Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 08:49

monstre-Charente

 

Ça commence à devenir une habitude: la municipalité de Saint-Amand-Montrond a encore tiré un trait rouge sur une de mes activités. Comme je l’avais annoncé ici il y a un mois, et de vive voix à plusieurs personnes intéressées par le sujet, mon projet de conférence “Dieux et religions antiques en Boischaut” pour la nuit européenne des musées a été rejeté, sans explication, par le service culturel de la mairie. Cette délicate attention s’ajoute à plusieurs autres: organisation d’une “conférence” sur une personnalité locale à la même heure et à quelques dizaines de mètres du petit théâtre où j’étais venu, pour les Journées du Patrimoine 2010, soutenir un association culturelle locale, absence de représentant officiel de la municipalité lors de l’inauguration de la série de conférences “Une heure, une œuvre”, début 2011, censure de mes photographies illustrant le scandale des antennes de vidéo surveillance dans le bulletin municipal...
Je le sais, j’ai des défauts. Je ne porte pas de cravate, j’ai des mauvaises fréquentations (artistes, pacifistes, inspecteur Columb Boischaut...), je préfère le Rock à l’opérette, je ne suis membre d’aucune association ou obédience influente,  et, le pire de tout, je ne respecte qu’une seule hiérarchie, celle du ministère qui m’emploie.
Cette énième mésaventure ne m’inspire ni tristesse ni amusement, juste l’envie de relire Ubu roi, d’Alfred Jarry.
J’aurai bien, à l’avenir, le loisir de présenter cette conférence dans un cadre plus ouvert, ce ne sont pas les lieux pour travailler qui manquent dans la région.

Repost 0
Published by Olivier Trotignon - dans actualité
commenter cet article
21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 09:29

Autry-Issarts-ensemble

 

C’est la petite notice rédigée en 1966 par André Guy, alors président des Amis de Montluçon et de la Fédération des sociétés savantes du centre de la France, dans le Dictionnaire des églises de France qui avait retenu mon attention. L’église bourbonnaise d’Autry-Issarts, dans les alentours de Souvigny, présente l’originalité de porter sur le tympan surmontant son entrée la signature de l’auteur de la belle scène qui l’orne. Une visite sur place a permis d’avoir une vision détaillée de l’ensemble.

 

Autry-Issarts-mandorle

 

Si la qualité de la réalisation ne doit pas surprendre dans une région économiquement et spirituellement très ouverte au XIIe siècle, on note tout de suite une autre originalité qui mérite à elle seule qu’on s’attarde devant ce monument. Au centre du tableau ayant naguère représenté un Christ en majesté soutenu par deux apôtres se trouve une mandorle de grès fin sur laquelle sont encore perceptibles des traces de polychromie presque entièrement délavées par les intempéries, preuve, semble t-il, mais les points de comparaison me manquent dans la région, que l’amande était à l’origine peinte, et non pas sculptée.

 

Autry-Issarts-ânes

 

A gauche de la mandorle sont sculptées trois têtes cornues, tandis qu’à droite des grandes oreilles sont esquissées et symbolisent l’âne de la Nativité, en compagnie du bœuf.
A droite à la base du tympan se trouve cette rare inscription: “NATALIS ME FE (cit)” (Noël m’a fait), qui rappelle, plus au nord, le GIRALDUS ME FECIT du portail de Saint-Ursin de Bourges. Un chapiteau, dans l’église poitevine de Chauvigny, porte une signature du même modèle, en latin.
Le point le plus étonnant de cette inscription est le nom de l’artiste, Noël, totalement inédit dans ma documentation rassemblée pour ma thèse, ce qui pourrait laisser penser que l’homme qui est venu tailler le grès bourbonnais n’était pas né dans la région.
A l’intérieur du sanctuaire, on notera l’existence de motifs abstraits tout à fait semblables à ce qu’on peut trouver dans la petite église de Pouzy-Mésangis, à laquelle j’avais consacré un billet il y a un ou deux ans.

