Samedi 11 octobre 2008

Peu connu du grand public car isolé dans la campagne et sans balisage particulier, le prieuré roman de Soye, sur la commune de Saint-Georges-de-Poisieux est un monument à découvrir. D'un plan rectangulaire très simple, le bâtiment roman est  construit sur un léger tertre qu'on ne saurait affirmer naturel ou artificiel. Sa façade est sobre, plus dépouillée que celle du prieuré de Drevant, mais il conserve sur ses cotés latéraux deux lignes de modillons, alors que Drevant en est dépourvu. On remarque sur la façade la présence de chapiteaux en calcaire clair qui tranche sur la pierre de taille ocre de l'ensemble. L'intérieur conserve un chœur très simple encore occupé par un autel et divers anciens fonds baptismaux. 

L'originalité du lieu tient aussi à la présence de bâtiments attenants à la partie médiévale, héritiers de l'ancienne exploitation agricole complémentaire de l'activité religieuse. Outre quelques très beaux modillons, dont un curieux reptile joueur de harpe ou de rote, on remarque plusieurs restes de cadrans solaires, difficiles à dater.

Le prieuré de Soye donnait son nom au Moyen-âge à la Loubière, dite "Eau de Soye - aqua de Saia", petite rivière toute proche. Il était une dépendance de l'abbaye Notre Dame de Puyferrand, proche du Châtelet-en-Berry, accueillant des chanoines de Saint-Augustin.

 



 

Par Olivier Trotignon - Publié dans : patrimoine religieux - Communauté : Vieilles Pierres
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Mercredi 8 octobre 2008

(sceau médiéval - collection privée à Bourges)

Les archives municipales de Saint-Amand-Montrond, dépositaires des lambeaux du chartrier du couvent de Carmes (occupé aujourd'hui par l'hôtel de ville), ont conservé la narration d'un miracle attribué à une œuvre d'art aujourd'hui perdue, l'image de Notre-dame de recouvrance. Nous ignorons tout du support matériel de cette figure de la Vierge, tableau ou statue, mais on sait que sa notoriété était assez grande pour attirer vers Saint-Amand des pèlerins qui étaient entre autres hébergés à l'hôtel de l'Image - référence explicite à la Vierge - lors de leur séjour saint-amandois. Cette auberge changea de nom lorsqu'elle se transforma en relais de poste et fut alors connue en tant qu'hôtel de la Poste, qui conserve encore aujourd'hui une tradition hôtelière.

Les archives des Carmes perpétuent le souvenir de deux miracles attribués à l'Image. Le premier traduit plus une foi locale qu'une intervention directe de l'entité miraculeuse. Un ouvrier carrier, pris dans éboulement du front de carrière, est retrouvé sain et sauf par les sauveteurs persuadés de chercher un cadavre et non un rescapé. Le malheureux déclare devoir la vie à Notre-dame de recouvrance.

Le second récit est beaucoup plus précis et évoque une guérison miraculeuse. Sa transcription donne à quelques détails près ce qui suit:


"(...)  daté du vingt  troisième jour d’Aoust  mille cinq cent  trois, et ce qu’une femme nommée Andrée veuve de Jean Telin paroissienne de Taulmier native du village des Reynarts paroisse d’Orsan estant en necessité ... de sa personne ayant memoire de Dieu et de nostredame de recouvrance, fist sa requeste à la dite dame,  ... necessité qui estoit une maladie en forme de (catarce) en telle sorte qu’elle ne parloit ny ne mouvoit sauf du bras dextre  et fut depuis le vingthuitième de juillet jusqu’au douzième du mois d’aout lajusqu’au douzième du mois d’aout lensuivant save par le boire ny manger ny remuer un membre sauf que sondi bras dextre; pour laquelle affliction il luy vint en memoire de voüer et recommander a nostre dame de recouvrance en promettant a son createur la venir voir aussitot en son eglise et chapelle du couvent des Carmes en la ville de Saint Amand, et alors se fit ammener en ladite eglise et chapelle, portée devant l’image de notre dame de recouvrance, peu de temps après elle parla fort bien, fut guerie de sa maladie qu’elle avoit en son corps et puis se tourna et marchoit fort bien, comme le tout est plus amplement déclaré (...)"

