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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 10:39

romain-Bourges

 

Il arrive, en visitant une église médiévale, qu’on remarque dans les maçonneries la présence d’éléments de sculpture ou d’architecture rapportés. Le plus fréquemment, ces blocs sculptés sont d’origine gallo-romaine. Un bref inventaire de quelques exemples choisis dans le département du Cher permet de comprendre les motifs qui ont été à l’origine de ces réemplois.

La récupération de matériaux

On l’observe très bien à Bourges. Outre la conservation de certaines sections de l’enceinte gallo-romaine dans les remparts conçus pour défendre la ville, les gens du Moyen-âge ont profité de la présence de ruines antiques pour prélever, peut-être dans l’urgence, des blocs taillés et parfois sculptés pour renforcer la sécurité dans leur cité. La partie du rempart qui est visible de la terrasse du parking souterrain situé sous la mairie de Bourges comprend plusieurs éléments architecturaux prélevés sur des temples ou bâtiments civils datant de l’Antiquité.
Dans l’église de la Celle, proche du grand site d’Allichamps, on retrouve quelques belles pierres portant des fragments d’inscriptions à l’intérieur et l’extérieur de la construction.


L’ornementation d’églises

Quelques églises romanes sont agrémentées de sculptures gallo-romaines. Sur l’église de Venesmes, c’est une stèle funéraire représentant un homme qui est  scellée sur la façade. Une stèle juvénile est visible sur la façade reconstruite du prieuré d’Allichamps, non loin de là.

romain-Venesmes

A Drevant, sur l’église Saint-Julien, c’est un acrotère antique identique à ceux trouvés dans le sanctuaire gallo-romain qui est scellé sur la façade.

romain-drevant

Ces exemples ont plusieurs points communs. Même si c’est presque une évidence, il faut que les églises concernées soient proches d’un site antique. Dans les trois cas, l’archéologie révèle des traces d’occupation importantes, avec présence de cimetières, villae et aires cultuelles. On remarque aussi la pauvreté ornementale des surfaces sur lesquelles sont réemployés ces éléments. Drevant et Venesmes n’ont presque pas de sculptures et la façade d’Allichamps, même si le reste du prieuré est richement orné par des chapiteaux et modillons de grande qualité, est presque nue.
Rien ne permet de dater l’époque de ces  réemplois. Contrairement à ce qu’ont pu prétendre sur le sujet certains passionnés d’ésotérisme, ces statues n’ont certainement rien à voir avec une survivance des cultes païens. Plus simplement, on peut imaginer que les paroissiens ont saisi l’ opportunité d’embellir la façade de leurs sanctuaires paroissiaux à l’occasion de découvertes fortuites de vieilles sculptures, et d’offrir ainsi à leurs églises des ornements que les bâtisseurs romans n’avaient pas eu le loisir d’ajouter lors de leur construction.

La figuration d’un chevalier du XIe siècle

Une très curieuse découverte fut faite en 1974 lors des fouilles de la nécropole médiévale du prieuré de Drevant.
Une stèle de grès, disparue depuis, se trouvait sur la dalle de couvercle d’un sarcophage contenant très probablement les restes d’un des chevaliers fondateurs du prieuré. Cette stèle funéraire taillée dans une roche locale et venant certainement du cimetière antique indigène (dont l’emplacement demeure inconnu) peut être une forme très primitive de représentation du défunt, comme on en trouve plus tard sur les gisants et plates-tombes dont la région a conservé quelques beaux exemplaires. Ce cas est à ma connaissance unique dans la région.