 

Autry-Issarts-motif1

Repost 0
Published by Olivier Trotignon - dans art roman
commenter cet article
7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 10:25

Culan-par-Chastillon

 

Sans doute l’un des lieux les plus photographiés du sud de la région, la silhouette du château médiéval de Culan est malheureusement privée de sa pièce maîtresse, son donjon, détruit après les guerres de la Fronde dans la deuxième moitié du XVIIe siècle. Sous le pic des démolisseurs disparaissait un monument défensif qui manque aujourd’hui, avec plusieurs autres ayant subi le même sort, au patrimoine militaire berrichon.
Témoin de l’élévation dans la hiérarchie féodale de la famille de Culan, le château fut construit au XIIIe siècle sur l’emplacement d’une motte castrale antérieure élevée au XIe siècle, au moment où la famille de Déols installa un cadet de famille de ses vassaux de Lignières pour occuper la limite orientale de son territoire. Sans être d’une richesse exceptionnelle, les Culan trouvèrent néanmoins les ressources suffisantes pour élever une forteresse dotée d’un donjon, symbole du grade de seigneur obtenu par ces chevaliers quelques décennies auparavant.
Un captivant dessin de Claude Chastillon, qui a parcouru le Berry au temps du roi Henri IV, montre le château intact et permet, par comparaison avec les parties encore existantes, d’imaginer la grosse tour disparue.

 

Culan-détail

 

Comme tous les donjons de l’époque, et ce n’est pas une surprise, le donjon de Culan était cylindrique avec probablement un élargissement à sa bases comme on en observe sur les tours intactes. Si les proportions ont été respectées par le topographe, sa hauteur ne semble pas avoir été excessive et sa toiture dépasse, sans franchement le dominer, le reste de la citadelle. A l’époque de Chastillon, il semble que les toitures avaient été reprises car les détails que donne le dessin permettent de distinguer d’anciens mâchicoulis sur lesquels repose la base de la charpente du toit, lui même agrémenté d’un lanterneau d’allure fort peu médiévale. L’arrivée, comme partout ailleurs, des armes à poudre, a rendu obsolètes nombre d’aménagements défensifs prévus pour des armes blanches. Culan n’a pas échappé à cette évolution normale de ces grands châteaux médiévaux en demeures seigneuriales plus confortables et à l’apparence moins martiale, en sécurité derrière la gueule de leurs mousquets et de leurs couleuvrines.

 

Culan-vue-de-face

 

Privée de sa poterne et de son donjon, la forteresse de Culan n’est plus que l’ombre du puissant ouvrage que ses châtelains commandèrent à l’époque des Croisades. Les beaux restes qui s’élèvent sur les pentes de l’Arnon permettent, avec un peu d’imagination, de restituer les volumes disparus.

Repost 0
Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine militaire
commenter cet article
23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 12:26

Huriel-grilles1

 

Le temps détestable pour la photographie d’extérieur qui règne sur la région m’a contraint à remiser temporairement mon appareil photo et à fouiller dans mes archives en quête de nouveaux sujets. C’est sur l’église d’Huriel, dans la région de Montluçon, que s’est fixé mon choix d’explorer un sujet très précis, qui réjouira, j’espère, les amateurs d’arts du feu qui parcourent ce blog.
Entre autres intérêts que propose ce riche édifice religieux, les grilles du chœur sont particulièrement remarquables. Séparant la partie cultuelle du reste de l’église, ces grilles sont datées du XIIe siècle, et donc contemporaines ou légèrement postérieures à la construction du sanctuaire.

 

Huriel-grilles-2

 

D’une facture très soignée, ces grilles sont en fer forgé et tiennent grâce à un jeu complexe de soudures exécutées par les forgerons médiévaux. La présence à Huriel d’un importante famille féodale ayant frappé monnaie explique certainement la qualité du travail du fer qu’on observe sur place.
Ces grilles sont l’occasion de rappeler que trop souvent l’œil du médiéviste est mobilisé par des sculptures ou des fresques et qu’on a tendance à négliger de regarder de près les serrures et pentures de portes devant lesquelles on passe souvent trop vite. De vrais petits chefs-d'œuvre s’y dissimulent et il est dommage de passer à coté de ces petits exploits techniques.

