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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 09:40

crucifixion-grès

 

Participant à titre bénévole à une grande opération de récolement des collections du musée Saint-Vic de Saint-Amand-Montrond, dans le Cher, j’ai eu en mains ce petit objet d’aspect ordinaire dormant depuis des années dans une vitrine au milieu de pièces beaucoup plus spectaculaires. N’ayant pas été inventorié au moment de son entrée dans les collections, nous ignorons les circonstances de sa découverte, la seule indication portée sur son revers précisant “Saint-Amand”.
Il s’agit d’une scène de crucifixion délicatement gravée sur une petite dalette de grès fin, une roche comme celle qui sert à produire des pierres à aiguiser et qu’on ne trouve pas dans cette partie du Berry, d’environ 5 cm de haut sur 4 de large. Le style peut évoquer la fin du Moyen-âge ou le début de la Renaissance. On apprécie la finesse des détails qui se mesurent en millimètres et qui permettent de reconnaître le phylactère au dessus de la croix et la lune et le soleil de chaque coté de celle ci.
On remarque que les angles de la plaquette ont été abîmés, comme ci quelqu’un l’avait forcée pour l’extraire d’un sertissage initial.
J’ai choisi de présenter cet objet autant pour vous faire apprécier la qualité de sa réalisation que pour vous demander votre aide pour tenter d’identifier sa fonction. Ce motif semble avoir été fixé par inclusion ou par sertissage dans un objet religieux ou liturgique, tabernacle, reliquaire, croix de procession ou autre. Si l’une ou l’un s’entre vous ait déjà remarqué ailleurs un médaillon comparable ou identique, ou ait connaissance d’une bibliographie dédiée à ce type d’objet, cela nous permettrait de redonner une identité à une pièce archéologique qui perd beaucoup de son intérêt à cause de l’incertitude de ses origines.

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Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine religieux
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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 09:05

Varennes-1

 

Il m’est difficile d’évoquer le passé de l’abbaye Notre-Dame de Varennes, n’ayant jamais eu lors de mes recherches la chance de pouvoir travailler sur le contenu de son chartrier, mais je tiens tout de même à évoquer ici ce très intéressant ensemble monumental.
Moins connue que les grandes fondations de moines blancs de la moitié nord de la région, l’abbaye de Varennes compte parmi la quinzaine de monastères cisterciens établis dans l’ancien diocèse de Bourges. Aujourd’hui sise sur la  commune de Fougerolles, non loin de Neuvy-Saint-Sépulchre, elle occupe un site dont les caractéristiques sont identiques au modèle recherché par les Cisterciens -éloignement par rapport aux routes principales et aux centres paroissiaux, situation en fond de vallon, près d’un cours d’eau- mais c’est bien la réforme d’une communauté bénédictine antérieure qui lui a fait rejoindre l’Ordre de Cîteaux au milieu du XIIe siècle.
Comme beaucoup de sites comparables, Varennes a été abandonnée aux activités agricoles après le départ de ses derniers moines et a subi des dommages architecturaux heureusement limités. Elle se présente aujourd’hui sous les traits d’une abbatiale de petites dimensions proche de l’ancien bâtiment des convers. Un logis d’abbé complète la perspective sur le monastère.
Varennes, en cours de restauration, peut être visitée lors des journées du Patrimoine. La partie accessible toute l’année à partir de la route de Neuvy-La Châtre permet de se faire une bonne idée de l’agencement des structures de l’ancienne abbaye.

 

Varennes2

 

 

 


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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 10:07

Meillers-âne

 

Non loin de  Bourbon-l’Archambaud et de Souvigny peut être observé un intéressant duo d’animaux musiciens, sculptés sur un chapiteau de colonne à l’entrée de l’église de Meillers, dans le département de l’Allier.
La scène compte en tout trois acteurs. De gauche à droite, un lion, joueur de viole; au centre, et le mieux exposé aux regards, un âne harpiste; à droite, dans le dos de l’âne, un homme, qui paraît poser une main sur l’animal, ou le tenir à la longe.
L’âne est reconnaissable à ses oreilles allongées. Le lion est une sorte d’hybride entre un chat sauvage -sa queue est hérissée- et un félin dont la face tendue émerge de l’amas de la crinière (mais qui avait déjà vu un lion au XIIe siècle à Meillers?). Les pattes des animaux sont exagérément tendues, celles du lion pour tenir l’archet et appuyer sur les cordes de l’instrument, celles de l’âne pour pincer les cordes à gauche, et tenir un pot, ou un tonnelet à musique, à droite. Comme partout dans la région, où la harpe n’était pas l’instrument majoritaire, si tant est qu’elle ait circulé, c’est une rote que tient l’équidé.

