observer. Mi réaliste mi imaginaire, cette forteresse est bel exemple de cette culture romantique qui anima l'écrivain de Nohant. Refuge d'une famille de brigands craints dans toute la région pour leurs méfaits, isolée dans un lieu sinistre et boisée, rebelle à l'autorité judiciaire et aux règles morales du Siècle, cette demeure possède une forte identité littéraire. Sa signature historique est beaucoup plus difficile à saisir. Dès les premières lignes du roman, le narrateur déclare: "Sur les confins de la Marche et du Berry, dans un pays que l'on appelle la Varenne, et qui n'est qu'une vaste lande coupée de bois de chênes et de châtaigniers, on trouve, au plus fourré et au plus désert de la contrée, un petit château en ruine, tapi dans un ravin, dont on ne découvre que les tourelles ébréchés qu'à environ cent pas de la herse principale. Les arbres séculaires qui l'entourent et les roches éparses qui le dominent l'ensevelissent dans une perpétuelle obscurité, et c'est tout au plus si, en plein midi, on peu franchir le sentier abandonné qui y mène, sans se heurter contre les troncs noueux et les décombres qui l'obstruent à chaque pas. Ce sombre ravin et ce triste castel, c'est la Roche-Mauprat". Plus loin: "(...) vous avez dû passer souvent le long de ces ruines; je n'ai donc pas besoin de vous en faire la description." Les seuls éléments qui complètent au fil des pages le profil de ce château sont un pont-levis, des bonnes murailles, une écurie, des chambres, un rempart en pierres de taille, une tour du nord éventrée et un souterrain creusé dans le roc.
Si nous considérons les ruines de la Roche-Guillebaud, il est certain qu'elles s'élèvent bien dans un vallon isolé entre Berry, Bourbonnais et Marche, au milieu des forêts de Chênes et de Châtaigniers. La structure du toponyme "Roche-Guillebaud" s'accorde avec celle du nom "Roche-Mauprat". Il semble que la forteresse des anciens Guillebaud de la Roche présente quelques similitudes avec le château décrit par George Sand, mais quelques détails laissés par l'auteur dans son roman nous orientent vers d'autres vestiges.
Remarquons tout de suite que l'écrivain de La Châtre néglige de détailler le lieu où se déroule une partie de son récit, se contentant d'un portrait superficiel, signe qu'elle n'a jamais visité le lieu qui porte son inspiration. Les précisions qui concernent la Tour Gazeau, beaucoup plus près de La Châtre que ne l'est la haute vallée de l'Arnon, laisse supposer que cette ruine fut honorée de la visite de l'écrivain.

Roche-Guillebaud-piliers

Alors que sur la Roche-Mauprat pèse une sinistre réputation entretenue par la population du pays, on n'observe rien d'aussi remarquable à la Roche-Guillebaud dans les légendes populaires contemporaines de George Sand.
Une autre forteresse, en revanche, avait beaucoup plus excité la sensibilité romantique des amateurs d'antiquités du XIXe siècle, et sa réputation s'était installée chez les lettrés de l'époque grâce à la publication d'articles dans les revues savantes, largement accessibles à une femme cultivée comme George Sand.
La Roche-Aymon, près d'Evaux-les-Bains, est un lieu à légendes. Considéré comme un coupe-gorge, il porte parfois le surnom de "château de Barbe-Bleue". George Sand cite cette figure populaire dans le prologue de son récit: "(...) j'ai placé le nom de Mauprat entre ceux de Cartouche et de Barbe-Bleue, (...)". Plus loin dans le texte se trouve une allusion qui lie plus directement le château romanesque à celui de la Creuse: "aucune espèce de livres ne se trouvait à la Roche-Mauprat, si ce n'est l'histoire des fils d'Aymon et quelques chroniques du même genre (...). Or, en ce milieu de XIXe siècle, des érudits marchois croyaient voir en la Roche-Aymon le lieu d'origine de la légende des quatre frères Aymon, récit originaire des Ardennes et très populaire au Moyen-âge. Il est tout à fait admissible que George Sand, très ouverte à la culture et aux traditions régionales, ait eu vent de ces propositions savantes et s'en soit inspirée pour parfaire le cadre romanesque de son récit. Un dernier détail, mineur, ajoute encore du sens à cette possibilité: le château de la Roche-Aymon possédait lui aussi une tour nord.
Ici s'achève la maigre collecte d'indices sur la généalogie réelle ou supposée de la Roche-Mauprat. D'excellents spécialistes de l'écrivain romantique berrichon ont peut-être déjà réglé la question dans des revues littéraires? Je laisse au lecteur la pleine liberté de juger lui-même les quelques pièces de ce petit dossier estival, espérant peut-être avoir donné à certains l'envie de lire ou de relire ce roman.

