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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 10:50

st-Georges-christ

 

A première vue, l’église romane de Saint-Georges-de-Poisieux, dans le sud du Boischaut, est un monument qui se distingue peu des autres églises rurales de la région. Seule sa situation, sur une bosse un peu plus élevée que la moyenne du paysage de bocage qui l’entoure, la fait remarquer de loin. Son ornementation extérieure, très sobre, est beaucoup moins riche que celle du petit prieuré augustin de Soye, situé à quelques pas de là.
L’église de Saint-Georges n’aurait donc, à priori, rien à offrir de nature à mériter un détour pour qui n’est pas spécialiste de l’architecture religieuse si on se contentait d’en faire le tour. Franchi le seuil, le sanctuaire prends une tout autre importance. Une rare voûte en cul de four, d’un modèle certainement identique à celles autrefois décrites au prieuré d’Orsan, soutient le clocher. Une pierre d’autel sculptée avec un soin rare et d’un volume considérable, se remarque dès l’entrée de l’église, mais c’est surtout vers les ouvertures du chevet que se porte l’attention du médiéviste.

 

st-georges-global

L’édifice conserve en effet quatre vitraux XIIIe d’une qualité identique à ceux des verrières de la cathédrale de Bourges, exceptionnels, sinon uniques dans la région. Peu affectés par les agents chimiques atmosphériques, dans une région où la pollution demeure peu sensible, les verres ont conservé une transparence qui n’est certes pas celle des vitraux modernes comme on en voit un peu partout, mais les détails restent plus lisibles qu’à Bourges avant les restaurations. Une scène représentant le patron de l’église, un saint Georges armé, et l’exact ajustement des encadrements aux ouvertures, prouvent leur authenticité et on est en droit de supposer que nous disposons là des derniers vestiges d’une composition plus vaste qui occupait tout l’espace des fenêtres du chevet.

 

st-Georges4

La question que se pose l’historien face à ces objets exceptionnels est de savoir si cette exception est d’origine ou due aux misères des temps. Les vitraux de Saint-Georges-de-Poisieux sont-ils les uniques souvenirs d’une pratique universelle, qui pourrait nous laisse imaginer la majorité des églises médiévales éclairées par des scènes colorées, ou témoignent ils d’une commande particulière auprès d’un atelier de verriers. Seul l’avis d’un historien de l’Art pourrait, si j’ose dire, nous éclairer sur la question. Nous savons, grâce aux archives de l’abbaye de Noirlac notamment, que le bourg était le siège d’une seigneurie vassale de Charenton et que la route principale qui longeait la vallée du Cher passait par ce lieu. Les chevaliers qui tenaient la place avaient les moyens d’orner l’église de leur paroisse, mais ils n’étaient pas les seuls dans ce cas. Il est fort possible que beaucoup d’autres chapelles aient présenté les mêmes qualités artistiques mais que le temps, les dégradations, le vandalisme et la négligence des paroissiens aient fini par effacer ces traces du passés, ou que les vitraux d’origines, devenus opaques, aient été remplacés par des œuvres plus récentes laissant filtrer plus de lumière. Seule une lecture attentive des archives paroissiales modernes pourrait aider à nous faire une idée juste sur la question.

st-Georges2

Il reste que la municipalité de Saint-Georges n’a pas les moyens matériels d’ouvrir en permanence le monument hors temps liturgique ordinaire. Je conseillerai donc aux amateurs de surveiller le programme des Journées du Patrimoine. A la demande de m. Fourre, maire du village et conseiller général du canton de Saulzais-le-Potier, que je tiens à remercier ici pour m’avoir facilité l’accès à l’intérieur de l’église, il est fort possible que j’intervienne sur place en fin d’été 2011, avant les Journées du Patrimoine, pour une brève présentation historique du terroir. L’accès à l’église sera, bien entendu, inscrit au programme de la manifestation.

 

st-Georges3

 

 

St-Georges1

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 15:20

gisant-Neuvy

 

J’ai souvent été victime, comme sans doute certains d’entre vous, en pénétrant dans la rotonde romane de la basilique de Neuvy-Saint-Sépulchre, d’une attirance du regard pour le haut de la structure. Les chapiteaux historiés, les étages de la rotonde inspirée de l’église du Saint-Sépulcre de Jérusalem ou les reliquaires, sur lesquels repose l’essentiel de la notoriété du monument, occultent quelque peu d’autres éléments moins connus de l’édifice.
Ainsi est-il possible de découvrir, dans un espace assez sombre de la rotonde, une belle dalle funéraire polychrome du XIIIe siècle, d’une facture assez inhabituelle.
Les fouilles menées dans le monument auraient révélé sous la dalle l’existence d’un sarcophage contenant sans doute les restes de l’inconnu dont aucun épitaphe ne permet de connaître l’identité ou la fonction.