 

Meillers-lion

 

Ces figurations ne sont pas inhabituelles, même si le lion à la viole est plus rare que son compagnon. Des représentations d’ânes musiciens sont signalées depuis l’Antiquité - on en voit un d’origine égyptienne dans une des vitrines du musée du Louvre. L’époque romane a fréquemment exploité ce thème, qui se perpétue jusque dans la faïencerie marseillaise au XVIIIe siècle. Tout l’intérêt du chapiteau de Meillers est de donner une place exceptionnelle aux deux animaux dans l’ornementation de la façade de l’église, chaque figuration mesurant plusieurs dizaines de centimètres de haut.
Sachant que cette œuvre est célèbre dans les milieux de la musique ancienne, très documentés sur la question, à qui cet article n’apprendra pas grand chose, je recommande à tous les amateurs d’Art roman qui s’intéresseraient à ce thème de visiter l’église de Bourbon-l’Archambaud et son non moins célèbre chapiteau des musiciens, qui a fait l’objet d’un billet plus ancien sur ce blog, afin de comparer les formes des instruments. Viole et rote y sont également représentées.
Pour l’anecdote, ma première photographie de l’âne musicien, prise il y a presque 30 ans, a été publiée dans l’ouvrage “Anthologie de la harpe - la harpe des Celtes” (éditions de la Tannerie), auquel ont contribué des musiciens illustres comme Alan Stivell et Myrdhin. Un bien beau destin pour ce petit animal bourbonnais!

 

Meillers3

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 09:43

Les deux derniers siècles n’ont pas été tendres avec les bâtiments médiévaux. Laissés à l’abandon, pillés comme carrières de pierre, abattus avec des engins à chenilles, certains ont complètement disparu du paysage, ou ne se présentent plus que comme des amas de ruines informes dans lesquelles seul l’œil du spécialiste parvient à distinguer les plans d’origine.
Voici trois monuments qui ont longtemps appartenu au patrimoine du Berry du Sud jusqu’à leur ruine, saisis par la palette d’artistes locaux qui ont su transmettre par leur peinture des détails irremplaçables, ou juste projeter sur l’ombre de leur souvenir leur sensibilité de peintres.

 

gravure-Montrond

 

Le premier tableau appartient aux collections publiques de la ville de Saint-Amand-Montrond, et est exposé au musée municipal. Très intéressante représentation romantique du château de Montrond, cette toile concerne une partie la face sud de l’ancienne forteresse, élevée au début du XIIIe siècle, transformée en château d’agrément conservant sa fonction militaire au XVe, ruiné lors de la Fronde au XVIIe et abattu avant l’arrivée de la photographie. La peinture donne des renseignements sur les séquences de l’abandon de la bâtisse, dont les toitures semblent avoir été démontées sur les parties d’habitation. Le grand donjon datant de la fondation de l’édifice est complètement éventré, laissant voir au moins deux anciens étages au dessus du rez-de-chaussée. Trois tours sont également découvertes dont celle de l’Horloge -la seule qui garde aujourd’hui un peu d’élévation- aussi abîmée que le donjon voisin et celle accolée à la chapelle, dont le tronc est déjà diminué. Les ouvertures éclairant le corps principal de logis sont cohérentes avec l’es informations dont on dispose sur les rénovations de la fin de la période médiévale. Le plus curieux de ce paysage monumental est le bon état de conservation de la chapelle castrale, aujourd’hui totalement rasée, qui avait conservé sa toiture de tuiles et son clocheton d’ardoises au moment où le peintre a posé son chevalet. Les grandes fenêtres en ogives accusent un style gothique conforme avec la période de construction de la forteresse primitive.