Stèle-Drevant

 

Les acrotères du château de Montrond

Je profite de cet article pour évoquer un souvenir de jeunesse d’une découverte non publiée, mais qui avait fait l’objet d’un article à l’époque dans un journal local. En 1981, déblayant la plate-forme de la tour dite “de l’émir”, à Montrond, et cassant pour l’occasion un vieux banc de pierre datant de l’ancien parc public, nous eûmes la surprise de trouver deux acrotères gallo-romains brisés, en guise de support de la dalle du banc. Identiques à ceux trouvés à Drevant, leur présence en ce lieu n’a jamais été élucidée et a été pratiquement oubliée.

romain-Montrond

Plusieurs hypothèses peuvent être avancées pour expliquer cette curiosité archéologique. La première soulignerait l’existence possible d’un temple gallo-romain sur la butte de Montrond, complètement bouleversée par les travaux médiévaux. Ces acrotères auraient fait partie des ornements de cette construction primitive. La situation privilégiée de la butte de Montrond dans le paysage, la proximité de Drevant, la présence de quelques monnaies isolées et d’un trésor monétaire romain sur place sont des arguments recevables, mais non décisifs.
La seconde, plus admissible car en accord avec les principes esthétiques de la Renaissance, nous conduirait vers la récupération d’éléments de décoration antique ramenés de Drevant, d’Allichamps ou de tout autre site cultuel local non identifié, pour agrémenter la vieille forteresse médiévale. Si la Renaissance a produit en Berry des chefs d’œuvre originaux comme le château de Meillant, il est possible qu’un des propriétaires de Montrond ait fait soustraire à des ruines gallo-romaines des sculptures authentiques pour adapter sa résidence aux canons de l’Art de son époque.
Il est curieux que ces deux acrotères aient été récupérés et retaillés au XIXe siècle pour entamer leur troisième existence de vulgaires pieds de banc public. L’un d’eux est visible dans la salle d’archéologie antique du musée saint Vic de Saint-Amand-Montrond.

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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 21:38

grosse-tour-gravure

 

Ajoutée au domaine royal par le roi Philippe Ier à la fin du XIe siècle, Bourges devint, un siècle plus tard, à l’initiative du souverain Philippe Auguste, un immense chantier. En plus des travaux de construction de la cathédrale fut entreprise l’édification d’un énorme donjon, achevé vers 1189, dominant la ville de ses presque quarante mètres. Par cette tour, complétée par un système défensif autonome la distinguant tout en l’incorporant aux remparts défendant la cité, le roi de France affirmait sa suzeraineté sur la plaine de Bourges et surpassait, par l’ampleur de la bâtisse, tous les autres seigneurs berrichons.
Même s’il a presque complètement disparu et qu’on ne peut plus en vérifier l’élévation, le donjon royal de Bourges a longtemps été un élément majeur du paysage urbain et de l’histoire de la capitale du Berry. Plusieurs auteurs ont relevé ses cotes et des dessinateurs l’ont croqué, surtout à partir de la Renaissance et des troubles des Guerres de religion. Nous disposons donc, en plus des traces archéologiques, d’un matériel cohérent sur lequel s’appuyer pour évoquer le souvenir du plus gros monument militaire médiéval de ce type en Berry.