gisant-Neuvy-tête

L’homme, tête nue, est habillé d’une longue robe d’ ecclésiastique qui tombe jusqu’à ses pieds. Contrairement à la majorité des autres gisants régionaux, le sculpteur ne l’a pas représenté les mains jointes dans un geste de prière. Le bras gauche est replié sur la poitrine, la main posée sur ce qui semble être un livre. Le droit est dans l’alignement du corps, mais l’usure ne permet pas de distinguer clairement si la dextre est nue ou si elle tient quelque chose.

gisant-Neuvy-buste

Les proportions de la statue de Neuvy sont assez déroutantes. La tête du défunt est plus petite que nature, et le reste du corps est comme aplati. Un détail est surprenant: le bras droit du gisant est marqué par plusieurs entailles, dont une plus profonde que les autres. Ces lacunes ne semblent pas avoir été provoquées par une différence de densité de la roche due à la présence de fossiles, ni par des coups malveillants. Leur aspect évoque par contre certains grattages circulaires qu’on relève sur les murs de plusieurs églises régionales. Il n’est pas impossible que la dalle funéraire de Neuvy ait été, à un moment ou un autre, victime de soustraction d’une partie de son volume par des pèlerins, nombreux tout au long des temps médiévaux et modernes, à venir se recueillir dans cet endroit.

gisant-neuvy-détails

Les gisants de religieux, sans être exceptionnels, demeurent toutefois assez rares en Berry. Il m’aurait plu de vous montrer, à titre de comparaison, celui de l’abbé conservé dans la salle des collections médiévales de l’Hospice Saint-Roch d’Issoudun, mais la direction de cet établissement n’a pas daigné m’autoriser à venir en prendre des photographies, ce que je déplore vivement.

 

gisant-Neuvy-complet

 

 


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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 18:09

lampier2

 

J’attire votre attention sur un petit monument roman très facile d’accès, situé à quelques centaines de mètres de l’axe Bourges-Montluçon, au cœur du village d’Estivareilles, dans le département de l’Allier. Élevé au centre d’une place qui occupe l’emplacement de l’ancien cimetière de la paroisse, le “lampier” d’Estivareilles est peut-être la dernière lanterne des morts de l’ancien diocèse de Bourges.
Au cours de mes déplacements, il m’est quelquefois arrivé de rencontrer une de ces curieuses colonnes de pierre creuses dont la fonction exacte nous échappe. Toutes se situaient dans les Charentes. Celle d’Estivareilles pourrait être le seul monument de ce type répertorié dans les Pays du Centre. Bien que peu spectaculaire, cette lanterne des morts présente, de part sa rareté, un intérêt certain.
Nous ne savons pas exactement si cette colonne abritait un feu permanent, ou si la flamme était allumée, et pour combien de temps, lors des cérémonies funèbres. L’absence de traces de fumée indique que le feu était certainement produit grâce à une lampe à huile, qui aurait donné le nom populaire de ce petit monument.
Autre particularité curieuse: cette lanterne des morts possède une pierre saillant légèrement à l’extérieur de son diamètre, qui présente des marques de grattages identiques à celles constatées sur de nombreuses églises de la région. Il est impossible de savoir si cette pratique est contemporaine de la construction de la colonne où si elle témoigne de coutumes plus récentes.

lampier3

L’ extrême rareté, voire l’unicité, de ce vestige justifie qu’on s’intéresse à sa présence dans un environnement qui compte peu de témoignages médiévaux propres à intéresser les visiteurs de passage dans la région.
Si certains lecteurs ont des informations sur d’autres lanternes des morts connues dans l’espace berrichon et bourbonnais, ou dans d’autres terroirs limitrophes, leur apport pourrait être précieux pour évaluer l’importance d’un phénomène qui, quoique marginal, enrichit notre perception de l’univers spirituel des populations qui nous ont précédés.