 

Selon le texte, cette paroissienne de Thaumiers guérit de ce qui ressemble à une hémiplégie à la seule vue de l'image de la Vierge, rappelant le rôle de médiation de certains objets de culte entre la sphère divine et le monde des humains. L'image est l'intermédiaire entre la Vierge et le croyant et a valeur de relique d'autant plus nécessaire que la Bonne Dame, comme on l'appelait encore récemment en Berry, n'a laissé presque aucune trace matérielle de son séjour terrestre.

Il est bien entendu que l'historien n'a pas à se prononcer sur la véracité du contenu de ce récit - chacun juge ces événements selon sa propre appréciation du fait religieux ancien - mais qu'il dispose par ce type de témoignage d'informations irremplaçables sur l'univers mental dans lequel évoluaient les gens de la région à la fin du Moyen-âge.

 

Par Olivier Trotignon - Publié dans : sources/littérature - Communauté : Vieilles Pierres
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Dimanche 5 octobre 2008


Il m'a semblé intéressant de consacrer quelques lignes à un curieux réemploi d'une sculpture médiévale d'origine inconnue, visible dans une propriété privée du canton de Charenton-du-Cher, sur laquelle le lecteur voudra bien, par respect envers les propriétaires, comprendre ma discrétion.
Cette tête fut initialement trouvée lors de la démolition d'une ancienne grange, et quelqu'un eut l'idée de s'en servir pour briser la monotonie d'un mur. Son originalité tient à l'incrustation de deux petits éclats de pierre noire pour figurer les pupilles du personnage couronné que représente l'objet. D'une trentaine de centimètres de hauteur, cette statue de calcaire type "la Celle" semble de facture gothique et rappelle certains culs-de-lampe comme on peut en observer dans des chapelles de la fin du Moyen-âge. 
On signale dans un périmètre étendu plusieurs bâtiments religieux partiellement ou totalement démolis qui pourraient être à l'origine de la récupération de cette pièce. L'abbaye Notre-Dame-de-Charenton et l'église de Saint-Pierre-les-Etieux ont été sérieusement malmenées par le passé et une fondation templière, située entre Saint-Amand et le Pondy, aurait été complètement détruite. 
L'aide d'un collègue historien de l'Art serait la bienvenue pour affiner la datation de ce vestige. 

 
Par Olivier Trotignon - Publié dans : patrimoine religieux - Communauté : Vieilles Pierres
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Mercredi 1 octobre 2008



photo I.G.N.

Des outils logiciels très simples d'emploi et disponibles sur internet permettent un utile croisement des sources. Ainsi, par un simple passage en revue des images aériennes et satellites disponibles sur la région d'Ainay-le-Vieil, dans le Cher, il a été possible de localiser l'emplacement d'une ancienne maison forte de la fin du Moyen-âge, complètement arasée, mais bien visible sur le cadastre napoléonien de la commune de la Celette, à l'époque où celui-ci était encore détenu en mairie. Les prospections à vue sur le terrain n'ayant rien donné, c'est par les airs que nous pouvons retrouver la trace de cette ancienne micro-forteresse.

Rappelons que les maisons fortes sont parfois confondues avec les mottes castrales dans l'esprit du public averti. La motte castrale est le vestige d'un ancien château de bois construit à partir du XIe siècle principalement, sur un tertre assez élevé par des apports de remblais extérieur à l'ouvrage. Ces mottes, sièges d'un pouvoir féodal structuré à un niveau supérieur de la hiérarchie politique locale, sont assez peu nombreuses et sont souvent l'amorce d'un foyer urbain.

Construites par la petite aristocratie à la fin du Moyen-âge, les maisons fortes sont plus nombreuses en secteur rural. Constituées d'une douve séparant une plate-forme du relief ordinaire, elle accueillaient le plus souvent de grosses demeures fortifiées dont le bois était le matériau principal. Si beaucoup ont été abandonnées ou se sont transformées en de simples exploitations agricoles, quelques unes ont évolué en petits châteaux-forts ou hôtels particuliers à la période post-médiévale.