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3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 08:31

St-désiré

Située tout près d’un axe routier très fréquenté, l’église romane de Saint-Désiré, dans le nord-ouest du département de l’Allier, est une pièce incontournable du patrimoine régional. Sa visite peut est couplée avec celles du château de Culan ou de la cité médiévale de Montluçon.
Il y a environ un an, nous avions déjà approché ce monument en explorant les reliefs de la volumineuse motte castrale qui domine une partie du village. Construite aux abords immédiats de l’ancien donjon féodal, cette église occupe l’emplacement probable de la première chapelle castrale des seigneurs de Saint-Désiré, avant d’être considérablement agrandie. Certains font un rapprochement entre ce sanctuaire et l’ancien prieuré du lieu, dépendant de Saint-Michel de la Cluse, en Piémont, analyse que je juge peu pertinente si l’on compare le cas de Saint-Désiré avec celui de la plupart des villages médiévaux régionaux, où les prieurés sont clairement indépendants des églises paroissiales.
On est au premier abord surpris par la couleur très chaude des murs de l’édifice. Bâtie dans un grès riche en oxyde de fer, l’église offre une palette de nuances allant du jaune au mauve qui mérite un bon ensoleillement pour révéler toute sa finesse. On observe une partie plus claire sur le chevet, comme si les architectes avaient choisi d’illuminer cet endroit précis.
Entre autres originalités, Saint-Désiré se distingue par sa crypte, semi enterrée, qui est éclairée à la fois par des fenêtres donnant sur l’extérieur et par une ouverture protégée par une grille de fer ouvrant sur le chœur. Une lampe électrique permettra de découvrir quelques chapiteaux qui peuvent retenir l’attention.

St-Désiré-crypte
Il est à signaler que contrairement à beaucoup d’édifices religieux de campagne, l’église est toujours ouverte. La municipalité a même soin d’y entretenir une minuterie qui permet la découverte de la crypte en toute sécurité., ce qui n’est pas le cas partout.
L’église de Saint-Désiré est un monument dont je conseille vivement la visite. A quelques kilomètres au nord, l’amateur de fresques romanes pourra se rendre dans l’église de Vesdun, où des grands fragments des peintures murales d’origine ont été restaurés. Plus vers le sud, la forteresse de la Roche-Guillebaud ne sont qu’à quelques kilomètres des voûtes romanes de Saint-Désiré.

St-Désiré-modillonmodillon (probable copie d'un original dégradé par le temps)

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28 juillet 2010 3 28 /07 /juillet /2010 09:46

diable-Bourbon

C’est dans un monument déjà exploré en quête du célèbre chapiteau des musiciens que nous retournons pour y découvrir une des plus anciennes représentations du diable visibles dans les pays du Centre.
L’église Saint-Georges de Bourbon-l’Archambault, dans le département de l’Allier, attire l’attention par une série de chapiteaux historiés polychromes placés sur des colonnes suffisamment courtes pour permettre d’en voir les détails. Le diable est visible dans la nef, encadré par ce qui peut ressembler à des cavaliers de l’Apocalypse soufflant dans des trompes. Traité de manière naïve, l’entité diabolique n’a rien d’effrayant. L’aspect presque timide de la sculpture s’explique peut-être par la dureté de la roche employée par les tailleurs de pierre médiévaux. On ne peut exclure non plus qu’à l’époque où fut bâtie l’église, les populations fréquentant le chantier n’aient eu qu’une perception confuse du concept que le tailleur de pierre cherchait à inscrire dans le granit. Le diable de Bourbon est peut-être le reflet de la difficulté des gens peu ou pas instruits de cette période à se représenter clairement les enseignements de l’Eglise.