 

Lampier1

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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 17:37

croix-d'Orval

 

Même si je l’avais déjà aperçue lors d’une exposition, il y avait longtemps que je m’étais promis d’aller revoir la croix-reliquaire d’Orval dans l’église où elle a été conservée pendant des siècles. Déposée de longues années dans le secret d’un coffre de banque, pour la soustraire à de malhonnêtes intentions toujours à craindre, la croix est désormais exposée dans une vitrine blindée dans le chœur de la petite église Saint-Hilaire d’Orval. Le lecteur voudra bien me pardonner les inévitables redondances que cet article va générer au sujet d’un objet liturgique sur lequel tout semble avoir déjà été dit.

croix-d'Orval-détail

La croix d’Orval est une splendide réalisation de vermeil prévue pour accueillir, dans un minuscule caisson aménagé derrière les épaules du Christ, une épine de la couronne de la Crucifixion et, à chaque extrémité des branches, des gouttes de lait de la Vierge, derrière ce qui semble être des fenêtres de cristal de roche. D’un style comparable à ce qui se pratiquait au XIIIe siècle, cette pièce d’orfèvrerie aurait été offerte par le roi Louis IX à l’un  de ses vassaux berrichons, Henri de Sully, seigneur de Saint-Amand, Bruère et Orval depuis 1250, date de la mort de Renaud de Montfaucon, disparu sans descendance. La présence de quatre médaillons émaillés représentant les armes de la reine Blanche de Castille, mère de Louis IX, suggère que le reliquaire a été prélevé dans un trésor plus ancien.

Orval-armoiries

Il est difficile de savoir si le petit réceptacle articulé contenant l’épine était là d’origine ou s’il a été monté sous les ordres de Saint Louis après son retour de Constantinople avec la relique de la Vraie couronne d’épines de Jésus, dont il semble avoir soustrait un fragment pour l’envoyer en Berry. Face à la valeur du présent royal (même si la croix est réalisée en argent doré, métal somme toute assez banal pour l’époque) et la rareté de la relique principale (le lait de la Vierge est symbolisé par une poudre minérale), on reste perplexe devant la signification de la présence de cette croix-reliquaire, qui aurait pu faire partie d’un trésor cathédral, dans un terroir d’aussi modeste importance que la paroisse médiévale d’Orval.

croix-d'Orval-relique

L’observation du contexte géopolitique de l’époque permet de replacer ce don dans une perspective encore peu étudiée: l’affrontement entre les monarchies capétienne et Plantagenêt.
Revenons un instant sur la chronologie du don royal. La biographie du roi Louis IX nous apprend qu’il est revenu d’Orient en 1248, chargé de reliques. Renaud de Montfaucon décédant en 1250, la croix n’a pu arriver à Orval qu’entre 1250 et 1270, date de la mort du roi en Afrique du Nord. Les renseignements qu’on possède sur le destinataire sont trop imprécis pour être exploitables. Henri de Sully a eu un fils qui lui a succédé sous le même patronyme, si bien qu’en plus de 80 ans d’archives, on ne peut distinguer les dates de passation de pouvoir entre le père et le fils. Dans l’état actuel des sources, il y a peu à attendre de ce coté. Intéressons nous donc à la nature du don. Saint Louis fait déposer en Berry une très rare relique dont la valeur pour les contemporains est immense. Dans une région où les reliquaires abritent essentiellement des fragments osseux attribués à des saints d’envergure limitée, la présence d’un objet aussi prestigieux qu’une épine de la couronne du Christ donne au lieu de culte qui la possède un rayonnement inégalable. Inégalable, certes, mais à condition de ne pas souffrir de la concurrence d’une paroisse proche qui posséderait des reliques de même valeur. Or, et il semble que personne n’ai jamais tenté de rapprocher les deux événements, une autre translation de reliques a lieu en Berry dans la même tranche chronologique.
En 1257, le cardinal Eudes de Châteauroux dépose dans la basilique de Neuvy-Saint-Sépulchre un fragment du sépulcre et trois gouttes de sang du Christ, qui donnent immédiatement à ce sanctuaire un prestige considérable. Les pèlerins y affluent et aujourd’hui encore les reliques y jouissent d’une ferveur particulière.
Si on replace Neuvy sur une carte politique du XIIIe siècle, on observe que la petite cité appartient au territoire de l’ancienne seigneurie de Déols, devenue propriété d’une branche de la famille de Chauvigny, vassale d’Aquitaine et donc du roi anglais Henri III Plantagenêt, grand rival du roi Saint Louis.
Difficile de ne pas remarquer la coïncidence. Neuvy-Saint-Sépulchre, située le long d’une voie importante, fief d’un vassal du roi d’Angleterre, accueille des reliques uniques dans la région. Orval, nœud routier majeur sur la route entre Paris et l’Auvergne, qui coupe les routes vers le Nivernais et le Poitou, lieu d’échanges et de commerce, nouveau fief d’une famille rendant hommage à la royauté capétienne, devient dépositaire d’une relique de même valeur que celles exposées à Neuvy.
Il ne s’agit, et je tiens à insister sur ce point, que d’une hypothèse de travail, mais il est tout à fait probable que le roi de France ait tenté, avec un succès difficile à évaluer pour l’époque, de saper une des bases du pouvoir de son adversaire Plantagenêt en Berry, en plaçant Orval et son seigneur Henri de Sully à l’avant-garde d’une offensive destinée à affaiblir son rival anglais.
Qu’il me soit permis ici de remercier m. Patrick Trompeau, maire d’Orval et toute l’équipe du secrétariat de mairie, qui m’ont permis d’accéder au reliquaire en dehors des périodes d’ouverture de l’église. Les prochaines journées du Patrimoine me semblent une excellente opportunité pour venir découvrir cette rareté.
L’épaisseur du blindage du vitrage qui protège la croix est à l’origine de la faible qualité des photos qui illustrent cette page.