grosse-tour-coté-mairie

En convertissant les anciennes unités de mesure et on se basant sur le reste des fondations observées par les services d’archéologie, on admet en général que la grosse tour mesurait environ trente-huit mètres pour un diamètre de vingt-cinq. D’une construction très soignée, une partie du parement extérieur était garni de blocs de pierre taillés en pointe de diamant. Cet ornement apparaît clairement sur les gravures anciennes. On parvenait à son sommet par un escalier de 164 marches qui permettaient d’atteindre trois étages voûtés qui accueillaient des chambres, réserves et certainement communs. Ces pièces servirent par la suite de logement, prison, poudrière et autres usages permis par la fonction militaire de la place.
Plusieurs historiens se sont attachés à souligner l’importance de cette petite forteresse royale dans la défense d’une ville qui pouvait devenir la proie des adversaires anglais des rois capétiens. Si on élargit le point de vue sur la question, on constate que la grosse tour de Bourges s’inscrit dans un vaste mouvement amorcé au XIIe siècle qui voit la féodalité du Berry, comme celle d’autres régions du royaume, affirmer sa domination sur les campagnes par l’érection de grands donjons châtelains de base rectangulaire pour les premiers puis circulaire pour les plus récents, héritiers de l’époque des châteaux à donjons de bois. Vèvre, Le Châtelet-en-Berry, Lignières, Issoudun, Montrond et quelques autres, presque tous aujourd’hui abattus, dominent la campagne et rappellent l’indépendance dont tant de féodaux font preuve vis-à-vis de l’autorité de leur suzerain francilien. Avec l’édification de sa tour de Bourges et de son homologue, de plus petites dimensions, mais tout aussi symbolique, de Dun-sur-Auron, Philippe Auguste matérialise son pouvoir de seigneur et roi à l’aide de ces éléments architecturaux on ne peut plus concrets.
Le donjon royal demeura intact jusqu’au milieu du XVIIe siècle. Le Berry subit alors la guerre de la Fronde. En 1651, l’entrée des troupes royales dans la ville de Bourges évacuée par l’armée condéenne précipita la destruction de la tour médiévale. Que la décision de la faire raser fut motivée, ce qui est le plus vraisemblable, par des impératifs stratégiques ou que son éradication fut le gage de la fidélité des berruyers au pouvoir royal, ce qui n’est pas incompatible avec la précédente proposition, ses jours étaient comptés.
En novembre 1651, l’explosion d’une première mine ne put que fendre en deux l’édifice. Les stigmates de la torsion qui s’opéra alors sur les fondations sont encore visibles sur les vestiges du pied de la tour, conservés dans le deuxième sous-sol du parking souterrain situé sous la mairie de Bourges. Les pierres de parement ont été bousculées et arrachées de leur lit de maçonnerie.

grosse-tour-fente

Une nouvelle tentative eut lieu en décembre de la même année. L’artificier provoqua une explosion mieux calculée que la précédente, si forte que la moitié du donjon s’effondra en tuant et blessant plusieurs dizaines de témoins, écrasés par les blocs de pierre propulsés par la mise à feu de la poudre. Les derniers vestiges du donjon furent prudemment laissés en état, et disparurent ultérieurement.
Outre les quelques gravures disponibles sur le sujet, rarement à l’échelle, il est possible de se faire une idée de la masse de la forteresse disparue grâce aux vestiges exhumés lors des fouilles exécutées sur le site au moment de la construction du nouvel hôtel de ville. On soulignera l’intérêt de cet aménagement spécialement dédié à l’ancien donjon: un marquage au sol permet de visualiser l’emplacement de la muraille de l’ancien édifice.

grosse-tour-surface

Le contraste sur le trottoir est suffisant pour que le diamètre soit perceptible sur les photographies aériennes verticales, ce qui donne une bonne mesure des proportions de l’ancien donjon royal de Bourges.

grosse-tour-aerien


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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 14:43

chien-et-os

 

Je ne m’attendais pas, en entreprenant la rédaction de ce blog, à avoir à écrire un jour le billet qui suit. Je m’excuse à l’avance du peu d’intérêt de son contenu pour mes lectrices et lecteurs régulier(e)s ou occasionnel(le)s réparti(e)s un peu partout en France et dans le monde, qui ne trouveront ici aucune information sur l’histoire du Berry.
Mon blog Berry médiéval a été dernièrement au centre, ou l’un des centres, d’une tension entre l’équipe de la majorité municipale de la ville de Saint-Amand-Montrond, dans le centre de la France, et ses deux oppositions, de gauche et centriste.
L’objet de cette querelle est de couleur blanche, se trouve planté en plusieurs unités sur deux monuments médiévaux du centre-ville de Saint-Amand et sert de relais aux flux d’images pris par le réseau de vidéo-surveillance urbaine vers un poste central quelconque qui, lui, a au moins le mérite d’être invisible.
Je me suis exprimé, au cours de l’été, dans ces pages, sur cette situation. Mes arguments ont été lus et jugés recevables par plusieurs visiteurs de ce blog.

 

“Il est minuit, braves gens, dormez en paix...”

