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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 09:16

DP132214

Copyright Metropolitan Museum of Art

 

 

Tout dernièrement, un de mes correspondants a attiré mon attention sur l'existence, au musée new-yorkais des Cloisters, annexe du Metropolitan Museum of Art, d'un portail de chapelle provenant du prieuré auvergnat de Reugny. La question, vite résolue, portait sur l'identification du lieu d'origine du monument.
En effet, en vallée du Cher, à une quinzaine de kilomètres au nord de Montluçon se trouve un prieuré, auquel j'avais consacré il y a un ou deux ans un billet sur ce blog, dans un village du nom de Reugny. S'il existe bien, sur le mur septentrional de la chapelle priorale, une ouverture moderne qui aurait pu, à la rigueur, passer pour la cicatrice de l'extraction de la porte exposée à Manhattan, la modicité de l'ensemble s'accordait mal avec la richesse du portail présenté aux Cloisters. L'affaire fut vite classée quand il apparut que le Reugny voisin de Montluçon avait un homonyme beaucoup plus au sud dans le département de l'Allier, sur la commune de Laféline, site d'origine du monument qui nous intéresse.

 

prieuré de Reugny (03)

 

Cette petite recherche a surtout assombri mes derniers espoirs de voir un jour réapparaître les pierres du petit manoir du Vernet, dont on est à Saint-Amand-Montrond sans nouvelles depuis 1919. La biographie du donateur du portail de Reugny au MMA m'a plongé dans l'effroi, jugez-en plutôt.
George Blumenthal était un homme bien. Riche homme d'affaire américain, humaniste et grand collectionneur d'Art, il visite le Bourbonnais dans les années 20 en quête de belles pierres à acquérir. On ne dispose pas de la liste exacte de ses acquisitions, mais certaines de celles ci partent orner des résidences que le sieur Blumenthal fait construire à Paris, sur la Côte d'Azur et à New York. La porte de Reugny, par exemple, passe quelques années à Paris comme entrée d'une des salles de la maison du collectionneur américain, avant d'être à nouveau déposée et de partir pour New York, où elle est offerte au musée des Cloisters. George Blumenthal n'est pas un prédateur du patrimoine. Il donne aussi une partie de sa collection au musée du Louvre. Décédé aux USA en 1941, sa résidence new-yorkaise ne lui survit pas et est à son tour démantelée, une partie des collections s'y trouvant intégrant les réserves du MMA. Il semble qu'une partie des acquisitions réalisées en France ai été négociée par des antiquaires parisiens.
En résumé, et c'est bien ça qui alimente mon pessimisme sur nos chances d'écouter un jour parler à nouveau des vestiges du manoir du Vernet, G. Blumenthal a beaucoup fait voyager les œuvres d'Art acquises dans notre région, les a incorporées dans des constructions contemporaines aujourd'hui disparues et n'a certainement pas tout donné aux grands musées qui ont référencé les origines des donations. Cet esthète est connu grâce à sa générosité envers les musées publics, mais plein d'autres acheteurs sont restés dans l'anonymat, faute d'une recherche précise dans archives notariales. Je crains qu'au moment où nous avons, mes ami(e)s journalistes du Berry républicain et moi, relancé la recherche pour retrouver le petit château médiéval berrichon, nous n'ayons pas sondé l'exacte profondeur de la tâche qui nous attendait!

 


 

George Blumenthal and Bourbonnais heritage

George Blumenthal und Erbe Bourbonnais

George Blumenthal y Bourbonnais patrimonio

George Blumenthal e il patrimonio Bourbonnais

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6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 09:12

pierre aux dîmes.jpg

 