 

Huriel-grilles3

Repost 0
Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine religieux
commenter cet article
17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 07:54

Bourbon-Saint-Lazare-2

 

Comme chaque ville importante du Moyen-âge local, Bourbon-l’Archambaud possédait un hôpital des lépreux. Situé à faible distance au sud de l’ancienne cité, ce lieu, qui porte encore aujourd’hui le toponyme de Saint-Lazare était, comme beaucoup d’autres, à portée de vue du château.
Il reste sur place, à coté d’un joli corps de ferme qui semble dater du XVIe ou XVIIe, et qui remplace probablement une partie des structures médiévales, les ruines de l’ancienne chapelle hospitalière. N’ayant pu rencontrer sur place quiconque pour m’autoriser à entrer sur la parcelle, je me suis contenté de photographier le bâtiment du chemin et de la route mitoyens.
On distingue clairement deux étapes de construction, la partie la plus ancienne étant bâtie avec du gros appareil, alors que le reste de la nef l’est avec de simples moellons mélangés à des pierres de taille de récupération. Des contreforts étayent les murs et il semble qu’une partie de la voûte primitive est encore en place. La chapelle est dans un état de dégradation inquiétant, la toiture, complètement crevée, étant en voie d’effondrement. L’aménagement de l’entrée laisse supposer que le lieu a servi de grange ou d’étable jusqu’à une date récente.

 

Bourbon-Saint-Lazare1

 

Le propos de cet article n’est pas de larmoyer sur la disparition du patrimoine médiéval rural -les propriétaires sont souverains et pas forcement assez fortunés pour engager des opérations de mise hors péril de telles structures - mais plus de présenter un exemple d’à ce qu’a du ressembler nombre de petites maladreries avant leur totale disparition. La lèpre, entrée en Gaule avec les armées romaines, était endémique partout où une activité économique se manifestait et attirait des voyageurs. Bourbon, cité féodale puis ducale, ne pouvait échapper à  ce fléau et a, comme ailleurs, vu s’élever non loin de ses remparts une léproserie pour accueillir ses malades, qui, loin d’être tous invalides, conservaient longtemps une activité artisanale ou agricole qui permettait à leur communauté de compléter ses revenus. La maison des ladres participait, avec ses moyens propres, à la vie économique tout autant que sanitaire des paroisses alentours.

Repost 0
Published by Olivier Trotignon - dans histoire locale
commenter cet article
10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 14:07

Issoudun-gisant-1

 

Parmi les très riches collections publiques du musée de l’hospice Saint-Roch d’Issoudun, dans l’Indre se distingue une pièce particulièrement rare qui s’ajoute à la liste des dalles funéraires médiévales visibles en Berry.
A l’origine disposé dans la crypte de l’ancienne abbaye Notre-Dame, ce monument n’a pas, à ma connaissance, d’équivalent dans la région. Seule la basilique de Neuvy-Saint-Sépulchre conserve le gisant d’un autre ecclésiastique, de finition plus rustique, dont l’identité et la fonction nous échappent.

Le gisant polychrome de Neuvy-Saint-Sépulchre (36)

 

Issoudun-gisant-2

 

Si le gisant d’Issoudun est lui aussi anonyme, les vêtements et ornements sacerdotaux visibles sur la pierre, le contexte de la découverte et le contenu de la sépulture ne laissent aucun doute, même en absence d’épitaphe, sur sa qualité d’abbé de la communauté bénédictine implantée sur place. Sa tonsure, sa crosse abbatiale et ses vêtements sont autant de points de repère, d’autant plus que le travail du sculpteur, qui a choisi pour réaliser ce gisant un calcaire de grain fin, est très précis sur les détails. Traits soignés, figuration d’un léger collier de barbe, application à rendre le relief des broderies de la robe du moine, cette statue a par chance échappée aux négligences et malveillances qui ont si souvent défiguré des œuvres de même nature.