 

Il y a quelques semaines, un membre de l’opposition saint-amandoise m’a demandé, par écrit, l’autorisation de reproduire mes photographies et une partie de mon argumentaire dans un journal d’information local destiné aux habitants de la ville et édité par la municipalité (saint-amand-montrond INFOS n°16 - Octobre 2010).
Or, il apparaît que les photographies et les références à mes travaux ont été supprimées, sans autre forme de procès, par l’éditeur, à savoir la Ville de Saint-Amand. Ceci m’amène donc à mettre au point un certains nombre d’éléments, afin qu’aucune ambiguïté ne plane sur cette affaire dont je suis, somme toute, l’artisan indirect.
Le groupe d’opposition ne m’a ni volé ni emprunté d’informations. Il s’agit d’une citation de sources formulée selon les règles et respectant le droit d’auteur. J’étais libre de refuser. J’ai accepté de partager mon travail car je le produis pour la défense et la promotion du patrimoine régional, comme je l’ai fait pour d’autres communes et avec d’autres acteurs de la vie publique. Personne ne s’est jamais permis de me demander si j’étais de droite, de gauche, du centre, plantagenêt, capétien, armagnac ou bourguignon avant de faire appel à mes services.
Je sais que mes recherches ne sont pas du goût de certains saint-amandois qui se complaisent dans la récitation d’une histoire figée depuis le Second Empire et qui se sentent agressés par les nouvelles pistes de réflexion que j’explore pour ma thèse, comme si l’histoire du XIe ou du XIIIe siècle pouvait représenter un enjeu autre que culturel. Ces gens ne communiquent pas avec moi, ne viennent pas à mes conférences, maintiennent des informations complètement périmées sur leurs sites internet. Je ne les plains pas, ne les critique pas, n’attend d’eux ni reconnaissance, ni ruban, ni médaille mais qu’ils sachent au moins une chose: s’ils voient dans mes couleurs celles de leurs adversaires et non celles des sous-bois, des sables de la rivière, de la terre des champs et des nuages de cette région, c’est que leur vue est bien basse ou leur champ de vision bien étroit.
Merci en tous cas à mes lecteurs, auditeurs, interlocuteurs, correspondants pour leur confiance et leur fidélité, et à bientôt pour d’autres regards sur passé.

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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 19:14

Charly-clocher

Profitant des Journées du Patrimoine, je décidai au mois de septembre d’aller photographier un monument fermé la plupart du temps, l’église de Charly, au sud-est de Bourges. Plusieurs fois déjà, je m’étais arrêté voir ce monument, notant, outre sa taille impressionnante pour une église villageoise, des remaniements extérieurs et des réemplois de pierres de taille dans les maçonneries apparentes, prouvant une étape de reconstruction affectant principalement la nef. Le transept et le clocher, remarquable par sa structure entièrement réalisée en pierre et assez semblable à certains monuments saintongeais, semblaient intacts.

Charly-dalle

J’avoue avoir été assez surpris de voir annoncer dans le programme des Journées du Patrimoine la présence de fresques romanes à l’intérieur du sanctuaire, n’ayant jamais entendu parler de Charly comme étant réputé pour ses peintures murales.
Comme promis, l’église était ouverte et l’accueil du public assuré par une dame qui m’expliqua comment l’église avait été partiellement reconstruite au XIXe siècle par un curé soutenu financièrement par la fortune d’un noble local. Cette personne m’invita à venir découvrir les fresques, que le prêtre avait décidé de retoucher et de recolorier pour les rendre plus lisibles. Je m’attendais alors au pire et, hélas, je ne fus pas déçu.
Toutes les fresques romanes, dont un calendrier complet, ont disparu sous le pinceau rénovateur du curé. Les silhouettes, divines, humaines ou animales ont été redessinées et repeintes au point que cet ensemble, qui devait être au moins aussi important que celui de l’église de Chalivoy-Milon, située dans la même région, a perdu tout intérêt pour l’historien et se regarde désormais comme une une collection d’images pieuses aux couleurs criardes.
Il demeure que l’église de Charly contient quelques éléments patrimoniaux remarquables. On y observe une rare dalle de sarcophage roman avec un décor en tuiles dont je ne connais pas d’autre exemple dans la région. Plus récentes, des stalles aux miséricordes sculptées révèlent une belle maîtrise du travail du bois par les artistes locaux à la période moderne. Une figure lupine d’un modèle rare attire particulièrement l’attention. Même dénaturées, les fresques peuvent peut-être être utiles aux historien de l’Art.