 

gravure-Vernet1

 

Le deuxième tableau provient lui aussi du musée Saint-Vic de Saint-Amand et, tout en étant lui même très intéressant, n’apprend pas grand-chose de plus que les photographies prises du petit château du Vernet, en grande partie intact pendant la Première Guerre Mondiale et démonté depuis pour satisfaire un commanditaire américain. L’enquête, menée par le journaliste Philippe Cros, n’a pas permis d’identifier les étapes suivies par les matériaux récupérés sur le site.

 

gravure-Vernet

Peinture sur carton par Faustin Blanc

 

Le troisième tableau est une autre vue, bien moins précise, de la façade du château du Vernet. Appartenant à un collectionneur qui a tenu à rester anonyme, il a été présenté au cours de l’été 2011 dans une exposition d’objets rares et insolites au musée de Saint-Amand. Si le propriétaire de cette toile venait à prendre ombrage de la présence de  cette photographie sur ce blog, qu’il soit sûr que je la ferai disparaître sans discuter.

 

gravure-Souage

photographie D. Melchers

 

Une dernière vue, enfin, d’un monument mineur dont la destruction récente a attristé bien des amateurs d’art médiéval. La petite chapelle du prieuré bénédictin de Souage, a connu, faute d’entretien, une lente dégradation qui s’est conclue par un nivellement de ses murs décidé par ses propriétaires. Le site a été pillé, un flou bien peu artistique entoure la récupération de certains éléments d’architecture. La peinture, de l’artiste Heidi Hann, donne une vision objective de l’état du sanctuaire dans les dernières années ayant précédé sa démolition. La photographie de ce tableau m’a été fournie par m. D. Melchers, lecteur de ce blog, que je tiens à remercier pour sa contribution.
Ces quelques portraits de bâtiments disparus laissent imaginer que bien d’autres toiles et gravures, propriété de particuliers, pourraient se révéler utiles à la connaissance du passé monumental de la région. N’hésitez pas à me contacter pour me transmettre des données relatives à ces œuvres, si vous en connaissez.

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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 09:39

crypte-enfer1

 

Il est difficile, lorsqu’on visite la cathédrale de Bourges, d’imaginer son volume intérieur séparé en deux espaces, la nef et le chœur, par un haut mur de pierre ornementé de sculptures polychromes. C’est pourtant ainsi que les Berruyers et fidèles de passage ont vu pendant plusieurs siècles l’intérieur de cet édifice occupé par un jubé de grandes dimensions (18m de largeur sur presque 7m de hauteur, d’après les spécialistes de la question. Victime de dégradations à l’époque des Guerre de religion, cette construction est définitivement supprimée peu avant la Révolution, ses éléments sculpturaux dispersés ou enfouis.

 

crypte-enfer2

 

Les amateurs d’Art sacré qui décident d’entreprendre une visite complète de la cathédrale peuvent avoir accès -libre pour les Journées du patrimoine et guidé le reste du temps- au niveau inférieur du sanctuaire, dit crypte de la cathédrale, dans lequel sont conservés, entre autres, quelques très beaux éléments de l’ancien jubé. J’ai choisi de m’arrêter sur un tout particulièrement bien traité par les artistes médiévaux, le chaudron infernal.
Bien qu’incomplète, cette scène d’une densité étouffante représente des âmes tourmentées par des diables dans un grand chaudron chauffé par un feu entretenu par des soufflets. Parmi les damnés, un évêque est reconnaissable à sa mitre. Non loin de là, une gueule zoomorphe elle aussi incandescente avale les silhouettes des pêcheurs, selon la même inspiration qui a animé à l’ époque les tailleurs de pierre de la collégiale de Levroux, dans l’Indre.

 

crypte-enfer3

 

Certains parlent de la valeur pédagogique de ces scènes que les fidèles pouvaient contempler durant les offices dans la pénombre de la cathédrale. On imagine sans peine que ces images devaient être des auxiliaires précieuses à qui cherchait à rendre perceptibles par le plus grand nombre des concepts moraux selon la sensibilité du temps.