 

Issoudun-crosse-1

 

Un point, cependant, pose la question de l’authenticité des traits du disparu. Lors du dépôt de la pierre tombale, les chercheurs découvrirent dans la sépulture une très belle crosse en émaux cloisonnés, exposée dans la même salle que le gisant. D’autres témoignages de cette pratique consistant à inhumer un évêque ou un abbé avec sa crosse et parfois son anneau sont connus dans la région. Les religieuses d’Orsan possédaient, par exemple, la crosse et les quelques ornements trouvés dans la tombe de Léger, archevêque de Bourges, dont la sépulture se trouvait dans la chapelle prieurale.

 

Issoudun-crosse2

 

Ceci n’est qu’un détail, mais la crosse sculptée n’a pas la même forme que la pièce métallique découverte à l’ouverture de la tombe. Il est probable, comme on l’observe dans d’autres situations du même genre, que la sculpture ait été exécutée, non pas du vivant, mais après le décès et l’enterrement de l’abbé, détail sans importance pour les contemporains du défunt, l’essentiel étant spirituel et non pas bassement matériel.

 

Issoudun-gisant3

Repost 0
Published by Olivier Trotignon - dans art funéraire
commenter cet article
27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 09:40

crucifixion-grès

 

Participant à titre bénévole à une grande opération de récolement des collections du musée Saint-Vic de Saint-Amand-Montrond, dans le Cher, j’ai eu en mains ce petit objet d’aspect ordinaire dormant depuis des années dans une vitrine au milieu de pièces beaucoup plus spectaculaires. N’ayant pas été inventorié au moment de son entrée dans les collections, nous ignorons les circonstances de sa découverte, la seule indication portée sur son revers précisant “Saint-Amand”.
Il s’agit d’une scène de crucifixion délicatement gravée sur une petite dalette de grès fin, une roche comme celle qui sert à produire des pierres à aiguiser et qu’on ne trouve pas dans cette partie du Berry, d’environ 5 cm de haut sur 4 de large. Le style peut évoquer la fin du Moyen-âge ou le début de la Renaissance. On apprécie la finesse des détails qui se mesurent en millimètres et qui permettent de reconnaître le phylactère au dessus de la croix et la lune et le soleil de chaque coté de celle ci.
On remarque que les angles de la plaquette ont été abîmés, comme ci quelqu’un l’avait forcée pour l’extraire d’un sertissage initial.
J’ai choisi de présenter cet objet autant pour vous faire apprécier la qualité de sa réalisation que pour vous demander votre aide pour tenter d’identifier sa fonction. Ce motif semble avoir été fixé par inclusion ou par sertissage dans un objet religieux ou liturgique, tabernacle, reliquaire, croix de procession ou autre. Si l’une ou l’un s’entre vous ait déjà remarqué ailleurs un médaillon comparable ou identique, ou ait connaissance d’une bibliographie dédiée à ce type d’objet, cela nous permettrait de redonner une identité à une pièce archéologique qui perd beaucoup de son intérêt à cause de l’incertitude de ses origines.

Repost 0
Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine religieux
commenter cet article
20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 09:05

Varennes-1

 