Charly-loup

Hormis ces aménagements récents qui lui ont fait perdre une partie de son authenticité, l’église de Charly reste une étape intéressante dans la découverte du patrimoine roman en Berry.

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10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 18:53

epee-Vic

Ayant noté l’intérêt porté par certains aux détails de l’équipement du chevalier figuré sur la plate-tombe de l’église de Venesmes, dans le Cher, je livre à la sagacité des spécialistes de l’armement médiéval un nouvel objet, plus ancien, représenté sur une des fresques de l’église romane de Nohant-Vic, dans l’Indre.
Dans cette scène, nulle évocation guerrière, mais le rappel de la légende de saint-Martin partageant en deux son manteau avec un pauvre. Centurion de son état, Martin utilise son épée pour couper l’étoffe dont la moitié est donnée à l’indigent.
Illustrant cette tradition, le peintre de l’église de Vic, dédiée à saint Martin, choisit de représenter l’homme sur son cheval devant le pauvre à pied, coupant avec une grande épée le vêtement salvateur.

epee-vic1

Manifestement, l’artiste reproduit avec beaucoup de soin l’arme, dont des modèles devaient équiper les hommes de guerre que la population croisait presque quotidiennement.
Déjà présentée dans ces pages il y a plusieurs mois, l’église romane de Nohant-Vic recèle un des plus beaux ensembles de peintures murales de tout diocèse de Bourges. Sa visite est une étape incontournable pour tous les amateurs d’art roman des pays du Centre.

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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 09:41

cloitre-Noirlac

J’ai le plaisir d’annoncer la tenue prochaine à Vesdun d’une nouvelle conférence prévue sur le thème de la présence monastique dans le sud du Berry de l’époque mérovingienne à la fin de la Guerre de 100 ans. Y seront évoqués les abbayes, prieurés, commanderies templières, établissements hospitaliers et communautés mendiantes ayant laissé des traces dans les archives ou le patrimoine bâti régional.
Je réponds ainsi à l’initiative d’une association de Vesdun-en-Berry qui souhaite réactiver les cycles de conférences interrompus par la fermeture de l’Office de tourisme local il y a environ une année.
Pour l’heure, les modalités d’accueil du public ne sont pas encore arrêtées. La conférence aura lieu le samedi 13 novembre au soir, certainement dans la salle du foyer rural de Vesdun. Pour reprendre une excellente initiative de notre ami désormais breton d’adoption Bruno Dumontet, un repas pourra être pris sur place sur réservation après la conférence.
Toutes les précisions utiles seront publiées début novembre sur Berry médiéval.

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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 09:06

lacs-de-soie

 

Les Archives nationales et départementales ont pour mission la conservation des documents écrits et iconographiques datant du haut Moyen-âge jusqu'à’ la période contemporaine. Qu’ils soient rédigés sur du papyrus, du parchemin ou du papier, les textes médiévaux sont stockés dans des classeurs à l’abri de la lumière, à une température et une hydrométrie constantes. Ce soin apporté à leur archivage explique la très bonne tenue de rares traces textiles, en particulier les lacets, ou queues, sur lesquels étaient fixés les empreintes de cire scellant les actes les plus importants.

