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3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 10:11

Sagonne-tetu

 

Il arrive parfois qu’on remarque, sans y prêter plus d’attention, des marques récurrentes sur des monuments civils ou religieux médiévaux.
Visitant il y a peu le château de Sagonne, dans le sud-est du département du Cher, j’ai pris le temps de photographier trois figures visibles à hauteur d’homme sur les pierres de parement de son donjon daté du XIVe siècle. Disposées sans ordre précis dans les maçonneries, ces traces permettent de se faire une idée de l’organisation des grands chantiers qui se multiplient  en cette fin de période médiévale.
Les spécialistes ont depuis longtemps identifié ces marques comme étant celles, soit d’un tailleur de pierre, soit d’un atelier travaillant sous les ordres d’un maître, et destinées à assurer la comptabilité pour des gens le plus souvent illettrés.

 

Sagonne-chevron

 

Contrairement à un certain nombre d’ouvriers journaliers dont le travail se mesurait par le temps (carriers, charretiers, maçons, tuiliers...), des corps de métiers spécifiques ne pouvaient être rémunérés qu’à la pièce, le volume de leur production variant selon les conditions climatiques, la longueur du jour, l’abondance de la matière première et surtout le savoir-faire de l’artisan.
Dans le cas de poutres maîtresses, d’encadrements de portes ou de linteaux de cheminées, l’identification de la provenance était facile. Pour des pierres de qualité travaillées selon des moyens identiques par plusieurs équipes dans la même carrière et transportées en vrac jusque sur le chantier, l’inventaire des produits à l’arrivée nécessitait une “traçabilité” efficace et infalsifiable. C’est pourquoi on suppose que sur le chantier d’extraction même chacun possédait sa marque qu’il gravait sur les pierres de taille sitôt celle-ci finies, avant de les livrer à disposition des charretiers assurant leur transport.
L’examen des murs du donjon de Sagonne permet de supposer qu’au moins dans un premier temps (je ne sais pas à quoi ressemblent les parements dans la partie supérieure de la construction) trois équipes distinctes se sont vues confier la tâche de réaliser les belles pierres apparentes du château. L’une avait choisi le chevron, l’autre la lunule et la troisième cet original têtu tracé à la pointe sèche. Chacune de ces signatures est si différente de sa concurrente que cela excluait le risque qu’un ouvrier malhonnête ajoute un signe pour falsifier les comptes de son collègue. La somme des pierres livrées permettait de payer aux ateliers le prix exact de leur travail.

 

Sagonne-lunule

 

Notons bien que le château de Sagonne n’est pas une originalité en la matière et que cet usage est facile à retrouver dans une quantité d’anciennes construction. Cela donne un intérêt supplémentaire à la visite d’abbayes et de forteresses et il existe des spécialistes du sujet qui étudient de très près ces reliefs de l’artisanat médiéval.

 

Sagonne-donjon

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Published by Olivier Trotignon - dans économie
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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 09:56

Villentrois-1

 

Le château de Villentrois, dans le nord du département de l’Indre, compte parmi les plus belles ruines qui témoignent du passé féodal de la région. Même s’il est une propriété privée, il est possible de l’approcher d’assez près à partir de la voie publique pour observer la majorité des structures en élévation.

 

Villentrois-2

 

Je n’ai personnellement jamais travaillé sur ce fief, trop écarté de ma zone d’étude et surtout, inscrit dans la mouvance des comtes d’Anjou. Seule une ou deux notes prises au hasard de mes dépouillements d’actes antérieurs au XIVe siècle rappellent qu’un seigneur du nom de Foulques tenait la place en 1230 (cartulaire de Levroux). En 1260, c’est un simple damoiseau, Goffridus, qui se déclare seigneur de Villentrois et rend hommage à l’archevêque de Bourges, comme des dizaines d’autres féodaux dans l’ensemble du diocèse.
N’ayant pas pour habitude de m’approprier les conclusions de mes confères, je laisserai donc au lecteur le soin de se documenter par lui-même sur l’histoire de ce site qui, me semble t-il, et de mémoire, a joué un rôle important pendant les troubles de la Guerre de cent ans. C’est de cette époque que date l’actuelle forteresse, élevée comme beaucoup d’autres, dans de calcaire blanc de la zone ligérienne auquel nous sommes si peu habitués dans nos régions qui tutoient le Massif Central.