Il m’est difficile d’évoquer le passé de l’abbaye Notre-Dame de Varennes, n’ayant jamais eu lors de mes recherches la chance de pouvoir travailler sur le contenu de son chartrier, mais je tiens tout de même à évoquer ici ce très intéressant ensemble monumental.
Moins connue que les grandes fondations de moines blancs de la moitié nord de la région, l’abbaye de Varennes compte parmi la quinzaine de monastères cisterciens établis dans l’ancien diocèse de Bourges. Aujourd’hui sise sur la  commune de Fougerolles, non loin de Neuvy-Saint-Sépulchre, elle occupe un site dont les caractéristiques sont identiques au modèle recherché par les Cisterciens -éloignement par rapport aux routes principales et aux centres paroissiaux, situation en fond de vallon, près d’un cours d’eau- mais c’est bien la réforme d’une communauté bénédictine antérieure qui lui a fait rejoindre l’Ordre de Cîteaux au milieu du XIIe siècle.
Comme beaucoup de sites comparables, Varennes a été abandonnée aux activités agricoles après le départ de ses derniers moines et a subi des dommages architecturaux heureusement limités. Elle se présente aujourd’hui sous les traits d’une abbatiale de petites dimensions proche de l’ancien bâtiment des convers. Un logis d’abbé complète la perspective sur le monastère.
Varennes, en cours de restauration, peut être visitée lors des journées du Patrimoine. La partie accessible toute l’année à partir de la route de Neuvy-La Châtre permet de se faire une bonne idée de l’agencement des structures de l’ancienne abbaye.

 

Varennes2

 

 

 


Repost 0
Published by Olivier Trotignon - dans monachisme-clergé régulier
commenter cet article
6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 10:07

Meillers-âne

 

Non loin de  Bourbon-l’Archambaud et de Souvigny peut être observé un intéressant duo d’animaux musiciens, sculptés sur un chapiteau de colonne à l’entrée de l’église de Meillers, dans le département de l’Allier.
La scène compte en tout trois acteurs. De gauche à droite, un lion, joueur de viole; au centre, et le mieux exposé aux regards, un âne harpiste; à droite, dans le dos de l’âne, un homme, qui paraît poser une main sur l’animal, ou le tenir à la longe.
L’âne est reconnaissable à ses oreilles allongées. Le lion est une sorte d’hybride entre un chat sauvage -sa queue est hérissée- et un félin dont la face tendue émerge de l’amas de la crinière (mais qui avait déjà vu un lion au XIIe siècle à Meillers?). Les pattes des animaux sont exagérément tendues, celles du lion pour tenir l’archet et appuyer sur les cordes de l’instrument, celles de l’âne pour pincer les cordes à gauche, et tenir un pot, ou un tonnelet à musique, à droite. Comme partout dans la région, où la harpe n’était pas l’instrument majoritaire, si tant est qu’elle ait circulé, c’est une rote que tient l’équidé.

 

Meillers-lion

 

Ces figurations ne sont pas inhabituelles, même si le lion à la viole est plus rare que son compagnon. Des représentations d’ânes musiciens sont signalées depuis l’Antiquité - on en voit un d’origine égyptienne dans une des vitrines du musée du Louvre. L’époque romane a fréquemment exploité ce thème, qui se perpétue jusque dans la faïencerie marseillaise au XVIIIe siècle. Tout l’intérêt du chapiteau de Meillers est de donner une place exceptionnelle aux deux animaux dans l’ornementation de la façade de l’église, chaque figuration mesurant plusieurs dizaines de centimètres de haut.
Sachant que cette œuvre est célèbre dans les milieux de la musique ancienne, très documentés sur la question, à qui cet article n’apprendra pas grand chose, je recommande à tous les amateurs d’Art roman qui s’intéresseraient à ce thème de visiter l’église de Bourbon-l’Archambaud et son non moins célèbre chapiteau des musiciens, qui a fait l’objet d’un billet plus ancien sur ce blog, afin de comparer les formes des instruments. Viole et rote y sont également représentées.
Pour l’anecdote, ma première photographie de l’âne musicien, prise il y a presque 30 ans, a été publiée dans l’ouvrage “Anthologie de la harpe - la harpe des Celtes” (éditions de la Tannerie), auquel ont contribué des musiciens illustres comme Alan Stivell et Myrdhin. Un bien beau destin pour ce petit animal bourbonnais!