Le problème de la mesure des volumes des denrées agricoles est un aspect souvent méconnu de la vie quotidienne au Moyen-âge. Loin de notre système métrique uniformisé, les anciennes populations du Berry avaient à leur disposition des unités de mesure locales qui faisaient référence dans les échanges du quotidien, qu'il s'agisse de vente, de don ou de taxation par l'autorité seigneuriale des marchandises en vrac.
Il semble que dans la majorité des cas ces mesures étaient calculées à partir de pierres calibrées disposées dans des lieux publics. La plupart d'entre elles a disparu, sans doute brisées ou réemployées, mais il pourrait être intéressant, quoique fastidieux, de mesurer et de comparer le volume de certaines cuvettes, parfois décrites sous forme de bases de croix ou de bénitiers primitifs, qu'on voit parfois à proximité des églises de la région. Le fait d'avoir plusieurs étalons de référence en Berry ne signifie pas qu'il y ait eu de grandes différences entre les seigneuries, mais exprime les besoins de chaque micro-région de se baser sur des outils de mesure de proximité, reconnus par tous les acteurs économiques du cru.
Voici, à titre documentaire, une liste de mesures que j'ai relevées lors de mes dépouillements de sources médiévales aux Archives départementales du Cher. Ce catalogue est loin d'être complet, n'ayant pas travaillé sur l'ouest de la région, mais peut donner une idée de la variété des situations observées à partir du XIIe siècle, un même lieu pouvant être servi par plusieurs mesures différentes.

mesure de Bourges
en usage à Marmagne- 1210

mesure de Sancerre
1264

mesure de Saint-Gondon
1227

mesure de la Chapelle-d'Angilon
1212

mesure de Montfaucon
en usage à Bercy- 1336

mesure de la Charité (sur-Loire)
en usage à Bercy- 1336

mesure d'Epineuil (le-Fleuriel)
en usage à Saulzais (le-Potier)- 1234

mesure de Saint-Amand (Montrond)
en usage à Saulzais, Colombiers, La Tourate- 1202 à 1343

mesure d'Hérisson
en usage à Vallon (en-Sully)- 1248

mesure de Châteauneuf (sur-Cher)
en usage à Chambon et Plassigny- 1243 à 1247

mesure de Saint-Désiré
lieu non identifié- 1320

mesure de la Roche-Guillebaud
en usage à Mesples- 1292

mesure de Blet
en usage à Chalivoy-Milon- 1194

mesure du Chatelet
en usage à Touchay- 1265 à 1287

mesure de Lignières
en usage à Noant (?)- 1205

mesure de Sainte-Sévère
en usage dans la seigneurie de Brosse- 1315

D'autres références pourront ultérieurement venir compléter cette liste qui, je le rappelle, n'a pas de prétention encyclopédique.


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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 11:03

Saint-Etienne-Bourges

 

J’ai le plaisir de vous faire part du programme de ma prochaine conférence publique prévue le samedi 26 mai 2012 aux caves du Prieuré, à Saint-Céols, dans le Cher.
Invité par l’Association Saint Céolaise, que je remercie pour la confiance qu’elle m’a accordée pour l’organisation de cette animation, je viendrai présenter ma conférence sur la médecine, les saints guérisseurs et les miracles en Berry de la période médiévale au XVIIe siècle.
Nous aurons la chance d’être accueillis à 17h chez m. Pierre Jacolin, viticulteur et producteur de Menetou-Salon, qui tiendra à disposition des auditeurs les produits de son domaine. Pour les amateurs d’Art religieux, l’Association Saint Céolaise se charge d’ouvrir l’église de Saint-Céols à 16h pour permettre de venir y découvrir le bénitier de fonte conservé en ses murs, daté de la fin du Moyen-âge, élément rare du petit patrimoine régional que ne n’ai jamais eu le loisir d’observer.

Les droits d'accès sont fixés à 6 € (4 € pour les adhérents).
L’exposé devrait durer 1h30 sans compter les questions.
Je rappelle, mais les habitués du blog connaissent déjà cette profession de foi, que cette conférence s’inscrit sous le signe de la Laïcité et du respect scrupuleux des valeurs de la science. Inutile donc d’y venir pour y puiser des arguments idéologiques en faveur ou au détriment de la religion, ou y chercher des remèdes miracles.
L’intervenant sera en plus très sensible au fait que les téléphones portables soient muets pendant la conférence!
Au plaisir de vous y rencontrer ou vous y retrouver...