Le cas du château de la Lande est intéressant, car il traduit bien la fragilité de ce genre de petit patrimoine militaire. Préservé pendant des siècles dans un paysage de bocage à toutes petites parcelles, il est totalement arasé lors du remembrement qui défigure la commune de la Celette dans les années soixante-dix. Cette destruction est ignorée des archéologues de l'époque. Les photographies aériennes verticales permettent de retrouver la forme primitive des fossés comblés, au milieu des traces des bûchers du remembrement.

J'invite toute personne qui aurait pu avoir le loisir d'observer de tels vestiges par hasard ou par une prospection méthodique d'en communiquer les détails aux services d'archéologie départementale, pour favoriser la mise en œuvre de mesures de sauvegarde en cas de menace ultérieure.

 

 

Par Olivier Trotignon - Publié dans : patrimoine militaire
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Samedi 27 septembre 2008


Le mur du cimetière de Coust, de facture moderne, intègre quelques curieux éléments de réemploi, dont un grand morceau de dalle funéraire de presque trente centimètres d'épaisseur, sur laquelle peut être reconnu un personnage, probablement religieux et une légende qui mériterait l'avis d'un épigraphiste. Il est difficile de savoir si les autres fragments de dalle reconnaissables dans la maçonnerie  appartiennent à une seule pierre tombale ou à plusieurs.
Il se peut qu'il s'agisse là des ultimes traces du prieuré médiéval connu dès la seconde moitié du XIII dans ce village, dépendant de l'abbaye bénédictine voisine connue sous le vocable de Notre Dame de Charenton, et détruit à une date inconnue
 

 
Par Olivier Trotignon - Publié dans : patrimoine religieux - Communauté : Vieilles Pierres
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Samedi 20 septembre 2008
La communication de mes travaux passe par des publications, des articles sur internet (dont des notices sur Wikipédia) et des manifestations publiques.
Depuis une vingtaine d'années environ, je propose des conférences sur des thèmes régionaux ou généralistes (monde médiéval, religions antiques, zootechnie de l'âne Grand noir du Berry) dans des cadres aussi différents que les Journées du Patrimoine, le colloque cistercien de Bourges ou l'université d'été des Naudins, répondant aux invitations de la Société nationale d'histoire de la médecine, l'office du tourisme de Vesdun, les amis du Vieux Montluçon ou la bibliothèque de Saint-Amand-Montrond. J'ai eu aussi le plaisir de collaborer avec des écoles primaires autour de la Préhistoire et du patrimoine.
Le programme de mes activités pour 2009 n'est pas encore arrêté mais cinq conférences sont déjà prévues:

-les berrichons et le voyage au Moyen-âge: croisades, guerres, pèlerinages, commerce forain
organisation: Office de tourisme de Vesdun
date: 22 février 2009, 15h, salle de la maison du patrimoine (environ 70 auditeurs) 
-Médecine et miracles en Berry: se soigner au Moyen-âge
organisation: Université du temps libre d'Issoudun
lieu: auditorium de l'IUT
date: jeudi 9 avril 2009 - 18h (environ 50 personnes présentes)
link

-Médecine et miracles en Berry: se soigner au Moyen-âge
organisation: Association "AU COEUR DU SUJET"
75 rte des Aix 18250 Henrichemont
0248267896  0612411991
lieu: Neuilly-en-Sancerre
date: vendredi 24 avril 2009 (une trentaine d'auditeurs)

-Journée européennes du patrimoine 2009 
organisation: Office de tourisme de Vesdun
Premières cisterciennes en Berry - l'abbaye cistercienne de Bussière aux XIIe-XIIIe siècles
dimanche 13 septembre, à partir de 15h, accès libre, résumé de la conférence en vente sur place

Le lecteur voudra bien noter que n'étant pas conférencier professionnel, il est pour moi exclu de présenter mes interventions comme un produit commercial et que j'accorde une priorité à tous mes contacts amicaux et aux gens qui me font confiance depuis des années. Les thèmes développés s'inscrivent dans une démarche totalement laïque et dans le respect des croyances et de la conscience de chacun. Toute personne, sectaire ou intégriste, est priée d'aller s'adresser ailleurs. Dans certains cas, mes exposés peuvent être une manière personnelle de soutenir des causes justes (comme la lutte contre un site d'enfouissement de déchets ultimes, il y a quelques années) et sont dispensés dans ce cas à titre gratuit.
Pour tout projet fin 2009 ou 2010, merci de prendre contact par message privé à l'adresse suivante:
link 
   