 

orval-général

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 09:22

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Il y a un certain nombre d’années, alors que je n’étais que débutant dans la carrière d’historien, j’avais cru remarquer une fréquence anormale de dons consentis par des femmes à la petite abbaye cistercienne féminine de Bussière. Anormale, car supérieure à la moyenne de ce que des femmes, disposant librement de leur patrimoine, ont pu accorder aux monastères masculins implantés dans la même région, d’où une interrogation légitime: les femmes aisées ressentaient-elles plus d’empathie pour leur sœurs portant le voile que pour les hommes retirés dans les monastères?
Le chartrier de l’abbaye cistercienne de Fontmorigny contient deux testaments datés du XIIIe siècle dont le contenu semble appuyer cette thèse.
Déjà étudiées sur ce blog, les dernières volontés de Mathilde, dame de Charenton et épouse du seigneur Renaud de Montfaucon, rédigées en 1243, contiennent une liste de neuf abbayes que l’héritière de la seigneurie de Charenton couche sur son testament. Parmi celles ci, cinq accueillent des femmes, proportion beaucoup plus élevée que ce qu’on observe dans le legs post-mortem de son époux.
Beaucoup plus intéressant est la charte souscrite en 1245 par Aliénor, dame de Beaujeu, seigneurie proche de Sancerre. Si cette femme destine une somme de cent livres à l’abbaye masculine de Fontmorigny, soit beaucoup plus que la moyenne des dons consentis à d’autres communautés monastiques, c’est parce qu’elle entend bien y reposer après son décès, et pour achever le chantier du dortoir du monastère, entrepris grâce à une donation de sa propre mère. Peu d’autres abbayes et prieurés d’hommes profitent de ses largesses: Saint-Satur, Chalivoy et Loroy, en Berry, ainsi que le prieuré de Lepeau, en Nivernais sont parmi les rares établissements des environs à figurer sur la liste des bénéficiaires. Aliénor, comme beaucoup d’autres bienfaiteurs, s’applique à faire profiter de sa générosité les monastères géographiquement les plus proches du Sancerrois. Cette préférence somme toute logique -ces couvents étaient peuplés des fils des familles vassales ou alliées de la seigneurie de Sens-Beaujeu- n’est pas la seule logique sur laquelle la dame s’appuie pour établir les clauses de son testament. Les abbayes féminines berrichonnes et bourguignonnes sont traitées avec une attention toute particulière. Si les moniales de La Ferté et de Saint-Hippolyte de Bourges, établies sur des domaines proches de la région de Sancerre, sont dotées à la même hauteur que les abbayes d’hommes, Fontmorigny exceptée, d’autres sœurs fixées dans des terroirs et des aires culturelles assez différents du haut-Berry apparaissent comme bénéficiaires des dons d’Aliénor. Dans un rayon supérieur à 100 kms du centre de ses domaine, la dame de Beaujeu pense aux bénédictines de Charenton, aux fontevristes d’Orsan et au cisterciennes de Bussière, les plus éloignées.
On remarque que les autres cisterciennes berrichonnes, rassemblées dans l’abbaye de Beauvoir, près de Mehun-sur-Yèvre, ne figurent pas sur la liste. La fondation de leur monastère, très récente, n’a peut-être pas permis de leur donner une notoriété suffisante auprès de la noblesse régionale.
Sensiblement à la même distance, mais en Bourgogne cette fois, Aliénor fait l’aumône à l’abbaye des Îles-d’Auxerre, et, fait tout à fait remarquable, car ce type d’institution n’existe pas dans le diocèse de Bourges, elle dote dans la même ville l’hôpital des filles-Dieu, lieu de soins et de prière dévoué au sort des anciennes prostituées repenties, venues chercher en ses murs le salut de leur corps et de leur âme.
Très significative aussi, cette somme de cent livres, identique à ce que reçoit Fontmorigny, engagée pour doter les filles pauvres, sans précision de l’aire géographique dans laquelle seront dispensées ces largesses.
Moniales, filles du peuple, filles perdues, Aliénor n’oublie pas, dans ses dernières volontés, les femmes qui vont lui survivre. La solidarité féminine n’est pas un vain mot au temps du Berry féodal.

femmes-2

 

Ce billet est tout particulièrement dédié aux rédactrices et lectrices du forum “Femmes en Berry”, en remerciement de leur soutien.