 

Villentrois-3

 

Si je n’ai pu me rendre sur le site, je me suis un peu attardé dans les rues avoisinantes, qui révèlent quelques beaux éléments d’architecture contemporains du château. Il existe en particulier une falaise percée de troglodytes d’apparence très ancienne.
Il est regrettable que ce joli monument soit si peu indiqué, à quelques minutes du château de Valençay. Puissent ces quelques lignes inciter les amateurs de belles constructions militaires à le noter sur leurs projets de voyages.

 

Villentrois-4

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Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine militaire
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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 18:33

bouffons

 

Il ne viendrait à l’esprit de personne de présenter un film de science-fiction, genre Guerre des étoiles, comme une juste image de ce qu’a été la conquête spatiale à l’époque où Américains et Soviétiques se disputaient le ciel en pleine Guerre Froide.
C’est cette comparaison qui me vient à l’esprit les rares fois où je visite des fêtes ou marchés dits “médiévaux” qui sont, on est navré de le constater, plus proches du carnaval que de la reconstitution historique.
Il m’est arrivé de voir sur ces fêtes des puristes, des gens, jeunes ou moins jeunes, cherchant la perfection dans le détail d’un équipement sur un costume ou sur un harnachement, et ayant la discrétion de ne pas déclamer de manière péremptoire qu’ “au Moyen-âge, c’était comme ceci ou comme cela...”. Comme je l’écrivais dans un précédent billet, je ne partage pas leur passion, mais je reconnais leur travail, travail qui n’est pas plus respecté que celui des chercheurs dans nombre de sites où la période médiévale sert de prétexte à faire rentrer de l’argent dans les caisses de comités des fêtes ou de propriétaires de châteaux ou d’abbayes.
Certes, les temps sont rudes, les subventions se font rares et tout le monde a bien le droit de s’amuser.
Mais alors, à part le site qui accueille la manifestation et quelques efforts pour donner une ombre d’authenticité à l’ensemble, je n’arrive pas à accorder le moindre qualificatif de médiéval à des commerçants qui vendent t-shirts imprimés, grigris indiens, poteries régionales, bijoux maison, à de la musique venue des Balkans, à des costumes agrémentés de plumes de chouette, d’oreilles d’elfe en caoutchouc ou des fausses blessures sanguinolentes à souhait, et je passe sur les vêtements taillés dans du tissu industriel, portés avec des chaussures de sport et une pochette en sautoir pour le téléphone portable et le paquet de cigarettes.
Beaucoup de propriétaires de parcs floraux reconstitués autour de vieilles demeures ont la prudence de parler de jardins d’inspiration médiévale, et cette réserve les honore. Soyons donc comme eux vigilants sur le vocabulaire qu’on emploie. Qualifier une fête locale de carnaval ou de rencontre autour du Moyen-âge permettrait peut-être au grand public de faire la part des choses, et éviterait que les visiteurs pour lesquels la période antérieure à 1450 n’est qu’un vague souvenir de la classe de 5e repartent avec une vision complètement factice d’une époque dont ces festivités éclipsent l’incroyable richesse.

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Published by Olivier Trotignon - dans actualité
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7 juillet 2012 6 07 /07 /juillet /2012 08:02

deniers-Vierzon

 

Beaucoup d’entre vous auront sans doute l’occasion de passer par Bourges pendant les mois d’été, aussi dois-je sans tarder vous recommander une exposition de grande qualité, ouverte jusqu’à la fin du mois de septembre.
Le Musée du Berry présente en effet au public une partie de sa collection numismatique comme support de l’exposition “Pile et face! Monnaies et jetons sortent des réserves...”, privilégiant, ce qui est logique, les espèces monétaires produites et ayant circulé dans la région. Le Moyen-âge, très bien représenté, n’est pas la seule époque étudiée: les vitrines offrent un panorama numismatique allant d’un quart de statère biturige à un euro émis pour le Printemps de Bourges, mais c’est bien dans le monnayage féodal que se trouvent, à mes yeux, les plus belles pièces de l’exposition.
J’avais, il y a quelques mois, choisi d’écrire un billet sur les monnaies produites par la féodalité berrichonne tout en déplorant avoir peu d’illustrations à proposer au lecteur, tant certaines monnaies sont rares. L’exposition de Bourges a de quoi combler les plus exigeants. On y trouve entre autres une série de deniers locaux, certains faciles à trouver sur les bourses aux collections, comme les monnayages de Déols, d’autres tout à fait rarissimes comme ceux de Charenton et de Châteaumeillant, que je voyais pour la première fois. Des ensembles de deniers d’Issoudun, Vierzon, Nevers ou Saint-Aignan laissent imaginer le contenu d’une bourse à l’époque des Croisades.