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2 octobre 2011 7 02 /10 /octobre /2011 10:38

Vernais-prieuré

 

Très mal référencée -au grand désespoir des bénévoles qui s’occupent de sa sauvegarde - par le programme officiel des Journées du Patrimoine 2011, la chapelle romane du village de Vernais, dans la région de Charenton-du-Cher, mérite une attention toute particulière.
Située dans un cadre préservé sans affreuse construction normalisée pour miter la perspective sur l’ensemble villageois qu’elle occupe, cette petite église datée du XIIe siècle présente des particularités assez exceptionnelles.
Le visiteur se trouve face à une des prieurales les mieux conservées de la région. Si les prieurés étaient légion dans les campagnes -on en comptait presque un par village- beaucoup ont été complètement effacés du paysage monumental médiéval. Quoique incomplet, celui de Vernais a eu la chance de conserver en bon état plus de la moitié orientale de son ancien espace cultuel. Le calcaire, légèrement ocre, qui a été utilisé pour sa construction, provient des mêmes carrières qui ont été exploitées pour la construction de la celle grandmontaine de Fontguedon et du prieuré de Drevant. Possession de l’abbaye bénédictine Notre-Dame de Charenton, ce monastère témoigne de l’importance des domaines que le moniales possédaient dans cette partie du Boischaut depuis au moins 1147, date du plus ancien acte concernant Vernais conservé par les Archives départementales du Cher.

 

Vernais-fresques

 

L’autre particularité de ce monument est l’existence d’un ensemble de fresques assez surprenant, dont la pièce majeure est un couronnement de la Vierge occupant le plafond de l’abside. Un calendrier, dont l’exécution rappelle celui de Paulnay, dans l’Indre, est encore partiellement visible. Toutes ces peintures sont datées du XIIIe siècle.
Je partage la frustration des membres du groupe qui travaille à la conservation du prieuré, car il est évident que Vernais ne se montre pas sous son meilleur jour. Les peintures murales sont soit envahies de moisissures, soit dissimulées sous un badigeon de chaux. Le calendrier, dont on ne distingue bien que deux mois, pourrait bien être complet sous son enduit. Des réaménagements post-révolutionnaires qui défigurent l’extérieur ne demandent qu’à être réduits pour restaurer l’intégrité de la perspective.
Même si je suis parfaitement conscient que la majeure partie de mes billets sur ce blog n’a qu’une valeur incantatoire, il me semble qu’il n’y aurait rien d’absurde à engager un peu d’argent public, faute de mécène, pour la mise en valeur d’un monument qui s’inscrit à part entière dans un riche patrimoine roman apprécié des visiteurs.

 

Vernais-porte

 

Les habitants de Vernais parlent eux-mêmes de leur patrimoine à l’adresse suivante:


http://vernais.free.fr/

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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 14:52

Ainay-st-Roch

 

Invité par la municipalité d’Ainay-le-Château, dans l’Allier, j’aurai le plaisir d’animer une conférence sur un thème inédit:

 

Les premiers Bourbons et les origines d’Ainay-le-Château. Xe-XIIIe siècles

samedi  22 octobre 2011 dans la tranche horaire 17/19 heures.

 

Cette cité au riche patrimoine médiéval est très mal servie par une documentation squelettique, qui plonge ses origines dans une opacité que nous allons essayer de dissiper par l’étude de la situation géopolitique et spirituelle de cette frontière nord de la grande seigneurie de Bourbon. Les seigneurs de Charenton seront aussi largement évoqués lors de cette animation
La mairie d’Ainay-le-Château met à notre disposition un local de caractère, la chapelle Saint-Roch, datée du XVIIe. L’acoustique y est âpre mais le cadre est si beau que les auditeurs sauront pardonner les imperfections sonores inévitables dans ce genre d’endroit.
Venant de Charenton, Sancoins ou Dun, la chapelle se trouve juste à l’entrée de la cité médiévale, sur la route de Braize. Venant de Cérilly ou de la forêt de Tronçais, il faut traverser Ainay en direction de Saint-Amand. L’accès est compliqué pour les personnes à mobilité réduite, et cette bâtisse à vocation religieuse n’est pas pourvue de sanitaires. Le parking est possible sur les bas-côtés mais il est recommandé de se garer sur la place au pied des remparts, une passerelle sur la Sologne permettant un accès presque direct à la chapelle.
Je profite de cette réclame pour remercier l’équipe municipale d’Ainay pour sa confiance, et plus particulièrement mme Nathalie Pasquier, en charge du service culturel.
L’accès à la conférence est, bien entendu, libre et gratuit.