 

le forum Femmes en Berry

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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 09:04

Ranchier Sainte Chapelle

 

Au nombre des merveilles rassemblées dans la Sainte Chapelle de Bourges par le duc Jean de Berry trônait le trophée d’un cerf monstrueux, vieux de trois cents ans, tué lors d’une chasse par le duc en personne. Plutôt que de naturaliser la dépouille de l’animal, le prince fit prélever les bois, décrits comme larges et plats comme ceux d’un daim, et commanda à un sculpteur une immense statue de bois, portant sur un écu les armes du Berry, sur laquelle furent fixées les cornes de l’animal. Pour renforcer la majesté de l’ensemble, le ranchier ainsi reconstitué fut juché sur un socle, où on put l’admirer à l’entrée du sanctuaire, au même titre que les ossements du géant Birat, issu d’un squelette de mammouth, et qu’un crocodile cavernicole prétendu hôte des fontaines souterraines de Bourges. L’authenticité de ce bestiaire fabuleux semblait incontestable aux yeux des croyants et des visiteurs qui venaient contempler l’intérieur de la Sainte Chapelle.
Quel pouvait bien être la bête que tua Jean de Berry pour lui prendre ses bois? Pas un cerf, même énorme, c’est certain, car on ne sut le nommer autrement que par le terme de ranchier, habituellement employé en héraldique pour désigner les silhouettes de cerfs présentes sur certaines armoiries. L’animal n’était donc pas endémique dans les forêts des domaines du duc. La forme des bois, et leur ressemblance avec ceux des daims, fait immédiatement songer à un élan. Certains individus mâles atteignent une taille et un volume corporel incomparablement plus élevés que ceux d’un cerf ordinaire, ce qui justifierait assez bien l’estimation de l’âge de la prise à trois cents ans. Or, si des élans ont pu errer dans les grandes forêts d’Occident jusqu’à la période antique et le haut Moyen-âge, la chasse et les grands défrichements ne leur avaient depuis très longtemps laissé aucune chance de survie.
Il reste trois hypothèses, dont la plus simple pour expliquer l’existence de ce ranchier serait une hâblerie de Jean de Berry, qui se serait procuré le trophée quelque part dans le Nord de l’Europe, et se serait attribué la gloire de sa chasse. Les os du mammouth devenu le géant Birat sont bien venus du Dauphiné, une paire de bois d’élan, beaucoup plus légers, peuvent avoir circulé par terre ou par bateau sur une bien plus longue distance.
Une deuxième piste, plus difficile à soutenir, conduirait le duc a avoir lui même voyagé pour aller chasser un élan quelques part en Europe orientale ou septentrionale. Rien, à ma connaissance, dans la biographie de cet homme, ne le laisse supposer, mais je ne suis pas spécialiste de la période, et l’avis de lecteurs éclairés sur ce point pourrait être très utile.
La troisième manière d’aborder le problème serait d’envisager le voyage d’un élan à travers l’Europe jusqu’aux propriétés du duc de Berry. Lâché sur place, l’animal aurait très bien pu être chassé et tué par fondateur de la Sainte Chapelle. Les naturalistes estiment, preuves concrètes à l’appui, que les élans peuvent être apprivoisés et même utilisés comme monture. Un individu peut très bien avoir été capturé sur commande du duc et avoir été amené depuis l’espace balte en quelques semaines. Techniquement, ce convoi était beaucoup plus facile à déplacer que ceux qui commençaient à peupler les ménageries princières d’animaux africains à la même époque.
Infortuné animal, pour lequel le non chasseur que je suis a une pensée attristée, mais qui fit, indirectement, l’admiration de milliers de berrichons et d’étrangers au pays, jusqu’à ce que la ruine de l’édifice qui abritait son simulacre finisse par l’abandonner aux vers ou à l’incendie. Curieux clin d’œil du Destin, c’est aujourd’hui encore un élan qui accueille les visiteurs du muséum d’Histoire naturelle de Bourges, ouvert à quelques pas du site où s’élevait la Sainte Chapelle, et dont la photo, retouchée, m’a fourni de quoi illustrer artificiellement ces lignes.