 

denier-Charenton

denier de Charenton, fin XIIIe

 

Le haut Moyen-âge est illustré par d’autres émissions rares, comme ce denier mérovingien de Bourges, élément du trésor trouvé à Fontemeurant, entre Coust et Charenton, dans le Cher, ou encore des deniers carolingiens frappés à Bourges. Quelques beaux écus d’or de la fin de la période et de la Renaissance attirent aussi l’attention.
Pour ceux d’entre vous qui auraient un faible, comme moi, pour les monnaies gauloises, les principales productions régionales, bituriges et carnutes, mériteraient à elles seules la visite.
On appréciera donc la pertinence du choix des objets illustrant l’exposition. Il n’y a pas que des fleurs de coin, et mettre des pièces usées ou fragmentées est un bon reflet du contenu des médaillers des collections publiques et, j’imagine, privées. Dans les arguments qui mettent en valeur le thème, la disposition de loupes partout où la vue ordinaire ne suffit pas à découvrir l’objet, la présence de documents, instruments de changeurs et coins monétaires, un catalogue très bien illustré et la gratuité du musée.
Un bémol technique: le local où est montée l’exposition est une crypte de béton à laquelle le conditionnement de l’air donne un caractère légèrement oppressant et l’éclairage est parfois insuffisant. Une petite lampe de poche peut s’avérer utile pour permettre au numismate de profiter des détails.
Ces détails mis à part, c’est une très belle initiative qu’a prise là la conservation du musée et que nous saluons à juste titre!

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Published by Olivier Trotignon - dans économie
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24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 19:58

Manzay-1

 

A plusieurs reprises, j’avais emprunté cette route de la rive gauche du Cher qui conduit de Saint-Florent à Brinay et Vierzon, dans le Cher et remarqué un panneau indiquant un prieuré classé Monument historique. La semaine passée, j’ai eu, à l’occasion d’un déplacement professionnel, le loisir de faire une petit crochet par ce site dont j’ignorais tout et d’être, sans exagérer, stupéfait par ce qui se présentait face à moi.
Une splendide priorale gothique en grande partie intacte s’élève dans un environnement à la fois agricole et horticole, de très beaux jardins occupant une partie du lieu. D’une taille plus conforme à ce qu’on attendrait d’une abbaye que d’un simple prieuré, le bâtiment est d’une qualité rare. La faible luminosité matinale compliquée par un temps brouillé n’a pas permis de ramener de cette visite des photos très claires, mais on distingue cependant l’essentiel.
Manzay est un prieuré qui a laissé peu de traces de son activité dans les archives locales. Seule une liasse de l’abbaye Saint-Laurent de Bourges a conservé, à partir de la fin du XVe siècle, le rappel d’un accord entre les moines bénédictins de Saint-Laurent et le prieur de Manzay (Archives départementales du Cher 39 H 129).

 

Manzay-2

 

Fondé vers 1150 au profit de l’abbaye Notre-Dame d’Issoudun, ce monastère est acquis en 1340 par les religieux limousins de l’Artige, ordre monastique peu connu du grand public. A la Révolution française, c’est le collège des Jésuites de Limoges qui a la main sur cet établissement (d’après Dom Besse, Abbayes et prieurés de l’ancienne France, tome 5, province ecclésiastique de Bourges, p. 58, Ligugé 1912).
D’autres informations sont accessibles sur internet, particulièrement sur les possibilités de visite de ce lieu aujourd’hui dédié à la botanique.