 

Meillers3

Repost 0
Published by Olivier Trotignon - dans art roman
commenter cet article
23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 09:43

Les deux derniers siècles n’ont pas été tendres avec les bâtiments médiévaux. Laissés à l’abandon, pillés comme carrières de pierre, abattus avec des engins à chenilles, certains ont complètement disparu du paysage, ou ne se présentent plus que comme des amas de ruines informes dans lesquelles seul l’œil du spécialiste parvient à distinguer les plans d’origine.
Voici trois monuments qui ont longtemps appartenu au patrimoine du Berry du Sud jusqu’à leur ruine, saisis par la palette d’artistes locaux qui ont su transmettre par leur peinture des détails irremplaçables, ou juste projeter sur l’ombre de leur souvenir leur sensibilité de peintres.

 

gravure-Montrond

 

Le premier tableau appartient aux collections publiques de la ville de Saint-Amand-Montrond, et est exposé au musée municipal. Très intéressante représentation romantique du château de Montrond, cette toile concerne une partie la face sud de l’ancienne forteresse, élevée au début du XIIIe siècle, transformée en château d’agrément conservant sa fonction militaire au XVe, ruiné lors de la Fronde au XVIIe et abattu avant l’arrivée de la photographie. La peinture donne des renseignements sur les séquences de l’abandon de la bâtisse, dont les toitures semblent avoir été démontées sur les parties d’habitation. Le grand donjon datant de la fondation de l’édifice est complètement éventré, laissant voir au moins deux anciens étages au dessus du rez-de-chaussée. Trois tours sont également découvertes dont celle de l’Horloge -la seule qui garde aujourd’hui un peu d’élévation- aussi abîmée que le donjon voisin et celle accolée à la chapelle, dont le tronc est déjà diminué. Les ouvertures éclairant le corps principal de logis sont cohérentes avec l’es informations dont on dispose sur les rénovations de la fin de la période médiévale. Le plus curieux de ce paysage monumental est le bon état de conservation de la chapelle castrale, aujourd’hui totalement rasée, qui avait conservé sa toiture de tuiles et son clocheton d’ardoises au moment où le peintre a posé son chevalet. Les grandes fenêtres en ogives accusent un style gothique conforme avec la période de construction de la forteresse primitive.

 

gravure-Vernet1

 

Le deuxième tableau provient lui aussi du musée Saint-Vic de Saint-Amand et, tout en étant lui même très intéressant, n’apprend pas grand-chose de plus que les photographies prises du petit château du Vernet, en grande partie intact pendant la Première Guerre Mondiale et démonté depuis pour satisfaire un commanditaire américain. L’enquête, menée par le journaliste Philippe Cros, n’a pas permis d’identifier les étapes suivies par les matériaux récupérés sur le site.

 

gravure-Vernet

Peinture sur carton par Faustin Blanc

 

Le troisième tableau est une autre vue, bien moins précise, de la façade du château du Vernet. Appartenant à un collectionneur qui a tenu à rester anonyme, il a été présenté au cours de l’été 2011 dans une exposition d’objets rares et insolites au musée de Saint-Amand. Si le propriétaire de cette toile venait à prendre ombrage de la présence de  cette photographie sur ce blog, qu’il soit sûr que je la ferai disparaître sans discuter.

 

gravure-Souage

photographie D. Melchers

 

Une dernière vue, enfin, d’un monument mineur dont la destruction récente a attristé bien des amateurs d’art médiéval. La petite chapelle du prieuré bénédictin de Souage, a connu, faute d’entretien, une lente dégradation qui s’est conclue par un nivellement de ses murs décidé par ses propriétaires. Le site a été pillé, un flou bien peu artistique entoure la récupération de certains éléments d’architecture. La peinture, de l’artiste Heidi Hann, donne une vision objective de l’état du sanctuaire dans les dernières années ayant précédé sa démolition. La photographie de ce tableau m’a été fournie par m. D. Melchers, lecteur de ce blog, que je tiens à remercier pour sa contribution.
Ces quelques portraits de bâtiments disparus laissent imaginer que bien d’autres toiles et gravures, propriété de particuliers, pourraient se révéler utiles à la connaissance du passé monumental de la région. N’hésitez pas à me contacter pour me transmettre des données relatives à ces œuvres, si vous en connaissez.