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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 09:59

Drevant-façade-prieuré

 

Jean Tricard, professeur d’Histoire médiévale à l’Université d’Orléans, et un de mes maîtres en la matière, employait souvent, face à ses étudiants, l’expression “tordre le cou aux idées reçues”.
S’il y en a une qui a la peau dure, c’est bien celle qui donne aux romains et au premier d’entre eux, le grand Jules César, la paternité de tout ce qui peut ressembler  dans nos campagnes à des fortifications primitives, classées d’autorité par la sagesse populaire dans la catégorie des “camps romains”, avec des conséquences parfois amusantes, comme ce comité des fêtes d’un petit village de la région qui prévoit la réalisation d’un char fleuri pour le comice agricole de son canton sur le thème “le camp des légionnaires”, vestige d’une fortification du XIIIe siècle!
De Sancerre à Sidiailles, nombreuses sont les réalisations  que l’on prête aux romains. Dès 1566, l’historien Jean Chaumeau disait du château du Châtelet: “ (...) et une autre tour ronde fort haute et espesse, que les habitans diens avoir este construite et edifiée au temp de Jules Cesar”. La forteresse de Sancerre (Saint-César) aurait été fondée par le vainqueur du peuple biturige. La motte castrale d’Epineuil-le-Fleuriel est baptisée “tumulus” sur les cartes IGN et plusieurs sites fortifiés fossoyés, anciens châtelets ou maisons-fortes sont qualifiés de camps romains (Ineuil, Vitray, Sidiailles, Saint-Augustin...). Le grand éperon barré néolithique et protohistorique de la Groutte, est baptisé “Camp de César”, ce qui est compréhensible vue la proximité des ruines antiques de Drevant.
A quand remonte cette confusion entre les deux époque? Les savants de la Renaissance sont sans doute les premiers à avoir associé les anciennes places-fortes qu’ils découvraient avec une civilisation qu’ils admiraient. Pétris de culture antique, ces intellectuels voyaient la période qui les avait précédé avec une aveuglante subjectivité, attribuant à leurs modèles romains les réalisations des hommes d’un Moyen-âge qui leur semblaient un retour à la barbarie.
Plus récemment, et plus ou moins pour les même raisons, les érudits sont souvent tombés dans le même piège. Mal connu et surtout mal enseigné, le Moyen-âge n’est pas estimé à sa juste mesure. Dans une société d’ordre et de discipline, le général romain et ses légionnaires sont une valeur rassurante. Il n’est pas étonnant qu’on les imagine occupant des camps retranchés entourés de fossés à l’époque de la Guerre des Gaules.
On m’a souvent opposé l’argument suivant: comment se fait-il, si ce n’est pas romain, qu’on trouve des tuiles, céramiques et moellons antiques sur place (Sidiailles, Boiroux)? Deux raisons expliquent cet apparent paradoxe. Comme la ligne de chemin de fer Paris-Montluçon et l’autoroute A71 suivent le tracé de l’ancienne voie antique Bourges-Néris, certains sites offrent les mêmes avantages quelques soient les périodes auxquelles il est occupé. Une position facile à défendre, une grosse fontaine rendent les mêmes services que l’on vive au Bas-empire ou à la période carolingienne.
Les sites antiques, dont très peu conservent aujourd’hui des vestiges hors sols, étaient pour les hommes médiévaux, des lieux d’habitation possibles dans certains cas, et surtout de riches carrières de matériaux faciles à récupérer selon les besoins. Même si cet exemple est assez marginal, la château de Drevant (un donjon carré élevé dans l’amphithéâtre gallo-romain) fut le produit du recyclage des pierres équarries presque un millénaire auparavant.
Il est donc juste de rendre à César ce qui est à César. Archéologues et historiens travaillent pour que la chronologie ne soit plus traitée à la manière de la bande dessinée ou du péplum. Le reste n’est que folklore.



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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 11:33

or

 

 