 

Manzay-3

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Published by Olivier Trotignon - dans monachisme-clergé régulier
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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 10:10

voleur

 

Il a quelques semaines, je rapportai  le cas d’un couple de pilleurs de sites archéologiques pris une main dans le sac et l’autre sur la poignée d’un détecteur de métaux par les gendarmes de Saint-Amand près d’un prieuré très connu par ici.
Permettez moi de vous présenter des malfaisants d’une autre espèce, qui hantent non pas les champs labourés mais les blogs en quête de pages entières à dérober à l’insu de leurs auteurs.
Le profil général est plutôt masculin et adulte, qui dissimule son identité derrière des pseudonymes navrants type grand seigneur du temps jadis. Le pilleur nouvelle vague gère des sites internet ou forums consacrés à la reconstitution médiévale. Bercé, je suppose, dans un fantasme de guerrier invincible et surtout bien au dessus des misérables contingences humaines, ce noble chevalier (au minimum, mais certains se proclament comtes, ducs ou rois) se conduit comme un vulgaire voleur à la roulotte, en copiant des articles complets pour les reproduire, illustrations comprises, sans aucune autorisation, sur leur propres espaces internet. J’ai été délesté de plusieurs pages depuis quelques mois et ai découvert qu’un de mes contacts les plus sûrs, dont le blog apparaît dans les liens à droite de votre écran, avait lui aussi fait les frais de ces raids de pillards informatiques.
Que les choses soient claires. J’ai de bons contacts avec des membres de groupes de reconstitution historique. Je ne partage pas leur passion, mais je les reconnais comme des amateurs sérieux avec lesquels on peut échanger dans des conditions normales. Quand ceux-ci se servent d’un article, ils y ajoutent le lien indispensable qui relie le billet à sa source. A chaque fois qu’un administrateur de site internet - mairie, office de tourisme, blog spécialisé... - m’a demandé à se servir de mes écrits, j’ai toujours accepté, sous réserve que sa démarche serve bien l’intérêt public et pas celui de groupuscules extrémistes.
Là, il s’agit de tout à fait autre chose. Parler de propriété intellectuelle à quelqu’un qui n’a ni la capacité ni le courage de faire des recherches et d’écrire peut sembler ambitieux, mais ce n’est pas un statut virtuel de pillard normand ou de templier qui impressionnera la Justice si d’aventure je portais plainte pour vol.
J’invite donc tous les gestionnaires de sites et forum qui se serraient servis dans mes blogs (Berry médiéval, le Livre de Meslon ou âne G N B) à se mettre en règle soit en mettant un lien bien visible à chaque notice “empruntée”, soit en l’effaçant, soit en en achetant les droits, comme pour la Presse.
Je recommande également à vous tous, auteurs de contenus sur Internet, à chercher votre nom ou le titre de vos pages sur un bon moteur de recherche. Des surprises vous y attendent!

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 18:58

croix-d'Orval

 

J’ai le plaisir de vous convier à assister à un événement rare, dans un cadre prestigieux. Mardi 26 juin, de 20h30 à 22h, dans la salle des Carmes de l’Hôtel de ville de Saint-Amand-Montrond, dans le Cher, je m’associe à la section locale de la Croix-Rouge pour présenter une conférence sur le thème: “médecine, saints guérisseurs et miracles en Saint-Amandois au Moyen-âge”.
Le but, clairement avoué, de la soirée, est de réunir des fonds pour aider la Croix-Rouge à acquérir un défibrillateur. L’entrée sera libre, une corbeille mise à disposition des donateurs sera accessible à l’entrée de la salle.
La conférence débutera à l’heure précise (20h30) pour permettre, à 22h, à mon ami et collègue de travail Patrick Couson, enseignant en bijouterie et formateur en secourisme, de faire une démonstration de fonctionnement d’un défibrillateur, engin indispensable mais encore trop mal connu du grand public.
C’est la première fois, en presque 20 ans de “carrière” de conférencier, que je participe à une action de santé publique. Merci à vous, lecteurs et lectrices, de nous aider en diffusant le plus largement possible l’information auprès de vos contacts sensibles à la Culture et aux œuvres humanitaires.
Au plaisir de vous retrouver ou de vous rencontrer pour cette “Nuit du défibrillateur”!

