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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 08:34

vernet-manoir

 

Les habitués de ce blog et plus particulièrement les lecteurs du sud du département du Cher se souviennent peut-être de cette enquête, menée en collaboration avec le journaliste Philippe Cros, du Berry républicain, sur le destin du manoir du Vernet, à Saint-Amand-Montrond (Cher).

Cette demeure seigneuriale de petite dimension avait été remarquée en 1917 par un soldat américain en garnison à Saint-Amand. Le même, suppose t-on, en avait fait l'acquisition avec le projet de déposer ses plus beaux éléments et de les faire livrer aux USA. Le château a bien été démonté en 1919. Nous perdons sa trace ensuite. Tous les contacts pris en Amérique par Philippe et moi-même se sont révélés infructueux: aucun indice sérieux n'incite à penser que les pierres saint-amandoises ont bien été chargées à Saint-Nazaire comme la rumeur le prétendait.

J'ai décidé de relancer l'enquête pour le compte du trimestriel Berry magazine. L'hypothèse d'une vente élément par élément des belles pierres du Vernet pour la restauration de bâtisses victimes des bombardements de la Grande guerre n'est pas à écarter. Les cheminées, encadrements de portes et fenêtres et escaliers sont peut-être toujours quelque part en France, anonymes dans une propriété de caractére, et il existe une faible chance de les retrouver.

Je me permets de m'adresser à vous pour vous demander si vous disposeriez de photographies personnelles montrant le démontage du manoir et éventuellement des détails des pierres sculptées, et si vous accepteriez de m'en communiquer une copie pour illustrer le papier qui est prévu pour l'été?

Il existe une dossier très intéressant sur la base Mérimée du ministère de la Culture, mais les clichés ne sont pas libres de droit. Des photographies sur le mode de démontage pourrait permettre d'identifier les parties qui ont été soustraites de celles qui ont finies misérablement dans les remblais ou des réemplois occasionnels à Saint-Amand.

Une petite information pour finir: j'ai découvert dans la salle de sport ouverte dans l'ancienne grange du château une maçonnerie intérieure qui semble bien être la base d'une des tourelles d'angle de l'ancienne enceinte protégeant la cour intérieure du Vernet. Il s'agirait du vestige le plus ancien qui reste de ce petit ensemble défensif médiéval.

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Published by Olivier Trotignon - dans histoire locale
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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 09:40

Lanterne-Ciron-1

 

L’occasion s’est présentée, il y a quelques jours, de m’arrêter photographier la belle lanterne des morts du village de Ciron, entre Le Blanc et Argenton-sur-Creuse, dans l’Indre. Fréquentes sans être abondantes en Poitou et Limousin, ces constructions se comptent sur les doigts de la main en Berry, ce qui souligne l’intérêt du monument de Ciron.

 

Lanterne-Ciron-2

 

Cette lanterne, d’une réalisation soignée, est conforme aux modèles du temps: la colonne est cylindrique et ajourée de plusieurs ouvertures surmontées par un toit en ogive. Près de son ouverture a été aménagée une tablette dont la destination primitive reste soumise à diverses interprétations. La lanterne a perdu sa suspension intérieure comme on peut en voir dans certains cas.

 

Lanterne-Ciron-3

 

Vraisemblablement, si la lanterne des morts de Ciron se dresse encore aujourd’hui à son emplacement primitif, l’ensemble a été réaménagé. Juchée à une hauteur très inhabituelle, la colonne a très probablement été déposée et remontée sur un socle de neuf marches qui ne portent pas les traces d’usure habituelles sur les édifices médiévaux. Les socles des lanternes de Cellefrouin et de Ligné, les plus hautes que j’ai vues dans les Charentes, ne comptent que six marches de moindre hauteur. Les photographies prises à l’intérieur de la lanterne montrent que les pierres n’ont pas été rejointoyées. C’est peut-être à l’occasion d’un démontage et d’une réfection de l’édifice que le crochet de suspension du luminaire a été perdu.

 

Lanterne-Ciron-4

 

J’ai l’intention, dans les mois et années à venir, de poursuivre mes visites là où le hasard des routes me conduira, et de ramener des témoignages photographiques de ces curieux dispositifs funèbres. Si le sujet vous intéresse, vous pouvez aussi, dans le menu “pages” à droite de ce billet, découvrir quelques lanternes des morts que j’ai visité ces dernières années. Je complète cette page de nouvelles observations de temps en temps.