L’économie française connut une petite révolution lorsque que le roi Saint Louis, dès son avènement, en 1266, ordonna de lancer la frappe d’un écu d’or, première monnaie de métal précieux à sortir depuis des siècles des ateliers monétaires royaux. Loin de supplanter l’argent dans la majorité des échanges, le métal jaune reconquiert lentement un espace dont il était presque totalement absent.
Réservé à l’orfèvrerie religieuse ou civile, l’or était très rare dans les régions du Centre de la France. Parfois, seul un placage sur une âme d’argent donnait un aspect précieux aux objets liturgiques.
Exceptionnellement, ce n’est pas en Berry que j’ai été puiser mes informations, mais dans la région voisine du Nivernais. La porosité tant politique que religieuse entre ces deux espaces laisse penser que la situation économique de la région de Nevers ne devait être guère différente de celle de Bourges, Châteauroux ou Bourbon. L’inventaire des titres de Nevers, publié au XIXe siècle, contient quelques évocations très précise de la circulation du métal jaune dans l’espace ligérien.
Un acte de 1194 retient tout de suite l’attention. Yolande, comtesse de Nevers, accorde à l’église Notre-Dame de La Charité une rente annuelle et perpétuelle de deux besants d’or. La présence de cette unité monétaire, bien qu’exotique -le besant est une pièce d’or byzantine- n’a rien d’anormal en pleine période d’échanges, par le truchement des Croisades, entre l’Orient et l’Occident. Chevaliers et marchands chrétiens ont ramené avec eux les métaux précieux acquis ou dérobés au contact des musulmans et de Constantinople. Ceci dit, les grands testaments berrichons que nous connaissons dans la première moitié du XIIIe siècle ne font aucune référence au métal jaune. Les besants nivernais sont des exceptions.
L’or reste longtemps une matière rare, car il faut attendre 1374 pour voir un bourgeois nivernais acheter à un hôtelier la moitié de la terre de Marzy pour neuf vingt douze (sic) livres d’or. Une faute du copiste nous empêche d’évaluer la quantité de métal que représente le prix de la vente, mais il est évident que les ateliers royaux alimentent désormais l’économie en monnaies nobles. En 1456, le comte de Nevers compose avec l’abbé du monastère cistercien des Roches: en échange d’une série assez disparate de droits et de rentes, il promet de verser aux moines blancs une somme de 20 écus d’or chaque année.
Les bijoux et ornements corporels sont aussi plus nombreux grâce à la mise en circulation du produit des mines, mais la région ne semble pas disposer de grands ateliers de joaillerie. C’est en effet à Paris qu’en 1320 Louis, comte de Nevers, fait réaliser par un orfèvre local, pour la somme de 1000 livres parisis, une couronne et un capel (casque d’apparat) d’or. C’est encore à Paris qu’un autre comte, Philippe, vend à un changeur d’or pour 200 écus une chaîne d’or garnie de lettres d’or et de 29 perles, peut-être un gage ou le produit d’une rançon.
La vaisselle précieuse n’est évoquée par les documents qu’au 16e siècle. En 1566, deux orfèvres sont chargés d’inventorier toutes les choses précieuses contenues dans le château de Nevers. Les hommes d’art y recensent, pour la somme très précise de 13.180 livres, 17 sols et 7 deniers des bagues, pierreries, vaisselle d’or et d’argent (et autre choses précieuses).
Le renouveau de l’économie permis par la fin des troubles de la Guerre de 100 ans et par le début de la Renaissance ne s’observe pas que dans le patrimoine bâti. Les nobles de l’époque se parent de richesses qu’on aurait bien été en peine de concevoir quelques siècles plus tôt.

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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 09:48

motte-Epineuil-pancarte

 

La période hivernale étant, avec son soleil bas et sa végétation dégarnie, propice à ce genre de visite, je suis retourné à Epineuil-le-Fleuriel, dans le sud du département du Cher, examiner le résultats des travaux de défrichement de la motte castrale du village.
L’excellente nouvelle était tombée l’été dernier. La motte, complètement délaissée par ses propriétaires, et envahie par une végétation qui rendait son terrassement indiscernable depuis la route, venait d’être acquise par la municipalité d’Epineuil. Dans d’autres lieux, une telle tractation n’aurait rien eu de rassurant, tant certaines équipes municipales restent hermétiques à tout principe de respect des vestiges archéologiques.

motte-Epineuil-fossés

 

A Epineuil, les choses vont autrement. L’achat par la Ville de la parcelle qui abrite l’ancienne forteresse est une étape dans un long processus de valorisation de cet élément patrimonial. Bien que presque invisible faute d’entretien, la motte était signalée depuis longtemps à l’entrée du village. Son acquisition va permettre de la débarrasser de la végétation qui a envahi ses flancs. Cette opération, qui prendrait à peine un ou deux jours de travail en terrain plat à une bonne équipe de bûcherons, va être réalisée en concertation avec les services régionaux d’archéologie afin de ne faire courir aucun risque aux niveaux anciens qui pourraient être encore en place malgré quelques fouilles anciennes assez musclées.
A l’heure actuelle, seuls les fossés et les premiers mètres du terrassement ont été nettoyés. Si des ormes morts ne posent pas de problèmes techniques pour être tronçonnés et éliminés, les gros arbres qui ont envahi la plate-forme vont devoir être traités avec prudence, tant leur abattage peut provoquer de dégâts.

motte-Epineuil-ensemble

 