 

relique-Levroux

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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 19:06

Bénitier-St-Céols-1

 

A première vue, le petit village de Saint-Céols, entre Bourges et Sancerre n’a rien qui puisse retenir l’attention d’un historien de la période médiévale et il m’est arrivé quelque fois de le traverser en jetant juste un œil, par réflexe, sur son église. C’est en me documentant sur la question des bénitiers médiévaux en fonte de fer que j’ai trouvé l’indication de l’existence d’une pièce de fonderie exceptionnelle conservée dans la petite chapelle paroissiale. Invité il y a quelques jours par l’Association Saint-Céolaise à présenter une conférence dans les chais du Domaine du Prieuré, j’ai pu profiter de l’occasion pour aller découvrir l’objet.
Ce bénitier de belles dimensions, environ 80 cms de diamètre pour un demi-mètre de hauteur est dans un bon état de conservation suite, me semble t-il, à une restauration rendue impérative par le peu de soin avec lequel on avait naguère traité la cuve, abandonnée aux intempéries. Son originalité consiste en la présence de trois pieds, vraisemblablement soudés, en forme de lions, qu’on ne trouve pas sur les autres bénitiers de même nature observables dans le secteur, soit qu’ils n’en ont jamais été munis, soit qu’ils en sont orphelins.

 

Bénitier-St-Céols-2

 

Une légende, en lettres gothiques, réhausse l’impression générale de grande qualité de la pièce, qui témoigne du dynamisme de l’activité métallurgique en Berry à la fin de la période médiévale.
Ceci n’a pas échappé aux spécialistes du sujet, au point que cette lourde cuve de fonte a été choisie pour être présentée, il y a quelques décennies, au public japonais, fin connaisseur en matière de travail des métaux.

 

Bénitier-St-Céols-3

 

Il m’est difficile de vous inviter à vous arrêter à Saint-Céols pour découvrir cette curiosité, l’ouverture de l’église étant aléatoire, ce qui est parfaitement compréhensible vue la faible population résidant dans le village. En revanche, les amateurs de bons vins noteront que les Menetou-Salon de Pierre Jacolin, voisin de l’église et propriétaire du domaine du Prieuré, méritent qu’on s’y attarde!

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Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine religieux
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27 mai 2012 7 27 /05 /mai /2012 09:25

Sainte-Agathe1

Lorsque l’on évoque les lieux qui ont inspiré Alain Fournier pour l’écriture de son roman Le grand Meaulnes, il en est un qui retient tout particulièrement l’attention des passionnés du patrimoine culturel régional, par la beauté et la simplicité du site qu’il occupe. Située à quelques kilomètres du bourg de Saint-Désiré, dans l’Allier, au sommet d’une colline qui se détache de très loin dans le paysage, s’élève une petite chapelle connue sous le vocable de Sainte-Agathe.
L’amateur de belles pierres médiévales, surtout s’il s’est arrêté visiter la remarquable église romane de Saint-Désiré avant de venir, sera peut-être déçu par le monument, rénové de façon si vigoureuse qu’on se prend à douter de ses origines médiévales, pourtant bien marquées dans l’abside et les absidioles du chevet. La façade et le clocheton, en revanche, ne portent pas les même traces de passage du temps constatées sur les monuments religieux du même périmètre, ce qui semblerait indiquer une reprise des maçonneries à un moment ou un autre.
La destination de  cette chapelle, construite dans un secteur qui, quoique peu peuplé, n’était pas à l’écart de la civilisation - l’abbaye cistercienne de Bussière, qui est à deux pas, le prouve - pourrait se révéler plus intéressante que le monument lui-même.
Sainte-Agathe, lieu de procession est aussi, si l’on en croit les folkloristes qui ont travaillé sur les traditions populaires, un emplacement qui a généré des légendes en relation avec la sorcellerie et les superstitions populaires. Sa position éminente dans le paysage peut suffire à expliquer que l’imagination des ruraux qui l’apercevaient quotidiennement ait été attisée par sa silhouette sombre sur son sommet de colline.
D’autres hasardent le fait que l’endroit aurait été parfait pour un lieu de culte antérieur au Christianisme, qu’un toponyme : le Mont Lubin, ayant peut être une racine commune avec le nom du dieu gaulois Lug, est attaché à ce lieu, que l’emplacement de la chapelle serait idéal pour communiquer à l’aide de signaux lumineux jusqu’à une grande distance... tout ceci est bien entendu, dans l’état, difficile à vérifier. Seul un indice, l’existence d’un très grand site antique tout près de Sainte-Agathe, pourrait, à la rigueur, donner un peu de consistance à ces interprétations.
Notons que l’Eglise a peut-être tout simplement voulu imposer symboliquement sa présence en la matérialisant par un petit édifice visible à des lieues à la ronde sans forcement avoir voulu contrer des pratiques païennes ancestrales.