queue-de-sceau

Victimes de leur fragilité, de la négligence de leurs propriétaires ou de collectionneurs indélicats, beaucoup de sceaux ont disparus. Ceux qui restent sont attachés aux feuilles de parchemin ou de papier par des bandelettes de parchemin ou des cordelettes de tissu. Aux Archives du Cher, nous trouvons aussi beaucoup de textes orphelins de leurs sceaux, mais qui ont conservé les queues qui maintenaient ceux-ci. Quelquefois taillées dans des documents obsolètes (on peut lire des petites séquences du texte d’origine), ces bandes de peau peuvent aussi l’être dans une feuille vierge. Dans de rares cas,comme celui présenté en illustration, le scribe a précisé quel sceau allait être appendu à l’acte.
Plus rares sont les cordelettes de tissu, en général accompagnant les parchemins émis par la chancellerie royale. Les deux couleurs principales observées sont le rouge et le vert, cette dernière teinte pouvant être seule. Outre le minutieux travail du cordier, ces lacets permettent de se documenter sur d’authentiques pigments médiévaux rares à observer sur des supports aussi fragiles que des tissus. Leur conservation à l’abri de la lumière a permis d’éviter aux couleurs de passer, comme c’est le cas pour des supports souvent exposés au jour, comme des vêtements, des habillages de châsse ou autres reliquaires.
La tresse photographiée ici date de la fin du XIIe ou du début du XIIIe siècle. Il m’a semblé que sa simple existence, qui, en termes historiques, est d’un bien minime intérêt, pourrait compléter l’ information des artisans travaillant sur la reconstitution de textiles médiévaux.

 

acte-scelle

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25 septembre 2010 6 25 /09 /septembre /2010 13:45

Condé-crypte2

Il y a longtemps que j’attendais l’opportunité de pouvoir visiter dans de bonnes conditions d’éclairage l’église de Condé, près de Lignières-en-Berry, dans le Cher. Lors d’un précédent passage, l’hiver dernier, je n’avais pu ramener que des photographies prises dans cette lumière si particulière que les ciels de neige confèrent à certains bâtiments anciens. Bien qu’absente du programme officiel des Journées du Patrimoine, Condé était grande ouverte et accueillante ce troisième week-end de septembre. J’en ai profité pour aller collecter quelques images supplémentaires sur ce lieu exceptionnel.

 

Condé-général

Exceptionnel, Condé l’est assurément. Ce petit lieu-dit de la vallée de l’Arnon abrite un des plus anciens sanctuaires romans du Berry. Son isolement actuel est assez remarquable, seules quelques maisons et fermes isolées formant son environnement humain immédiat.
Aucune charte ne mentionne la construction de cette église, mais la sobriété de son plan et de sa statuaire rend pertinentes les propositions du XIe siècle comme période des travaux qui ont permis à ce lieu hors-normes de s’élever. Condé est bâtie sur une base rectangulaire toute simple et ses architectes, en plus de la doter de hauts murs soutenant une voûte de bois, l’ont organisés en deux niveaux, l’un de plain-pied, réservé aux fidèles et aux inhumations, l’autre beaucoup plus élevé servant de support à la partie cultuelle et de dalle de couverture à une grande crypte, une des plus vastes du département du Cher.

 

Condé-nef

Beaucoup de choses ont été dites et écrites sur Condé. Cette église est très connue dans le monde de l’ésotérisme grâce à des études passionnées. Ce domaine de réflexion n’étant pas ma spécialité, je m’abstiendrai de tout jugement préconçu sur leur pertinence, bien qu’ appréciant personnellement beaucoup leur principal auteur, un homme d’une grande honnêteté intellectuelle et, ce qui ne gâche rien, passionnant à écouter et à connaître. Je me contenterai pour ma part de comparer Condé à ces édifices que Duby identifiait comme bâtis à la lisière entre deux mondes, celui d’une société rurale encore fortement marqué epar le paganisme antique et celui d’un clergé qui cherche à s’imposer sans réveiller des traditions cultuelles ancrées dans une tradition que le christianisme n’avait vraiment réussi à éradiquer que dans les zones urbaines.