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 09:48

coin-monétaire-2

 

J’ai eu dernièrement l’occasion de tenir en main un objet rare, bien que n’ayant probablement rien à voir avec l’histoire du Berry. Conservé dans lune vitrine du musée Saint Vic de Saint-amand-Montrond, dans le Cher, il m’a quand même semblé utile de prendre quelques notes le concernant.
Ce beau coin monétaire de fer est de provenance inconnue. Il est entré dans les collections publiques comme élément d’un legs fondateur du musée de Saint-Amand. Dans les années 30, un collectionneur, du nom d’Auclair, fit don à la municipalité d’une multitude de jolis objets, dont plusieurs médiévaux. Parmi les monnaies, coffrets, armes, pierres taillées et probablement bien d’autres choses se trouvait ce beau coin dormant, datable de la fin du Moyen-âge ou de la Renaissance. Le relief du coin est trop corrodé pour pouvoir recouper le dessin avec une monnaie recensée, mais il semble - simple avis - qu’il s’agisse d’un coin à jetons de commerce, comme de nombreuses villes en ont émis pour faciliter les transactions sur leurs foires et marchés.

 

coin-monétaire-1

 

Il est possible, mais la possibilité est égale pour toutes les autres régions, y compris en dehors des limites du royaume, que ce coin ait servi à battre localement des espèces.
On voit très bien la partie plus étroite qui était fixée dans un bloc de bois pour servir d’enclume. L’autre partie, qui faisait fonction de poinçon sur lequel venait frapper la masse du forgeron, est perdue.

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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 08:07

scellés-judiciaires

 

Voici un vieux dossier qu’il me tardait d’ouvrir, sans intérêt immédiat pour le Moyen-âge régional, mais riche en enseignements sur l’”Histoire parallèle”, celle qui se fait aux frontières, souvent dépassées, de la légalité, et qui nous échappe le plus souvent.
Depuis une quinzaine d’années dormaient dans les réserves du musée de Saint-Amand-Montrond des mystérieux sachets d’objets métalliques en vrac, scellés du cachet de cire de la Gendarmerie nationale. Par transparence, on reconnaissait par centaines des monnaies de toutes époques, des bijoux, des ferrailles de toutes sortes, inventoriés mais non identifiés. Leur tour étant venu de rentrer dans les bases de données des collections publiques, leur étude est l’occasion de revenir sur une vieille affaire de prospection clandestine dont les conséquences ont été assez exemplaires.
En 1997, la brigade de Gendarmerie de Saint-Amand a interpellé deux individus en flagrant délit de fouilles clandestines dans les cultures autour du prieuré d’Allichamps, près de Bruère, dans le Cher. Curieuse idée qu’avaient eu ces deux prospecteurs: le site, archi-pillé depuis les années 70, en particulier par une bande organisée presque de façon militaire, est visible de partout et surveillé. Les gendarmes n’ont d’ailleurs trouvé sur eux que des rebuts de métal. Les détecteurs ont été confisqués, et l’affaire (dont je ne connais pas les détails) s’est compliquée d’une perquisition au domicile des contrevenants. C’est là qu’ont été saisis toutes sortes d’objets archéologiques, supposés issus de fouilles clandestines. Le tout a été promptement emballé, mis sous scellés judiciaires et remis au musée le plus proche.
Tout dernièrement, le Procureur de la République a autorisé le bris des scellés -simple formalité mais qui a permis enfin de pouvoir étaler les objets à la lumière et de commencer leur identification et leur classement. Un premier examen confirmerait une des conclusion de l’enquête: ces prospecteurs ne travaillaient pas pour le plaisir de la collection, mais dans l’objectif d’arrondir leurs fins de mois. Sur les dizaines de monnaies romaines examinées, aucune n’a de valeur marchande et beaucoup sont de simples rondelles illisibles. Les monnaies médiévales et post médiévales sont moins nombreuses, mais beaucoup plus lisibles et souvent dans un état de restauration remarquable - les clandestins avaient une méthode de nettoyage des pièces d’argent que j’aimerais bien connaître - similaire à ce qu’on trouve sur les sites spécialisés en numismatique. Aucune fibule n’est intacte. De là à penser que les auteurs avaient vendus les plus beaux objets antiques et s’apprêtaient à se séparer des pièces médiévales, il n’y a qu’un pas.
Que vont devenir ces objets? Leur valeur scientifique est, pour l’heure, quasi nulle. Sortis de leur contexte archéologique, leur étude ne présente pas beaucoup d’intérêt. Ils vont donc être identifiés, dans les limites de leur lisibilité, inventoriés, puis intégrés aux collections publiques. Peut-être serviront-ils un jour à compléter des études sur l’origine des métaux employés pour les ateliers monétaires médiévaux, ou autre? Ils vont au moins permettre au médiéviste que je suis de se faire plaisir en parcourant des catalogues pour leur trouver une identité, occasion assez rare pour un historien non archéologue qui travaille presque toujours sur archives de manipuler autre chose que du parchemin.