Par Olivier Trotignon - Publié dans : actualité - Communauté : Vieilles Pierres
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Vendredi 12 septembre 2008
La conférence:


La seigneurie de Charenton du XIe au XIIIe siècle

aux origines du saint-amandois: politique, religion et société au temps des Croisades



s'est tenue dimanche 21 septembre 2008 sur la place de l'église de la Perche (Cher). Je tiens sincèrement à remercier le petit groupe d'auditeurs (à peine une trentaine) et mes amis de l'Office de tourisme de Vesdun qui s'est chargé de l'organisation et de la promotion de cette activité. J'ai particulièrement apprécié la gentillesse des habitants de la Perche qui ont mis spontanément à ma disposition un micro et sorti des bancs de l'église pour le confort du public.
Je regrette tout aussi sincèrement  que la commune voisine d'Ainay-le-Vieil ai omis de relayer l'information pour la première fois depuis 6 ans que j'anime les journées du patrimoine dans le canton de Saulzais-le-Potier, et qu'aucune affichette n'y ait été visible. C'est ainsi que va la Culture dans le bocage berrichon....


contact Office du tourisme de Vesdun
link
 

 
Par Olivier Trotignon - Publié dans : actualité
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Jeudi 11 septembre 2008

Un ensemble remarquable, quoique peu connu, de sépultures médiévales fut découvert dans le jardin du prieuré de Drevant dans les années soixante-dix, à l'occasion des travaux d'aménagement de l'ancien bâtiment médiéval en résidence. Cette fouille de sauvetage, opérée sous la direction de Jacques Gourverst, chercheur antiquisant alors en charge de la conservation du musée de Châteaumeillant, ne permit pas à l'époque de conclure sur l'origine des inhumations mises au jour.

De nouvelles données méritent qu'on s'attarde sur ce qui pourrait être une des premières nécropoles seigneuriales du Berry.

Nous savons que le seigneur Ebe de Charenton, seigneur de Saint-Amand au milieu du XIe siècle et probable constructeur des châteaux de Charenton, Saint-Amand et Drevant, offrit au monastère creusois du Moûtier-d'Ahun la terre qui devait voir s'élever le futur prieuré. Considérant que toutes les familles féodales de cette époque eurent soin de se faire enterrer près de monastères pour assurer le salut de leur âme, on trouve des nécropoles seigneuriales à Déols - pour les seigneurs du même nom, Orsan, pour les Culan et les Lignières, la Chapelaude, pour les Huriel et Souvigny, pour les Bourbons. On sait par ailleurs qu'à partir de la fondation de Noirlac, les successeurs du premier Ebe de Charenton se firent enterrer, ou emmurer, dans le cloître cistercien, mais on ignore tout des pratiques de leurs prédécesseurs. Or, le prieuré de Drevant était le seul établissement monastique d'importance suffisante, avec l'abbaye bénédictine de Charenton, de toute la région de Charenton, et plusieurs cas locaux montrent que les bénédictins refusaient - ce fut le cas de Chezal-Benoît - les sépultures laïques parmi celles des moines. Nous retrouvons là une pratique funéraire remontant à l'époque mérovingienne, qui conférait une grande importance au fait de se faire inhumer dans l'espace où s'égouttaient les toits des monastères.

On ne s'est jamais interrogé sur les motivations d'Ebe de Charenton à aller chercher des moines marchois pour les fixer sur son fief, ni sur l'origine de la série de sarcophages exceptionnels pour la région observés au pied du prieuré de Drevant. Nous considérons comme tout à fait probable que les tombeaux découverts à Drevant puissent être ceux non seulement de moines desservants du prieuré mais aussi ceux des premiers Ebe de Charenton avant que Noirlac n'accueille les dépouilles mortelles de ces féodaux.

Un sarcophage particulier, fermé par deux dalles superposées dont la première était sculptée d'une grande croix en haut relief, dépassait en qualité les autres sépultures. On avait même pris soin d'y déposer une stèle funéraire gallo-romaine en grés local représentant un homme barbu. Peut-être est-ce la seule image que le temps aura bien voulu nous livrer du fondateur du prieuré...
 