diable-Bourbon-détail
A titre strictement documentaire, je livre ici un échantillon des nombreuses scènes impliquant des démons qu’on peut contempler sur les vitraux de la cathédrale de Bourges, bâtie plus d’un siècle après l’église de Bourbon, dans un environnement intellectuel et économique sans aucune mesure avec la situation de la petite bourgade bourbonnaise.

diables-Bourges
L’inspiration des peintres sur verre et des artistes qui réalisent les statues de la façade du monument puise dans un registre plus élaboré. Diables et créatures infernales deviennent menaçants, leurs silhouettes se chargent de monstruosités et difformités qui témoignent avec finesse que la peur qu’inspire l’Enfer a changé de dimension en l’espace d’un siècle.

diable-Bourges-1

 

diables-Bourges2

 

diable-Bourges3

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25 juillet 2010 7 25 /07 /juillet /2010 08:51

bénitier-Bourges

Il y a quelques semaines, j’évoquais ici l’existence dans certaines églises du Cher de bénitiers médiévaux en fonte de fer. Plusieurs lecteurs ayant manifesté un certain intérêt pour ce mobilier ecclésiastique spécifique, et constatant les difficultés qu’on rencontre sur le terrain lorsque l’on cherche à pénétrer dans la plupart des églises situées en zone rurale, il m’a paru utile de vous signaler la présence d’un de ces objets dans un lieu totalement ouvert au public.
La cathédrale Saint-Étienne de Bourges possède l’une de ces pièces rares. Disposé à l’entrée ouest gauche de la cathédrale, près du bureau d’accueil des visiteurs, ce bénitier, placé dans un angle mal éclairé, attire peu l’attention. Sa cuve est renforcée par une cuvette de zinc, qui en facilite l’entretien, mais qui lui donne un aspect moderne peu attirant pour l’amateur de vieilles pierres.
Je n’ai pas trouvé de bibliographie particulière lui étant consacré, aussi ne me permettrai-je pas de proposer une datation, mais la technique de fonte employée pour sa réalisation rappelle celle du bénitier de Lugny. Celui de Bourges n’est pas dédicacé, mais le donateur a fait figurer son blason, sur lequel une fleur de lys est bien visible, et qui doit être lisible par un spécialiste en héraldique.

bénitier-bourges-détail
Cet objet occupe donc une position idéale pour permettre à tous de découvrir cette curiosité que sont ces produits des fonderies médiévales, une lampe de poche étant plus que vivement recommandée pour en apprécier toute l’originalité.

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16 juillet 2010 5 16 /07 /juillet /2010 18:50

antenne-carmes-1

Cela remonte à quelques décennies. Un de nos instituteurs, éduqué à la vieille école, frappait notre imagination de gamins de primaire en nous racontant le Moyen-âge en s’appuyant sur des images fortes, comme celle de ces guets nocturnes, armés de hallebardes et de flambeaux, clamant leur rassurante vigie dans les rues désertées de nos villes de naguère:
“Il est minuit, braves gens, dormez en paix...”
Les temps ont bien changé. Pour traquer le voleur et l’assassin, notre société moderne s’est équipée de caméras de vidéo surveillance. Leur œil noirâtre scrute sans relâche nos moindres déplacements.
Saint-Amand-Montrond, centre de la France et cité -auto proclamée- de l’Or est, sans conteste, une ville du XXIe siècle qui entend bien vivre avec son temps. Après un meurtre particulièrement ignoble et quelques attaques de bijouteries, elle a décidé de se doter d’un réseau imperméable de caméras censées rendre à la cité sa quiétude légendaire.
L’auteur de ces lignes préfère taire les sentiments que lui inspirent ces cyclopes globuleux juchés aux quatre coins de l’agglomération dans laquelle il n’habite pas, mais qu’il fréquente quotidiennement et est prêt à admettre qu’aux abords des collèges et lycées, lieux de vie d’une population jeune et fragile, le concept sécuritaire peut avoir un sens. Mais comment ne pas fustiger l’ inadmissible éclosion de paraboles sur les monuments historiques du cœur historique de la ville de Saint-Amand?
Cette ville possède deux édifices religieux médiévaux classés Monuments Historiques.
Son église paroissiale, datée du XIIe siècle, vient de voir son clocher crevé par une des antennes de transmission des images de vidéo surveillance. Remarquons que les toitures ont été rénovées il y a un an par une entreprise de couverture agréée par les M.H. pour éviter les fautes de goût.