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Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine religieux
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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 10:13

Hérisson

 

Cet épisode de l’histoire régionale n’est connu que par une très brève mention au bas d’une charte (n°108) recopiée dans le cartulaire de l’abbaye Saint-Sulpice de Bourges. L’acte est daté du mois où Raoul prit le castrum d’Hérisson. Si l’année n’est pas explicitement précisée, plusieurs indices temporels permettent de situer l’événement au milieu du XIe siècle.
Aucune difficulté pour identifier le Raoul cité dans le texte: contrairement à une idée reçue, largement propagée par la littérature et certains historiens peu regardants sur les anachronismes, plus on est élevé dans la hiérarchie féodale plus le nom est bref. Pour les contemporains, le nom de Raoul, sans mention de surnomination toponymique, ne peut désigner qu’un seul seigneur, Raoul, seigneur de Déols. Dans ce Berry féodal dont une grande partie de l’histoire nous échappe, la prise du château d’Hérisson dut avoir un retentissement considérable. Tout un pan de l’organisation géopolitique régionale venait d’être bousculé.
Voyons le contexte. Dans cet immense Berry du Sud, qui couvre un territoire s’étendant du Poitou à la Bourgogne et l’Auvergne, deux seigneuries principales construisent petit à petit leur espace politique. A l’ouest, les Déols, qui s’étendent lentement vers l’est et la vallée du Cher, et à l’est Bourbon, fixé sur un périmètre massif délimité par des accidents du relief ou des massifs forestiers. La frontière occidentale de cette ancienne seigneurie est matérialisée dans le paysage par une vaste barre rocheuse qui surplombe la rive droite du Cher sur plusieurs dizaines de kilomètres, percée par endroits par des vallées étroites qui sont les seuls axes de circulation pratiques entre la vallée du Cher et le cœur du domaine bourbonnais. Une de ces entrées, la vallée de l’Aumance, est verrouillée par une forteresse, Hérisson, tenue par un viguier de Bourbon, ce qui présente l’avantage de ne pas confier la place à un vassal, toujours susceptible de félonie.
C’est cette place forte qui tombe aux mains des berrichons pour quelques jours, mois ou années. Vers 1070, un nouveau viguier est en place, preuve que Bourbon est rentré en possession de son bien par rachat, négociation ou reconquête.
Cet épisode est difficile à analyser. Hérisson a t-il été pris par le seigneur de Châteauroux suite à un plan de conquête planifié, ou suite à un coup de main surprise à l’issue d’une chevauchée dans ces immenses landes peu peuplées qui occupaient le paysage en ce début d’ère féodale?
Du castrum primitif d’Hérisson il ne reste aucun vestige, la fortification de terre et de bois ayant été remplacée aux siècles suivants par une belle forteresse dont les ruines donnent à cette partie de la vallée un charme irrésistible. Un bel endroit à découvrir autant pour la densité de son passé que pour l’esthétique générale du lieu.

 


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Published by Olivier Trotignon - dans politique-société civile
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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 09:35

Cluis-poterne

 

Vieille, très vieille forteresse que celle de Cluis, dans le sud de l’Indre. je ne dispose pas de toute la documentation nécessaire pour en parler de manière plus approfondie, mais un acte des alentours de l’an 1000 témoigne de la participation du seigneur du château de Cluis au siège de Saint-Benoît-du-Sault, lors d’une de ces multiples petites guerres privées qui émaillent le premier âge féodal. Seigneur et château, dans ces temps éloignés, sont des indices de l’importance politique et militaire de la place, alors simplement concrétisée dans le paysage par une grosse motte castrale portant une tour de bois, plus tard remplacée par un donjon circulaire dont les ruines dominent encore la place.

 

Cluis-motte-et-donjon

 

Jusqu’au XIIIe siècle, période à laquelle je cesse mes recherches, les seigneurs de Cluis ont été présents à de nombreuses occasions à des événements importants ayant marqué l’histoire du diocèse: fondation de Neuvy-Saint-Sépulchre, dotation des abbayes de Noirlac, Aubepierre, du prieuré d’Orsan plus quelques actes de violence à l’encontre des monastères régionaux, comme bien d’autres féodaux.
Il demeure de cet ensemble fortifié des ruines impressionnantes, dont celles d’une forte poterne. Entourant une vaste place d’arme gardant la trace de la carrière qui a fourni une partie des pierres de construction, une longue enceinte garnie de tours vient buter sur le donjon. On peut y observer les restes de la chapelle castrale dans les murs et d’un logis seigneurial édifié, d’après la forme des encadrements de fenêtres, à la fin de la période médiévale.