Cet article voudrait saluer la mémoire de Jacques Gourverst, savant homme aux multiples qualités, et de  Maurice et Yvonne Alabergère, propriétaires du prieuré au moment des fouilles, couple d'une très grande gentillesse, qui supportèrent avec patience nos tranchés et notre remue-ménage dans leur propriété.

 

Par Olivier Trotignon - Publié dans : histoire locale
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Mercredi 10 septembre 2008


Le regain d'intérêt pour le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle conduit, depuis plusieurs années, de nombreuses personnes à hanter les routes et sentes du sud du Département du Cher, modernisant l'ancien chemin de Vézelay. En marge de cet engouement, certains points de vue se sont exprimés sur la légitimité de faire passer les pèlerins par tel ou tel itinéraire pour inscrire leur voyage au plus près de la tradition médiévale. Certains arguments reposaient, comme à Saint-Amand-Montrond, sur l'existence dans le patrimoine bâti de motifs décoratifs figurant des coquilles saint-Jacques, censées signifier une relation entre le lieu et le chemin des pèlerinages.

Si on fait objectivement le bilan pour les premiers siècles de cette migration de croyants vers les terres d'Espagne, on constate, sans surprise, que les routes des pèlerins n'ont laissé aucune trace dans la documentation médiévale, inadaptée à la conservation du souvenir du passage éphémère de voyageurs franchissant plusieurs lieues par jour. Il aurait fallu qu'une de ces personnes décide de se dépouiller de ses biens au profit d'un monastère régional - on a le cas d'un chevalier du Berry qui fait une donation à l'abbaye de Saint-Sever, en Gascogne - pour trouver sa trace, mais les fonds abbatiaux sont muets sur le sujet.

Le recensement des coquilles saint-Jacques figurées sur les armoiries ou les façades n'amène pas plus à conclure que la route de Compostelle passait à proximité. la coquille est un élément héraldique associé au nom "Jacques" - comme sur le blason de Jacques Cœur -  et décoratif très commun à la période moderne.

L'observation du l'organisation du territoire peut cependant livrer quelques indices. On sait que le chemin de Vézelay coupait la Loire à Nevers avec deux itinéraires possibles, un prenant la direction de Bourges et l'autre s'orientant plus au sud-ouest. Ce deuxième axe est particulièrement intéressant à étudier, car un de ses tracés possible passe par la région de Charenton et la vallée de la Marmande, seul passage sécurisé par une forte présence féodale et assuré d'éviter les grands rideaux forestiers du flanc est de la vallée du Cher, à savoir les forêts de Tronçais et de Meillant-Arpheuilles. L'obstacle du Cher pouvait être franchi à deux endroits, matérialisés par des péages prouvant l'existence de gués aménagés sur la rivière ou de barges fluviales pouvant transporter les voyageurs d'une rive à l'autre. Deux de ces péages sont connus dans le Charentonnais. L'un était prélevé au passage du Cher entre Saint-Amand-Montrond et Orval, ouvrant aux voyageurs la route de Déols par Lignières et du Limousin par Le Châtelet. L'autre péage était situé à Meslon; entre Charenton et Ainay-le-Vieil, et révèle une autre route possible pour diriger les pèlerins vers le Limousin.

On n'oubliera pas de noter l'existence d'un troisième péage sur une axe naturel tout aussi plausible que les deux précédents. Une taxe était perçue sur le Cher à Vallon-en-Sully,  point de contact essentiel entre les terres de Bourbon et le Berry du Sud, à l'ombre des forteresses d'Hérisson et de Vallon.

En l'absence de toute référence à la région dans le Guide du pèlerin de Saint-Jacques-de-Compostelle, premier itinéraire rédigé au cours du XIIe siècle, l'observation des conditions de circulation à l'époque des Croisades peut aider les spécialistes à affiner la reconstitution des itinéraires primitifs.