antenne-eglise
Mais c’est sans aucun doute l’ancien couvent des Carmes, daté du XVe, qui a le plus souffert, même si tout est réversible, de l’offensive électronique contre l’insécurité urbaine. L’élégant clocheton de pierre qui domine l’édifice est défiguré par des paraboles de retransmission qui lui donnent depuis quelques semaines un aspect de mirador nord-coréen.

antennes-carmes2
Le rédacteur de ce blog s’étonne de l’apparente anarchie dont témoigne la prolifération de ces antennes. Comment les Monuments Historiques, pourtant d’une rigueur intraitable pour les simples particuliers dans la gestion du Plan d’Occupation des Sols, ont pu accepter de laisser balafrer un patrimoine historique tel que l’église romane et le couvent des Carmes? Quelle impression ces équipements anachroniques vont-ils laisser aux visiteurs profitant de la saison touristique ou de leur étape sur le chemin de Compostelle pour visiter le vieux quartier de Saint-Amand-Montrond?
J’ignore si ces lignes aideront à faire prendre conscience aux décideurs locaux qu’une solution alternative doit être trouvée sans délai, mais il est clair que le patrimoine historique de la ville mérite beaucoup mieux que ces ornements disgracieux.

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10 juillet 2010 6 10 /07 /juillet /2010 09:57

Mirebeau-1

Après avoir examiné les vastes dispositifs radio concentriques d’Issoudun et de Dun-sur-Auron, revenons à des ensemble de plus petite dimension mais tout aussi remarquables, tel le terroir circulaire du lieu-dit Mirebeau, sur la commune de Verneix, dans la vallée du Cher.
Sur le terrain, sans l’aide de la photographie aérienne, l’ensemble défensif de Mirebeau passerait presque totalement inaperçu s’il ne restait pas quelques menus vestiges des fossés humides qui ont protégé la très probable motte érigée en son centre. Comme dans de multiples endroits, le dôme de terre qui soutenait l’ancien ouvrage défensif en bois a été arasé et on a conservé des fossés que des mares destinées à abreuver les animaux de ferme.

 

Mirebeau-2Les reliefs de cet ensemble défensif médiéval sont perceptibles grâce à une simple carte topographique au 25.000e. Dans cette région de bocage encore épargnée par les ravages paysagers des remembrements, les haies vives qui fossilisent les anciens tracés sont reconnues par les logiciels cartographiques de l’I.G.N.
C’est bien entendu par le survol par avion, hors de mes moyens, du site et par les photographies satellites disponibles sur internet que l’endroit révèle le rigoureux ordonnancement des parcelles qui le composent. Le centre de l’aménagement est occupé par l’emplacement de l’ancien château. Deux cercles concentriques -750 m. de diamètre pour le plus grand - délimitent une surface qui peut correspondre au schéma traditionnel d’exploitation des sols à l’époque féodale, le premier cercle pouvant délimiter la réserve seigneuriale et le deuxième cercle les tenures paysannes, comme nous l’avions déjà suggéré pour le terroir radio concentrique voisin de la Bruyère-l’Aubespin.
Outre ce château de la Bruyère, lui aussi entouré d’une très belle structure en anneaux, je me permet d’attirer l’attention du lecteur sur l’existence d’un parcellaire similaire plus à l’est de la région, autour du bourg de Malicorne, proche de Commentry, dans un contexte plus urbanisé que les deux exemples précédents.

Malicorne-2

Malicorne (03)

 