 

Condé-chapiteau
Condé, comme je le notais plus haut, est d’une sobriété qui la démarque de la plupart des églises du voisinage, souvent fort belles, comme celles de Montlouis ou d’Ineuil. On “sent” à Condé que ses architectes n’ont volontairement pas cherché le raffinement. Peu de sculptures sur le portail, presque rien à l’intérieur. La crypte, élément essentiel de l’ensemble, ne comporte qu’un visage féminin sculpté sur un des piliers de la voûte. Rien qui puisse, en somme, réveiller l’idôlatrie des campagnards, comme le suggère Georges Duby. Pourtant, la frontière avec le paganisme n’a peut-être pas été aussi hermétique que les anciens bâtisseurs l’auraient voulu. Condé est resté, jusqu’au milieu du XXe siècle, un lieu très réputé auprès des petits vignerons de la région, qui venaient, lors de fêtes des vendanges, faire rouler les plus petits de leurs tonneaux dans la crypte devant la statue de saint Denis, dans le but de les protéger contre les maladies du vin. Y-a-t’il un lien entre ce saint-Denis protecteur des vignerons et un ancien culte de Dyonisos dont l’écho se serait perpétué jusqu’à la période contemporaine? Je me contenterai d’observer que ce secteur la vallée de l’Arnon est très riche en vestiges archéologiques gallo-romains, loin d’être tous répertoriés et identifiés par les services d’archéologie départementale ou régionale.

 

Condé-visage

Il reste encore beaucoup de choses à écrire sur Condé. Le sanctuaire possède une des plus anciennes cloches de la région, des fresques, dont nous reparlerons prochainement et diverses curiosités qui rendent incontournable la visite de ce lieu, entretenu et animé par une association dont le président est un homme charmant et vraiment accueillant ce qui, au risque de me répéter, est loin d’être le cas partout.

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21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 11:28

Venesmes-buste

J’aimerais dédier cet article à tous les jeunes (et même les moins jeunes) qui consacrent une partie de leurs loisirs à faire revivre certains aspects matériels du monde médiéval, par des travaux de reconstitution d’équipements, de vêtements, de cérémonies, de recettes culinaires ou autres, avec un soucis de la précision et du détail qui rend tout à fait estimable leur efforts pour comprendre toute la complexité de la période. Je distingue ceux-ci de ces membres de troupes qu’on a parfois le désagrément de croiser sur un site historique et dont l’attitude en public n’est que caricature pseudo-hollywoodienne d’une période dont aucune ne semble avoir saisi la subtilité, et qui travestissent le passé en singeant des attitudes copiées sur des séries télévisées ou de mauvais films à prétentions historiques.
Aux premiers, donc, s’adressent ces quelques détails photographiés sur la plate-tombe d’un chevalier du début du XIVe siècle inhumé dans une petite église proche de l’ancienne châtellenie de Châteauneuf-sur-Cher, à laquelle j’avais consacré un billet il y a un an.
A l’occasion des Journées du Patrimoine, l’église de Venesmes était fort opportunément ouverte et j’ai pu compléter sur place ma collection de photographies de ce très bel objet funéraire qui n’a pas d’équivalent dans toute la région.

 

Venesmes-épée
On remarque que le défunt a tenu à se faire représenter équipé de sa panoplie militaire. Il porte sur le relief une cote de mailles qui le couvre de épaules aux pieds, elle même partiellement couverte d’une tunique qui pend jusqu’aux genoux. L’armement est classique, épée dans un fourreau retenue au ceinturon par un lacet, le tout porté à gauche de la silhouette.

 

Venesmes-éperons

Une très belle paire d’éperons, avec molettes en étoile, est fixée aux talons du chevalier. De manière tout à fait classique, ce membre de la noblesse pose les pieds sur un chien, ce qui est la marque de son rang.