Repost 0
Published by Olivier Trotignon - dans sources-littérature
commenter cet article

Présentation

  • : Moyen-âge en Berry
  • Moyen-âge en Berry
  • : Rédigé et illustré par un chercheur en histoire médiévale, ce blog a pour ambition de mieux faire connaître l'histoire et le patrimoine médiéval du Berry, dans le centre de la France.
  • Contact

géographie des visiteurs




A ce jour, cette espace a été visité
180102 fois.

405350 pages ont été lues.

Merci de l'intérêt que vous portez à l'histoire de la région.




Visitor Map
Create your own visitor map!
" class="CtreTexte" height="150" width="300" />

 

Rechercher

Conférences

conférence

 

Dans l'objectif de partager avec le grand public une partie du contenu de mes recherches, je propose des animations autour du Moyen-âge et de l'Antiquité sous forme de conférences d'environ 1h30. Ces interventions s'adressent à des auditeurs curieux de l'histoire de leur région et sont accessibles sans formation universitaire ou savante préalable.
Fidèle aux principes de la laïcité, j'ai été accueilli par des associations, comités des fêtes et d'entreprise, mairies, pour des conférences publiques ou privées sur des sujets tels que:
- médecine, saints guérisseurs et miracles au Moyen-âge,
- l'Ordre cistercien en Berry;
- les ordres religieux en Berry au M.A.;
- la femme en Berry au M.A.;
- politique et féodalité en Berry;
- le fait religieux en Berry de la conquête romaine au paleo-christianisme...
- maisons-closes et la prostitution en Berry avant 1946 (animation réservée à un public majeur).
Renseignements, conditions et tarifs sur demande à l'adresse:
Berrymedieval#yahoo.fr  (# = @  / pour éviter les spams)
Merci de diffuser cette information à vos contacts!

Archives

Histoire locale

Pour compléter votre information sur le petit patrimoine berrichon, je vous recommande "le livre de Meslon",  Blog dédié à un lieu-dit d'une richesse assez exceptionnelle. Toute la diversité d'un terroir presque anonyme.
A retrouver dans la rubrique "liens": archéologie et histoire d'un lieu-dit

L'âne du Berry


Présent sur le sol berrichon depuis un millénaire, l'âne méritait qu'un blog soit consacré à son histoire et à son élevage. Retrouvez le à l'adresse suivante:

Histoire et cartes postales anciennes

paysan-ruthène

 

Cartes postales, photos anciennes ou plus modernes pour illustrer l'Histoire des terroirs:

 

Cartes postales et Histoire

NON aux éoliennes géantes

Le rédacteur de ce blog s'oppose résolument aux projets d'implantation d'éoliennes industrielles dans le paysage berrichon.
Argumentaire à retrouver sur le lien suivant:
le livre de Meslon: non à l'éolien industriel 

contacts avec l'auteur


J'observe depuis quelques mois la fâcheuse tendance qu'ont certains visiteurs à me contacter directement pour me poser des questions très précises, et à disparaître ensuite sans même un mot de remerciement. Désormais, ces demandes ne recevront plus de réponse privée. Ce blog est conçu pour apporter à un maximum de public des informations sur le Berry aux temps médiévaux. je prierai donc les personnes souhaitant disposer de renseignements sur le patrimoine ou l'histoire régionale à passer par la rubrique "commentaires" accessible au bas de chaque article, afin que tous puissent profiter des questions et des réponses.
Les demandes de renseignements sur mes activités annexes (conférences, contacts avec la presse, vente d'ânes Grand Noir du Berry...) seront donc les seules auxquelles je répondrai en privé.
Je profite de cette correction pour signaler qu'à l'exception des reproductions d'anciennes cartes postales, tombées dans le domaine public ou de quelques logos empruntés pour remercier certains médias de leur intérêt pour mes recherches, toutes les photos illustrant pages et articles ont été prises et retravaillées par mes soins et que tout emprunt pour illustrer un site ou un blog devra être au préalable justifié par une demande écrite.