En l’absence de données archéologiques formelles, nous devons nous limiter à de simples observations pour tenter d’interpréter les raisons qui ont poussé les gens du Moyen-âge à organiser leur environnement sur un mode aussi géométrique. La première question qui se pose concerne la rareté de ces terroirs. S’agit-il d’exceptions, produits de la réflexion avisée de seigneurs plus clairvoyants que leurs voisins, ou s’agit-il de fossiles bien préservés d’un usage universel à l’époque, mais devenu rare à observer du fait des évolutions des paysages? S’agit-il d’une pratique dévolue à un modèle économique reposant sur l’exploitation différenciée des sols - espace cultivé pour les besoins du seigneur, espace cultivé pour les besoins élémentaires des paysans vivant sur place, le tout protégé des agressions extérieures par des grosses haies, forêt et friches alentours utilisées pour la pâture des animaux, la cueillette et la chasse? S’agissait-il de fondations militaires volontairement limitées dès leur création au strict nécessaire pour permettre aux occupants du lieu de survivre et ainsi contrôler les risque de développement de pouvoirs parallèles et forcément un jour concurrents de l’autorité qui les mettait en place?
Indépendamment du caractère relativement esthétique et harmonieux de ces traces au sol photographiées depuis l’espace, ces terroirs radio concentriques mériteraient une étude comparative spécifique qui pourrait aider à répondre aux questions qu’on se pose sur leurs origines.

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5 juillet 2010 1 05 /07 /juillet /2010 11:36

Renaud

 

Alors que fleurissent dans notre région les manifestations misant leur succès auprès du public sur une vision folklorique et matérialiste du Moyen-âge, voire de l’Antiquité, il me plaît de prendre de la distance par rapport au bruit des combats à l’épée et au son des cornemuses pour approcher une dimension de la pensée médiévale qui laisse en général le grand public indifférent: la spiritualité féodale.
Je dis bien approcher, car l’étude d’un tel sujet demanderait, pour être complète, une vie entière de recherche. Quelques très beaux textes nous fournissent des indications sur les préoccupations spirituelles des maîtres du pouvoir régional au crépuscule de leur existence, en particulier leurs testaments, qui sont des mines de renseignements sur le sujet.
Celui de Renaud, seigneur de Montfaucon et Charenton, nous en fournit un très bel exemple.
Renaud fait coucher sur parchemin ses dernières volontés vers 1250. Vieux seigneur veuf et sans descendance, il décide de partager son héritage entre une multitude de bénéficiaires tant laïcs qu’ ecclésiastiques vivant pour la plupart dans le périmètre de sa seigneurie. Les legs sont de nature très variée. On remarque tout d’abord, après calcul, les presque 650 kilos d’argent fin divisés en livres et sous tournois promis aux divers légataires. Si on y ajoute les sommes promises par Mathilde de Charenton, l’épouse décédée de Renaud, sur son propre testament daté de 1243, c’est environ une tonne de métal précieux qui a été versée par les deux seigneuries de Montfaucon et Charenton en moins d’une décennie. Les points de comparaison, hélas, me manquent pour évaluer l’importance de cette somme pour l’économie locale de l’époque.
Aux dons habituels en rentes et en terres s’ajoutent des biens matériels plus faciles à se représenter comme le cheval de Renaud, donné à un certain Roubichon, des robes, une cuirasse, des mesures de grain. La vicairie de Montfaucon reçoit pour sa part le livre d’Heures et le missel du seigneur, ouvrages rendus précieux par leur rareté.
Les bénéficiaires individuels cités dans l’acte ont des statuts sociaux très divers. Curés, chevaliers, hommes et femmes de classe indéterminée, Renaud pense d’abord aux pauvres, jeunes filles sans dot, malades soignés à l’hôtel-Dieu de Montfaucon et étudiants, en particulier ceux qui s’instruisent à Paris. Des proches comme son barbier, ses vieux serviteurs, ses sergents, des militaires de son ost reçoivent des sommes diverses.
On relève deux détails curieux: la chapelle Sainte-Marie-Madeleine de Montfaucon reçoit 10 livres pour sa reconstruction; l’église de Sancergues, elle, se voit dotée de 50 sous pour la pose d’un vitrail.
Si plusieurs églises de campagne figurent sur la liste des légataires de Renaud de Montfaucon, c’est au clergé régulier qu’est destiné l’essentiel de son héritage, et en premier lieu aux Cisterciens, majoritaires, il est vrai, sur l’étendue de ses possessions. La première abbaye à être inscrite sur la liste de ses largesses est Fontmorigny, qui reçoit aussi la plus forte somme. Son abbé partage avec Eudes Troussebois, un des chevaliers familiers de Renaud, la charge d’exécuteur testamentaire. Fondée à l’initiative de la seigneurie de Montfaucon, Fontmorigny assumait le rôle de nécropole familiale de ces féodaux. Renaud demande à y être enterré alors que Mathilde, sa femme et Renaud, leur fils aîné, reposent à Noirlac, deuxième monastère cistercien en ordre d’importance à être couché sur le testament, avec un legs de 50 livres tournois, inférieur aux 80 livres attribuées à Fontmorigny, mais dix fois supérieur à ce qui est promis aux moniales cisterciennes de Bussière. Toutes les autres maisons observant dans le diocèse de Bourges la règle de saint-Bernard  reçoivent une somme d'argent; les moines de Bourras, dans la Nièvre, ne sont pas oubliés. On note aussi ce legs de 10 livres d’argent consenti au chapitre général de Cîteaux, autre indice de l’importance qu’occupaient les cisterciens dans les préoccupations de la féodalité berrichonne.
Ce testament confirme l’évolution de la spiritualité régionale en faveur des pratiques monacales plus conformes aux aspirations de cette société du milieu du XIIIe siècle.
Si l’église de Bourges figure sur la liste des héritiers de Renaud, on note que le seul intérêt de cet homme pour les ordres monacaux traditionnels s’exprime par la dotation des prieurés ruraux fondés sur ses terres et de l’abbaye de Saint-Satur, dans le Sancerrois.
Plus proches des préoccupations d’une société de plus en plus urbaine s’inscrivent les legs aux hôtels-Dieu des terres de Montfaucon et Charenton, aux Templiers des alentours de Bruère-Allichamps et aux Ordres mendiants nouvellement implantés dans les grandes villes de la région. Les Franciscains de Nevers et Bourges, ainsi que les Dominicains de cette cité, sont cités dans le documents.
Renaud sent que la fin de ses jours est proche. Devant l’incertitude face à ce qui peut l’attendre dans l’ au-delà, il prend toutes les garanties, lui l’ancien Croisé, pour franchir victorieux les portes du Paradis. Tous les gens qu’il aurait pu léser sont dédommagés, ses créances couvertes, sa sépulture prévue et certains serviteurs de Dieu disposés à prier pour son âme profitent de ses bienfaits. Son testament nous permet de mesurer ceux de ces serviteurs qui paraissaient les plus aptes à combler ses attentes.