 

affiche

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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 11:25

Baugy-1

 

Poursuivant ma visite des monuments funéraires médiévaux de la région, j’ai eu la chance de pouvoir accéder à l’intérieur de l’église de Baugy grâce aux bons soins de bénévoles locaux, et d’y être accueilli avec beaucoup de gentillesse par une dame à qui, si elle venait à parcourir cette page, j’adresse mes plus sincères remerciements.
L’église de Baugy abrite en effet trois dalles funéraires datées du XVe siècle primitivement scellées au ras du sol du sanctuaire et désormais dressées sur un des murs de la chapelle sud de l’édifice.

 

Baugy-4

 

Tracées dans un calcaire tendre et à faible profondeur, les gravures ont subi, avec le temps, des dommages irréparables. L’une des dalles est presque lisse, les deux autres conservant juste assez de relief pour qu’on puisse imaginer les tombes dans leur état primitif. Les épitaphes, sans doute produits par un autre artisan, sont beaucoup mieux conservés et restent pour partie bien lisibles. On note dans une partie des lettres la présence d’un mortier de couleur ocre destiné à rehausser le contraste avec la surface claire de la tombe.

 

Baugy-2

 

La plus expressive des dalles représente la silhouette d’une femme portant une grande coiffe, en attitude de prière. Sur la seconde, on se contentera d’observer, comme souvent à partir de la fin du Moyen-âge, les seules armoiries du défunt.
Les plates-tombes de Baugy ne peuvent rivaliser avec la qualité des monuments préservés dans plusieurs chapelles de la région -on pense à Venesmes ou Méry-es-Bois, entre autres, mais la rareté générale de cet art funéraire commandé par une petite féodalité rurale leur confère un intérêt évident.

 

Baugy3

 

Leur caractère peu spectaculaire les réserve plus à un public de spécialistes qu’aux amateurs d’art médiéval. Toutefois, l’intérieur de l’église de Baugy conserve d’autres vestiges, dont  certains Renaissance, qui devraient intéresser ces derniers.

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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 08:13

Grand'Cour

 

J’ai, cette année, le grand plaisir de vous convier dans un lieu exceptionnel pour les Journées européennes du Patrimoine. M. Jean Pierre Berger, propriétaire du château de la Grand’Cour, près de Mornay-Berry, dans le nord-est du Cher, nous fait l’honneur de nous accueillir dans sa splendide forteresse médiévale pour une conférence dédiée aux berrichons du Moyen-âge et du voyage que j’animerai samedi 17 septembre, de 19h à 20h30.
Pèlerinages, croisades, guerres, commerce, santé, affaires religieuses...une foule d’ événements ont mis sur les routes nos prédécesseurs, et je vous propose de venir étudier les cas les plus significatifs pour l’histoire régionale.
M. Berger met à notre disposition un local au sein même de l’enceinte fortifiée de la Grand’Cour, ce qui nous garantit un exposé au sec et, peut-être, au frais. Ce local sera équipé pour l’occasion par la municipalité de Mornay-Berry, que je remercie pour cette aide. Le concours indispensable du Pays Val d’Aubois a permis la concrétisation de ce projet et je tiens à féliciter tout particulièrement Aline Perdereau, animatrice de l’architecture et du patrimoine, pour la préparation minutieuse de cette intervention.
Un rappel de quelques détails pratiques: le château de la Grand’Cour se situe à la sortie du village de Mornay-Berry, au nord de Nérondes (suivre le fléchage permanent). Un parking visiteurs est à disposition du public, mais il est conseillé de venir un peu à l’avance pour être sûr de trouver de la place. La forteresse, en chantier, n’est pas équipée en sanitaires et, sans être inaccessible pour les visiteurs à mobilité réduite, ne dispose pas d’aménagements dédiés. L’horaire, certes un peu tardif, a été voulu pour permettre aux visiteurs de découvrir les autres sites ouverts sans couper leur après-midi. La conférence est en accès libre, aucune connaissance spécifique en histoire médiévale n’est nécessaire pour suivre l’exposé.
Pour découvrir le lieu qui nous accueille:


 la Grand'Cour

Enfin, ceux d’entre vous qui s’intéressent au patrimoine vivant noteront que le lendemain 18 septembre, sur France 3, vers 13h, l’émission 30 Millions d’amis présente un reportage sur mon activité d’éleveur d’ânes Grand Noir du Berry. Le site du pont-canal de la Tranchasse, sur le Cher, devrait y apparaître en bonne place.

Au plaisir de vous rencontrer ou de vous retrouver!

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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 09:22

 

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L'œuvre de l'ancien évêque de Tours Grégoire, mort en 594 est d'une richesse irremplaçable. Outre des récits fondateurs de l'Histoire de France, comme ceux du baptême de Clovis ou du vase de Soissons, son Histoire des Francs abonde en petites anecdotes édifiantes qui rendent le travail du prélat tourangeau passionnant à feuilleter, même pour les novices en sciences humaines. Nous y relevons quelques mentions d'événements intéressant le Berry à l'époque mérovingienne, dont celle de phénomènes astronomiques et sanitaires très instructifs sur la mentalité de ces temps "barbares".
Dans son livre IV-XXXI, l'historien des Gaules relève que vers 570 se seraient produits des faits de nature apocalyptique, même si l'auteur ne les présente pas ainsi de manière explicite. L'ignorance presque totale des sciences naturelles, l'influence encore très marquée de la culture antique très attentive aux signes divins adressés aux hommes, la certitude de l'irruption tôt ou tard de l'Apocalypse conduisaient les anciens à associer des événements sans aucun rapport objectif commun et d'y voir des avertissements, toujours embarrassants à interpréter, du mécontentement de Dieu à leur égard.
Ainsi Grégoire de Tours combine dans un même chapitre trois manifestations exceptionnelles, une comète, une épidémie, et une probable éclipse de soleil ayant marqué le quotidien des habitants des régions centrales de la Gaule, Bourgogne, Auvergne et Berry.
La description de la comète est édifiante: une étoile qui a un rayon lumineux semblable à une épée, apparut une année entière au dessus de ces régions. Ces corps célestes posent un vrai problème aux historiens de l'astronomie, surtout si on ne peut croiser les sources, car les comètes sont, à de rares exceptions observables à l'œil nu, imprévisibles, et leur intensité diminue à chacun de leur passage près du soleil. Les paysans mérovingiens peuvent parfaitement avoir observé dans le ciel nocturne -peut-être même diurne- un astre vagabond n'ayant frôlé la Terre qu'une seule fois dont aucun astronome ne calculera jamais la trajectoire.
Plus obscure est la description d'un autre météore, que Grégoire de Tours affirme s'être produit plusieurs fois: des grandes clartés, trois ou quatre, apparurent autour du soleil. Les paysans appelaient cela des soleils. Au contraire, en octobre, le soleil perdit de son éclat au point qu'il devint sombre et terne, pareil à un sac. Si certaines conditions météorologiques en haute atmosphère peuvent expliquer la diffraction de la lumière solaire au point que se produise, pour les observateurs au sol, une sorte de mirage imprévisible, les astronomes savent parfaitement calculer les anciens (et futurs, d'ailleurs) alignements du Soleil, de la Lune et de la Terre pour dater d'anciennes éclipses et il est assez intéressant de noter que les services de la Nasa en signalent une, annulaire, le 1er septembre 536, dont l'ombre a traversé les régions citées par le chroniqueur. Les 35 années qui séparent l'éclipse réelle de la date annoncée par Grégoire ne sont pas une entrave. L'évêque a rassemblé des événements parfois distincts afin de donner plus de sens à son récit et n'a pas la prétention de l'exactitude. Il évoque même des embrasements d'étoiles -sans doute des étoiles filantes d'une brillance extraordinaire.
L'évêque n'exprime aucune relation directe de cause à effet entre ce que voient les hommes et le mal qui ne tarde pas à les affliger, car c'est inutile. Nul ignore en ces temps que la traîne d'une comète sème la mort sur la Terre et suffit à expliquer le déclenchement de grandes épidémies, et c'est pourquoi les deux thèmes se rejoignent dans une même séquence de la chronique tourangelle.
Grégoire n'est pas médecin, aussi décrit-il les symptômes du fléau en s'aidant de comparaisons. Le mal tue en deux ou trois jours, les malades sont saisis de délire et apparaissent, à l'aine ou à l'aisselle, des blessures telles des morsures de serpent. La mortalité qui oblige à creuser des fosses communes tant les corps des victimes ne peuvent être inhumés par des moyens classiques - sarcophages et cercueils, qui viennent à manquer - rappelle, comme les marques sur le corps des victimes, la terrible Peste noire qui ravage l'Occident jusqu'au début du XVIIIe siècle.