 

Sainte-agathe-2

 

 

Pas toujours évidente à trouver pour qui ne dispose pas d’une carte à petite échelle, Sainte-Agathe doit être visitée par temps clair. De la plate-forme sur laquelle se dresse le monument, tout un paysage se développe jusqu’aux monts d’Auvergne et à la Marche, offrant un point de vue idéal sur une région peu marquée par les verrues inesthétiques du modernisme.

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Published by Olivier Trotignon - dans patrimoine religieux
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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 22:22

Souages1

 

Voici une information qui devrait satisfaire les amateurs éclairés de petit patrimoine ancien: un de mes correspondants m’a signalé, voici peu, l’évolution de la situation de la pierre à la dîme de l’ancien prieuré de Souages, dont nous avons parlé à plusieurs reprise dans ces pages.
Cette très rare pierre de capacité, mal datée (médiévale ou post-médiévale), était en effet dans une position délicate: sise sur une propriété privée, sans protection particulière, ses bassins à mesurer le grain étaient exposés à tous vents, et menacés par la pluie et le gel.
Plusieurs personnes s’étaient émues de cette situation de péril. Le Berry Républicain avait même, il y a plusieurs mois, consacré un grand article à ce vestige.
L’excellente nouvelle que m’a rapportée mon contact est la mise hors d’eau de la pierre. Quelqu’un s’est en effet chargé d’aménager un petit abri métallique qui isole l’objet de la rigueur des éléments.
Est-ce là l’aménagement le plus adapté qu’on aurait pu souhaiter pour la pierre à la dîme? Peu importe. Il faut, sincèrement, saluer l’initiateur de ce sauvetage et l’assurer de toute la gratitude d’un public attentif à la protection du patrimoine historique et archéologique régional.
Un bel objet à découvrir.

 

Souages2

 

 

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Dans l'objectif de partager avec le grand public une partie du contenu de mes recherches, je propose des animations autour du Moyen-âge et de l'Antiquité sous forme de conférences d'environ 1h30. Ces interventions s'adressent à des auditeurs curieux de l'histoire de leur région et sont accessibles sans formation universitaire ou savante préalable.
Fidèle aux principes de la laïcité, j'ai été accueilli par des associations, comités des fêtes et d'entreprise, mairies, pour des conférences publiques ou privées sur des sujets tels que:
- médecine, saints guérisseurs et miracles au Moyen-âge,
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Renseignements, conditions et tarifs sur demande à l'adresse:
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Pour compléter votre information sur le petit patrimoine berrichon, je vous recommande "le livre de Meslon",  Blog dédié à un lieu-dit d'une richesse assez exceptionnelle. Toute la diversité d'un terroir presque anonyme.
A retrouver dans la rubrique "liens": archéologie et histoire d'un lieu-dit

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Présent sur le sol berrichon depuis un millénaire, l'âne méritait qu'un blog soit consacré à son histoire et à son élevage. Retrouvez le à l'adresse suivante:

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Le rédacteur de ce blog s'oppose résolument aux projets d'implantation d'éoliennes industrielles dans le paysage berrichon.
Argumentaire à retrouver sur le lien suivant:
le livre de Meslon: non à l'éolien industriel 

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J'observe depuis quelques mois la fâcheuse tendance qu'ont certains visiteurs à me contacter directement pour me poser des questions très précises, et à disparaître ensuite sans même un mot de remerciement. Désormais, ces demandes ne recevront plus de réponse privée. Ce blog est conçu pour apporter à un maximum de public des informations sur le Berry aux temps médiévaux. je prierai donc les personnes souhaitant disposer de renseignements sur le patrimoine ou l'histoire régionale à passer par la rubrique "commentaires" accessible au bas de chaque article, afin que tous puissent profiter des questions et des réponses.
Les demandes de renseignements sur mes activités annexes (conférences, contacts avec la presse, vente d'ânes Grand Noir du Berry...) seront donc les seules auxquelles je répondrai en privé.
Je profite de cette correction pour signaler qu'à l'exception des reproductions d'anciennes cartes postales, tombées dans le domaine public ou de quelques logos empruntés pour remercier certains médias de leur intérêt pour mes recherches, toutes les photos illustrant pages et articles ont été prises et retravaillées par mes soins et que tout emprunt pour illustrer un site ou un blog devra être au préalable justifié par une demande écrite.