Merci au lieutenant Desfougères, de la Gendarmerie nationale, ancien commandant du PSIG de Saint-Amand-Montrond, dont les souvenirs et les conseils ont été précieux pour nous aider à donner la place la plus juste dans les semaines à venir au mobilier à inventorier.

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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 08:11

deniers-Berry

 

Documentation peu spectaculaire et, reconnaissons le, d’un intérêt limité pour l’historien, les monnaies féodales sont rarement visibles dans les vitrines des musées locaux. Prisées par les collectionneurs, et atteignant parfois des prix sidérants sur internet, les frappes régionales sont un aspect méconnu de l’histoire de la région.
Voici quelques repères dans une discipline qui intéresse les historiens, archéologues et numismates.
Le droit de frapper monnaie était à l’origine un droit régalien. L’affaiblissement du pouvoir royal à la fin de l’époque carolingienne a, entre autres, provoqué une réduction du volume des pièces de monnaies émises sous l’autorité du souverain, donc une pénurie d’espèces, nuisible pour le commerce. Comme pour le droit d’élever des forteresses, des nobles sont passés outre les lois du royaume pour frapper leurs propres pièces d’argent ou de billon (une formule mélangeant du cuivre à l’argent), qu’on désigne sous le nom de deniers. On ne confondra pas les deniers médiévaux, petites rondelles de métal de faible épaisseur, avec les deniers romains, plus épais et donc plus lourds.
Si quelques pièces ont bien été battues à Bourges au nom du roi Lothaire et de ses successeurs avant l’an 1000, c’est surtout lors du premier âge féodal qu’on trouve la plus grande variété de deniers. Les plus nombreux ont été frappés à Déols et Issoudun entre 1012 et 1270. On compte parmi eux plusieurs frappes ordonnées par les rois Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion. Du même groupe politique, la seigneurie de Châteaumeillant, cadette de Déols, a produit quelques émissions. Les comtés de Gien et de Sancerre ont eu eux aussi leurs monnaies, tout comme, dans la moitié nord de la région les seigneuries de Mehun-sur-Yèvre, Celles-sur-Cher, Saint-Aignan et Vierzon.
Dans le sud du Berry, quelques frappes ont eu lieu à Charenton et Huriel. Ces monnaies sont si rares que, depuis plus de trente ans que je travaille sur ce secteur, je n’ai pas le souvenir d’en avoir vues ou touchées.
Un cas à part: la seigneurie de Bourbon qui, quoique deuxième force politique régionale après Déols et ses branches cadettes, a très peu émis de pièces d’argent. Quelques modèles sont répertoriés à Bourbon même et à Montluçon, mais on est loin de la variété des espèces frappées dans l’espace déolois. A cette situation une explication toute simple: le prieuré clunisien de Souvigny avait son propre atelier monétaire et sa production suffisait à couvrir les besoins locaux en numéraire. Un chapiteau de la priorale illustre cette activité.
Pour qui voudrait approfondir le sujet, il existe, dans les publications des sociétés historiques régionales, des bulletins numismatiques. Plus facile à trouver à partir d’un moteur de recherche ordinaire, quelques très belles pièces sont visibles sur des sites de vente en ligne. Les photographies, sous licence, ne sont pas reproductibles mais une copie à usage privé peut permettre de se composer une banque de données personnelle qui peut-être utile en cas de découverte fortuite.