Une question, à laquelle je suis bien incapable de répondre, se pose et j’aimerais bien avoir l’avis des lecteurs pour produire un avis pertinent. Il existe sur la plate-forme de la motte d’Epineuil un affreux petit cabanon en briques couvert de tuiles mécaniques, verrue qu’un premier réflexe condamnerait à une élimination sans appel. Pour l’instant, la végétation le dissimule à la vue des visiteurs mais tôt ou tard sa silhouette va être révélée. La question ne se poserait pas s’il s’agissait d’un abri de jardin ou d’un rendez-vous de chasse; or, dans le cas présent, la bicoque a une histoire. Sa construction date de 1939 ou 1940 et avait été ordonnée à l’initiative de la Défense passive. Des habitants  de la commune venaient y assurer une sentinelle régulière pour veiller, selon certains récits, à la sécurité des usines de Montluçon et lancer l’alerte en cas de raid aérien. Montluçon a bien été bombardé, mais par les Alliés, la guerre est finie et la masure est toujours là. Qu’en faire? La raser, au risque de faire disparaître un vestige qui intéresse l’Histoire du XXe siècle? La démonter et la reconstruire à coté? Cela n’aurait plus aucun sens. La conserver? Sur une des plus belles mottes castrales du Berry, l’effet visuel va être désastreux. La restaurer et y installer un petit espace d’information pour les futurs visiteurs? Cela donnerait une raison de la garder en état.
La question se pose à Epineuil. Je me pose aussi la question. Vos avis et remarques en la matière seront les bienvenus.

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Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine militaire
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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 09:43

St-Aubin2

 

J’ai choisi de conclure mes publications de l’année 2010 par l’approche d’un élément de notre patrimoine régional parmi les plus méconnus: la dalle funéraire du chevalier Guillon de Gizay, mort en 1333, exposée dans l’église paroissiale du village de Saint-Aubin, entre Chezal-Benoît et Issoudun.
La dalle, présentée verticalement mesure 2,5 m de hauteur pour une largeur de 1,3 m. Épaisse de 20 cm, elle est taillée dans un calcaire fin. Trouvée près des vestiges de l’ancienne maison-forte de Gizay, sur la commune de Saint-Aubin, elle est dans un état de conservation tout à fait remarquable. Les traits sont gravés en creux sur une profondeur régulière de quelques millimètres. La légende est en Français et débute par la formule habituelle “ Cy gist feu Guilones de Gizes chevalier”.
La représentation du défunt est en tous points remarquable. L’homme est en armure, couverte d’un manteau où sont figurées ses armoiries, que l’on retrouve sur son bouclier. Mains jointes en position de prière, ses pieds reposent sur un chien, rappel de l’Ordre chevaleresque auquel il appartient. La gravure fourmille de détails instructifs sur l’équipement dans lequel sa dépouille fut sans doute exposée avant son inhumation. On remarque entre autre l’articulation de ses gantelets, la forme du pommeau de son épée ou encore ses éperons en pointe.

St-Aubin-details

 

Cette plate-tombe doit être comparée à celle, contemporaine, de l’église de Venesmes, dans le Cher, qui sort vraisemblablement du même atelier.

 

La plate-tombe chevaleresque de l’église de Venesmes (Cher)

L’armement d’un chevalier berrichon (début XIVe siècle)

 

Identité des formes des encensoirs et des anges de chaque coté de la tête, identité du nœud de ceinture, jusqu’aux chiens qui sont identiques. Le lapicide avait un style qui se retrouve sur les deux dalles, mais l’originalité des deux monuments funéraires est affirmée par la différence des visages, des vêtements, des épées et même des éperons -ceux de Venesmes portent une molette étoilée. Les deux commandes étaient donc bien personnalisées selon les vœux des seigneurs et sont à priori fidèles à leur image.

 

St-Aubin-chien

La dalle funéraire du chevalier de Gizay n’est pas en accès libre mais n’est pas non plus cachée aux yeux des amateurs d’art médiéval par la mauvaise volonté ou la négligence de la municipalité ou du cercle paroissial local. J’ai, pour l’approcher, adressé une demande à la mairie de Saint-Aubin, qui m’a très gentiment facilité l’ouverture de l’église, et je tiens à remercier publiquement le maire du village et la secrétaire de mairie pour leur accueil.
Je conseillerai simplement aux visiteurs éventuels d’attendre les beaux jours pour prévoir une visite de la pierre tombale de Saint-Aubin. La faible profondeur de la gravure rend la photographie délicate et une bonne luminosité extérieure ne peut que favoriser la découverte du monument.

 

St-Aubin1

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Published by Olivier Trotignon - dans art funéraire
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