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Published by Olivier Trotignon - dans sources-littérature
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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 09:24

Lugny-benitier

 

Chers lectrices et lecteurs, de tous les horizons que vous soyez, ce blog est écrit pour vous. Comme certains m’en ont fait le reproche, je ne suis pas de plan éditorial bien précis. Le sujet que j’explore est si immense qu’il n’y a pas de semaine où une nouvelle opportunité de rédiger un billet ne se présente. C’est précisément ce qui s’est produit hier. Étant présent à Bourges pour des tâches administratives annoncées de longue date, j’ai profité du soleil pour aller m’informer sur le cas d’un des plus anciens bénitiers en fonte de fer du Berry. Daté par les spécialistes de la fin du XVe siècle, son existence avait provoqué mon intérêt et je décidai de franchir les quelques kilomètres qui me séparaient de l’objet pour tenter de le photographier.
Plusieurs possibilités se présentent en de pareilles circonstances. En général, les églises sont closes, et on repart bredouille. Parfois, l’église est ouverte, et on a un libre accès à ce qu’on souhaite observer. Rarement, le sanctuaire est fermé, mais un paroissien bénévole, ou une association de pays, a laissé ses coordonnées pour permettre les visites.
Je découvrais cet après-midi là une quatrième solution, inouïe au sens littéral du terme: la porte claquée au nez. Me voici arrivé devant l’église de Lugny-Champagne, à une trentaine de kilomètres à l’est de Bourges. Je me heurte à une porte fermée, mais une  gentille dame, de ces paroissiennes qui entretiennent fidèlement les lieux de culte ruraux, m’affirme disposer sur elle de la clé, mais m’annonce devoir demander au maire du lieu, présent par hasard à quelques mètres de là, l’autorisation de me laisser pénétrer dans l’édifice.
La fatigue et la chaleur aidant, je confesse ne pas avoir perçu le signal d’alerte lancé par la dame.
Je me suis fait recevoir comme on devait accueillir naguère les lépreux de passage: m. le maire, dont je n’ai pas perdu mon temps à retenir le nom, m’a proprement envoyé au diable. Traité comme un malpropre, j’ai appris que pour pénétrer  dans l’église de Lugny, il fallait  formuler une requête écrite à la mairie, qu’on avait jamais vu ça etc etc....
Monsieur le maire, même si j’imagine que vous ne lirez jamais ces lignes, sachez au moins qu’il n’est pas dans ma nature de me courber devant des gens comme vous pour pénétrer dans un lieu public, et, avant de traiter les historiens comme des chiens, pensez à vérifier la solidité de leur muselière. Vous avez considéré mes arguments avec mépris, j’ai de même fait litière de votre refus de me laisser accéder à une pièce rare de notre petit patrimoine.
J’ai quitté les lieux, fait juste en voiture le tour du pâté de maison et suis revenu. Comme c’était prévisible, la porte de l’église était...