 


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Dans l'objectif de partager avec le grand public une partie du contenu de mes recherches, je propose des animations autour du Moyen-âge et de l'Antiquité sous forme de conférences d'environ 1h30. Ces interventions s'adressent à des auditeurs curieux de l'histoire de leur région et sont accessibles sans formation universitaire ou savante préalable.
Fidèle aux principes de la laïcité, j'ai été accueilli par des associations, comités des fêtes et d'entreprise, mairies, pour des conférences publiques ou privées sur des sujets tels que:
- médecine, saints guérisseurs et miracles au Moyen-âge,
- l'Ordre cistercien en Berry;
- les ordres religieux en Berry au M.A.;
- la femme en Berry au M.A.;
- politique et féodalité en Berry;
- le fait religieux en Berry de la conquête romaine au paleo-christianisme...
- maisons-closes et la prostitution en Berry avant 1946 (animation réservée à un public majeur).
Renseignements, conditions et tarifs sur demande à l'adresse:
Berrymedieval#yahoo.fr  (# = @  / pour éviter les spams)
Merci de diffuser cette information à vos contacts!

Histoire locale

Pour compléter votre information sur le petit patrimoine berrichon, je vous recommande "le livre de Meslon",  Blog dédié à un lieu-dit d'une richesse assez exceptionnelle. Toute la diversité d'un terroir presque anonyme.
A retrouver dans la rubrique "liens": archéologie et histoire d'un lieu-dit

L'âne du Berry


Présent sur le sol berrichon depuis un millénaire, l'âne méritait qu'un blog soit consacré à son histoire et à son élevage. Retrouvez le à l'adresse suivante:

Histoire et cartes postales anciennes

paysan-ruthène

 

Cartes postales, photos anciennes ou plus modernes pour illustrer l'Histoire des terroirs:

 

Cartes postales et Histoire

NON aux éoliennes géantes

Le rédacteur de ce blog s'oppose résolument aux projets d'implantation d'éoliennes industrielles dans le paysage berrichon.
Argumentaire à retrouver sur le lien suivant:
le livre de Meslon: non à l'éolien industriel 

contacts avec l'auteur


J'observe depuis quelques mois la fâcheuse tendance qu'ont certains visiteurs à me contacter directement pour me poser des questions très précises, et à disparaître ensuite sans même un mot de remerciement. Désormais, ces demandes ne recevront plus de réponse privée. Ce blog est conçu pour apporter à un maximum de public des informations sur le Berry aux temps médiévaux. je prierai donc les personnes souhaitant disposer de renseignements sur le patrimoine ou l'histoire régionale à passer par la rubrique "commentaires" accessible au bas de chaque article, afin que tous puissent profiter des questions et des réponses.
Les demandes de renseignements sur mes activités annexes (conférences, contacts avec la presse, vente d'ânes Grand Noir du Berry...) seront donc les seules auxquelles je répondrai en privé.
Je profite de cette correction pour signaler qu'à l'exception des reproductions d'anciennes cartes postales, tombées dans le domaine public ou de quelques logos empruntés pour remercier certains médias de leur intérêt pour mes recherches, toutes les photos illustrant pages et articles ont été prises et retravaillées par mes soins et que tout emprunt pour illustrer un site ou un blog devra être au préalable justifié par une demande écrite.