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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 10:36

vereaux-détail1

Voici un ensemble statuaire tout à fait exceptionnel qui n’a pas d’équivalent, à ma connaissance dans tout le sud du Berry.
Sur la façade de la petite église romane de Vereaux, village rural du sud-est du département du Cher peuvent être observées deux statues-colonnes encadrant l’entrée principale du sanctuaire. Ces statues féminines sont travaillées avec soin et, même si les agents atmosphériques ont dégradé partiellement le travail des tailleurs de pierre du XIIe siècle, les sujets demeurent parfaitement lisibles.

vereaux-détail2

Ce mode de représentation, sans être unique, est très rare dans la région. Seule la cathédrale de Bourges, sur son portail sud, possède des statues-colonnes contemporaines de celles de Vereaux dont les personnages sont habillés des mêmes drapés caractéristique de l’époque romane. D’autres détails de la façade de la petite église, en particulier des médaillons disposés dans l’arc supérieur de la porte, rappellent la facture de certaines sculptures de la cathédrale berruyère.

vereaux-statue1

L’atelier qui a travaillé sur le site cathédral a t-il pu réaliser en plus de sa tâche principale des commandes ponctuelles, ou détacher temporairement un de ses sculpteurs pour prêter main forte à des équipes de tailleurs de pierre exerçant dans des zones rurales éloignées? On remarque que les statues-colonnes de Vereaux et les sculptures complémentaires sont de petite taille et que leur déplacement sur une distance de quelques dizaines de kilomètres ne présentait aucune difficulté technique pouvant infirmer une telle hypothèse. Économiquement, le Val d’Aubois dans lequel se trouve situé le village de Vereaux était une zone assez active. Le roi de France et le prieuré clunisien de la Charité-sur-Loire se partageaient la ville de Sancoins, toute proche. Trois grandes mouvances féodales étaient influentes à l’époque dans ce périmètre: les seigneuries de Charenton et de Montfaucon ainsi que le comté de Nevers. Cet environnement dynamique explique peut-être l’existence de ces deux curiosités lapidaires.

vereaux-statue2

 

 

vereaux-medaillon

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Merci de diffuser cette information à vos contacts!

Histoire locale

Pour compléter votre information sur le petit patrimoine berrichon, je vous recommande "le livre de Meslon",  Blog dédié à un lieu-dit d'une richesse assez exceptionnelle. Toute la diversité d'un terroir presque anonyme.
A retrouver dans la rubrique "liens": archéologie et histoire d'un lieu-dit

L'âne du Berry


Présent sur le sol berrichon depuis un millénaire, l'âne méritait qu'un blog soit consacré à son histoire et à son élevage. Retrouvez le à l'adresse suivante:

Histoire et cartes postales anciennes

paysan-ruthène

 

Cartes postales, photos anciennes ou plus modernes pour illustrer l'Histoire des terroirs:

 

Cartes postales et Histoire

NON aux éoliennes géantes

Le rédacteur de ce blog s'oppose résolument aux projets d'implantation d'éoliennes industrielles dans le paysage berrichon.
Argumentaire à retrouver sur le lien suivant:
le livre de Meslon: non à l'éolien industriel 

contacts avec l'auteur


J'observe depuis quelques mois la fâcheuse tendance qu'ont certains visiteurs à me contacter directement pour me poser des questions très précises, et à disparaître ensuite sans même un mot de remerciement. Désormais, ces demandes ne recevront plus de réponse privée. Ce blog est conçu pour apporter à un maximum de public des informations sur le Berry aux temps médiévaux. je prierai donc les personnes souhaitant disposer de renseignements sur le patrimoine ou l'histoire régionale à passer par la rubrique "commentaires" accessible au bas de chaque article, afin que tous puissent profiter des questions et des réponses.
Les demandes de renseignements sur mes activités annexes (conférences, contacts avec la presse, vente d'ânes Grand Noir du Berry...) seront donc les seules auxquelles je répondrai en privé.
Je profite de cette correction pour signaler qu'à l'exception des reproductions d'anciennes cartes postales, tombées dans le domaine public ou de quelques logos empruntés pour remercier certains médias de leur intérêt pour mes recherches, toutes les photos illustrant pages et articles ont été prises et retravaillées par mes soins et que tout emprunt pour illustrer un site ou un blog devra être au préalable justifié par une demande écrite.