Lugny-porte

ouverte, la petite dame s’occupant à l’intérieur. Devant un de vos administrés hilare, j’ai pris quelques photos du bénitier, sans dépasser le seuil de l’église, pour ne pas mettre la personne en difficulté.
En revenant dans mon Boischaut natal, je pensais à tous ces élus locaux qui m’ont accueilli à bras ouverts depuis presque un quart de siècle de recherches au service de la région, à ceux qui suivent mes conférences et qui adhèrent à ce blog. J’ai même revu poindre l’inimitable silhouette de Jean, Marie Dumontet, regretté maire de Vesdun qui récompensait tous les gens qui avaient aidé à la promotion culturelle de sa commune par le titre envié de “chevalier de saint-Guerlet”. Tout est une question d’élégance.
Pour revenir au sujet principal, voici les photos d’un objet dont je n’ai eu le loisir de mesurer ni la hauteur, ni le diamètre, qui semble être un des plus anciens bénitiers berrichons coulé en fonte de fer à la fin du XVe siècle. Son diamètre extérieur porte deux décors en bandeau portant une légende, peut-être une dédicace. Un autre modèle contemporain existe à la Chapelle-Hugon, vers Sancoins, et fera, je l’espère, le sujet d’un billet à venir. D’autres bénitiers de fonte plus récents peuvent être observés dans différents villages du département du Cher, comme c’est le cas, par exemple, à Saint-Baudel, entre Mareuil et Châteauneuf-sur-Cher.
Ces produits de forge rappellent que le Berry fut, depuis l’époque des Bituriges, un haut lieu de production sidérurgique en France et que des mines et carrières de fer ont été exploitées dans toute la partie sédimentaire de son territoire. Dommage qu’il faille parfois affronter des situations ubuesques pour les admirer!

 

Lugny-benitier1-

 

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Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine religieux
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Fidèle aux principes de la laïcité, j'ai été accueilli par des associations, comités des fêtes et d'entreprise, mairies, pour des conférences publiques ou privées sur des sujets tels que:
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Présent sur le sol berrichon depuis un millénaire, l'âne méritait qu'un blog soit consacré à son histoire et à son élevage. Retrouvez le à l'adresse suivante:

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J'observe depuis quelques mois la fâcheuse tendance qu'ont certains visiteurs à me contacter directement pour me poser des questions très précises, et à disparaître ensuite sans même un mot de remerciement. Désormais, ces demandes ne recevront plus de réponse privée. Ce blog est conçu pour apporter à un maximum de public des informations sur le Berry aux temps médiévaux. je prierai donc les personnes souhaitant disposer de renseignements sur le patrimoine ou l'histoire régionale à passer par la rubrique "commentaires" accessible au bas de chaque article, afin que tous puissent profiter des questions et des réponses.
Les demandes de renseignements sur mes activités annexes (conférences, contacts avec la presse, vente d'ânes Grand Noir du Berry...) seront donc les seules auxquelles je répondrai en privé.
Je profite de cette correction pour signaler qu'à l'exception des reproductions d'anciennes cartes postales, tombées dans le domaine public ou de quelques logos empruntés pour remercier certains médias de leur intérêt pour mes recherches, toutes les photos illustrant pages et articles ont été prises et retravaillées par mes soins et que tout emprunt pour illustrer un site ou un blog devra être au préalable justifié par une demande écrite.