 

Cluis,-cour-intérieure

 

Outre son intérêt historique et archéologique, le site de Cluis offre une ouverture pédagogique adaptée à la découverte du Moyen-âge pour des classes de primaire (avec un bon encadrement, l’endroit pouvant être dangereux pour des gosses turbulents). L’an dernier, lors de mon passage sur place, des travaux de consolidation des murs étaient en cours, avec un soucis réel de pratiquer des restaurations qui ne jurent pas avec les anciennes maçonneries, détail appréciable et apprécié.

 

 

The fortress of Cluis

Die Festung von Cluis

forteresse de Cluis

la fortezza di cluis

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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 08:49

monstre-Charente

 

Ça commence à devenir une habitude: la municipalité de Saint-Amand-Montrond a encore tiré un trait rouge sur une de mes activités. Comme je l’avais annoncé ici il y a un mois, et de vive voix à plusieurs personnes intéressées par le sujet, mon projet de conférence “Dieux et religions antiques en Boischaut” pour la nuit européenne des musées a été rejeté, sans explication, par le service culturel de la mairie. Cette délicate attention s’ajoute à plusieurs autres: organisation d’une “conférence” sur une personnalité locale à la même heure et à quelques dizaines de mètres du petit théâtre où j’étais venu, pour les Journées du Patrimoine 2010, soutenir un association culturelle locale, absence de représentant officiel de la municipalité lors de l’inauguration de la série de conférences “Une heure, une œuvre”, début 2011, censure de mes photographies illustrant le scandale des antennes de vidéo surveillance dans le bulletin municipal...
Je le sais, j’ai des défauts. Je ne porte pas de cravate, j’ai des mauvaises fréquentations (artistes, pacifistes, inspecteur Columb Boischaut...), je préfère le Rock à l’opérette, je ne suis membre d’aucune association ou obédience influente,  et, le pire de tout, je ne respecte qu’une seule hiérarchie, celle du ministère qui m’emploie.
Cette énième mésaventure ne m’inspire ni tristesse ni amusement, juste l’envie de relire Ubu roi, d’Alfred Jarry.
J’aurai bien, à l’avenir, le loisir de présenter cette conférence dans un cadre plus ouvert, ce ne sont pas les lieux pour travailler qui manquent dans la région.

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 09:29

Autry-Issarts-ensemble

 

C’est la petite notice rédigée en 1966 par André Guy, alors président des Amis de Montluçon et de la Fédération des sociétés savantes du centre de la France, dans le Dictionnaire des églises de France qui avait retenu mon attention. L’église bourbonnaise d’Autry-Issarts, dans les alentours de Souvigny, présente l’originalité de porter sur le tympan surmontant son entrée la signature de l’auteur de la belle scène qui l’orne. Une visite sur place a permis d’avoir une vision détaillée de l’ensemble.

 

Autry-Issarts-mandorle

 

Si la qualité de la réalisation ne doit pas surprendre dans une région économiquement et spirituellement très ouverte au XIIe siècle, on note tout de suite une autre originalité qui mérite à elle seule qu’on s’attarde devant ce monument. Au centre du tableau ayant naguère représenté un Christ en majesté soutenu par deux apôtres se trouve une mandorle de grès fin sur laquelle sont encore perceptibles des traces de polychromie presque entièrement délavées par les intempéries, preuve, semble t-il, mais les points de comparaison me manquent dans la région, que l’amande était à l’origine peinte, et non pas sculptée.

 

Autry-Issarts-ânes

 

A gauche de la mandorle sont sculptées trois têtes cornues, tandis qu’à droite des grandes oreilles sont esquissées et symbolisent l’âne de la Nativité, en compagnie du bœuf.
A droite à la base du tympan se trouve cette rare inscription: “NATALIS ME FE (cit)” (Noël m’a fait), qui rappelle, plus au nord, le GIRALDUS ME FECIT du portail de Saint-Ursin de Bourges. Un chapiteau, dans l’église poitevine de Chauvigny, porte une signature du même modèle, en latin.
Le point le plus étonnant de cette inscription est le nom de l’artiste, Noël, totalement inédit dans ma documentation rassemblée pour ma thèse, ce qui pourrait laisser penser que l’homme qui est venu tailler le grès bourbonnais n’était pas né dans la région.
A l’intérieur du sanctuaire, on notera l’existence de motifs abstraits tout à fait semblables à ce qu’on peut trouver dans la petite église de Pouzy-Mésangis, à laquelle j’avais consacré un billet il y a un ou deux ans.