 

 

feudal coins of  Berry

feudalen Münzen Berry

feudales monedas de Berry

monete feudali Berry

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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 08:34

vernet-manoir

 

Les habitués de ce blog et plus particulièrement les lecteurs du sud du département du Cher se souviennent peut-être de cette enquête, menée en collaboration avec le journaliste Philippe Cros, du Berry républicain, sur le destin du manoir du Vernet, à Saint-Amand-Montrond (Cher).

Cette demeure seigneuriale de petite dimension avait été remarquée en 1917 par un soldat américain en garnison à Saint-Amand. Le même, suppose t-on, en avait fait l'acquisition avec le projet de déposer ses plus beaux éléments et de les faire livrer aux USA. Le château a bien été démonté en 1919. Nous perdons sa trace ensuite. Tous les contacts pris en Amérique par Philippe et moi-même se sont révélés infructueux: aucun indice sérieux n'incite à penser que les pierres saint-amandoises ont bien été chargées à Saint-Nazaire comme la rumeur le prétendait.

J'ai décidé de relancer l'enquête pour le compte du trimestriel Berry magazine. L'hypothèse d'une vente élément par élément des belles pierres du Vernet pour la restauration de bâtisses victimes des bombardements de la Grande guerre n'est pas à écarter. Les cheminées, encadrements de portes et fenêtres et escaliers sont peut-être toujours quelque part en France, anonymes dans une propriété de caractére, et il existe une faible chance de les retrouver.

Je me permets de m'adresser à vous pour vous demander si vous disposeriez de photographies personnelles montrant le démontage du manoir et éventuellement des détails des pierres sculptées, et si vous accepteriez de m'en communiquer une copie pour illustrer le papier qui est prévu pour l'été?

Il existe une dossier très intéressant sur la base Mérimée du ministère de la Culture, mais les clichés ne sont pas libres de droit. Des photographies sur le mode de démontage pourrait permettre d'identifier les parties qui ont été soustraites de celles qui ont finies misérablement dans les remblais ou des réemplois occasionnels à Saint-Amand.

Une petite information pour finir: j'ai découvert dans la salle de sport ouverte dans l'ancienne grange du château une maçonnerie intérieure qui semble bien être la base d'une des tourelles d'angle de l'ancienne enceinte protégeant la cour intérieure du Vernet. Il s'agirait du vestige le plus ancien qui reste de ce petit ensemble défensif médiéval.

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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 09:40

Lanterne-Ciron-1

 

L’occasion s’est présentée, il y a quelques jours, de m’arrêter photographier la belle lanterne des morts du village de Ciron, entre Le Blanc et Argenton-sur-Creuse, dans l’Indre. Fréquentes sans être abondantes en Poitou et Limousin, ces constructions se comptent sur les doigts de la main en Berry, ce qui souligne l’intérêt du monument de Ciron.

 

Lanterne-Ciron-2

 

Cette lanterne, d’une réalisation soignée, est conforme aux modèles du temps: la colonne est cylindrique et ajourée de plusieurs ouvertures surmontées par un toit en ogive. Près de son ouverture a été aménagée une tablette dont la destination primitive reste soumise à diverses interprétations. La lanterne a perdu sa suspension intérieure comme on peut en voir dans certains cas.

 

Lanterne-Ciron-3

 

Vraisemblablement, si la lanterne des morts de Ciron se dresse encore aujourd’hui à son emplacement primitif, l’ensemble a été réaménagé. Juchée à une hauteur très inhabituelle, la colonne a très probablement été déposée et remontée sur un socle de neuf marches qui ne portent pas les traces d’usure habituelles sur les édifices médiévaux. Les socles des lanternes de Cellefrouin et de Ligné, les plus hautes que j’ai vues dans les Charentes, ne comptent que six marches de moindre hauteur. Les photographies prises à l’intérieur de la lanterne montrent que les pierres n’ont pas été rejointoyées. C’est peut-être à l’occasion d’un démontage et d’une réfection de l’édifice que le crochet de suspension du luminaire a été perdu.

 

Lanterne-Ciron-4

 

J’ai l’intention, dans les mois et années à venir, de poursuivre mes visites là où le hasard des routes me conduira, et de ramener des témoignages photographiques de ces curieux dispositifs funèbres. Si le sujet vous intéresse, vous pouvez aussi, dans le menu “pages” à droite de ce billet, découvrir quelques lanternes des morts que j’ai visité ces dernières années. Je complète cette page de nouvelles observations de temps en temps.