Par Olivier Trotignon - Publié dans : histoire locale - Communauté : Vieilles Pierres
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Jeudi 21 août 2008


Moins médiatisé que le monde cistercien, l'ordre de Grandmont a possédé quelques celles en Berry dont la plus spectaculaire et mieux conservée se trouve dans la vallée du Cher, sur la rive gauche, à quelques kilomètres au nord de Châteauneuf-sur-Cher. L'ordre de Grandmont, dans ses aspirations très proche de Cîteaux, établit ses prieurés en campagne, et se met sous la protection de la féodalité locale, qui constitue l'essentiel de son temporel par des donations charitables. On connait la charte de fondation du prieuré de Fontguédon, près de Thaumiers, rédigée par Mathilde de Charenton, épouse de Renaud de Montfaucon et dernière héritière de la grande seigneurie de Charenton, qui donne en 1250 aux grandmontains des terres au cœur de ses domaines pour y fixer un couvent. Plus ancienne et beaucoup mieux conservée, la celle de Corquoy, près de Châteauneuf, trahit par la qualité de sa réalisation la richesse de ses fondateurs, inconnus à ce jour, mais probablement à rechercher parmi les seigneurs de Châteauroux ou d'Issoudun, solidement établis dans le périmètre de Châteauneuf au début du XIIIe siècle. Quelques pièces d'archives permettent de connaître de menus détails sur son existence. En 1214, son prieur Ademard traite avec Noirlac au sujet du partage du petit ruisseau de Rousson, certainement limite de leurs possessions respectives. En 1221 et 1227, le correcteur et les frères de Grandmont doivent composer avec les cisterciens de l'abbaye de la Prée à propos de droits sur Châteauneuf. Un dernier acte de 1322 rappelle un échange de terres entre le seigneur de Culan et Châteauneuf et les grandmontains de Corquoy sans plus de détails sur la question. Ces lignes inciteront peut-être certains lecteurs à prendre une carte topographique et à aller visiter les ruines de la celle de Corquoy, objet d'une mesure de protection par une association locale.
 
Par Olivier Trotignon - Publié dans : monachisme/clergé régulier - Communauté : Vieilles Pierres
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Présentation

Visites


A ce jour, cette espace a été visité 10750 fois.
Merci de l'intérêt que vous portez à l'histoire de la région et n'hésitez pas dans les commentaires à signaler des monuments méconnus, ou à nous communiquer des informations sur le travail de votre association.

Histoire locale

Pour compléter votre information sur le petit patrimoine berrichon, je vous recommande "le livre de Meslon",  Blog dédié à un lieu-dit d'une richesse assez exceptionnelle. Toute la diversité d'un terroir presque anonyme.
A retrouver dans la rubrique "liens": archéologie et histoire d'un lieu-dit

L'âne du Berry


Présent sur le sol berrichon depuis un millénaire, l'âne méritait qu'un blog soit consacré à son histoire et à son élevage. Retrouvez le à l'adresse suivante:

blog animalier débutant



J'invite mes lecteurs à encourager par leurs visites un blog débutant consacrés à des animaux familiers.
A découvrir sur le lien qui suit:

NON aux éoliennes géantes

Le rédacteur de ce blog s'oppose résolument aux projets d'implantation d'éoliennes industrielles dans le paysage berrichon, en particulier sur les communes de Saint-Bonnet-Tronçais, Braize, Charenton-du-Cher, Coust et l'Etelon et soutient  l'association "VENT DES CHÊNAIES"- La Martinière - 03360 Braize - 04 70 06 16 71, affiliée à la fédération nationale Vent de colère.

Un peu de réclame pour...




les quatre concerts de Guillaume Ledoux (chanteur de Blankass, en solo) au théâtre Saint-Bonnet de Bourges les 2, 3, 5 et 6 décembre 2009, avec une programmation inédite et superbe.
Places en vente dans les points de vente habituels et au théâtre, 1, boulevard Clemenceau, tout près de l'église St-Bonnet.
Quelques titres à écouter sur:
http://www.myspace.com/guillaumeledoux





la chaleureuse initiative des animateurs de l'association nivernaise "Les Rockeurs ont du cœur" qui, pour la troisième année consécutive, organisent un spectacle au profit des enfants défavorisés de Nevers.
Soutenue en 2007 par mes amis du groupe BLANKASS, entre autres, et en 2008 par les parisiens de PIGALLE, cette action a permis de récolter presque 500 jouets neufs.
Cette année, les bretons de THE CRAFTMEN CLUB seront en concert le 11 décembre.
Merci de relayer cette information autour de vous. Il est possible, bien sûr, de venir déposer un jouet ou un jeu de société d'une valeur de 10€ minimum même si on ne compte pas assister au concert.

 

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