 

Autry-Issarts-motif1

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Published by Olivier Trotignon - dans art roman
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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 10:25

Culan-par-Chastillon

 

Sans doute l’un des lieux les plus photographiés du sud de la région, la silhouette du château médiéval de Culan est malheureusement privée de sa pièce maîtresse, son donjon, détruit après les guerres de la Fronde dans la deuxième moitié du XVIIe siècle. Sous le pic des démolisseurs disparaissait un monument défensif qui manque aujourd’hui, avec plusieurs autres ayant subi le même sort, au patrimoine militaire berrichon.
Témoin de l’élévation dans la hiérarchie féodale de la famille de Culan, le château fut construit au XIIIe siècle sur l’emplacement d’une motte castrale antérieure élevée au XIe siècle, au moment où la famille de Déols installa un cadet de famille de ses vassaux de Lignières pour occuper la limite orientale de son territoire. Sans être d’une richesse exceptionnelle, les Culan trouvèrent néanmoins les ressources suffisantes pour élever une forteresse dotée d’un donjon, symbole du grade de seigneur obtenu par ces chevaliers quelques décennies auparavant.
Un captivant dessin de Claude Chastillon, qui a parcouru le Berry au temps du roi Henri IV, montre le château intact et permet, par comparaison avec les parties encore existantes, d’imaginer la grosse tour disparue.

 

Culan-détail

 

Comme tous les donjons de l’époque, et ce n’est pas une surprise, le donjon de Culan était cylindrique avec probablement un élargissement à sa bases comme on en observe sur les tours intactes. Si les proportions ont été respectées par le topographe, sa hauteur ne semble pas avoir été excessive et sa toiture dépasse, sans franchement le dominer, le reste de la citadelle. A l’époque de Chastillon, il semble que les toitures avaient été reprises car les détails que donne le dessin permettent de distinguer d’anciens mâchicoulis sur lesquels repose la base de la charpente du toit, lui même agrémenté d’un lanterneau d’allure fort peu médiévale. L’arrivée, comme partout ailleurs, des armes à poudre, a rendu obsolètes nombre d’aménagements défensifs prévus pour des armes blanches. Culan n’a pas échappé à cette évolution normale de ces grands châteaux médiévaux en demeures seigneuriales plus confortables et à l’apparence moins martiale, en sécurité derrière la gueule de leurs mousquets et de leurs couleuvrines.

 

Culan-vue-de-face

 

Privée de sa poterne et de son donjon, la forteresse de Culan n’est plus que l’ombre du puissant ouvrage que ses châtelains commandèrent à l’époque des Croisades. Les beaux restes qui s’élèvent sur les pentes de l’Arnon permettent, avec un peu d’imagination, de restituer les volumes disparus.

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Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine militaire
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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 12:26

Huriel-grilles1

 

Le temps détestable pour la photographie d’extérieur qui règne sur la région m’a contraint à remiser temporairement mon appareil photo et à fouiller dans mes archives en quête de nouveaux sujets. C’est sur l’église d’Huriel, dans la région de Montluçon, que s’est fixé mon choix d’explorer un sujet très précis, qui réjouira, j’espère, les amateurs d’arts du feu qui parcourent ce blog.
Entre autres intérêts que propose ce riche édifice religieux, les grilles du chœur sont particulièrement remarquables. Séparant la partie cultuelle du reste de l’église, ces grilles sont datées du XIIe siècle, et donc contemporaines ou légèrement postérieures à la construction du sanctuaire.

 

Huriel-grilles-2

 

D’une facture très soignée, ces grilles sont en fer forgé et tiennent grâce à un jeu complexe de soudures exécutées par les forgerons médiévaux. La présence à Huriel d’un importante famille féodale ayant frappé monnaie explique certainement la qualité du travail du fer qu’on observe sur place.
Ces grilles sont l’occasion de rappeler que trop souvent l’œil du médiéviste est mobilisé par des sculptures ou des fresques et qu’on a tendance à négliger de regarder de près les serrures et pentures de portes devant lesquelles on passe souvent trop vite. De vrais petits chefs-d'œuvre s’y dissimulent et il est dommage de passer à coté de ces petits exploits techniques.