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 10:13

Hérisson

 

Cet épisode de l’histoire régionale n’est connu que par une très brève mention au bas d’une charte (n°108) recopiée dans le cartulaire de l’abbaye Saint-Sulpice de Bourges. L’acte est daté du mois où Raoul prit le castrum d’Hérisson. Si l’année n’est pas explicitement précisée, plusieurs indices temporels permettent de situer l’événement au milieu du XIe siècle.
Aucune difficulté pour identifier le Raoul cité dans le texte: contrairement à une idée reçue, largement propagée par la littérature et certains historiens peu regardants sur les anachronismes, plus on est élevé dans la hiérarchie féodale plus le nom est bref. Pour les contemporains, le nom de Raoul, sans mention de surnomination toponymique, ne peut désigner qu’un seul seigneur, Raoul, seigneur de Déols. Dans ce Berry féodal dont une grande partie de l’histoire nous échappe, la prise du château d’Hérisson dut avoir un retentissement considérable. Tout un pan de l’organisation géopolitique régionale venait d’être bousculé.
Voyons le contexte. Dans cet immense Berry du Sud, qui couvre un territoire s’étendant du Poitou à la Bourgogne et l’Auvergne, deux seigneuries principales construisent petit à petit leur espace politique. A l’ouest, les Déols, qui s’étendent lentement vers l’est et la vallée du Cher, et à l’est Bourbon, fixé sur un périmètre massif délimité par des accidents du relief ou des massifs forestiers. La frontière occidentale de cette ancienne seigneurie est matérialisée dans le paysage par une vaste barre rocheuse qui surplombe la rive droite du Cher sur plusieurs dizaines de kilomètres, percée par endroits par des vallées étroites qui sont les seuls axes de circulation pratiques entre la vallée du Cher et le cœur du domaine bourbonnais. Une de ces entrées, la vallée de l’Aumance, est verrouillée par une forteresse, Hérisson, tenue par un viguier de Bourbon, ce qui présente l’avantage de ne pas confier la place à un vassal, toujours susceptible de félonie.
C’est cette place forte qui tombe aux mains des berrichons pour quelques jours, mois ou années. Vers 1070, un nouveau viguier est en place, preuve que Bourbon est rentré en possession de son bien par rachat, négociation ou reconquête.
Cet épisode est difficile à analyser. Hérisson a t-il été pris par le seigneur de Châteauroux suite à un plan de conquête planifié, ou suite à un coup de main surprise à l’issue d’une chevauchée dans ces immenses landes peu peuplées qui occupaient le paysage en ce début d’ère féodale?
Du castrum primitif d’Hérisson il ne reste aucun vestige, la fortification de terre et de bois ayant été remplacée aux siècles suivants par une belle forteresse dont les ruines donnent à cette partie de la vallée un charme irrésistible. Un bel endroit à découvrir autant pour la densité de son passé que pour l’esthétique générale du lieu.

 


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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 09:35

Cluis-poterne

 

Vieille, très vieille forteresse que celle de Cluis, dans le sud de l’Indre. je ne dispose pas de toute la documentation nécessaire pour en parler de manière plus approfondie, mais un acte des alentours de l’an 1000 témoigne de la participation du seigneur du château de Cluis au siège de Saint-Benoît-du-Sault, lors d’une de ces multiples petites guerres privées qui émaillent le premier âge féodal. Seigneur et château, dans ces temps éloignés, sont des indices de l’importance politique et militaire de la place, alors simplement concrétisée dans le paysage par une grosse motte castrale portant une tour de bois, plus tard remplacée par un donjon circulaire dont les ruines dominent encore la place.

 

Cluis-motte-et-donjon

 

Jusqu’au XIIIe siècle, période à laquelle je cesse mes recherches, les seigneurs de Cluis ont été présents à de nombreuses occasions à des événements importants ayant marqué l’histoire du diocèse: fondation de Neuvy-Saint-Sépulchre, dotation des abbayes de Noirlac, Aubepierre, du prieuré d’Orsan plus quelques actes de violence à l’encontre des monastères régionaux, comme bien d’autres féodaux.
Il demeure de cet ensemble fortifié des ruines impressionnantes, dont celles d’une forte poterne. Entourant une vaste place d’arme gardant la trace de la carrière qui a fourni une partie des pierres de construction, une longue enceinte garnie de tours vient buter sur le donjon. On peut y observer les restes de la chapelle castrale dans les murs et d’un logis seigneurial édifié, d’après la forme des encadrements de fenêtres, à la fin de la période médiévale.

 

Cluis,-cour-intérieure

 

Outre son intérêt historique et archéologique, le site de Cluis offre une ouverture pédagogique adaptée à la découverte du Moyen-âge pour des classes de primaire (avec un bon encadrement, l’endroit pouvant être dangereux pour des gosses turbulents). L’an dernier, lors de mon passage sur place, des travaux de consolidation des murs étaient en cours, avec un soucis réel de pratiquer des restaurations qui ne jurent pas avec les anciennes maçonneries, détail appréciable et apprécié.

 

 

The fortress of Cluis

Die Festung von Cluis

forteresse de Cluis

la fortezza di cluis

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Dans l'objectif de partager avec le grand public une partie du contenu de mes recherches, je propose des animations autour du Moyen-âge et de l'Antiquité sous forme de conférences d'environ 1h30. Ces interventions s'adressent à des auditeurs curieux de l'histoire de leur région et sont accessibles sans formation universitaire ou savante préalable.
Fidèle aux principes de la laïcité, j'ai été accueilli par des associations, comités des fêtes et d'entreprise, mairies, pour des conférences publiques ou privées sur des sujets tels que:
- médecine, saints guérisseurs et miracles au Moyen-âge,
- l'Ordre cistercien en Berry;
- les ordres religieux en Berry au M.A.;
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- le fait religieux en Berry de la conquête romaine au paleo-christianisme...
- maisons-closes et la prostitution en Berry avant 1946 (animation réservée à un public majeur).
Renseignements, conditions et tarifs sur demande à l'adresse:
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Pour compléter votre information sur le petit patrimoine berrichon, je vous recommande "le livre de Meslon",  Blog dédié à un lieu-dit d'une richesse assez exceptionnelle. Toute la diversité d'un terroir presque anonyme.
A retrouver dans la rubrique "liens": archéologie et histoire d'un lieu-dit

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Présent sur le sol berrichon depuis un millénaire, l'âne méritait qu'un blog soit consacré à son histoire et à son élevage. Retrouvez le à l'adresse suivante:

Histoire et cartes postales anciennes

paysan-ruthène

 

Cartes postales, photos anciennes ou plus modernes pour illustrer l'Histoire des terroirs:

 

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Le rédacteur de ce blog s'oppose résolument aux projets d'implantation d'éoliennes industrielles dans le paysage berrichon.
Argumentaire à retrouver sur le lien suivant:
le livre de Meslon: non à l'éolien industriel 

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J'observe depuis quelques mois la fâcheuse tendance qu'ont certains visiteurs à me contacter directement pour me poser des questions très précises, et à disparaître ensuite sans même un mot de remerciement. Désormais, ces demandes ne recevront plus de réponse privée. Ce blog est conçu pour apporter à un maximum de public des informations sur le Berry aux temps médiévaux. je prierai donc les personnes souhaitant disposer de renseignements sur le patrimoine ou l'histoire régionale à passer par la rubrique "commentaires" accessible au bas de chaque article, afin que tous puissent profiter des questions et des réponses.
Les demandes de renseignements sur mes activités annexes (conférences, contacts avec la presse, vente d'ânes Grand Noir du Berry...) seront donc les seules auxquelles je répondrai en privé.
Je profite de cette correction pour signaler qu'à l'exception des reproductions d'anciennes cartes postales, tombées dans le domaine public ou de quelques logos empruntés pour remercier certains médias de leur intérêt pour mes recherches, toutes les photos illustrant pages et articles ont été prises et retravaillées par mes soins et que tout emprunt pour illustrer un site ou un blog devra être au préalable justifié par une demande écrite.