 

Huriel-grilles3

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Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine religieux
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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 07:54

Bourbon-Saint-Lazare-2

 

Comme chaque ville importante du Moyen-âge local, Bourbon-l’Archambaud possédait un hôpital des lépreux. Situé à faible distance au sud de l’ancienne cité, ce lieu, qui porte encore aujourd’hui le toponyme de Saint-Lazare était, comme beaucoup d’autres, à portée de vue du château.
Il reste sur place, à coté d’un joli corps de ferme qui semble dater du XVIe ou XVIIe, et qui remplace probablement une partie des structures médiévales, les ruines de l’ancienne chapelle hospitalière. N’ayant pu rencontrer sur place quiconque pour m’autoriser à entrer sur la parcelle, je me suis contenté de photographier le bâtiment du chemin et de la route mitoyens.
On distingue clairement deux étapes de construction, la partie la plus ancienne étant bâtie avec du gros appareil, alors que le reste de la nef l’est avec de simples moellons mélangés à des pierres de taille de récupération. Des contreforts étayent les murs et il semble qu’une partie de la voûte primitive est encore en place. La chapelle est dans un état de dégradation inquiétant, la toiture, complètement crevée, étant en voie d’effondrement. L’aménagement de l’entrée laisse supposer que le lieu a servi de grange ou d’étable jusqu’à une date récente.

 

Bourbon-Saint-Lazare1

 

Le propos de cet article n’est pas de larmoyer sur la disparition du patrimoine médiéval rural -les propriétaires sont souverains et pas forcement assez fortunés pour engager des opérations de mise hors péril de telles structures - mais plus de présenter un exemple d’à ce qu’a du ressembler nombre de petites maladreries avant leur totale disparition. La lèpre, entrée en Gaule avec les armées romaines, était endémique partout où une activité économique se manifestait et attirait des voyageurs. Bourbon, cité féodale puis ducale, ne pouvait échapper à  ce fléau et a, comme ailleurs, vu s’élever non loin de ses remparts une léproserie pour accueillir ses malades, qui, loin d’être tous invalides, conservaient longtemps une activité artisanale ou agricole qui permettait à leur communauté de compléter ses revenus. La maison des ladres participait, avec ses moyens propres, à la vie économique tout autant que sanitaire des paroisses alentours.

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Published by Olivier Trotignon - dans histoire locale
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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 14:07

Issoudun-gisant-1

 

Parmi les très riches collections publiques du musée de l’hospice Saint-Roch d’Issoudun, dans l’Indre se distingue une pièce particulièrement rare qui s’ajoute à la liste des dalles funéraires médiévales visibles en Berry.
A l’origine disposé dans la crypte de l’ancienne abbaye Notre-Dame, ce monument n’a pas, à ma connaissance, d’équivalent dans la région. Seule la basilique de Neuvy-Saint-Sépulchre conserve le gisant d’un autre ecclésiastique, de finition plus rustique, dont l’identité et la fonction nous échappent.

Le gisant polychrome de Neuvy-Saint-Sépulchre (36)

 

Issoudun-gisant-2

 

Si le gisant d’Issoudun est lui aussi anonyme, les vêtements et ornements sacerdotaux visibles sur la pierre, le contexte de la découverte et le contenu de la sépulture ne laissent aucun doute, même en absence d’épitaphe, sur sa qualité d’abbé de la communauté bénédictine implantée sur place. Sa tonsure, sa crosse abbatiale et ses vêtements sont autant de points de repère, d’autant plus que le travail du sculpteur, qui a choisi pour réaliser ce gisant un calcaire de grain fin, est très précis sur les détails. Traits soignés, figuration d’un léger collier de barbe, application à rendre le relief des broderies de la robe du moine, cette statue a par chance échappée aux négligences et malveillances qui ont si souvent défiguré des œuvres de même nature.

 

Issoudun-crosse-1

 

Un point, cependant, pose la question de l’authenticité des traits du disparu. Lors du dépôt de la pierre tombale, les chercheurs découvrirent dans la sépulture une très belle crosse en émaux cloisonnés, exposée dans la même salle que le gisant. D’autres témoignages de cette pratique consistant à inhumer un évêque ou un abbé avec sa crosse et parfois son anneau sont connus dans la région. Les religieuses d’Orsan possédaient, par exemple, la crosse et les quelques ornements trouvés dans la tombe de Léger, archevêque de Bourges, dont la sépulture se trouvait dans la chapelle prieurale.

 

Issoudun-crosse2

 

Ceci n’est qu’un détail, mais la crosse sculptée n’a pas la même forme que la pièce métallique découverte à l’ouverture de la tombe. Il est probable, comme on l’observe dans d’autres situations du même genre, que la sculpture ait été exécutée, non pas du vivant, mais après le décès et l’enterrement de l’abbé, détail sans importance pour les contemporains du défunt, l’essentiel étant spirituel et non pas bassement matériel.

 

Issoudun-gisant3

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